‹ Commentaires de Jehan Calvin sur le Nouveau TestamentChapitre 50 sur 99 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

A Soyez mes imilateurs, comme aussi je le suis de Christ.

2 Or frères, je vous loue, de ce que vous avez souvenance de tout ce qui est de moy, et que vous gardez mes ordonnances, comme je les vous ay baillées.

3 Mais je vueil que vous scachiez que le chef de tout homme, c’est Christ : et la chef de la femme, c’est l'homme : et le chef de Christ, c’est Dieu.

4 Tout homme faisant oraison, ou prophétisant, ayant quelque chose sur le chef, déshonore son chef.

5 Mais toute femme faisant oraison, ou prophétizant, sans avoir la teste couverte, déshonore son chef : car c’est tout un comme si elle estoit raise.

6 Partant, si la femme n’est couverte, qu’elle soit mesme tondue : et s'il est déshonneste à la femme d’estre tondue, ou estre raise, qu'elle soit couverte. .

7 Car quant à l'homme, il ne doit point couvrir sa teste, veu qu'il est l'image el la gloire de Dieu : mais la femme est la gloire de l'homme.

8 Car l'homme n'est point de la femme, mais la femme est de l'homme:

9 Car aussi l'homme n'a pas esté créé pour la femme, mais la femme pour l'homme *.

40 Pourtant la femme à cause des Anges, doit avoir sur la teste une enseigne qu'elle est sous puissance.

A1 Toutesfois l'homme n'est point sans la femme, ne la femme sans l'homme en nostre Seigneur.

12 Car comme la.femme est de l’homme, semblablement l’homme est par la femme : mais toutes choses sont de Dieu.

13 Jugez-en entre vous-mesmes, est-il convenable que la femme prie Dieu sans estre couverte ?

14 Nature mesme ne vous enseigne-elle pas, que si l’homme nourrit sa chevelure, ce luy est déshonneur ?

45 Mais si la femme nourrit sa chevelure, ce luy est gloire? pourtant que la chevelure luy est baillée pour couverture.

16 Que s’il y a quelqu'un qui semble estre contentieux, nous n'avons point telle coustume, ni aussi les Eglises de Dieu.

1) Gen., Il, 23.

4 Soyez mes imitateurs. 1] appert par - ce qu’il avoit fait, comme luy aussi avoit ceci combien sont sottement divisez 14 esté imitateur de Christ. En quoy nous chapitres, pource que ceste sentence a | avons à observer deux choses. La preesté coupée d’avec les précédentes, aus-| mière, qu'il n’enjoint rien aux autres quelles elle devoit estre conjointe, et a! qu’il n'ait accompli le premier : la seesté adjoustée avec les subséquentes, | conde, qu’il se renvoye soy-mesme et avec lesquelles elle n'ha rien de commun. | tous les autres à Christ, comme au seul Prenons donc le cas que ce soit une con- | patron de toute bonne œuvre. Car tout

clusion du chapitre précédent. Là sainct ainsi que c’est à faire à un bon Docteur Paul avoit proposé son exemple pour ou Ministre, de ne rien commander par confirmation de sa doctrine : maintenant, | parole qu’il ne soit prest d'accomplir par afin que les Corinthiens entendent que | œuvre, aussi il ne doit point estre tant ceci leur convient, il les exhorte à imiter ‘ sévère que de vouloir incontinent assuje-

tir les autres à tout ce qu'il fait, ainsi que les superstitieux ont accoustumé.

Car tout ce qu’il leur plaist et vietit à gré, ils l’enjoingnent aux autres, et veulent qu’on ait leur exemple pour une règle. Et le monde aussi est enclin à une imitation perverse, et comme les singes il veut contrefaire tout ce qu’il voit faire à de grans personnages. Or ôn voit combien de maux a tiré après soy ceste sotte cupidité de vouloir imiter tous les faits dés Saincts sans aucune exception. Et d'autant plus diligemment devons-nous retenir ceste doctrine de sainct Paul, asçavoir qu’il nous faut imiter les hommes, seulement entant qu'ils ont Christ pour leur patron : afin que les exemples des Saincts ne servent point pour nous destourner de Christ, mais plustost pour nous y addresser.

