‹ Commentaires de Jehan Calvin sur le Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 45 sur 113 · PE PR ER · texte numérisé non relu

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Char. IE après, En simplicité de cœur : qui est aussi un signe de tempérance. En somme, il veut dire que leur façon de vivre estoit sobre et fraternelle. Aucuns conjoighént la joye et là simplicité de cœur avec la louange de Dieu, et il y a apparénce ei tous les deux sens. Mais pource qu en louant Dieu là simplicité de cœur n’y peut estre, si elle ne se monstre en toutes les parties de la vie : à ceste raison il est certain qu’il est yeci parlé d’icelle, pour monstrer que lés fidèles la prattiquoYent en tout et par tout. Or il nous faut noter la circonstance du temps, que combien qu’ils fussent environnez de divers dangers, ils ne laissoyent point toutesfois d’estre joyeux. La cognoissance de l’amour que Dieu ha envers nous, et lasseurance de sa protection nous apporte ce bien, que nous le louons d’un cœur asseuré, quelque menace que le onde nous face. Or tout ainsi que sainct Luc à parlé un peu au paravant de l’estat publique de l'Eglise : aussi il récite mainténant quelle estoit là façon dé vivre entre les fidèles, afin qu’à leur exerhple nous apprenions à vivre sobrement, quand nous-nous assemblons pour banqueter ensémiblé, et à monstrer une simplicité én touté nostre vie, à jouir d’une joye spirituelle, et nous exercer és louanges de Dieu. Au reste, la simplicité dé cœur s’estend bién loin. Mais si nous la conjoignons yei avec la fraction du pain, ce sera autañt comme une vraye et pure amour, quand on desploye les cœurs lun à Pautre, ét que nul ne cherche son proufit particulier par astuce. Toutésfois je l'aime mieux opposer à la solicitude qui tormente un tas de gens qui sont trop prouvoyables. Car quand nous ne remettons point tout nostre soin en Dieu, c’est un juste salaire qui volontiers en revient, que nous tremblons de peur au milieu d’asseurance.

AT El ayans grâce envers tout le peuple. Et le Seigneur adjoignoit, etc.

Voyci le fruit d’une vie innocente, de trouver grâce mesme envers les estran-

SUR LES ACTES

gers. Et toutesfois il ne faut point douter qu'ils n’ayent esté hays de plusieurs.

Mais combien que sainct Luc parle de tout le peuple en général, néantmoins il entend seulement la partie qui estoit pure, et nullement infecte de poison de hairie. Brief, il signifie que les fidèles se portoyéht tellémieut, qué pour leur innocence dé vie ils ésloyént agréables au peuple. Æt le Seigneur bdoighoit de jour en jour, etc. 1 monsiré par ces barolés, qué leur diligénce n’a point esté inutile, Ils éstudioyent tant qu'ils pouvoyent de recueillir en la béfgérie du Seigneur les érrans et vagabons, I] dit donc qu’ils n’ont point travaillé en vain pi inutilement én cest endroit : d'autant que Dieu faisoit croistre l'Eglise tous les jours. Et de faict, ce que l'Eglise dimiriue plustost qu’elle ne croist, il le faut imputer à nostre lascheté, ou mesme malice. Au surplus, combien que tous s’employassent vaillamment à augmenter le Royaume du Seigneur Jésus, toutesfois S. Luc attribue cest honneur à Dieu seul, qu’il à adjoint les estrangers à l'Église.

Et à la vérité cela est son œuvre propre.

Cär les miniëtres ne proufitént de rien en platitant et arrousant, si Diéu né tend leur labeur fructueux par là vertu de son Esprit, 4 Cor., I, 6. Ïl faut aussi noter ce qu’il dit, que Ceux qui dévoyent estre sauvez, ont esté adjoints à l'Eglise. Car il monstre que c’est lé Moyen pour obtenir .

salut, due nous soyons assemblez ét unis avec l'Eglise. Car Comme hors icelle il n’y a poitit de rémission dés péchéz

aussi n’y a-il point d'espérance de la vie éternelle. Or voyci unë singulière consolation pour tous fidèles, qu'ils ont esté receus en l’Eglise pour estre sauvez :

tout ainsi que PEvangile est, appelé la puissance de Dieu en salut à tout croyant.

Au reste, puis que Dieu n’en adjoint qu'uné partie du peuple, Où un certain nombre, il s'ensuit qu’il faut réstraindre ceste grâce à son élection : afin que là soit la prémière cause dé nostre salut.

Cnar. III,

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