‹ Commentaires de Jehan Calvin sur le Nouveau TestamentChapitre 26 sur 99 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

A Recevez à vous celuy qui est débile en foy, non point en disputes de

questions !. |

2 Que celuy qui croit, mange de toutes choses : mais celuy qui est débile,

mange des herbes.

3 Celuy qui mange, qu'il ne desprise celuy qui ne mange point : et celuy qui ne mange point, qu'il ne juge point celuy qui mange : car Dieu l'a receu à soy. k Qui es-tu toy qui condamnes le serviteur d'autruy”?? Il se tient ferme ow trébusche à son Seigneur : mesmement il sera affermi: car Dieu est puissant

de l'affermir.

1) Ou, pour débatre par disputes. Que ce luy, etc.

1 Recevez à vous celuy qui est débile. 11 vient maintenant à un enseignement fort nécessaire pour dresser et entretenir un corps d’Eglise : c’est que ceux qui auront plus avancé et proufité en la doctrine Chrestienne, s’accommodent aux ignorans, etemployent leur force el avancement à soustenir et supporter l’infirmité d’iceux. Car entre le peuple il y en à aucuns plus débiles que les autres : lesquels si on ne traitte avec grande douceur et débonnaireté, ils perdent courage, et finalement se desgoustent et destournent de la religion : ce qu’aussi il est vray-semblable estre advenu principalement en ce temps-là. Car les Eglises estoyent meslées de Juifs et de Gentils: desquels les uns estans de long temps accoustumez aux observations de la Loy de Moyse, et y ayans esté nourris dés leur enfance, ne pouvoyent aiséement estre induits à les laisser : les autres n’ayans rien apprins de tout cela ne vouloyeut point prendre sur eux un joug non accoustumé. Or pource que d’une diversité d'opinions les hommes tombent aiséement en noises et débats, lApostre monstre comment ceux qui sontainsi divers d'opinions pourront néantmoins s’entretenir les uns avec les autres sans débat. Et en cela il prescrit un fort bon moyen, c’est que ceux qui sont plus robustes, s’emplovent à soulager les intirmes : et ceux qui ont plus proufité, à supporter les ignorans. Car si Dieu nous conferme par-dessus les autres, il n’en-

9) Jaq., IV, 13:

tend pas que de la force qu’il nous donne, nous en abusions à fouller les foibles. Et la sapience Chrestienne ne nous enseigne point de nous enorgueillir outre mesure, et mespriser les autres. Pour ceste raison donc il addresse son propos à ceux qui sont les mieux instruits, et desjà confermez : lesquels d'autant qu’ils ont receu du Seigneur grâce plus abondante, d’autant sont-ils plus tenus et obligez d’aider à leurs prochains. Non point en dispute de questions. La sentence est imparfaite, d'autant que le verbe qui pourroit rendre le sens entier, y défaut : toutesfois il est bien certain que PApostre n’a voulu dire autre chose, sinon que nous avisions de ne point fascher ou troubler les infirmes par questions faites mal à propos, et desquelles ils ne sont encores capables. Cependant, il nous faut entendre le sujet spécial que maintenant il traitte. Car pource que plusieurs d’entre les Juifs estoyent encore attachez aux ombres de la Loy, il confesse bien que cela est vicieux en eux, mais il requiert qu’on leur pardonne pour un temps, d'autant que les presser rudement c’eust esté troubler leur foy. Il nomme donc, Questions de contention, celles qui troublent les es= prits qui ne sont point encore bien résolus, ou les enveloppent de doutes. Combien qu'il faut estendre ceci plus loin, c’est asçavoir à toutes questions entortil lées et estranges, lesquelles sans édification, ne font qu'embrouiller et mettre en inquiétude les consciences imbécilles.

Cuar. XIV. SUR L'ÉPISTRE

Ainsi done, il eschet d’avoir esgard de quelles questions un chacun est capable, et faut compasser la doctrine et façon d'enseigner à la capacité d’un chacun.

2 Qui croit, que cestuy-là mange de toutes choses : mais celuy qui est débile, etc. Erasme a traduit les mots de sainct Paul autrement, asçavoir: L'un croit qu'on peut manger de toutes choses.

Mais je ne voy point de raison sur laquelle il se soit peu fonder: car*il a rendu la sentence imparfaite, en lieu qu’elle est plene et entière és mots de sainct Paul: et puis là où le mot Grec signifie, Qui croit: ç’a esté improprement fait de traduire, L’un croit. Au reste, vray est qu’à tourner le texte Grec mot à mot, il ylauroit, Qui croit, manger de toutes choses : mais on ne doit point trouver rude ou contraint, de ce que j’ay rendu cela en l’Impératif, Que cestuy-là mange, etc., pource que ceste façon de parler est fort commune et fréquente à sainct Paul. Il appelle donc Croyans, ceux qui sont résolus en certitude de conscience.

