‹ Commentaires de Jehan Calvin sur le Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 57 sur 113 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

A Eten ce mesme temps le roy Hérode se meit à affliger aucuns de ceux de

l'Eglise.

à Et occit par glaive Jaques frère de Jehan.

3 Et voyant que cela plaisoit aux Juifs, feit encore d'avantage, et s'avanca d'empoingner aussi Pierre. Or c’estoit és jours des pains sans levain.

4 Et quand ÿ l’eut empoingné, il le‘meit en prison, et le bailla à garder à quatre quatraines de gend'armes, le voulant produire au peuple après la feste

de Pasque.

5 Ainsi donc Pierre estoit gardé en la prison, mais l'Eglise faisoit sans

cesse prières à Dieu pour luy.

1 En ce mesme temps Hérode se .meit à affliger aucuns de ceux, etc.

Sainct Luc vient maintenant à réciter une autre nouvelle persécution qui fut suscitée par Hérode. Nous voyons yci que l'Eglise de Dieu a eu quelque petit temps de trèves, afin que reprenant un petit haleine, elle prinst courage pour le temps à-venir, et que lors elle combatist derechef. Ainsi aujourd’huy il ne faut point que les fidèles se promettent un repos perpétuel, après qu'ils auront soustenu un ou deux assaux : ou qu’ils demandent exemption, comme on à accoustumé de faire aux vieux soudars : contentons-nous si Dieu nous ottroye quelque temps pour

reprendre force. Au reste, cest Hérode estoit Agrippa le grand, fils d’Aristobulus, qui avoit esté mis à mort par son père.

On ne trouvera passage en toute l’histoire de Josèphe, où il soit nommé Hé:

rode : et c’est paraventure pource qu'il avoit un frère qui estoit roy de Chalcide, nommé Hérode. Iceluy n’a point esté tant embrasé à persécuter l'Eglise, pour aucune affection qu'il eust à la religion, comme il l’a fait plus pour amadouer le peuple par ce moyen, qui autrement ne l’aimoit guères : ou bien certes qu’il estoit poussé d’une cruauté tyrannique, craignant nouveaux Changemens : comme les tyrans ont tousjours les choses nou-

à far se

D — ee

Car. XII.

velles suspectes, afin qu’elles ne troublent le repos de leur domination. Toutesfois il est vray-semblable qu’il a espandu le sang innocent pour complaire au peuple forcené, comme c’est la ruse ordinaire des Rois. Car ci-après sainct Luc racontera que S. Pierre fut mis en prison, pour estre produit comme un plaisant spectacle.

3 Et occit par glaive Jaques frère de Jehan, etc. Y ne faut point douter que la cruauté de cest homme enragé n'ait esté retenue et réprimée par une vertu secrète de Dieu. Car il ne se fust pas tenu de persécuter les autres, se contentant de la mort d’un ou de deux :

mais plustost il eust entassé un grand monceau de Martyrs, si Dieu n’eust mis la main au-devant pour garentir son troupeau. Ainsi quand nous voyons des ennemis de la vraye religion remplis de rage, et que toutesfois ils ne vienent point jusques-là qu’ils commettent des meurtres horribles pour mesler tout en sang, Sçachons que cela ne se fait point par leur modération ou clémence, mais pource que le Seigneur espargnant ses brebis, ne souffre point que ces bestes sauvages facent tant de dommage qu'ils voudroyent bien. Et certes ne pensons pas que ce roy Hérode fust si doux et humain, qu’il feist difficulté de racheter la paix et la grâce du peuple par la mort de cent hommes ou plus. Parquoy il nous faut faire ceste résolution, qu’il y a eu une bride plus haute qui a tenu en serre leur rage, afin qu’elle n’opprimast l’Eglise dune violence furieuse. Il meit à mort Jaques frère de Jehan, comme quand il y à quelque sédition esmeue, on a accoustumé dempoingner les principaux autheurs dicelle, et de les punir, afin que par leur exemple le commun populaire soit estonné. Cependant le Seigneur a permis que celuy qu’il avoit garni de constance, ait esté traïné à la mort : afin qu'en mourant il obteinst victoire glorieuse, comme champion hardi et courageux. Ainsi quelque chose que les tyrans machinent, toutesfois Dieu choisit pour soy des victimes de bonne odeur, pour establir l’authorité de son Evangile. Au reste, S. Luc dit que ce Jaques estoit

