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fort convenable : de laquelle le sommaire est, que ceux qui ne veulent point ployer pour pardonner aux frères leurs fautes, regardent bien mal à eux, et s’assujetissent à une loy par trop dure et pesante :
pource que ils sentiront Dieu aussi rigoureux et extrême envers eux. Car la similitude consiste principalement en trois points. D’un costé le Seigneur est mis à l’opposite du serviteur : puis après, la grande somme à l’encontre des petites ou moyennes : et pour le dernier, la douceur singulière est mise en comparaison d’une cruauté extrême. Ces trois choses estans observées, il sera facile de recueillir l’intention de Christ. Car qu'est-ce de nous à l’esgard de Dieu? et combien grande est la somme de laquelle un chacun de nous luy est redevable ? Finalement, combien seront trouvées petites et légères les offenses de nos frères envers nous, si on vient à peser nostre obligation envers Dieu ? Et pourtant, combien est indigne de la miséricorde de Dieu l’homme lequel tenant son cœur contre ses semblables, ne veut pas pardonner une bien petite offense? Quant aux mots, Le Royaume des cieux, se prend yci pour la condition spirituelle de l'Eglise : comme si Christ eust dit, La chose va ainsi entre Dieu et les hommes, quant à ce qui concerne Pâme et la vie spirituelle, comme entre un seigneur mondain ou terrien, et ses serviteurs, quant à ce qui concerne Pargent et les affaires de la vie présente.
25 Le Seigneur commanda que luy, etc. Ce seroit un amusement vain de vouloir yci subtilement esplucher par le menu chacun poinet. Car Dieu ne monstre pas tousjours d'entrée une rigueur, jusques à ce qu’estans contraints de recognoistre nos fautes, nous luy demandions pardon : voire au contraire il nous pré-
MATTH. XVII
vient par sa bonté gratuite. Mais Christ veut seulement monstrer Comment il nous en prendroit, si Dieu nous traittoit à la rigueur de sa justice comme nous en sommes dignes. En après, que s’il nous veut amener à conte, et demander ce qui luy appartient, combien il luy est nécessaire de recourir aux prières : pource que voylà le seul refuge des povres pécheurs.
Il faut aussi noter la grande différence des sommes. Car veu qu’un talent est plus que cent deniers, que monteront cent deniers au regard de dix mille talens?
31 foyans ses autres compagnons ce qui, etc. Combien qu’il ne faille point chercher de mystère en ces mots, toutesfois puis qu'ils ne contienent rien que nature ne nous enseigne, et que nous ne prattiquions ordinairement, sçachons qu’autant qu’il y a d'hommes vivans avec nous, ce seront autant de tesmoins devant Dieu contre nous : pource qu’il ne peut estre que cruauté et inhumanité ne leur desplaise et soit en haine : mesmement d'autant qu’un chacun craint qu’autant ne luy en tombe sur la teste comme il voit faire aux autres. Quant à la sentence qui s'ensuit incontinent après, c’est folie de demander comment il est possible que Dieu punisse les péchez lesquels il a une fois pardonnez. Car le simple sens de ce passage est, que combien que Dieu présente miséricorde à tous, toutesfois que ceux lesquels tienent leur cœur contre leurs frères sans vouloir pardonner, sont du tout indignes de sentir le fruit d’icelle. Au reste, les Papistes se monstrent bien ridicules, de vouloir allumer leur feu de purgatoire avec ce mot Jusqu'à ce. Car il est certain que Christ entend yci la mort éternelle, et non pas une peine temporelle par laquelle on puisse satisfaire au jugement de Dieu. |
MARC L LUC
94 Et quand ils furentvenus en Capernaüm, ceux qui recevoyent les didrachmes veindrent à Pierre et luy dirent, Vostre maistre ne paye-il pas les di-
drachmes?
95 Il dit, Ouy. Et quand il fut entré en la maison, Jésus s'avanca, et luy dit, Simon, que l'en semble ?
SUR L'HARMONIE ÉVANGÉLIQUE
les rois de la terre de qui prenent-ils les tributs ou; imposts ? est-ce de leurs enfans, ou des estrangers? 26 Pierre luy dit, Des estrangers. Jésus luy dit,
Les enfans donc sont francs.