2 Or frères, je vous loue: Il passe maintenant à un autre propos, asçavoir à apprendre aux Corinthiens quelle honnesteté ils doivent garder és sainctes assemblées: Car éommé lhabillement où le geste, maintenant desfigure lPhomme, maintenant Juy donne grâce : ainsi, quand en tout ce que nous faisons, ordre et honnesteté sont observées, Pacte en est bien plus honorable : et au contraire, il perd beaucoup de grâce par faute d’ordre convenable. Ün ordre donc bien séant seit de beaucoup, non-seulement pour donner grâce et beauté à tous actes, mais aussi pour accoustumer nos esprits à honnesteté. Or comme ainsi Soit que éela est vray généralement en toutes choses, néantmoins il ha lieu principalement és choses qui concernent le service de Dieu. Car en quel contemneent, et finalement en quellé barbarie tomberions-nous, $i nous ne gardions quelque gravité en l'Eglise, nous ÿ gouvernans honrestement ét proprement? Il commande donc quelques choses qui appartienent à l’ordre publieq, par lequel les assemblées publiques sont rendues honorables. Maïs afin de les rendre plus prompts à obéir, avant que passer outre, illoue leur obéissance précédente, éntanf qu'ils avoyent gardé ses ordonnänces. Car d'autant quil avoit engendré ceste Eglise des Corinthiens au Seigneur,

Crar, XL il leur avoit donné une certaine police, selon laquelle elle fust gouvernée. En la gardant, ils donnoyent espérance qué pour l’advenir aussi ils séroyént dociles- Mais c’est merveilles que maintenant il les loue tant, veu que ci-dessus il les avoit tant aigrement reprins, et de tant de choses. Et qui plus est, si nous considérons bien l’estat de ceste Eglise, tel qu’il à esté descrit par ci-devant, il s’en faut beaucoup qu’ils fussent dignes de telle louange. Je respon qu’il y en avoit aucuns entachez des vices qW'il à taKez, les uns en une sorte, les autres en une autre, et que toutesfois cependant le corps universel avoit reténu là forme qu’il leur avoit ordonnée. Car il n'y à point de répugnance en cela, que beaucoup de vices ef divers règnent entre un

peuple, que lés uns desrobbent, les au-

trés ravissent, les autres sovetit eniviëux, les autres séditieux, les atitrès paillars, et que toutesfois quant à la’ forme publique de l'Eglise, les ordonnances"de Christ et des Apostres seront gardées.

Ceci sera plus clair, $i notS éntendôns que c’est que sainét Paul à voulu éntendre par ce mot, Traditions où Ordonnances. Et sans cela aussi bien faut-il que nous parlions de ce mot, afin de respondre aux Papistes qui s’arment de ce passage pour maintenir leurs traditions. Ils tienent pour üne maxime commune, Que la doctrine des Apostres consiste en partie en escritures, en partie en traditions. Sous Ce Second membre, ilS comprenent non-seulement toutes folles superstitions et cérémonies plus que puériles, desquelles ils sont fareis; mais aussi toutes lourdes abominations directement contraires à la parole manifeste de Dieu, et leurs Joix tyranniqués, qui ne sont que tormens des consciences. Ainsi, iln'y a rien tant st, tant absurde,’ et finalement tant monstrueux soit-il, qui ne soit caché sous 'ceste ombre, et fardé de ceste couleur. Pourcé donc que S. Paul fait yci mention des traditions, incontinent ec leur éoustume ils prenent ce petit mot, et S'Y attachent pour faire sainet Paul autheur dé toutes leurs abominations, lesquelles nous reprénons par tesmoignages évidens de PEscriture.

Car. XI

Cependant, je ne veux point nier qu’il n’y ait eu quelques. ordonnances des Apostres qui ne sont point escrites : mais je ne confesse pas que telles ordonnances concernassent la doctrine, et qu’elles conteinssent chose nécessaire à salut.

Quoy donc? Ce qui appartenoïit à l’ordre et police de l'Eglise. Car nous sçayvons bien qu'il est libre à une chacune Eglise d’instituer une forme de police qui luy Soit convenable et utile, pource que le Seigneur n’en a rien ordonné de certain.

Ainsi, sainct Paul premier fondateur de

| l'Eglise de Corinthe, l’avoit aussi réglée

d'ordonnances sainctes et honnesies, ain que toutes choses fussent là faites propre-

ment et en bon ordre, comme il dira au

chapitre XIV. Mais qu’ha ceci de commun avec les sottes cérémonies et badinages qu’on voit aujourd’huy en la Papauté, avec tant de Superstitions plus que judaïques? et qui pis est, avec ceste tyranpie plus que barbare, par laquelle ils tormentent ainsi misérablement les po- Yres consciences : et tant de monstres horribles d’idolâtries ? Car le commencement pour commander bien et deuëment, estoit de garder la modestie de laquelle S. Paul a usé, asçavoir qu’ils ne contraignissent point les hommes à suyvre leurs arrests et déterminations, en dressant et inventant cependant tout ce qui leur vient à la fantasie : ains qu’ils requissent d’estre ensuyvis, entant qu’ils sont imitateurs de Christ. Mais maintenant après qu'ils ont bien esté si outrecuidez de forger tout à leur plaisir, c’est une chose par trop absurde de requérir que chacun leur obéisse. Au surplus, sçachons que sainct Paul loue expresséement leur obéissance du temps passé, afin de les rendre dociles pour Padvenir aussi.