SUR LES ACTES

Jrère de Jehan, pour le discerner du fils d’Alphée, aussi nommé Jaques. Car touchant ce qu’aucuns ont inventé un troisième cousin de Christ, qui ait esté seulement du nombre des disciples, je ne m’y accorde point, pource que j'ay de bonnes raisons «et fermes, qui me font croire qu’il n'en à pas esté d'avantage :

lesquelles on peut veoir sur le chap. Il des Gal. J'estime donc que Jaques lApostre, et le fils d’Alphée, est un mesme, qui fut jetté par les Juifs du haut du temple en bas, et la mort duquel à esté si fort louée à cause de la grande saincteté du personnage.

3 Et voyant que cela plaisoit aux Juifs. On voit plus clairement par ceci qu’ Hérode n’estoit poussé ne du zèle de la Loy de Moyse, ne de haïne contre l'Evangile à persécuter l'Eglise, mais c’estoit pour pourvoir à ses affaires particuliers. Car il persévère en sa cruauté, pour acquérir la faveur du peuple. Pour ceste raison il nous faut entendre qu’il y à diverses causes pourquoy l'Eglise est assaillie de tous costez. Bien est vray que les meschans sont souvent transportez de zèle pervers, en sorte qu'ils combatent pour leurs superstitions, et offrent sacrifice à leurs idoles, en espandant le sang innocent : mais la plus grande partie regardent seulement à leur proufit particulier. Ainsi cest horrible monstre Néron, cognoissant que le peuple Pavoit en mauvaise réputation et haine, après qu’il eut fait mettre le feu en la ville de Rome, trouva ce moyen pour recouvrer la faveur et grâce du peuple, ou pour le moins tascha d’appaiser les complaintes et opprobres, en faisant mourir quelques mil-.

liers de Chrestiens et fidèles. En ceste sorte aussi ce roy Hérode, afin qu’il appaise le peuple qui ne laimoit guères, il donne les Chrestiens à la mort, pour estre le pris et rachat de la grâce du peuple. Et nostre condition n’est point autre ou meilleure aujourd’huy. Car comme ainsi soit que tous sont enragez contre les membres de Christ, il y en a bien peu qui soyent incitez par superstition :

mais il y en a qui veuient acquérir la grâce de l’Antéchrist Romain en faisant des bons vallets : les autres laschent la

Cuar. XII

bride et obtempèrent aux crieries furieu- | au danger de sa vie. Ce passage nous en-

ses des caphars et du peuple. Et nous cependant comme povres malotrus sommes exposez à leurs mocqueries. Maïs il y à une consolation qui nous fortifie à merveille : c’est que nous sçavons que nostre sang (duquel le monde abuse en ignominie) est grandement précieux devant Dieu : et qui plus est, tant plus que les meschans et infidèles nous traittent vileinement et outrageusement, tant moins serons-nous destituez de la grande bonté de nostre Dieu.

4 Et le bailla à garder à quatre

quatraines, etc. I monstre par ces cir-

constances que S. Pierre estoit comme fermé en un sépulchre, en sorte qu’on pouvoit penser que c’estoit fait de luy.