21 Mais afin que nous ne les scandalizions, val’en à la mer, et jette l'hamecon : et pren le premier poisson qui montera: et quand tu luy auras ouvert la queule, tu trouveras un statère : pren-le, et leur
donne pour moy et pour toy.
24 Et quand ils furent venus en Capernaüm. 11 faut premièrement noter le but de ceste histoire : asçavoir que Christ, en payant le tribut, a de son bon gré fait devoir de sujet, comme aussi il avoit prins la condition de serviteur : et que toutesfois il a quant et quant monstré que ce mestoit pas par droict ou par nécessité, mais d’une submission franche et volonlontaire, qu’il estoit tellement anéanti, que le monde ne l’estimoit non plus qu'un autre du commun peuple. Les didrachmes dont il est yci parlé, n’estoit pas un péage qu'on payast à passer d’un costé en autre de la mer, mais un tribut ordinaire, duquel on avoit chargé les Juifs, et qu’on leur faisoit payer pour homme par chacun an: en sorte que ce qu’ils avoyené accoustumé de payer anciennement à Dieu seul, revenoit lors à des tyrans. Car nous sçavons que la Loy leur imposoit de payer tous les ans chacun demi-statère, et que c’estoit pour faire recognoissance que Dieu, lequel les avoit rachetez, estoit leur souverain Roy. Les rois d'Asie s’estoyent appropriez cela : et les Romains les ont depuis ensuyvis. Ainsi les Juifs, comme S'ils n’eussent plus esté sous la domination de Dieu, payoyent à des tyrans profanes la saincte censive que la Loy commandoit. Or la chose pouvoit sembler absurde, que Christ, qui estoit venu pour estre Rédempteur du peuple, ne fust pas luy-mesme exempt de payer tribut. Pour destourner ce scandale, il a monstré par paroles, et prouvé aussi par miracle, qu’il n’y estoit tenu que de sa propre volonté : pource que luy qui avoit domination sur la mer et sur les poissons, pouvoit bien, s’il eust voulu, s’exempter de la sujétion des princes terriens. J’ostre maistre ne paye. Aucuns pensent que les
receveurs du tribut ayent yci voulu toucher Christ, comme disans qu’il s’exemptoit du rang commun des autres. Quant à moy, comme c’est une manière de gens effrontez, et hardis à injurier, je pren ceci comme dit par mocquerie et mespris. Car comme ainsi Soit que chacun eust accoustumé de se faire enrouller en sa ville, nous sçavons que Christ n’avoit point de demeurance arrestée en un certain lieu, Et pourtant ces gens-ci demandent, Si par ce moyen qu’il est maintenant-ci, maintenant-là, il faudra qu’il eschappe sans rien payer. Aussi là response de Pierre contient une excuse bien modeste et honneste pour les contenter : Ouy (ditil) il payera. Dont nous recueillons que Christ avoit auparavant accoustumé de payer: car Pierre promet cela de luy comme une chose toute certaine et résoluë. Quant à ce que ils s’addressent plustost à luy qu'aux autres disciples, je pense que ç’a esté pource que Christ demeuroit chez Juy. Dont s’ensuit que les Papistes sont ridicules, de vouloir sous une couleur tant frivole faire Pierre compagnon en mesme honneur avec Christ. Il l’a (disent-ils) choisi pour son vicaire, et mis en mesme degré d'honneur, en le faisant égal à soy au payement du tribut. Mais par ce moyen ils feront tous les porchers vicaires de Christ : veu que ceux-là en payoyent aussi bien chacun autant. Or si la primauté de Pierre s’est monstrée en payant le tribut, d’où vient ceste nouvelle exemption dont ils se vantent? Mais voylà comment il faut qu’on cognoisse la sottise de ceux qui dépravent l’Escriture à leur plaisir.
25 Simon, que te semble-il? Christ a monstré en ceci un tesmoignage de sa Divinité, en tant que rien ne luy estoit in-
cognu. Mais à quoy prétend son propos ?
Est-ce pour s’exempter de la sujétion des loix, et luy et les siens? Aucuns l’exposent ainsi, que de droict les Chrestiens sont libres et francs, mais qu’ils, s’assujetissent volontairement à la police commune, pource qu’il est impossible d’entretenir autrement la société humaine.