À ceux-là il permet d’user indifféremment de toutes choses. Cependant, celuy qui est débile, mange des herbes, et s'abstient des choses desquelles il ne luy semble point que l’usage luy soit permis.

Toutesfois si quelqu'un aimoit mieux retenir l’autre lecture commune, le sens sera, Que ce n’est pas raison que celuy qui mange de toutes choses librement, pource qu’il croit qu’il luy est ainsi permis, range à la mesme règle ceux qui sont encore tendres en la foy, et débiles.

Car d'exposer le mot de Débiles pour Malades (comme ont fait aucuns) c’est une chose ridicule.

3 Celuy qui mange, qu'il ne desprise celuy, etc. I obvie bien prudemment et par bon moyen aux vices qui sont d’un 'costé et d'autre. Car ceux qui sont plus fermes et résolus, ont volontiers ce vice, qu’ils desdaignent ceux qui sont enveloppez en des scrupules frivoles, et mesmes se mocquent d'eux: au contraire, les autres ne se peuvent pas aiséement garder de faire des jugemens téméraires, et de condamner ce qu’ils ne comprenent pas :

et pourtant tout ce qu'ils voyent faire, qui n’accorde point à leur opinion, ils

jugent que &’est mal. Maintenant done, il admoneste les premiers qu’ils se gardent de mespriser aucun frère : et les autres, d’estre par trop difficiles et chagrins. La raison qu’il adjouste, doit estre rapportée à l’un et à l’autre membre, attendu qu’elle convient à toutes les deux sortes de gens desquels il parle. Quand tu vois, dit-il, un homme illuminé de la cognoissance de Dieu, Ut as assez suffsant tesmoignage que le Seigneur la prins des siens: que si tu le mesprises ou condamnes, tu rejettes celuy que Dieu avoit receu.

4 Toy qui es-tu qui condamnes le serviteur d'autruy? Comme entre les hommes cestuy-là seroit trouvé incivil, voire mesme orgueilleux et présomptueux, qui voudroit ranger à ses facons de faire le serviteur d’autruy, et contreroller selon sa fantasie toutes les œuvres d’iceluy : ainsi tu entreprens trop, quand en un serviteur de Dieu tu condamnes quelque chose, pource qu’elle ne te plaist point. Car ce n’est pas à toy de luy prescrire ce qu’il doit faire, ou ne faire pas : d'autre part aussi il n’est pas astreint de vivre à ta poste. Or quant à ce que la puissance de juger nous est ostée, cela se rapporte tant à la personne qu’aux faits. Toutesfois il y a grande différence entre les deux : car quant à l’homme, quel qu’il Soit, nous en devons laisser la disposition à Dieu: mais quant à ses faits et œuvres, vray est quil ne nous est pas’ permis d’en déterminer selon nostre propre fantasie, mais bien selon la parole de Dieu. Or le jugement qui est prins de la Parole, n’est pas jugement procédant de l’homme, ou lequel on puisse dire estre jugement d’autruy.

Ainsi donc, sainct Paul nous veut yci destourner de toute témérité de juger, en laquelle tombent ceux qui osent juger des œuvres des hommes hors la parole de Dieu. Z! se lient ferme ou trébusche à son Seigneur. Comme sil disoit, Ceste puissance appartient proprement à celuy qui est Seigneur, de condamner ou avoir pour agréable ce que le serviteur fait : et pourtant quiconque tasche de l'attirer à soy, fait tort au Seigneur. Or quant il adjouste, Mesmement il se liendra ferme :

en cela non-seulement il nous commande de nous abstenir de condamner, mais aussi nous exhorte à encliner à douceur et humanité, tellement que tousjours nous espérions bien de celuy en qui nous voyons quelque chose de Dieu. Car ceux ausquels le Seigneur a commencé lœuvre de sa grâce, il nous a donné matière d'espérer, qu’il les veut plenement confermer et amener à perfection. Car en fondant son argument sur /a puissance de Dieu, il n'entend pas en parler simplement, comme sil disoit, que Dieu pourroit bien faire cela s’il vouloit : mais selon la coustume de l’Escriture, avec la

Car. XIV.

puissance de Dieu, il conjoint aussi la volonté. Cependant toutesfois il ne détermine point yci une règle qui soit perpétuelle : comme s’il estoit nécessaire que ceux que Dieu a une fois dressez, demeurent debout jusques en la fin; mais seulement il nous admoneste que nostre devoir est de bien espérer, et encliner plustost nostre jugement de ce costé-là :

comme aussi il enseigne ailleurs, disant, Celuy qui a commencé bonne œuvre en nous, la parfera jusques en la fin, Philippe, I, 6. En somme sainet Paul monstre en quelle part enclinent les jugemens de ceux esquels charité besongne.

5 L'un estime un jour plus que l’autre jour : et l'autre juge de chasque jour également. Un chacun soit certainement résolu en sa pensée.