Car tout ainsi qu'on partissoit les jours et les nuicts en quatre parties, asçavoir à chacune trois heures : aussi Hérode avoit parti les gardes, tellement qu'après que quatre gend’armes avoyent fait le guet, quatre autres puis après se mettoyent en leur place : et ainsi ils veilloyent les uns après les autres de trois en trois heures. Il récite la cause pourquoy il n’a esté mené tout soudain à la boucherie : asçavoir pource qu’il n’estoit licite de le mettre à mort durant les jours de la feste de Pasque. Par ainsi donc Hérode ne diffère point comme s’il

eust esté en doute quel conseil il devoit,

prendre, mais seulement il attend l’occasion et opportunité. Il élit mesme le temps auquel le présent et spectacle qu’il vouloit donner au peuple, seroit receu avec plus grande joye et faveur, pource que grande assemblée de gens abordoit au jour de la feste.

5 Mais l'Eglise faisoit sans cesse prières à Dieu pour luy. S. Luc monstre yci que les fidèles ne laissèrent cependant de faire leur office. Vray est que S.

“Pierre faisoit seul lavantgarde, mais aussi tous les autres combatent par prières, et luy donnent tel secours qu'ils peuvent. Nous pouvons recueillir aussi de ceci, qu'ils n'avoyent le courage perdu : car leurs oraisons et prières rendent tesmoignage qu ils persévèrent de tout leur pouvoir à maintenir la cause pour laquelle sainct Pierre travailloit jusques

seigne premièrement, quelle affection nous devons avoir toutes fois et quantes .

que nous voyons nos frères estre affligez par les iniques pour le tesmoignage de l'Evangile. Car si nous-nous monstrons lasches, et si leurs périls ne nous esmeuvent pour en estre touchez au vif, nonseulement nous les défraudons du ‘devoir de charité, auquel nous sommes obligez, mais aussi nous sommes AESloyauE en laissant en cest endroit la confession de nostre foÿ. Car si la cause nous est commune, voire si ainsi est qui ’ils combatent pour nostre salut, ce n’est point tant à eux que nous défaillons, qu’à nous-mesmes et au Seigneur Jésus. Et la nécessité | présente requiert que tous ceux qui veulent estre réputez Chrestiens, soyent bien esmeus d’une autre ardeur en leurs prières qu’on ne voit coustumièrement.

Nous voyons que les uns de nos frères sont hors de leur pays réduits à une povreté extrême, les autres enchaînez, les autres plongez en l'ordure et puanteur sale des basses fosses, plusieurs traînez au feu : et qui pis est, qüe ces bourreaux cherchent de nouveaux tourmens pour faire plus languir les povres serviteurs de Dieu, et (el faire sentir qu’ils meurent. Si ces choses‘ne nous incitent pour le moins ou aiguisent à prier, ne sommes-nous pas plus que stupides ? Aussi tost donc que quelque persécution se lève, il nous faut recourir aux prières. Il est probable aussi que l'Eglise estoit d’autant plus songneuse de la vie de S. Pierre, qu’elle voyoit combien grand perte elle feroit en la mort diceluy. Et S. Luc ne dit pas seulement que prières se faisoyent pour luy, mais il adjouste quant et quant, Sans cesse : signifiant par cela que les fidèles n’ont point prié froidement ne par forme d’acquit, mais tandis que sainct Pierre a esté au combat, ils Ont esté sans se lasser attentifs à le secourir selon le moyen qu ils pouyoyent avoir.

Le nom de Dieu qui est yci exprimé, doit estre tousjours entendu quand l Escriture fait mention de prier. Car c’est l’un des premiers rudimens de nostre foy, que les prières ne doyvent estre adressées sinon à Dieu : comme il se réserve ce

Cuar. XII.

SUR LES ACTES

service particulièrement : ainsi que nous | dit, Invoque- moy an temps de ta tribulavoyons au Pseaume L, v. 15, où il est tion, elc.

6 Æt comme Hérode le devoit présenter, Pierre dormoit ceste nuict-là entre deux gendarmes, lié de deux chaines : et les gardes devant L'huis gardoyent

la prison.

7 Et voyci, un Ange du Seigneur surveint, et une lumière resplendit en la prison, et frappa le costé de Pierre, et l'esveilla, disant, Lève-toy légèrement.

Et les chaînes cheurent de ses mains.