Toutesfois il me semble que le sens est plus simple. Car pource qu’il y avoit danger, qu'il ne fust avis aux disciples que Christ estoit venu en vain, d'autant qu’en payant le tribut il sembloit qu’il leur ostast toute espérance. de délivrance, il afferme.simplement que ce qu’il paye tribut, c’est d'autant que volontairement il se déporte de son droict et de sa puissance :
dont s’ensuit que.cela ne diminue rien de son, Royaume. Mais pourquoy,ne maintient-il «son droict apertement devant. les gens ?. Certes c’est d'autant que sa majesté. estoit incognue aux receveurs du tribut... Car combien que son, Royaume soit spirituel, si nous faut-il entendre toutesfois,. veu qu'il est Fils unique de Dieu, qu'il est aussi héritier de tout.le monde, tellement qu'il faut que toutes choses luy soyent sujetes, et rangées sous son obéissance..Le sens est donc, Que Dieu n’a pas ordonné les rois par-dessus les hommes, et.establi les polices, afin que luy qui est son Fils, soit rangé sous la mesme servitude indifféremment avec.les autres : et que toutesfois. volontairement il se fait serviteur comme les autres, jusques à ce que-la gloire de son règne soit manifes-
MARC, IX
38 Adonc Jehan print la parole, et dit, Mais-
MATTH., XIX
,. À Adveint que quand Jésus .eut..achevé ces Propos, il, -se:, partit de. Galilée, el veint, .éS QUATliers de Judée, de l'autre cos-
les diables hors par ton Nom: mais ÿ ne nous suit, point :
nous l'avons engardé, d'autant:qu'il ne nous
té du Jour-|suil point. .
daina, 1 39 Et Jésus dit, Ne : à Et, gran- | l'engardez. point : car
iln'y a nul qui: face vertu par mon Nom,
des troupes de gens le suyvi-
tre, nous avons veu | quelqu'un qui. jettoit
el | nous, il est pour nous.
tée. Le Pape a abusé. fortement. de ce passage, et bien à son aise, pour.exempter Son Clergé des loix communes : voire comme si la teste rase les faisoit devenir enfans de Dieu, jusques à avoir |EXEMption de tributs et péag es. Mais Christ n’a voulu autre chose, sinon que s’attribuer l'honneur de Fils de Roy : en sorte que pour le moins il devoit par privilége avoir sa maison exempte et dispensée de la sujétion.commune..Et pourtant.c’est, aussi une grande bestise aux; Anabaptistes, de destourner ces mots pour renverser l’ordre et l’estat politique: veu qu’il est plus que certain que Christ ne parle pas. yei d’un privilége commun. à ; tous: fidèles, mais prend seulement la similitude des enfans des rois, lesquels sont exempts de tous imposts, eux et leurs domestiques.
27 Jette l’'hamecon. Combien que. je confesse que Christ n’a pas eu tousjours plene bourse d'argent, toutesfois je-pense que quand. il à commandé. ceci. à Pierre, ce n’estoit pas que poyretéle contraignist, mais C’estoit afin, de prouver par miracle que sa domination s’estend, plus loin que celle de tous les rois de la terre, veu que les poissons mesmes luy.sonttributaires.
Or nous ne lisons pas qu’il ,ait.fait ceci plus d’une fois. Car aussi ce tesmoignage seul suflisoit pour toute la vie. Au reste, un slatère valoit, autant qu'un,isicle, asçavoir,.quatre drachmes, ou deux didrachmes.
LUC IX. is 49 EtJehan respondant, dit, rl nous avons veu quelqu'un qui.jeltoit, les diables, en ton nom, et l'avons empesché, pourtant que il ne te suil point avec NOUS. ».
50 Lors Jésus lu, dit, Ne ro chez point: car quin est point contre | AE + PEU AU ::51 On adveint quand. les jours de son eslévation. s'accomplissoyent.ül. dressa sa. face tout résolu de aller en Jérusalens à 50 > «dl ol; 52. Lt envoya des. messagers devant, lesquels partis entrérent en une bour-
SUR L'HARMONIE ÉVANGÉLIQUE
rent, et. la il} qui soudain muse mal les quaril. parler de moy. |
40 Car quin'est point contre nous, est pour nous. ee