6 Celuy qui ha esgard au jour, y ha esgard au Seigneur : et qui n’ha point d'esgard au jour, il ny ha point d'esqard au Seigneur. Qui mange, mange au Seigneur : car il rend grâces à Dieu: et qui ne mange point, il ne mange point au Seigneur : et en rend grâces à Dieu.

1) Ou, c’est au Seigneur qu’il ne mange point:

5 L'un estime. Il avoit n’aguères parlé du scrupule touchant le choïis des viandes : maintenant il adjouste un autre exemple prins de la différence des jours.

Or l’un et l’autre procédoit de la façon de faire des Juifs. Car pource que le Seigneur en sa Loy mettoit différence entre les viandes, et en déclaroit aucunes immondes, desquelles il défendoit d’user :

pource aussi qu’en icelle il ordonnoït certains jours de feste et solennité, commandant qu’ils fussent estroittement observez : les Juifs ayans dés leur enfance esté nourris en la doctrine de la Loy, ne pouvoyent oster de leur entendement ceste différence et révérence de certains jours, laquelle ils avoyent conceuë dés le commencement, et à laquelle ils s’estoyent accoustumez toute leur vie: ils n’osoyent toucher aux viandes, desquelles ils avoyent Si long temps fait conscience. Or ce qu'ils estoyent ainsi abbruvez de ces opinions, procédoit d’infirmité : car s'ils eussent eu une claire et bien certaine cognoissance de la liberté Chrestienne, ils eussent esté d'autre opinion. Toutesfois de s'abstenir des choses lesquelles ils pensoyent ne leur estre

point licites, cela procédoit d’un sentiment de crainte de Dieu: comme c’eust esté à eux une grande audace et mespris, d'entreprendre quelque chose contre leur conscience. L’Apostie donc enseigne yei un bon moyen pour les uns et les autres, Que chacun soit certainement résolu en sa pensée: entendant par cela que les Chrestiens se doyvent tellement estudier et exercer à obéissance, qu’ils ne facent chose, laquelle ils ne pensent ou plustost soyent certains estre agréable à Dieu. Et de faict, c’est un point qu’il faut tenir pour tout résolu, que le commencement de bien vivre et droitement est, que les hommes dépendent de la volonté de Dieu , et ne se

donnent point congé de remuer le bout.

du doigt, ayans le cœur en bransié ét doute. Car il ne se peut faire qu’une telle témérité, Quand nous osons passer plus avant que nous ne sommes certailis nous estre permis, ne se convertisse en obstination et rébellion. Si maintenant quel:

qu'un objecte sur cela, qu'erreur est tousjours accompagné de doute et perplexité, et que pourtant les infirmes ne peuvent avoir en eux la certitude que

Cuar. XIV.

saint Paul requiert, la solution est facile, Qu’à telles. gens est pardonné, pourveu qu'ils se tienent au dedans de leur mesure. Car aussi sainct Paul n’a yci prétendu à autre chose, sinon de réprimer une licence desréglée, qui fait que plusieurs s’ingèrent, ou plustost se jettent comme à l'aventure à faire choses qui leur sont douteuses et incognues. Ainsi donc , sainct Paul requiert ceste discrétion, qu’en toutes nos actions nous ayons tousjours la volonté de Dieu qui aille devant.

6 Celuy qui ha esgard au jour. Veu que S. Paul entendoit bien et tenoit pour résolu que l’observation des jours procédoit d’une ignorance de Christ, c’est-àdire à faute de cognoistre la liberté que Christ a apportée : il n’est pas à croire qu’il vueille du tout maintenir et excuser une telle corruption : et toutesfois à veoir les mots on diroit qu'ils emportent cela, Que celuy qui observe un jour plustost que l’autre, ne faut point. Car il dit qu’il …. ha esgard au Seigneur : et rien ne peut

- estre agréable à Dieu, que ce qui est bon.

Or afin d'entendre son intention, il est nécessaire de distinguer entre lopinion qu’un homme gra conceuê touchant l'observation des À jrs, et icelke observation à part à laquell ,il s’astraint. Car lopinion est superstitieuse, et sainct Paul ne le nie pas, veu que desjà il Pa condamnée sous ce nom d’Intirmité, et encore

—— un peu après la condamnera plus aper-

tement. Mais quant à ce que celuy qui est encore en ceste superstition, n’os8e violer la solennité du jour, Dieu approuve cela :

d'autant qu’un tel personnage n'ose rien entreprendre avee doute de conscience.

