chapitre: xlviij
l^ cheraiix sont eiiibar(|ués«
On resta deux jours dans le port d'Ytabi" tan; pendant ce temps les chevaux furent embarqués, et tous les bagages de l'armée disposés dans un ordre convenable. Comme le pays habité par les Payaguas était très^
près de là , le gouverneur ordonna que dorénavant rindien du port de Ipaneme, qui connaissait la langue et le pays de ces naturels , monterait sur 1^ bf igantiii aroirpl, afin que l'on pût à chaque instant savoir ce qu'il fallait feire. On quitta le port par un bon vent. Dans la crainte que les Payaguas ne maltraitassent les Guaranis que Cabeça [de Yaca emmenait avec lui , il défendit à ces derniers de s'éloigner des brigantins; le soir il ordonna à tout le monde de débarquer sur le bord du fleuve, et de passer la nuit à terre avec une bonne garde. Les Guaranis devaient amarrer leurs canots près des brigantins. Les Espagnols et les Indiens occupaient une] bonne lieue d'étendue sur le rivage ; leurs feux présentaient un spectacle très-agréable. Pendant tMt le temiM dé la nflvîgatèQn j le gouverneur nourrissait auflsi tnen )c8 Indiens ^ue l^s Es* pagaols , nt ik éteieût jsi afaondamment; pourviM que cela Boi^taît d'âtre vu. L'abondatpce du poicaon , de la chasse et des cerfe que i'pn
DfE GABfiÇA Dfi TAC A. 267
tuait était û grande , qu'on en abandonnait une fMirtîe.
il y a danêféette rivière une espèce de poms qui vont toujours à Teau ; ils sont plus grands que ceux d*Cspagne , et ils ont le grain camus et plus gros; on les nomme poi^s dFeau. La nuit ils restent à terre, mais le jour ils sont continuellement dans Feau ; quand ils aperçoivent quelqu'un , ils plongent , restent longtemps au fond de Teau et remontent à une portée d*arbalète de l'endroit où ils ont plongé. Pour faire la chasse de ces porcs > il faut au moins six canots d'Ihdiens. Lorsque ces animaux plongent , trois embarcations remontent le fleuve et trois autrès le descendent, puis elles se séparent; les Indiens posent leurs flèches sur leur arc , et aussitôt que quelque chose sort de l'eau , ils lancent trois ou quatre flèches avec beaucoup de promptitude , avant que l'animal ne puisse replonger; ils le suivent ensuite jusqu'à ce que, étant mort de ses blessures, il surnage.
^68 COMMENTAIRBS DE GABEÇA DE VAGA.
Ces animaux sont très-charnus ; les chisétiens trouvèrent leur chair très-bonne , . quoiqu'ils n'en eussent pas un grand besoin. Les porcs d'eau sont très - nombreux dans beaucoup de villages du bord du fleuve.
Pendant tout le voyage , les soldats étaient si replets et si frais , qu'ils semblaient arriver d'Espagne. Les chevaux étaient gras; souvent on les faisait débarquer pour chassçr, car il y avait beaucoup de cerfs, de tapirs, de loutres, et d'autres animaux sauvages.