CHAPITRE XI
Le gouverneur navigue sur le Rio Yguaçu.r-r Pour franchir un ïnauvais pas occasionné par une cascade du fleuve , il trans^ porte par terre et à force deJoras ses^sanots pendantnne lieue.
Lb gouverneur , ayant laissé les Indiens du Rio.Piqueri dans des dispositions très-pacifl* ques , s'avança par ^ terre en traversant un grand nombre de villages. Les Guaranis venaient le recevoir sur la route avec beaucoup de vivres , et montraient une grande joie de
son arrivée. Il faisait de nombreux présents aux chefs des villages : jusqu'aux vieilles femiues et aux enfants, tous arrivaient à la rencontre des Espagnols chargés de mais et de patates. Il en fut de même dans les autres villages de ce pays, qui étaient à une journée de marche ou deux les uns des autres. Tous les habitants arrivaient en portant des vivres , et y bien avant de parvenir aux villages par où l'on devait passer, ils enseignaient le chemin , dansaient, et se réjouissaient de nous voir. Ce qui surtout augmentait leur joie , c'est lorsque les femmes âgées se montraient contentes ; car ils se conduisaient d'après elles , leur témoignaient une grande déférence , et leur obéissaient bien mieux qu'aux vieillards.
Le dernier JQUî de janvier, en pénëirant tcf^JQurs danç riatérieur de la province , ies £4p2^ols parvinrent à la rivière d'Yguaçu ; m^is avaat d'y arriver ils parcoururent un désert pendant huit jours conisécutîfs sans trouver aucun village» Cette rivière est la pre-
DE tABEÇA DE VAGA. 8t
miêre que l'on avait passée depuis la cote du Brésil. Elle porte aussi le nom d'Yguaçu dans cette contrée ; elle coule de l'est à Touest ; les bords en sont déserts. On trouva que la latitude était à vingt-cinq degrés et demi. Dès que Ton fut près de cette rivière y on apprit des Indiens qu'elle se jetait dans le Parana , nommé aussi Rio de la Plata, et que sur les bords de ces deux cours d'eau des natu^ rels avaient tué Ieé> Portugais envoyés par Martin Alonzo de Sosa , pour découvrir le pays. Les Indiens les assaillirent et les massacrèrent au moment où ils traversaient la ri^ vière dans des canots. Quelques habitants des bords du Parana , qui avaient tué les Portugais, avertirent le gouverneur que ceux du Rio-Pequiri étaient de très - mauvaises gens, et qu'ils nous attendaient au passage de la rivière pour nous attaquer et nous massacrer. En conséquence, Alvar après avoir tenu conseil, résolut, pour s'assurer de la
possession de rive, de descendre l'Yguaçu 6. 6 '