Car que feroit autre chose le Juif, qui n’a point encore tant proulité en l'Evangile, qu’il soit délivré du scrupule de l’observation des jours ? Il ha la parole du Seigneur, en laquelle est recommandée l’observation des jours. La Loy luy impose une nécessité en cest endroit :

tend pas encore l’abrogation d’icelle. I!

ne luy reste donc, sinon de se conduire “selon la mesure d'intelligence qu’il ha, en attendant que Dieu luy donne plus ample révélation, et de n’user de privilége de

liberté jusques à ce qu’il l'ait receu par |

SUR L’ÉPISTRE AUX ROMAINS

il n’en-

foy. Autant en faut-il dire de celuy qui s’abstient des viandes immondes. Car s’il en mangeoit estant ainsi en perplexité, ce ne seroit pas recevoir de la main de Dieu un don, mais plustost avancer la main sur les choses défendues, et entreprendre contre la défense. Qu'un tel donc use d’autres choses, lesquelles il pense luy estre permises, et suyve Ja mesure de son intelligence. Par ce moyen il rendra grâces au Seigneur: ce qw’il ne pourroit faire, s’il n’estoit persuadé et bien certain qu’il a esté sustenté de la libéralité de Dieu. Et pourtant il ne le

faudra point avoir en mespris, comme

s’il offensoit le Seigneur par ceste s0briété et saincte timidité, de laquelle nous avons parlé, Cependant aussi, quand nous dirions que la modestie d’un homme qui est ainsi infirme, est approuvée de Dieu, non pas pource qu’elle le mérite, mais d'autant que Dieu le supporte par douceur, il n’y auroit point en cela d’absurdité. Toutesfois pource que n’aguëres il requéroit qu’on ait certitude et bonne résolution de ce qu’on fait, afin que chacun n’entreprene à sa fantasie et témérairement de garder ceci ou cela : il seroit bon de regarder si ceci n’est point dit plustost par exhortation que par affirmation, pource que la suite du propos coulera mieux en ceste sorte, Que chacun soit résolu de ce qu’il fait, d’autant qu’il faudra rendre conte devant le siége judicial du Juge céleste. Car soit que quelqu'un mange d’une viande, soit qu’il s’en abstiene , il doit en tous les deux regarder à Dieu. Certes il n’y a rien si propre, tant à réprimer la trop grande licence de

juger que les hommes entreprenent sur

leurs prochains, qu’à corriger les superstitions , que quand On nous adjourne devant le siêége judicial de Dieu. Et pourtant c’est bien avisé. à sainct Paul, de proposer à chacun comme devant ses yeux, le Juge, à la volonté et approbation duquel ils ont à rapporter tout ce qu’ils font. Et à cela ne répugne point, que le pi nos est couché par aflirmation. Car incohtinent après il met, Que nul ne vit à SOy, ou meurt à s0y : où il ne récite pas que c’est que les hommes font, mais enseigne que c’est qu’ils doyvent faire,

Au reste, notons qu’il dit, que lors nous mangeons au Seigneur, et nous abstenons au Seigneur, quand nous rendons grâces. Et pourtant si nous usons des viandes sans action de grâces, l'usage en est immonde : semblablement si nous-

Cuar. XIV.

nous en abstenons sans action de gràces , l’'abstinence en Sera impure. Il n'y a que le seul nom de Dieu, lequel estant invoqué par nous, sanctifie et nous et tout ce que nous avons.

7 Car nul de nous ne vil à soy, et nul ne meurt à soy. 8 Car soit que nous vivions, nous vivons au Seigneur : Où Soit que NOUS MOoUrions, nous mourons au Seigneur. Soit donc que nous vivions, ou que nous

mourions, nous sommes au Seigneur.

9 Car pour cela Christ est mort et ressuscité, et est retourné à vie, afin qu'il ait seigneurie tant sur les morts que sur les vifs.

7,8 Car nul de nous, etc. I conferme maintenant la sentence précédente par une raison tirée du total à une partie :

Asçavoir qu'il ne se faut pas .esbahir si les opérations particulières de nostre vie doyvent regarder au Seigneur, veu que la vie mesme doit estre toute rapportée à sa gloire. Car lors on peut dire que la vie de l’homme Cbrestien est réglée comme il appartient, quand elle ha la volonté de Dieu pour son but. Or si ainsi est que nous devions rapporter à la volonté d’iceluy tout ce que nous faisons, il ne nous est aucunement.licite d’entreprendre chose laquelle nous pensions luy estre desplaisante, ou plustost laquelle nous ne sçachions certainement luy estre plaisante. Vivre au Seigneur, ne signifie pas yci (comme au chapitre VE, v. 8), estre conduit et gouverné par son Esprit :

mais se régler et conformer à son commandement, et destiner toutes choses à sa gloire. Et n’est pas assez que nous vivions au Seigneur, mais faut aussi que mourions au Seigneur: c’est-à-dire, il faut remettre à sa volonté tant nostre vie que nostre mort. Il adjouste une très bonne raison, pource que soi que nous vivions Où QUE NOUS MOUTIONS, ROUS SOMmes à luy. Car de là s’ensuit qu’il ha puissance de disposer de nostre vie et de nostre mort. Au reste, l’usage de ceste doctrine s’estend bien loin : car la domi-

nation sur nostre vie et nostre mort, GX

tellement attribuée et maintenue à Dia , qu'il faut que chacun se contente de sa condition, et la trouve tolérable, comme un joug que Dieu luy à mis sur le col, Car

