‹ Commentaires de Jehan Calvin sur le Nouveau TestamentChapitre 58 sur 99 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

A Or je vous avise, frères, de l'Evangile que je vous ay annoncé, et que vous avez receu, et auquel vous-vous tenez fermes,

2 Et par lequel vous estes sauvez si vous retenez en quelle manière je le vous ay annoncé, si ce n'est que VOUS ayez creu en vain.

3 Car avant toutes choses je vous ay baillé ce que j'avoye aussi receu : asçavoir que Christ est mort pour nos péchez selon les Escritures ! :

4 Et qu'il a esté enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour selon les

Escrilures.

5 Et qu'il a esté veu de Céphas, et puis des douze ?.

6 Depuis a esté veu de plus de cinq cens frères à une fois, desquels plusieurs sont vivans jusqu'à présent, et aucuns dorment.

1 Depuis a esté veu de Jaques, et puis après de tous les Apostres.

8 Et aprés tous il a esté veu aussi de moy, comme d’un avorton?.

9 Car je suis le moindre des Apostres, qui ne suis pas diqne d’estre appelé Apostre, d'autant que j'ay persécuté l'Eglise de Dieu*.

10 Mais par la grâce de Dieu Je suis ce que je suis : et sa grâce qui est envers moy n'a point esté vaine, ains j ay travaillé plus qu'eux tous : toutesfois non point moy, mais la grâce de Dieu qui est avec moy.

1) IS., LIII, 5. 2) Jean, XX,19. 3) Act.,IX,4.

Il entre maintenant en une autre matière, asçavoir de la résurrection, la foy de laquelle avoit esté esbranlée entre les Corinthiens par aucuns meschans, Or il est incertain s’ils doutoyent seulement de la dernière résurrection de la chair, ou bien aussi de l’immortalité de l'âme.

On sçait assez qu'il y a eu beaucoup d’erreurs touchant ce poinct. Il s’est bien trouvé des Philosophes qui ont enseigné que les âmes sont immortelles, mais la résurrection de la chair n’est jamais entrée en la pensée de pas un d’eux. Et encore les Sadducéens ont esté plus lourds:

car ils n’ont jamais regardé plus loin qu’à la vie présente : et qui plus est, ils ont pensé que l’âme de l’homme estoit un souffle sans aucune essence. Il n’est donc pas assez certain, comme j'ay dit, si les Corinthiens estoyent tombez pour lors en telle rage, qu’ils eussent rejetté toute l’espérance de la vie à venir, ou si seulement ils nioyent la résurrection de Ja chair : car il semble par les argumens

k) Eph.,

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