3 Mais je vueil que, etc. C’est un proverbe ancien, Que de mauvaises mœurs naissent bonnes loix. Pource qw’on n’avoit point encore mis ceci en controverse, sainet Paul n’en avoit rien touché és

. enseignemens qu’il avoit donnez. La faute

des Corinthiens luy a esté occasion de leur remonstrer quelle honnesteté il leur faloit garder en cest endroit. Pour prou-

SUR LA Ire EPISTRE AUX CORINTHIENS.

mes se trouvent en l'assemblée publique, ayans le chef descouvert,:et que les hommes prophétizent ou prient aÿans la teste couverte, il prend son fondement sur les degrez establis de Dieu: Or il dit que tout ainsi que Christ est sujet à Dieu, comme à son Chef, aussi l’homme est su jet à Christ, et la femme à son mari. Nous verrons puis après comment il recueille de ceci que les femmes doyvent. avoir la teste couverte : pour maintenant retenons ces quatre degrez qu’il met. Dieu donc est le premier. Christ ha le second lieu.

Comment? Certes c’est entant qu’en nostre chair il s’est assujeti au Père. Autrement, ainsi qu’il est d’une mesme essence avec le Père, aussi il luy est égal. Souvenons-nous donc, que ceei est dit de Christ Médiateur. Il est moindre, di-je, que le Père, entant qu’il a vestu nostre nature, afin qu’il fust le premier nay entre plusieurs frères {. Il y a quelque peu plus de. difficulté en ce qui s'ensuit.

l’homme est vei mis au milieu entre Christ et la femme, en sorte qu’il semble que Christ ne soit point chef de la femme.

Toutesfois l'Apostre luy-mesme enseigne en un autre passage, qu’en Christ il n u a ne masle ne femelle, Gal., HE, 2

Pourquoy donc establit-il yei une de rence, laquelle il oste là ? Je respon, que la solution dépend de la circonstance des lieux. Quand il dit que la femme ne diffère du mari en rien, il traitte du Royaume spirituel de Christ, où les qualitez externes ne sont point estimées, et ne viepent en conte. Car il ne touche rien quant au corps, ne quant à la société externe des hommes, mais gist tout en l'esprit. Et par ceste mesme raison sainct Paul dit aussi qu’il n’y à nulle différence entre le serf et le franc. Cependant toutestois il ne confond point Fordre civil, ne les distinetions des honneurs | desquelles ceste vie présente ne se peut passer. Mais yci il traite de lhonnesteté externe , qui est une partie de la police Ecclésiastique. Ainsi done quant à la conjonction spirituelle devant Dieu, et au dedans en la conscience, Christ est le Chef de l’homme et de la femme sans aucune

ver qu’il n’est pas honneste que les fem- ! différence. Car là il y a nulle tesbiren

1) Rom, VIE, 28.

de masle ne de femelle: mais quant à l’ordre externe, et à l’honnesteté politique, l’homme suyt Christ, et la femme l’homme, en sorte que ce n’est point un mesme degré, mais ceste inégalité y ha lieu. Si on demande, Quelle convenance ha le mariage avec Christ? Je respon, que S. Paul parle vei du sainct mariage des fidèles, duquel Christ est autheur et conducteur, et au nom duquel il est consacré.

4 Tout homme faisant oraison. 1] propose deux choses: la première, de l’homme, la seconde, de la femme. I dit que l’homme fait injure à Christ son Chef, s’il prie ou prophétize ayant le chef couvert. Pourquoy ? Pource qu’il est sujet tellement à Christ, qu’il doit estre le premier au gouvernement de la maison. Car le père de famille est comme un Roy en sa maison: la gloire de Dieu donc reluit en luy à cause de la domination qui luy est donnée. S’il couvre son chef, il se démet de ceste préeminence en laquelle Dieu lavoit colloqué, pour se soumettre en servitude : ainsi l’honneur de Christ est diminué. Mais afin de mieux entendre ceci, prenons un exemple, Si celuy que le Prince aura ordonné son lieutenant, ne sçait se maintenir et user de son authorité, mais il expose la dignité qui luy a esté donnée, en mespris à toutes gens de basse condition, ne fait-il pas tort à son Prince ? Aussi sil’homme ne contregarde son degré, et s’il n’est tellement sujet à Christ, qu’il préside en sa famille avec puissance et authorité, il obscurcit d'autant la gloire de Christ, laquelle reluit en l’ordre de mariage bien réglé. Or le voile, comme nous verrons tantost après, est une marque d’une puissance qui entrevient sur la femme. Prophétizer, est yci pris pour déclarer les mystères de Dieu à l'édification des auditeurs, ainsi qu'au chapitre XIV suyvant : comme Prier, Signifie dresser une formule de prière, et conduire en cela tout le peuple :

ce qui est Poflice du Ministre et Docteur de PEglise. Car sainct Paul ne parie pas yei de toute prière, mais seulement des prières publiques et solennelles. Au surplus, retenons qu’en cest endroit on pèche seulement, entant qu’on trouble l’hon-

Car. XI.

nesteté, et qu’on confond Ja distinction de l’ordre que Dieu a mis. Car il ne faut pas en faire un si grand scrupule de conscience, comme si cC’estoit une meschanceté, que le Docteur ou Ministre eust un bonnet en sa teste, quand il parle au peuple, estant en la chaire. Saïnct Paul ne veut autre chose, sinon qu’il apparoisse que l’homme ha la domination, et que la femme est sujete: et cela se fait, quand l’homme descouvre son chef en la face de Eglise, combien que puis après il reprene son bonnet pour se garder du froid. Brief, pour toute règle, il n’y a yei à regarder que l’honnesteté, laquelle estant gardée, sainct Paul ne requiert rien plus.