c’est bien raison qu’il ait l’authorité d’assigner, à chacun sa place, et de terminer son Cours. Et par ce moyen, nonseulement il nous est défendu d’entreprendre légèrement ceci et cela sans le commandement de Dieu, mais aussi nous est commandé d’avoir patience en toutes fascheries et incommoditez. S'il advient donc quelque fois que la chair se refrongne, et recule de porter les adversitez que Dieu envoye, réduisons lors en mémoire, que celuy qui n’est pas en liberté, ni en sa puissance, renverse tout droict et ordre, s’il ne dépérid entièrement de ce qui plaist à son Seigneur. Par mesme moyen aussi nous est yisescrite a règle qu'il nous faut tenir à/vivre et mourir, c’est assavoir qu’encoté qu’il nous prolonge la vie en continuelles misères et langueurs, nous n’appétions point toutesfois de sortir d’yci devant le temps: et au contraire, s’il nous rappelle au milieu de la fleur de néstre aage, que nous soyons tousjours prest de partir.

9 Car pour cela Christ est mort, etc.

C’est la confirmation de la raison qu’il avoit naguère: mis. Car pour prouver qu'il nous faut vivre et mourir au Seigneur, if avoit dit, Que soit que nous wvivion$, Où que nous mourions , NOUS sOmMmes en la puissance de Christ. Maintewant il monstre comment c’est bien à bon droict que Christ s’attribue ceste puissance sur nous, veu qu’elle luy à cousté si Cher, et qu’il l’a acquise à si bonnes enseignes. Car én se donnant à la mort pour nostre salut, il s’est acquis un droïct sur nous, que la mort mesme ne peut abolir :

Car. XIV. SUR L'ÉPISTRE et en ressuscitant il a retenu toute nostre vie pour son droict seigneurial. Par sa mort donc et sa résurrection il a mérité que tant en la mort qu'en la vie nous servions à la gloire de son nom. Quant à ce qui est dit, Zl est ressuscité, et est relourné à& vie: cela emporte aulant

comme s’il disoit, que par la résurrection une nouvelle condition de vie luy a esté acquise : et pource que la vie qu’il ha maintenant, n’est point sujete à changement, qu’aussi sa domination sur nous est éternelle.

10 Mais toy, pourquoy condamnes-lu ton frère? où toy aussi pourquoy desprises-lu ton frère? Certes nous comparoistrons tous devant le siège judicial

de Christ".

A1 Car il est escrit, Je vi, dit le Seigneur, tout genouil se ployera devant moy, et toute langue donnera louange à Dieu*.

12 Par ainsi donc, un chacun de nous rendra conte pour soy-mesme à Dieu.

13 Ne jugeons* plus donc l’un l'autre : mais jugez plustost cela“. de ne mettre aucun choppement ou trébuschement à nostre frère.

1) 2 Cor., V, 10. 2) Is., XLV, 23.

A0 Mais loy, pourquoy juges-tu, eic.

Pource qu’il avoit dit que tant la vie que la mort de nous tous doit estre rapportée à Christ, et que c’est à luy d’en disposer, de là il passe à faire mention du jugement que le Père luy a donné avec la domination du ciel et de la terre. Dont il recueille que c’est une outrecuidance bien desréglée, quand l’homme usurpe à s0y le jugement sur son frère: veu qu’une telle licence oste au Seigneur Jésus-Christ la puissance, laquelle luy seul à receuë du Père. Mais en premier lieu, desjà par le mot de Frère , il réprime cest appétit pervers de juger. Car si le Seigneur a establi entre nous un droict et lier de s0ciété fraternelle, il faut garder une équalité. Tout autre donc qui entreprend de faire office de juge, passe sa mesure, et se monstre desraisonnable. Après cela, il nous ramène à ce Juge unique qui est tel, que non-seulement nul ne Iuy peut oster sa puissance, mais non pas mesmes eschapper, qu’il n’ait à comparoistre devant le siége judicial d’iceluy. Selon donc que ce seroit une chose absurde entre les hommes , si en jugement où les parties doyvent se tenir en bas aux pieds dujuge, l’une d’icelles se venoit jucher au siège judicial: autant est-il absurde que l’homme Chrestien tire à soy ceste authorité de juger de la conscience de son frère.

L’argument duquel use $S. Jaques (IV, v. 41) est presque semblable, Qui juge

rl

3) Ou, condamnons,

4) Ou, usez plustost de jugement en cela.

son frère, il juge la Loy : et qui juge la Loy, n’est pas observateur de la Loy, mais plustost maistre ou contrerolleur d’icelle. Or au contraire, dit-il, il y a un seul Législateur qui peut sauver et perdre. Quant au siége judicial qu’il attribue à Christ, il entend par cela lauthorité et puissance de juger : comme en un autre passage la voix de l’Archange par laquelle nous serons adjournez, est nommée Trompete, 4 Thessalon., IV, v. 46, pource qu'elle aura comme un son bruyant pour se faire ouir en retentissant jusques dedans les cœurs et aureilles de toutes personnes.

