XVIII ARGUMENT
Royaume de Dieu, il n’y a point de doute qu’il n’entende de l’advénement du Messias. Et de là il est aisé à veoir que le mot d’'Evangile appartient proprement au temps du Nouveau testament, et que c’est aucunement confondre les termes, de dire qu’il soit commun à tous aages, el de penser que les Prophètes ayent esté ministres de l'Evangile ne plus ne moins que Jes Apostres. Christ enseigne bien autrement, quand il enseigne que la Loy et les Prophètes ont duré jusques à Jehan, et que depuis ce temps- -Jà le Royaume de Dieu a commencé à estre annoncé, Luc, XVI, 46. Sainct Marc aussi détermine le commencement de l'Evangile à la prédication de Jehan; comme j'ay naguères dit. Au reste, cé n’est pas sans cause quetles’ quatre Histoires qui déduisent comment Christ s’est acquitté de l'office de Médiateur, ont nomméement eu ce titre d'Evangile. Car comme ainsi soit que tout nostre salut consiste en la nativité, mort, et résurrection de Christ, et mesmes que ces choses en sont la propre matière. ç’a esté bien à.propes et. bon droict, qu ‘on à nommé, Evangélistes, Ceux qui nous racontent. comment Christ a.esté envoyé du Père, et,le; nous représentent devant les yeux, afin que. nostre, foy le.recognoisse autheur, de da:xie bien-heureuse, “Les autres livres, du Nouveau testament expri ment plus la vertu:et le fruit de son. advénement que.ne font. pas ceux-ci. Et mesme en, Cest endroit. il YA grande différence. entre sainct Jehan, et. les Lrois, autres : Car il ne. fait quasi autre chose ‘quê monstrer Ja, veriu etoffice de C hrist, ensemble le Je proufit qui nous en.revient : et les autres s'arr estent plus en cé seul poinet: Que nostre Christ est le Fils de Dieu, qui avoil esté promis Rédempteur du monde. ;ÎLest ray qu'ils ,entrelacent bien par fois la doctrine touchant l'office de Christ, afin que nous sçachions quelle est sa grâce, et à quelle fin il nous à esté donné. Si est-ce toutesfois que, leur prin- .cipal but est celuv..que j’ay dit, asçavoir qu'en la personne de Jésus-Christ a,esté aCCOMDpIL. C£.,.que, le. Père avoit promis dés.le commencement du monde, Car jil ne faut pas penser. que leur intention ait esté d’abolir par: leurs escrits, la Loy et les Prophètes : comme songent et imaginent AaUÇUPS fantastiques, disans que-nous n}avons plus besoin aujourd’huy.du Vieil testament, depuis, que la vérité. de Ja. Sapience céleste nous a,esté révélée par Christ et ses Apostres. Tout:au contraire, les Evangélistes en nous monstrant au doigt Christ, nous advertissent dé: chercher. en Juy tout ce qui luy est attribué par a, Loy et les Prophètes. Parquoy il fant conclure que la lecture de l'Evangile nous sera lors utile et proufitable, quand nous apbFeRT drons à la conjoindre avec les promesses, faites anciennement. suneleau 28 cd. Quant aux trois Evangélistes, S., Matthieu, est assez: cognu: De S: Marc, fi pense qu'il ait esté disciple famili lier de S..Pierre : et mesme qu'il ait escrit son Eyangile ainsi que S. Pierre Iuy nommoit, en sorte qu’il ait seulement esté escrivain sous luy. Or de cela il.ne nous en faut pas,beaucoup tormenter : çar Ja .chosen/est pas: de grande importance. }} suffit que nous sçachions que S. Marc est un bon, etsuffisant tesmoin ordonné de Dieu, et qu’il ’a rien mis par escrit;;sinon ainsi que le S.. Esprit le poussoit, et conduisoit sa plume. Toutesfois il n’y a nulle apparence À Ce que dit S..Hiérome, Que l'Evangile de S. Marc est un Epitome , c’est-à-dire un, abbrégé de celuy de S. Matthieu : car il ne suit, point en tout et par touf: l'ordre: qu'a tenu S. Matthieu : et dés le fin commencement il ha une autre façon de traitter les choses! Il récite aussi quelques choses que l’autre avoit omises : et mesmes aucunesfois en récitant une mesme chose, il est plus long. Certes quant à MOY, je croy:plustost, et la chose le donne assez à entendre, qu'il “n'avoit j jamais leu de livre de S: Matthieu, quand il s’est mis à escrire le sien : tant s’en faut que de propos délibéréäil enait voulu faire un abbrégé, Autant en voudroy-je dire de S. Euc: car nous: ne Sçaurions pas dire. que. la diversité qui se voit entr’eux trois, soit une chose faite:toutexprès. Mais ayans proposé de mettre par escrit fidèlement les choses desquelles. ilsiestoyent bien certains, et résolus, un chacun d’iceux y a tenu la façon de procéder qui luy sembloit la meilleure. Or comme cela n’est point advenu par cas fortuit, mais selon que Ja QFRYALEN GR de Dieu conduisoit le tout, ainsi le S, Hapribie en ceste diversité de TUNIS