5 Toute femme faisant oraison, etc.

C’est le second poinct qu’il propose : asçavoir que les femmes doyvent avoir la teste couverte, quand elles prient ou prophétizent : et qu’autrement elles déshonnorent leur chef. Car tout ainsi que l’homme honore son chef en démonstrant sa liberté, aussi fait la femme en monstrant qw’elle est sujete. Parquoy au contraire, si la femme descouvre sa teste, elle rejette la sujétion : ce qu’elle ne peut faire sans contemnement de son mari. Mais il pourroit sembler que ce fust un propos superflu, que sainct Paul défend aux femmes de prophétizer la teste descouverte, veu qu'ailleurs il leur défend entièrement de parler en l'Eglise, 4 Tim., Il, 42. Il ne leur est donc point licite de prophétizer, mesmes quand élles auront la teste couverte: parquoy, il s'ensuit que c’est une chose superflue de parler yei de la couverture de la teste. On peut respondre, qu’yci l’Apostre en réprouvant l’un, n’approuve pas l’autre. Car quand il reprend qu’elles prophétizent nue teste, il ne leur permet pourtant qu’elles prophétizent en quelque autre sorte, mais plustost il diffère à toucher et reprendre ce vice en un autre lieu: asçavoir au chapitre XIV. Et en ceste response il n’y à rien mal convenant : combien qu’il ne viendroit point mal à propos, si nous disions que l’Apostre requiert des femmes ceste modestie nonseulement au lieu où toute l'Eglise s’assemble, mais aussien quelque compagnie que ce soit de gens graves, tant hommes

CHar. XI.

que femmes, comme aucunesfois on s’assemble en maisons privées. Car c’est tout un comme si elle. Y] démonstre maintenant par d’autres raisons que ce n’est point chose honneste que les femmes aillent la teste nue. Nature mesme, dit-il, ha cela en horreur. C'est une chose vileine à regarder, et quasi contre nature, de veoir une femme raise. Nous recueillons de ceci que la chevelure est donnée naturellement à la femme pour couverture. Si maintenant on réplique que la chevelure donc suffit, d'autant que c'est une couverture naturelle: S. Paul dit que non: car elle est tellement couverture, que toutesfois elle en requiert une autre pour estre couverte. Et de ceci nous pouvons recueillir, et il est bien vray-semblable, que les femmes qui avoyent beaux cheveux, avoyent ceste ‘oustume d'aller la teste descouverte, afin de mieux monstrer leur beauté. Et pourtant ce n'est pas sans cause que sainct Paul pour remédier à ce vice, propose tout le contraire de ce qui leur sembloit: disant, que tant s’en faut qu’en cela il y ait une beauté pour attirer les hommes à convoitise, que plustost c’est une chose laide et déshonneste.

7 Car quant à l’homme, il ne doit point couvrir. On peut maintenant faire une semblable question de ce qu'il est yci parlé de l’image, que celle qui a esté faite ci-dessus du chef. Car l’homme et la femme ont esté tous deux créez à limage de Dieu: et sainct Paul ne com-

mande pas moins aux femmes qu'aux

hommes, d’estre réformées à ceste image. Mais l’image de laquelle il parle yci, se rapporte à l’ordre de mariage: et pourtant elle appartient à la vie présente, et non point à la conscience. Voylà donc la vraye et simple solution, Asçavoir qu'il n’est point ycei traitté de saincteté et innocence, qui convient aussi bien aux femmes qu'aux hommes, mais de la prééminence que Dieu a conférée à l’homme, pour estre par-dessus la femme. La gloire de Dieu reluit en ce plus haut degré de dignité, comme en toutes principautez.

La femme est la gloire de l'homme. I ne faut point douter que la femme ne soit un ornement excellent de l’homme. Car

SUR LA Ire ÉPISTRE AUX CORINTHIENS.

c’est un grand honneur, que Dieu l’a destinée pour estre compagne à l’homme, pour vivre avec luy, et pour luy aider : et la luy a assujetie comme le Corps à son Chef. Car ce que Salomon a dit aux Proverbes, chap. XIE, v. 4, de la femme diligente, qu’elle est la couronne de son mari : cela est vray de tout le sexe, si nous regardons à l’ordonnance et institution de Dieu, laquelle sainct Paul loue yci, disant que la femme a esté créée à ceste fin, qu’elle fust un singulier ornement de l’homme.