11 Car.il est escrit, Je vi, dit le Seigneur, etc. Il me semble que lApostre a allégué ce tesmoignage du Prophète, non point tant pour prouver ce propos du jugement de Christ, lequel estoit hors de doute entre tous Chrestiens, que pour monstrer que nous devons tous avec grande humilité et déjection de nousmesmes attendre ce jugement : ce que les mots aussi emportent. Ainsi donc, auparavant parlant en sa personne, il à déclaré que c’est à Christ seul de juger tous hommes : maintenant par les paroles du Prophète, il démonstre qu'il faut que toute chair soit humiliée par l'attente de ce jugement : ce qu'emporte ceste façon de parler, Ployer le genouil. Au reste, combien qu’en ce passage-là du Prophète, lé Seigneur prédit en général qu’il

adviendra que sa gloire sera magnifiée entre toutes nations, et sa majesté exaltée en tout lieu, laquelle pour lors estoit enclose entre un bien petit nombre de gens, ét comme cachée en un coin du monde en obscurité, toutesfois si nous regardons de près, on verra bien que l'accomplissement de la chose n’est point maintenant, et n’a jamais esté au monde :

et mesme my à point d'espérance qu’on luy puisse veoir à l’advenir. Dieu ne règne point aujourd’huy au monde autrement que par lEvangile, et n’y a point d'autre moyen par lequel sa majesté soit honorée deuëment, sinon quand elle est révérée suyvant la cognoissance qu’on en ha par sa Parole. Or est-il que la parole de Dieu a tousjours eu ses adversaires, qui luy ont résisté obstinément : et d'autre part des contempteurs qui n’ont fait que s’en mocquer, comme si ce n’estoit qu'une farce, ou une fable. Et encore aujourd’huy il y a beaucoup de telles manières de gens, e£ y en aura tousjours.

De cela il appert qu’il est bien vray que ceste prophétie commence en la vie présente : mais que d'autre part elle est tousjours loin de sa perfection, jusques à ce que ce jour de la résurrection dernière sera venu, auquel tous les adversaires de Christ seront mis bas et renversez, pour estre faits le scabeau de ses pieds. Et cela ne se pourra faire, sinon que le Seigneur soit assis en jugement.

J1 s'ensuit done que PApostre a bien proprement appliqué ce tesmoignage du Prophèête au siége judicial de Christ. C’est aussi ur passage excellent pour confermer nostre foy touchant la Divinité éternelle de Christ. Car c’est Dieu qui parle là, voire ce Dieu qui a une fois prononcé qu’il ne résignera point sa gloire à un autre, Isaïe, XLIT,.8. Or si en Christ est accompli ce que là il s’attribue à luy seul, il est certain qu’il se manifeste véritablement en Christ. Et de faict, la vérité de ceste prophétie s’est lors monstrée évidemment, quand de tous costez du monde universel Christ a assemblé gens à coY, en faisant un peuple sien : et les rangeant à servir sa majesté, et obéir à

Cnar. XIV.

l'Evangile. À quoy sainct Paul a regardé aux Philippiens, chapitre IF, v. 9, disant que Dieu a donné à son Christ un nom auquel tout genouil ployera. Cependant toutesfois, le plein accomplissement d’icelle est réservé à ce jour qu'il montera en son siége judicial pour juger les vifs et les morts : comme le Père luy a donné tout jugement tant au ciel qu’en la terre. Au reste, les mots du Prophète sont, Toute Langue jurera à moy. Mais pource que le jurement est une partie de honneur que Dieu requiert des hommes, ce que sainct Paul dit yci, Donnera louange, ne change rien du sens. Car le Seigneur a voulu simplement protester, que tous hommes non-seulement cognoistront sa majesté Divine, mais aussi feront confession, et rendront tesmoignage d’obéissance, et de bouche et de contenance externe Qu corps : ce qu’il a signifié par ce mot, Ployer le genouil.

12 Par ainsi donc un chacun de nous rendra conte pour soy-mesme, etc. Ceste conclusion nous ramène à une humilité et déjection de nous-mesmes : dont aussi il infère incontinent, que nous ne Jugions plus l'un l'autre : pource qu’il ne nous appartient pas d'entreprendre l'office de juger, veu qu’il nous faut nécessairement comparoistre en jugement et rendre conte comme les autres. Or d'autant que le mot de Juger, ha diverses significations, l’Apostre par une façon de parler qui ba grâce, l’appliquant à deux endroits, en tire deux bons enseignemens. Car au premier mot de Juger, il nous défend de juger en condamnant : au second, il nous commande d'employer toute nostre raison et jugement à éviter scandale. Car en ce mot il taxe obliquement ces grans repreneurs et contrerolleurs, poussez d'envie, qui employent toute la subtilité de leur esprit à trouver quelque chose à reprendre en la vie des frères. Et pourtant il les ad#oneste d’aviser plustost à se donner garde, pource que par faute d’aviser à eux-mesmes, ils font souvent ou trébuscher ou heurter leurs frères en quelque scandale.