8 Adonc l'Ange luy dit, Cein-toy et chausse tes souliers. Ce qu'il feit. Puis

luy dit, Pren ta robbe et me suy.

9 Z4 sortit et le suyvit ne scachant point que ce qui se faisoit par l'Ange fust

vray, ains cuidoil veoir quelque vision.

10 Quand ils eurent passé la première et la seconde garde, ils veindrent à la porte de fer, qui meine en la cité, laquelle S'ouvrit à eux d'elle-mesme : et sortirent et passèrent une rue : et incontinent l'Ange se partit de luy.

A1 Pierre estant revenu à soy-mesme, dit, Je scay maintenant pour vray que le Seigneur a envoyé son Ange, et m'a délivré de la main d'Hérode, et de

toute l'attente du peuple des Juifs.

6 Et comme Hérode le devoit présenter, Pierre dormoit ceste nuict-là entre deux, etc. Du commencement il semble en apparence que les prières de JEglise ne proufitent de rien : car le jour pour mettre S. Pierre à mort est desjà préfix, et n’est distant de sa mort que d’une nuict. Toutesfois les fidèles ne laissent point de prier : d'autant qu'ils sçavent qu'il advient bien souvent que le Seigneur choisit son temps au dernier poincl de là nécessité, quand il veut secourir les siens, et qu’il ha en sa puissance divers moyens de délivrer. D’avantage, il est croyable qu'ils mont point seulement fait oraison pour la vie de Pierre, mais aussi afin que Dieu Je munist d'une force invincible à la gloire de l’'Evangile, et qu'il ne prostituast point l'Evangile de Son Fils aux opprobres et blasmes des meschans. Pierre dormoit ceste nuict-la. Toutes ces circonstances donnent mieux à cognoistre la vertu admirable de Dieu. Car qui est celuy qui n’eust pensé que la mort eust desjà englouti sainet Pierre? Car combien qu’il respire encore, toutesfois le voylà assiégé de cent morts, en sortie qu’il n’ha ouverture tant petite soit pour eschapper. Ce donc qu’il eschappe par le milieu de beaucoup de morts, qu'il marche en seu-

reté entre les mains de ses bourreaux, que ses chaînes s’escoulent et se deslient, qu’une porte de fer s'ouvre devant luy :

qui ne voit que ceci est une façon de délivrance vrayement Divine ? D’avantage, une telle garde si estroite donne mieux à entendre que ce cruel tyran Hérode n’avoit rien moins en son cœur que de laisser sainct Pierre en vie.

7 Et une lumière resplendit en la prison, etc. Il est probable que ceste lumière ne fut veue d’autre que de sainct Pierre, et que les gend’armes estoyent ou assopis de sommeil, ou estourdis, en sorte qu’ils n’en ayent rien apperceu. Et il se peut bien faire qu’il y a eu double cause pourquoy Dieu a voulu que ceste lumière resplendist : : Ou afin que sainct Pierre s’en servist, de peur qu’il ne fust empesché par les ténèbres : ou afin que ce luy fust un signe de la gloire céleste. Car nous lisons que Îles Anges sont apparus bien souvent avec clairté, mesme quand le soleil luisoit. Il est bien certain que ceste lumière non accoustumée devoit faire penser à sainct Pierre, que Dieu estoit là présent : et quant et quant l'appliquer à son usage et S’en servir. Quant à ce que lAnge frappe le costé de S. Pierre, il appert par cela combien nostre bon Dieu est songneux

de ses fidèles : d'autant qu’il veille pour eux cependant qu’ils dorment, et les resveille quand ils sont assopis. Et de faict, il n’y à rien plus misérable que nous, s’il n’y avoit que lassiduité de nos prières qui feist faire le guet à Dieu pour nous. Car selon que nostre chair est infirme, nous défaillons, et avons lors principalement besoin de son aide, quand nos entendemens estans distraits ailleurs, ne le cherchent point. Le dormir est une image de mort, qui tient tous les sens estouffez et assopis. Que deviendrions-nous si Dieu alors cessoit d’avoir l'œil sur nous ? Au surplus, pource que quand les fidèles se vont coucher, ils recommandent leur salut à Dieu, cela fait que leur dormir mesme invoque Dieu.