8 Car l'homme n'est point. I conferme par deux argumens la prééminence, laquelle il avoit attribuée aux hommes par-dessus les femmes. Le premier est, que la femme tient son commencement de l’homme : elle est donc après l’homme, quant à l’ordre. Le second est, que la femme est créée pour l’homme : elle luy est donc inférieure, ainsi que l’œuvre tendant à quelque fin est au-dessous de sa cause et fin pour laquelle on le fait. Que l’homme soit le commencement de la femme, aussi qu’il soit la fin pour laquelle la femme a esté créée, il appert par la Loy : IN n’est pas bon à l’homme d’estre seul : faisons-luy une aide pour luy assister, Gen., IE, 48.

Puis il s'ensuit au mesme lieu, Et Dieu print une des costes d’Adam, et en forma Eve.

10 Pourtant la femme, etc. De Ja puissance il fait un argument et conséquence à l’honnesteté externe, Elle est sujete, dit-il : quelle porte donc une enseigne de sujétion. Il y a de mot à mot au Grec, La femme doit avoir puissance sur la teste. Mais au mot de Puissance il y à une figure appelée Métonymie :

car il entend une marque et enseigne par laquelle la femme monstre qu’elle est sous la puissance de son mari. Or ceste enseigne-là, c’est la couverture de teste, soit un chapperon ou couvrechef, ou coiffe, ou chose semblable. On pourroit demander s’il parle seulement de celles qui sont mariées : car aucuns restraignent tout ce que dit yci sainet Paul, aux femmes mariées, pource que ceci ne convient pas aux vierges, d’estre sous la puissance de mari : mais ils s’a-

busent : car sainct Paul regarde plus haut, asçavoir à la Loy perpétuelle de Dieu, laquelle a mis le sexe fémenin sous la puissance des hommes. Ainsi donc toutes femelles sont nées à ceste condition, qu’il faut qu’elles se recognoissent inférieures au regard de excellence du sexe masculin. Autrement la raison que S. Paul à prinse'de nature, ne conviendroit pas bien, quand il disoit qu’il ne seroit point mois déshonneste que le chef dé la femme fust descouvert, que rasé : Ce qui ha Heu és vierges aussi, A cœuse des Anges. On expose ce lieu-ci en diverses sortes : Pource que le Prophèté Malachie, ch. IF, v. 7, appelle les Sacrificateurs Anges de Dieu, aucuns pensent que sainct Paul parle d’eux. Mais nous ne trouverons point en toute l’'Escriture que ce mot Anges mis simplement, c’est-à-dire sans adjouster autre chose, signifie les ministres de la Parole

et d'avantage, le sens seroit trop contraint. Je le pren donc en sa propre signification. Mais on demande, Qui est la raison pourquoy il a voulu que les femmes ayent Ja teste couverte à cause des Anges? Car, qu'ont-ils affaire de Cela?

Aucuns respondent, Pource qu'ils assis- |

tent aux prières des fidèles : et ainsi sont spectateurs de la déshonnesteté, si aucune en y à. Mais quel besoin est-il de philosopher si subtilement? Nous scavons que les Anges ont aussi Christ pour leur Chef, et sont tousjours à son commandement et service. Quand donc les femmes se laschent la bride jusqueslà, qu’elles s’usurpent lentreseigne de principauté et domination contre droict et raison, elles descouvrent leur turpitude aux Anges. Ainsi donc ceci est dit pour amplification : comme s’il eust dit, Que si les femmes laissent la couverture de teste, non-seulement Christ sera tesmoin de leur dissolution, mais aussi les Anges. Et certes ceste interprétation convient trèsbien au propos de S. Paul.

H est yei parlé des ordres et degrez. Or il dit que voylà que les femmes gaignent en s’eslevant plus haut qu’il ne leur appartient, c’est qu’elles monstrent leur impudenee aux Anges de paradis.

sa Toutesfois l'homme n'est point,

Cuar. XI.

ele. Ceci est adjousté, en partie, afin d’arrester les hommes, qu’ils n’ayent les femmes en desdain ee mocquerie : en partie aussi pour consoler les femmes, afin qu’elles ne prenent point à desplaisir leur sujétion. Le sexe masculin, dit-il, ha prééminence sur le fémenin, à ceste condition, qu’ils doyvent estre tous deux conjoints ensemble par bénévolence mutuelle : car l’un ne se peut passer de Vautre : que s’ils sont Séparez, ils séront comme membres imparfaits d’un corps deschiré. Qw’ils soyent done conjoints ensemble par ce lien d'aide et amitié mutuélle. Quand il dit, En nostre Seigneur :

par ceste particule il ramène les fidèles à l'institution de Dieu, en Jieu que les infidèles ne regardent Sinon à la nécessité qui les presse et contraint. Car les hommes profanes, s'ils se peuvent Commodéement passer de femmes, mesprisent tout le sexe : veu qu'ils ne pensent point qu'ils luy soyent obligez par l'ordonnance et décret de Dieu. Mais les fidèles recognoissent que le sexe masculin n’est que la moitié du genre humain : ils poisent que veut dire cela, Dieu a créé l’homme, il les a créez masle et femelle, Gen., 1 27. Ainsi, ils cognoissent volontairement qu’ils sont obligez à cé sexe infirme.

