‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de VacaChapitre 15 sur 91 · DE G AVEC A BB TACA · texte numérisé non relu

DE G AVEC A BB TACA

TapapiraçUf il arriva un naturel de la côte du Brésil , nommé Miguel. Cet homme, nou'vellement converti , venait de l'Assomption , et retournait à la cote du Brésil. Il avait vécu longtemps avec les Espagnols. Le gouverneur eut une joie extréipe de cette rencontre ; Un*dien lui ayant appris précisément dans quel

état se trouvaient nos compatriotes et les faa-*-

bitafits. Le grand danger où ils devaient être exposés par la mort de Juan d'Ayolas, des autres capitaines et des soldats qui avaient été massacrés , rendait ces nouvelles très^précieases. Cet homme , après avoir fait ce rapport, demanda de son propre mouvement à retourner à TAssomption avec le gouverneur et à servir de guide; alors Cabeça de Vaca ordonna de renvoyer les Indiens qui étaient venus avec lui ûè Sainte*Catherine. Ceux-*-ct s'en retournèrent fort satisfaits , tant à cause des bons traitements » que des pré-sewts qu'ils reçurent de lui.

Les hommes qoe le gouverneur avait ame-

nés manquaient d'expérience; dans la crainte qu'ils ne fissent tort aux Indiens «t qu'ils ne , les maltraitassent , il leur défendit de traiter avec eux et d'aller dans leurs habitations^ -parceque tel est le caractéredes naturels, qu'ils s'inquiètent et se fâchent, de la moindre des choses, et cela aurait pu occasionner de grands malheurs et des révoltes sérieuses dans toute la contrée. AlVaT ordonna que les seules personnes de l'expédition , qui comprenaient les naturels communiqueraient avec eux et achèteraient à ses frais les vivres pour la troupe. Tous les jours il distribuait lui-même les rations a chacun , et cela gratuitement et sans aucune rétribution.

La terreur que les Indiens avaient des chevaux était réellement curieuse à voir. Dans la crainte de leur déplaire , ils leur, apportaient toute sorte de nourriture , des poules et du miel , leur disant de né pas se &cher, qu'ils leur donneraient bien à manger, de se tranquilliser, qu'ils n'abandonneraient pas leurs

villages. Mais , craignant que les chrétiens ne leur fissent quelques violences , ils établissaient leur campement très-loin de ces animaux. Les choses étant ainsi disposées , et voyant que le gouverneur punisssut quiconque leur fkisait le moindre mal , les naturels venaient tous sans défiance avec leurs femmes et leurs enfants. Ils arrivaient chaînés de vivres , de plusieurs lieues à la ronde , dans Fintention de voir les chrétiens et leurs chevaux , comme des êtres nouveaux pour eux.

Le gouverneur et ses gens s'avançaient toujours dans rintérieur. Étant arrivés k un village appartenant à la tribu des Guaranis » le chef sortit avec son peuple rempli de joie ^ et vint au^evant des nôtres. Ils apportaient du ' miel, des oies, des poules, de la farine de mais, et par le moyen des interprètes ils les engageaient à se reposer chez eux , se montrant très-joyeux de leur arrivée. Ce qui fut fort agriéable aux Indiens, c'est qu^on paya tout

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ce qu'ild apportaient. Le chef de ce village se nommait Pupebaje : on lui fit présent de quelques paires de ciseaux, de couteaux et de plusieurs autres objets. Nous laissâmes ces naturels si contents , que ce n'étaient que chants et que danses par tout le pays j et nmis poursuivîmes notre chemin.

Le 7 du mois de décembre ^ on arriva à une rivière que les Indiens nommèrent Taquari. H y avait une gratMle quantité d'eau et le courank était très-fort. Les rives sont habitées par une peuplade dont le chef se nommait jdbangobL II vint avec tous ses sujets , hommes y femmes et enfknts , au-devant du gou* vemeur, et lui apporta beaucoup de vivres qui furent payés suivant Thabitude. Tous ces Indiens sont de la même race , et par* \^ai la même langue.

De ce viltoge on poussa pius avant en laissant les naturels très-satisfaits; ils allaient d'un village à l'autre pour annoncer les bons traitements qu'ils recevaient, et montrer nos

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présents , de façon que partout où l'on devait passer on trouvait de^ gens très-pacifiques , et qui venaient au-devant de nous. Ils étaient chargés de vivres dont ils recevaient le prix à leur satisfaction. Le i4 décembre, après avoir traversé quelques villages dlndiens guaranis , où le gouverneur fut bien reçu et se pourvut de vivres^ il arriva avec sa troupe chez une nation dont le chef se nomme Tocanguoir, et l'on se Veposa un jour, car la troupe était fatiguée. Le chemin que l'on suivit était à l'ouest-nord-ouest quart nord. Les piîotes prirent la hauteur qu'ils trouvèrent de vingt-quatre degrés et demi, à un degré du tropique. Pendant tout le chemin, depuis que l'on était entré dans le pays habité, la contrée n'était que grandes plaines fort gaies , boisées et arrosées par de nombreux cours d'eau, des fpntaines, des ruisseaux d'une eau excellente et légère; enfin tout le pays est très-propre à mettre en culture et à coloniser.

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