CHAP. X
A Puis estant parti de là, ilveint és quartiers de, Judée, par. le chemin de delà le Jourdain : et derechef multitude de gens s’assembla vers luy, et derechef. il les enseignoit comme il avoit accousltumé.
1) 1 Cor., XIL, 3.
28 Mare. , Maistre, nous avons veu quelqu’ un. I appert par ce passage que Christ estoit desjà fort renommé, tellement, que, ceux qui n’estoyent point de ses disciples familiers, usoyent de son Nom, où .paraventure mesmes en abusoyent : car je n’en ose rien asseurer, pour certain. Jl se peut faire que celuy d quel il est yci parlé, ayant receu la doctrine de Christ, s’est employé à faire miracles par une affection qui n’estoit point mauvaise. Mais pource que Christ n’a baillé ceste puissance qu'à ceux que. il avoit choisis héraux pour publier son Evangile, je pense que cestuy-ci avoit, témérairement prins cest office, ou plustost S’en estoit emparé. Or combien qu'il ait mal fait d'entreprendre d’imiter les disciples, n'ayant point receu semblable charge, toutesfois sa hardiesse n’a pas esté sans prouft, pource qu il a pleu au Seigneur de Se servir aussi de ce moyen,
pour avancer la gloire de son Nom : com- | me aucunesfois il besongne par ceux des-
quels il n’approuve pas le ministère comme légitime. D’ avantage, il n’est pas inconvénient de dire qu’un homme ayant quelque foy particulière, ait esté poussé d'un mouvement esgaré : et ainsi se SOit entremis inconsidéréement de faire miracles. Venons maintenant à Jehan et à ses COMpagNONS Ds disent qu’ils ont défendu S'cest homme de faire miracles.
gade des Samaritains, pour luy préparer logis :
53 Mais ilsne lereceurent point, pour: tant que sa face estoit comme de celuy qui alloit en Jérusalem.
54 Et quand ses disciples, asçavoir Jaques et Jehan, veirent cela, ils dirent, Seigneur, veux- tu quenous disions que le Jeu descende du ciel, et les COnSUMe, comme. feit Elie?
55 Mais Jésus se retournant, les tansa,el dit, Vous ne scavez de quel esprit vous estes.
56 Car le Fils de l'homme n’est point venu perdre les àmesdes hommes, mais les sauver. Ainsi ils s’en allèrent en une autre bourgade.
2) 2 Rois, I, 10,
Pourquoy ne demandoyent-ils devant s’il estoit bon ou non ? Car maintenant ils requiérent l’ayis du Maistre, estans en suspens et en doute. Dont s’ensuit qu'ils ont inconsidéréement prins l’authorité de faire ceste défense. Et pourtant, quiconque entreprend plus qu’il ne sçait luy estre permis, par la parole de Dieu, cestuy-là est à blasmer de témérité. D'avantage
les disciples de Christ sont en ceci suspects d’ambilion, d'autant qu'ils parlent pour maintenir leur privilége et honneur. Car d’où vient-il que trouvans un homme incognu , ils luy défendent incontinent de faire miracles, sinon que ils veulent tous seuls jouir de ceste puissance? Car ils allèguent pour leur raison, que. cestuy-là ne suit point Christ :
comme s'ils disoyent, Il n’est point de tes domestiques . et familiers , comme nous : pourquoy donc sera-il autant avancé en honneur ?
39 Ne l'engardez point. Christ n’a point voulu qu’on empeschast cest homme, non pas qu’il l’eust mis en besongne, ou qu’il approuvast son faict, où voulust que les disciples le approuvassent : mais pource que quand Christ est glorifié par quelque occasion, nous devons laisser faire, et mesmes nous en resjouir. Voylà comment en fait sainct Paul (Philippiens, chapitre I, 48) Car combien qu’il n’approuve pas l'affection de ces coureurs am-