Semblablement, les femmes fidèles pensent à leur devoir, et que de leur costé élles sont obligées aux hommes. Ainsi l’homme he consiste point sans la femme :

car ce seroit un chef retranché du corps.

Ne la femme aussi sans l’homme : car ce seroit un corps sans teste. Que l’homme donc face office dé chef envers la femmé pour la gouverner : ét la femme face oftice de corps pour luy aider : et ce nonseulement en mariage, mais aussi hors mariage. Car je ne parle point yci de la cohabitation de mariage, mais des devoirs civils qui ont lieu mesme hors mariage.

Si on trouve meilleur de rapporter ceci à tout le sexe en général, je n’y contredi point : combien que comme S? Paul addresse son propos aux particuliers, ainsi il semble qu’il touche le devoir spécial d’un chacun.

12 Car comme la femme est de l'homme. Si ceci est l’une des causes qué là principauté appartiene à l’homme, as-

Car. XI, çavoir que la femme a esté formée et prinse de l’homme, voyci aussi une raison qui les doit induire à conjonction amiable, asçavoir que le sexe masculin ne se peut maintenir et contregarder sans l’aide des femmes. Car ceci demeure véritable, Qu'il n’est pas bon à l’homme de demeurer seul, Gen., I, 18. Vray est que ceste sentence de sainet Paul se.peut rapporter à la génération, pource que les hommes seuls n’engendrent pas lignée, ains laide des femmes y est requise :

mais avec cela, je compren aussi que la femme est.en aide nécessaire à l’homme, pource que la vie solitaire n’est pas expédiente à l’homme. Ce décret de Dieu nous éxhorte à entretenir mutuelle communication. Mais toutes choses sont de Dieu. Dieu. est le commencement de tous les deux sexes : ils doyvent donc l’un et l’autre accepter avec humilité la condition que Dieu leur a donnée, et s’y tenir.

Que. Phomme exerce sa principauté avec modestie, et n'ait point en desdain ou mocquerie la femme qui luy est donnée pour compagne, Que la femme se contente de sa sujétion, et qu’il ne luy viene point à desplaisir qu’elle est sujete au sexe, plus excellent, autrement l’un et l’autre rejettent le joug de Dieu, qui n’a point sans cause fait ceste dist inction de degrez. Au reste, ce mot est bien de plus grand-poids pour exaggérer le péché, de dire que l’homme et là “femme ne faisans leur dévoir, sont rebelles à Dieu, que si sainct Paul eust dit, qu’ils font tort l'un

à l’autre.

14 Nature mesme ne vous enseigneelle pas? IL leur propose derechef nature, pour.maistresse d’honnesteté. Or il appelle Naturel, ce qui estoit receu en commun usage, et,approuvé, de tous, voire entre les Grecs : car la chevelure n’a point tousjours esté à déshonneur aux hommes. Les histoires racontent qu'aux premiers temps en tous pays les hommes portoyent les cheveux longs,

dont aussi les Poëtes parlans des anciens, et des gens du temps jadis,

leur baillent communéement cest épithète, Non tondus, ou, Aux grans cheveux. Les Romains ont commencé bien tard à user de barbiers, environ le temps d’Aphricain

SUR LA Ire ÉPISTRE AUX CORINTHIENS.

Paisné. Et au temps que sainet Paul escrivoit ceste Epistre, on ne sçavoit encore és Gaules ni en Allemagne, que cestoit de. se tondre : mais qui plus est, c’eust esté lors une chose difforme aussi bien aux hommes qu'aux femmes, d’estre tondus ou rasez. Mais pource qu'en Grèce c'estoit une chose mal Séante, aux hommes de porter cheveux longs, en sorte que tels estoyent monstrez au. doigt, comme gens efféminez : ilappelle Nature ceste coustume desjà eonfermée par un long. femps et usage commun.

