CHAPITRE XVIII
Des plaintei que tet ooloni adrMsèrent au gouverneur contre
lei ofiUsierf de ta majeité.
Quelques jours après son arrivée , le gouverneur, s'étant aperçu qu'il y avait un grand
nombre d'indigents , leur fit donner des vêtements, des chemises, des haut-de-chausses et d'autres objets qui leur étaient nécessaires. Beaucoup reçurent des armes, car ils n'en avaient pas; tout cela à ses frais. Il pria ensuite les officiers de sa majesté de cesser les vexations et les torts qu'ils avaient exercés jusqu'alors sur ces malheureux; ce qui avait excité des plaintes très-graves des conquérants et des colons* Ainsi les officiers avaient créé une nouvelle imposition , outre la perception des deniers dus à sa majesté; c'était un droit sur la pèche , sur la graisse , le miel , le maïs et auti^es aliments, et sur les peaux dont se vétissaient les Espagnols et que les Indiens leur vendaient. Des officiers firent au gouverneur de vives instances pour continuer cette perception , mais il ne voulut pas y consentir; ce qui lui attira beaucoup d'inimitiés, et, cedant à leur mauvais esprit, ils cherchèrent in-
directement à lui faire tout le mal qu'ils pu-
rent. Alvar-Nunez résolut donc de les faire arrêter, et de les garder prisonniers en conséquence des enquêtes que Ton instruisit contre eux.