Quant à ce que sainct Luc récite qu’incontinent après les paroles de l’Ange les chaînes de sainct Pierre ont esté desliées, nous pouvons facilement recueillir de cela, qu'il y a assez de puissance au commandement de Dieu pour oster toutes sortes d’empeschemens, voire quand il sembleroit que toutes voyes seroyent fermées. Ainsi s’il veut appaiser toutes esmotions de guerre, voire quand tout le monde seroit en armes, les lances et glaives tomberont tout incontinent des poings. Au contraire, s’il nous veut punir par guerre, s’il veut prendre vengence

de nos péchez et offenses, ceux qui au-

paravant estoyent adonnez à repos, en un moment seront eschaufiez, et empoingneront les armes. Touchant ce que sainct Luc récite par le menu tant les paroles de Ange que l’ordre de ce qui a esté fait, cela sert pour la certitude de l’histoire : afin qu’on cognoisse en tout et par tout que sainct Pierre a esté délivré par la main de Dieu.

9 Ne sçachant point que ce qui se faisoit par l' Ange, etc. Il est bien vray qu’il ne pensoit point que ce fust quelque vaine illusion ou fantosme, comme souventesfois il advient que Satan déçoit les hommes par ses enchanteries : mais ce mot de 7ray, est yci pris pour ce qui se fait naturellement et à la facon des hommes. Car il faut yei noter lPopposition qui est entre une chose qui se fait, et une vision. Au reste, combien qu’il

Cuar. XII.

pense que ce soit une vision, néantmoins il est prompt à rendre obéissance. En quoy son obéissance est esprouvée, quand se contentant du seul commandement de Ange, il ne s’enquiert plus, et ne débat point que c’est qu’il ha à faire, mais exécute ce qui luy est commandé.

10 Quand is eurent passé la première et la seconde garde, ils veindrent à la porte de fer, etc. Dieu pouvoit bien en un moment ravir sainct Pierre: mais il surmonte par succession de temps plusieurs diflicultez, afin que la gloire du miracle fust plus grande. Ainsi a-il créé le monde en six jours, (Genèse, I, et Exode, XX, 11) non point qu'il eust besoin de quelque espace de temps : mais afin que nous fussions mieux arrestez en la méditation de ses œuvres. Car il modère sa manière de faire selon nostre capacité, et pour l’accroissement de nostre foy. Si Pierre eust esté transporté tout en un moment de la prison en la maison où les frères estoyent assemblez, on n’eust cognu qu'une seule et simple déli-yrance: mais maintenant nous voyons comme devant nos yeux, qu'il a esté délivré plus de dix fois.

A1 Pierre estant revenu à soy-mesme, dit, Je scay maintenant pour vray que le Seigneur, etc. Estant auparavant estonné de la chose non attendue et incroyable, il estoit comme hors de soymesme : mais finalement il cognoist comme estant retourné ‘d’une ecstase, qu'il est délivré de mort. Ces paroles que sainct Luc récite, contienent action de grâces. Car il célèbre à part soy le bénéfice de Dieu qu’il avoit expérimenté, et le magnifie en soy-mesme jusques à ce qu'il ait rencontré d’autres tesmoins. En disant que l’'Ange à esté envoyé de Dieu, il parle selon le sentiment commun des fidèles, lesquels tienent que Dieu leur a destiné les Anges pour ministres, afin qu'ils ayent soin de leur salut. Car s’il n’eust eu une telle persuasion imprimée en son esprit, il ne feroit pas mention de l’Ange. Et toutesfois il ne loue point l'An ge comme autheur de la grâce qui luy avoit esté faite: mais il attribue toute la louange de ce faict à Dieu seul. Et certes les Anges ne s’employent point à nous se-

seed hanté ll

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