16 Que s'il y a quelqu'un qui semble estre contentieux, Celuy-là est contentieux, qui prend plaisir à esmouvyoir différens et débats, et n’ha point en recommandation que vérité ait lieu. Tels sont ceux qui sans aucune nécessité abolissent les bonnes coustumes et utiles, qui suscitent. des différens, en des -choses qui ne sont aucunement douteuses : qui n’acquiescent point aux raisons, et ne veulent point souffrir d'estre rangez. Tels sont aussi les gens qui ne se veulent en rien accommoder aux autrés, et qui par une folle affectation et appétit sans raison, prenent plaisir à tenir une façon nouvelle et non accoustumée. :A:telles gens sainGt Paul ne daigne faire response, d'autant que contention est une chose pernicieuse, et à ceste cause doit estre chassée des Eglises. En quoy il enseigne qu’il faut plustost réprimer par authorité les contentieux. et obstinez,.que les confuter par longues disputations :: veu qu’il n’y aura jamais fin, Si on veut estriver avec un homme opiniastre : car quand il seroit voire vaincu cent fois, il ne se lassera jamais. Notons donc. diligemment ce passage, afin que ne nous laissions point transporter par vaines eb superflues disputations : pourveu toutesfois que nous sçachions bien discerner les contentieux. Car. il ne faut pas tousjours estimer contentieux celuy qui ne voudra point acquiescer. à ce que nous aurons. déterminé , ou celuy qui. nous osera contredire :: mais.quand il nous apparoistra qu'il y. aura de Popiniastreté et :obstination, lors: disons avec sainct Paul, Que ce n’est point la coustume de l'Eglise d'entrer en débats et contentions.

Cuar. XI,

A7 Or je vous remémore ceci, non point en louant! : c’est que vous-vous assemblez non point en mieux, mais en pis?.

18 Car premièrement, quand vous-vous assemblez en l'Eglise, j'enten qu'il y a des divisions entre-vous, et j'en croy une partie.

19 Car il faut qu'il y ait mesme des hérésies entre-vous, afin que ceux qui sont approuvez*, soyent manifestez entre-vous.

20 Quand donc vous-vous HOME ensemble, cela n’est point pour manger

la Cène du Seigneur.

21 Car chacun s'avance de prendre son soupper particulier quand ce vient à manger : et l’un ha faim, et l'autre est yvre.

22 N'avez-vous point de maisons pour manger et pour boire? mesprisezvous l'Eglise de Dieu? et faites-vous honte à ceux qui n’ont de quoy ? Que vous diray-je? vous loueray-je en ceci? je ne vous loue point.

1) Ou, en ceci que je vous signifie, je ne vous loue point.

La répréhension du vice précédent n’a esté qu'une douce et gracieuse admonition, pource que les Corinthiens péchoyent par ignorance, en sorte que c’estoit bien raison qu’il leur fust pardonné.

Aussi sainct Paul au commencement les avoit louez de ce qu’ils gardoyent fidèlement ses ordonnances : maintenant il commence à les poindre plus vivement, d'autant qu'ils péchoyent en quelques choses plus griefvement, et non point par ignorance.

47 Or je vous remémore ceci, non point en louant. Il y a au Grec, mot à mot, Or remémorant je ne Joue point :

mais je résou ceste façon de parler ainsi que j'ay mis en ma translation, pource qu’il semble que S. Paul ait ainsi changé ces deux mots l’un à l’autre. L’interprétation aussi d’Erasme ne convient point bien, qui a tourné Commander, le mot que nous traduisons Remémorer, ou Raconter. Le mot Dénoncer conviendroit mieux, toutesfois de cela je n’en veux point débatre. Or il y a une antithèse entre ce membre et le commencement de ce chapitre : comme s’il disoit, Ce que je vous ay louez, ne pensez pas que ce soit sans exception : Car il y a quelque chose que j'ay à reprendre, comme certes vous estes dignes d’en estre tansez asprement.

Au reste, ceci ne s'entend pas seulement de la Cène du Seigneur, à mon avis, mais aussi de quelques autres fautes lesquelles il récitera. Prenons donc ceci pour une sentence générale, Que les Corinthiens

2) Ou, non en proufitant, mais en empirant.

3) Ou, de mise

sont taxez de ce qu’ils ne s’assembloyent pas en mieux, mais en pis. Puis après il déclarera les effets particuliers de ce mal. Premièrement, il les rédargue de ce qu’ils ne s’assembloyent pas en mieux, puis après que mesme ils s’assembloyent ex pis. Ce second est bien le plus fascheux, toutesfois le premier mesme n’est point encores à supporter. Car si nous regardons ce qu’on traitte en l'Eglise, on ne doit faire assemblée qui n’apporte QE ;que fruit. Là on oit la doctrine de Dieu,

jon y prie, on y administre les Sacremens.

Le fruit de la Parole est que la fiance et

la crainte de Dieu soit augmentée en nous : que nous croissions en saincteté

de vie, que nous despouillions de plus en plus le vieil homme, et que proufitions ;,,,

en nouveauté de vie. Les Sacremens teñdent à nous exercer en la crainte de Dieu, et en charité. À toutes ces choses les prières aussi nous doyvent servir. Il y a encore d'avantage, que le Seigneur besongne avec efficace par son S. Esprit, pource qu’il ne veut point que ses ordonnances soyent inutiles. Parquoy, si les assemblées publiques ne nous proufitent de rien, et si par icelles nous ne devenons meilleurs que nous n’estions, il faut imputer la faute à nostre ingratitude, et pourtant nous sommes à bon droict répréhensibles : car nous faisons que ce qui devoit estre salutaire de sa nature et par l’ordonnance de Dieu, deviene inutile et sans proufit. Le second poinct est, qu’ils s’assemblovent en pis.

