‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de VacaChapitre 83 sur 91 · CHAPITRE LXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXVIII

Les insurgés raragent le pays et s'emiMurent du bien des ha-

bitanli.

Pendant que le gouverneur était dans cette situation, les officiers et Domingo dlrala donnèrent publiquement la permission à tous leurs amis et à leurs partisans d'aller dans les villages et dans les cabanes des Indiens pren^dre de vive force lesTemmes^ les filles , les hi^

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macs et les autres objets qu'ils possédaient , chose contraire au service de sa majesté et à la tranquillité de la province. En agissant ainsi, ces gens parcouraient le pays, frappaient les naturels à coups de bâton , les emmenaient malgré eux dans leurs habitations pour les faire travailler à la terre sans les payer. Lorsque les Indiens venaient se plaindre à Domingo d'irala et aux officiers , ceux-ci répondaient que cela ne les regardait pas , ce qui satisfaisait plusieurs chrétiens , car ils savaient qu'on répondait ainsi pour leur complaire et pour les

engager à soutenir les officiers et leur faii'e dire que Ton avait lajiberté , et qu'on pouvait faire ce qu*on voulait* Ces réponses et ces mauvais traitements furent cause que le pays se dépeupla^ Les naturels $e retiraient daiifc les Montagnes et s'y tenaient cachés dans des endroits où les Espagnols ne pouvaient les trotiveri Un gf àixd nombre étaieilt chrétiens, ainfci que leuri^ febiixles et IduFS enfantsi En Sfëloigliailty iU ôubliaie»! Id dottrind que Ids reli-

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gieux et le elergé leur avaient enseigtiée : le gouverneur avait eu beaucoup de peine à les faire instruire. Peu de joilrâ après aôti arrea* tation $ ôïi démeiUbra la caravelle qu'il avait lait faire pour donner aviè à sa majesté de ce qui to passait dans la province ; car les insuf'géi espéraient engager les habitants à entreprend dre le voyage d'exploratioil dans le pays que le gouverneur avait découvert, qu'ils en rapporteraient de Tor et de l'argent, et qu'ils s'en attribueraient l'honneur et le prétendu service qu'ils auraient rendu à sa majesté.

Comme il n'y avait pas de justice dans le pays, les habitants et les colons souffraient des torts considérables de la part des officiers et des magistrats que les insurgés avaient imposes aux Espagnols. On les emprisonnait, on s'emparait de leurs propriétés : plus de cinquante habitants , mécontents et irrités , s'en allèrent dans l'intérieur pour se rendre au Brésil, dans l'intention de se procurer un transport pour venir donner avis à sa majesté

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des malheurs et des troubles qui ravageaient ce pays. Beaucoup d'autres qui étaient partis, furent rattrapés , et ils restèrent pendant longtemps en état d'arrestation. On saisit lesarmes qu'ils possédaient : les insurgés partagèrent les biens de ces Espagnols entre leurs amis et leurs partisans , afin d'engager ceux-ci par la reconnaissance à les soutenir.

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