Cnar. XIV.

SUR L'EPISTRE AUX ROMAINS

44 Je sçay et tien pour certain par le Seigneur Jésus, que rien n'est souillé de soy-mesme, sinon à celuy qui estime quelque chose estre souillée, elle luy

est souillée.

15 Mais si lon frère est contristé pour la viande, tu ne chemines plus selon charité. Ne destruy point pour ta viande, celuy pour lequel Christ est mort1.

16 l’ostre bien donc ne soit point blasmé.

47 Car le royaume de Dieu n'est point viande ne bruvage : mais justice,

aix, et joie au sainct Espril?.

48 Car qui en cela sert à Christ, plaist à Dieu, et est approuvé des

hommes.

1) 1 Cor., VILI, 11. 2) Ou, pour le sainct.

A4 Je scay et tien pour certain, etc.

Afin de prévenir lobjection que pouvoyent faire ceux qui avoyent si bien proufité en l'Evangile, qu'ils ne discernoyent point entre les viandes, et n’en faisoyent aucun scrupule, il démonstre premièrement quelle opinion on doit avoir touchant les viandes en les considérant simplement en elles-mesmes : puis après, il adjouste comment on peut faillir en la circonstance de l’usage d’icelles. I déclare donc qu’à la conscience droite et pure nulle viande n’est souillée, et qu’il n’y à rien qui nous empesche d’en user purement qu'ignorance et erreur : pource que celuy qui imagine quelque immondicité en la viande, n’en peut user librement. Mais il adjouste un peu après, Qu'il ne faut pas seulement regarder aux viandes en elles-mêmes, mais aussi aux frères, en la présence desquels nous en mangeons. Car nous ne devons pas estimer l'usage des biens que nous recevons par la libéralité de Dieu, estre tellement indifférent, qu’il ne doyve estre sujet à charité. Ainsi donc, ces paroles emportent autant comme s’il disoit, Je sçay bien que toutes viandes sont pures, et pourtant je les laisse en ta liberté : je laisse ta conscience à délivre de tout scrupule :

brief, je ne te défen pas simplement et précisément l’usage des viandes, mais sans nous arrester aux viandes, je requier que tu avises à n’oublier point l'édification de ton prochain, Là où nous avons traduit Souillé, S. Paul à dit Commun, signifiant ce qui est profane, et dont les infidèles usent indifféremment : et est ainsi dit à l’opposite des choses qui sont

spécialement sanctiliées pour l'usage du peuple fidèle. Parlant de la pureté de toutes viandes, afin de mettre ce poinct hors de toute doute, il dit qu'il le sçait et en est certain. Il adjouste, Par le Seigneur Jésus, d'autant que c’est par son moyen que nous obtenons ce privilége et ceste grace que toutes créatures nous sont bénites du Seigneur, lesquelles autrement estoyent maudites en Adam :

toutesfois il a voulu quant et quant en ce mot opposer à la servitude de la Loy, la liberté qui nous est donnée de Christ : afin qu’ils ne pensassent point estre astraints à une observation de laquelle Christ les avoit délivrez et affranchis. Par l’exception qu’il à mise, Sinon à celuy, etc.

nous sommes enselgnez qu’il n’v a rien si pur, que la conscience corrompue ne souille. Car il n’y a que la seule foy, crainte, et cognoissance de Dieu qui nous sanctifie toutes choses. Au contraire, les infidèles, comme ils sont polluez au dedans, ainsi par leur attouchement ils infectent et corrompent toutes choses, Tite, chapitre f, v. 45.

15 Mais si ton frère est contristé pour la viande. Il déclare maintenant en combien de sortes le scandale des frères

.corrompt l’usage des bonnes choses. Or

la première raison est, pource que charité est enfrainte, si pour une cause tant légère le frère est par nous contristé.

Car donner à aucun cause de douleur, cela est contraire à charité. L'autre raison est, pource que quand une conscience infirme vient à estre blessée par nous, c'est desfaire le pris du sang de Christ.

Car le frère le plus petit et mesprisé qui

puisse estre, à esté racheté par le sang de Christ. C’est donc une chose estrange et desraisonnable, que nous le destruisions pour contenter nostre ventre. El il faut bien dire que d’une vileine façon nous sommes par trop addonnez à nos cupiditez, si la viande, qui est si peu de chose, est par nous préférée à Christ. La troisième est, que si la liberté acquise aux fidèles par Christ, est bonne, nous devons mettre peine qu’elle ne tombe en blasme entre les hommes, et soit vitupérée à juste occasion. Ce qui advient quand nous abusons des dons de Dieu à tors et à travers, comme on dit, et sans prudence. Ces raisons donc nous doyvent inciter à nous garder de donner légèrement occasion de scandale, en prenant une trop grande licence sans discrétion.