Ve

Le

Ce en

Cuar. XI. SUR LA Ire ÉPISTRE

Ceci est beaucoup plus grief que l’autre, toutesfois il s'ensuit presque tousjours de l’autre. Car si nous ne faisons point nostre proufit des bénéfices de Dieu, voylà un moyen par lequel il punit nosire nonchalance, c’est que nous devenons pires que devant. Et cela devient communéement, que mespris et nonchalance engendre beaucoup d’abus et corruptions, principalement pource que ceux qui ne regardent pas à tenir le droit et naturel usage des choses, sont sujets à tomber incontinent en beaucoup d’inventions perverses et dangereuses.

18 Quand vous-vous assemblez, etc.

Aucuns rapportent ces mots Divisions et Sectes à ce désordre duquel il parle incontinent après: Je l’esten plus avant :

et certes il n’est pas vray-semblable qu’il eust voulu user de noms tant impropres et estranges pour toucher la confusion qu’il leur remonstrera qu'ils font en la Cène. Car de dire qu’il a parlé ainsi asprement, afin de mieux exprimer la grandeur du péché, je l’accorderoye facilement, si la signification estoit convenable. C’est donc une répréhension générale, qu'ils mestoyent point d'accord, comme il est requis aux Chrestiens : mais que chacun estoit si addonné à ses propres affections, qu'il ne se vouloit point accommoder aux autres. De là procédoit cest abus duquel il parlera ci-après : de là aussi venoit l’ambition et orgueil, qu'un chacun se magnifioit, mesprisant les autres : de là venoit qu'on n’avoit l'édification devant les veux : de là aussi procédoit la profanation des dons de Dieu. Il dit qu’il en croit une partie :

afin qu’on ne pensast point qu'il voulust rejetter ceste lourde faute sur tous, et qu’en ceste sorte aucuns eussent occasion de se plaindre qu'il les accusoit à tort :

cependant toutestois il donne tacitement .à entendre qu’il ne l’a point sceu par un bruit courant seulement, mais qu’il en a esté adverti par un rapport assez certain, et lequel il ne mescroit point du tout.

49 Car ü faut qu'il y ait mesmes des hérésies. I'avoit premièrement dit, Schismes et divisions : maintenant il met le mot de Héresies : pour mieux ampli-

HIT

fier son dire. Ce que nous pouvons recueillir aussi de ce mot Mesme : car il est adjousté pour augmenter. On sçait bien en quelle signification les anciens ont prins ces deux mots, Schisme et Hérésie, et quelle distinction Ës ont fait entre Hérétiques et Schismatiques!. Ils mettoyent l’hérésie en la dissension de doctrine, mais le schisme plustost en discord de volontez : asçavoir, quand quelqu'un se révoltoit de PEglise, ou par envie, ou par haine qu’il avoit conceue contre les Pasteurs de l'Eglise, ou par quelque chagrin. Or combien qu’il ne se puisse faire que les fausses et mauvaises doctrines ne facent division en l’Eglise,.et que par ce moyen l’hérésie soit racine et commencement de schisme : combien aussi qu’envie ou orgueil soit la mère presque de toutes les hérésies, toutesfois il est bon de discerner ainsi ces deux choses. Mais il faut veoir maintenant en quelle signification les prend sainct Paul.

J’ay desjà reprins ceux qui entendent par ce mot Hérésie, la séparation de table, pource que les riches ne communiquoyent point de leur soupper aux povres : car il a voulu signifier quelque chose plus odieuse. Or laissant là l’opinion des autres, je pren yei Schisme et Hérésie, comme la chose moindre et la chose plus grande. Les Schismes donc ou divisions, sont inimitiez obscures et cachées, quand on n’apperçoit point un accord tel qu'il deveroit bien estre entre les fidèles : ou qu’il y a des affections particulières et contraires qui se couvent, quand un chacun trouve bon ce qu’il fait, et réprouve tout ce que les autres font. Hérésies sont, quand le mal est venu jusques-là, qu’on apperçoit une guerre ouverte : et quand les hommes de propos délibéré se bandent en sectes contraires. Afin donc que les fidèles qui voyoyent des divisions entre les Corinthiens, ne perdissent courage pourtant, lApostre destourne ce scandale à l’opposite : asçavoir, que Dieu plustost esprouve la constance des fidèles par tels essais. C’est une belle consolaïion. Tant s’en faut, dit-il, que nousnous devions troubler, ou perdre courage, quand nous ne voyons point une plene 4) Voyez L’Institution, liv, IV, chap. IL,

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