17 Car le royaume de Dieu n'est point viande, etc. 1] monstre maintenant au contraire, que sans souffrir aucune perte, nous pouvons nous abstenir d’user de nostre liberté : pource que Île royaume de Dieu ne consiste point en ces choses. Car les choses qui servent, ou à dresser, ou à maintenir le royaume de Dieu, celles-là il ne les faut nullement omettre, quelque scandale qui en puisse advenir par après. Or si pour charité on se peut abstenir de lPusage des viandes sans blesser l'honneur de Dieu, diminuer le règne de Christ, etenfraindre la vraye religion, ceux-là ne sont nullement à excuser, qui pour icelles troublent PEglise.

Il use des mesmes argumens en la 4re aux Corinthiens, VE, 43, et VII, 8, Les viandes sont pour le ventre, et le ventre pour les viandes : Dieu destruira lun et l’autre. Si nous mangeons, nous n’en avons rien d'avantage. Par lesquelles sentences il veut monstrer en somme, que la viande et le bruvage sont choses trop viles, qu’il falle que pour icelles le cours de PEvangile soit empesché. Mais juslice, paix et joye au $S. Esprit. Comme en passant il a opposé ces choses à la viande, et au bruvage. Non pas qu’il ait voulu nommer toutes les choses esquelles consiste le royaume de Christ, mais seulement pour monstrer qu'il gist en choses spirituelles. Combien certes qu’en ce peu de paroles il a Compris la somme

Cnar. XIV.

d’iceluy : c’est asçavoir, qu'ayans bon tesmoignage en nos CŒUFS, NOUS SOYONS paisibles devant le Seigneur, et jouyssions d’une vraye joye de conscience, et ce par le sainct Esprit qui babite en nous. Mais toutesfois (comme j’ay dit,) sonintention a esté d'appliquer à sa matière présente ces deux ou trois points. Car qui est fait participant de la vraye justice, cestuy-là jouit d’un bien qui est le souverain et inestimable : asçavoir, d’une joye tranquille en la conscience : et qui ha paix avec Dieu, qu'est-ce qu’il désire plus?

Quant à ce qu’il conjoint Paix avec Joye, il me semble qu’en cela il a voulu exprimer le moyen de ceste joye spirituelle :

pource que quoy que les réprouvez soyent stupides et endormis, ou s’eslèvent de fierté en eux-mesmes, la conscience toutesiois n'est point autrement dehait et alaigre, que quand elle sent Dieu envers elle appaisé et propice : et aussi une joye vraye et nayive ne procède d’ailleurs que de ceste paix. Au reste, combien que quand il est question de choses si grandes, il est tousjours bon, et vient bien à propos d’en renommer autheur le saipct Esprit : toutesfois en ce lieu il a voulu tacitement opposer l'Esprit aux choses extérieures : afin que nous sçachions, que sans l'usage des viandes nous ne laissons pas d’avoir en leur entier les choses qui appartienent au royaume de Dieu. :

A3 Car quien ces choses. C’est un argument tiré des choses qui s’ensuyvent l’une de l’autre. Car il ne se peut faire quand un homme plaist à Dieu, et est approuvé es hommes, que le royaume de Dieu n’ait sa plene vigueur, et soit florissant en luy. Qui sert à Dieu par justice en conscience paisible et tranquille, se rend approuvé tant aux hommes qu’à Dieu. Où donc est justice, et paix, et joye spirituelle, [à le royaume de Dieu est accompli de tous points qui y sont requis: il s'ensuit donc qu’il ne consiste pas en choses corporelles. Au reste, il dit que l’homme est agréable à Dieu, lequel obéit à la volonté d’iceluy. Il dit aussi que cestuy-là est approuvé des hommes :

pource qu’ils ne peuvent tant faire, qu’ils ne rendent tesmoignage à la vertu la-

Car. XIV.

quelle ils voyent de leurs yeux. Non pas que les meschans - espargnent tousjours les enfans de Dieu: car mesmes là où il n’y en aura point d'occasion, ils dégorgent contre eux beaucoup de vilenies et injures, et les diffament à tort par calom-

SUR L'ÉPISTRE AUX ROMAINS

à blasme les choses bien faites, et actes vertueux, d’un vouloir malin les interprétans en mauvaise part. Mais sainct Paul parle yei d’un jugement qui se fait en syncérité et à la vérité, qui n’est point corrompu par aucun chagrin, haine, ou

nies et mensonges : brief, ils tourneront | superstition meslée parmi.

19 Ensuyvons donc les choses qui sont de paix, et qui sont d'édification mu-

tuelle.

20 Ne ruine point l'œuvre de Dieu pour la viande. Fray est que toutes

choses sont nettes:

: mais il y à mal pour l'homme qui mange avec choppement*.

24 Il est bon de ne manger chair, et de ne boire vin, ne Jaire chose en quoy ton frère ‘use ou se scandalire, ou soit débilité.

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