CHAPITRE VIL
1 Or donc mes bien-aimez, puis que nous avons ces promesses, nettoyonsnous de toute souillure de chair et d'esprit, parachevans la sanctification en
la crainte de Dieu.
11 Nostre bouche est ouverte vers vous , etc. Pource que l'ouverture de la bouche est un signe d’asseurance, si on veut conjoindre ceci à ce qui a esté dit ci-dessus, le sens sera tel: Jay ample matière de me glorifier, et la droiture et intégrité de ma conscience m'ouvre Îa bouche, Et si je suis en si peu d'estime
envers vous, ce n’est point par faute qui viene de mon costé : mais pource que vous restes pas juges équitables. Car vous deviez avoir en bien plus grande estime mon ministère, lequel Dieu a rendu honorable entre vous en tant de sortes.
Toutesfois je expose autrement. Car il dit qu’il ha la bouche ouverte, pource
Cuar. VI, VIL SUR LA lle ÉPISTRE AUX CORINTHIENS.
qu'il ha le cœur eslargi. Et que signifie l’eslargissement du cœur? C’est une alaigreté qui procède d'amour. Et de faict, c’est une similitude assez commune, que par le cœur estréci et serré, est signifiée tristesse Ou ennuy, ou indignation: et à l’'opposite le cœur eslargi, est prins pour les affections contraires. S. Paul donc ne dit rien yci que nous n’expérimentions tous les jours. Car quand nous avons affaire avec nos amis, lors nostre cœur s’eslargit, tous les sens sont ouverts, et n’y a rien là clos ne caché: mesme tout le cœur nous tressaut de joye, et ne demande que de se descouvrir apertement.
De là advient que la langue aussi est à délivre, qu’elle ne bégaye point, qu’elle né tire point du gosier avec difficulté les mots entrerompus, comme on a acCcoustumé de faire quand on n’ha pas le cœur guières joyeux.
12 Fousn'estes point enserrez. C’està-dire, Ce que vous ne comprenez point ceste miene resjouissance que j’ay envers vous, advient par vostre faute. Ma bouche est ouverte pour parler familièrement avec Vous : mOn cœur mesme 5’ouvriroit volontiers pour vous mettre devant les veux l’affection que j’ay envers vous :
mais c’estes vous qui fermez vos entrailles. Il veut dire que leur jugement corrompu est cause que ce qui venoit de luy, ne leur estoit de bon goust.
13 Or je rèquier de vous la pareille, etc. Il addoucit sa répréhension tant en usant de ce mot amiable, Mes enfans, que par ceste exhortation qu’il leur fait, par laquelle il déclare qu’il ha encore bon espoir d'eux. Par /a pareille, il entend une recognoissance et devoir mutuel. Car entre le père et les enfans, il y a une compensation mutuelle. Car comme c’est le devoir du père de nourrir ses enfans, de ies endoctriner, addresser par son conseil et les entretenir : aussi la raison veut que les enfans rendent la pareille à leurs pères. J'ay, dit-il, une affection paternelle envers vous : monstrez donc que vous nestes enfans, en me portant de vostre costé amour et révérence filiale. L'ancien translateur Latin, … pource qu’il ne comprenoiïit pas l’intention de l’Aposire, a adjousté ce mot,
Ayans : et ainsi à plustost exprimé son propre sens, que celuy de sainct Paul.
Mais en nostre exposition, qui est aussi celle de Chrysostôme, il n’y a rien de contraint.
14 Ne vous accouplez point. Maintenant comme ayant recouvré son authorité, il les rédargue plus librement, de ce qu’ils s’accouployent avec les infidèles, leur tenans compagnie en idolâtrie externe : car il les a exhortez de se rendre dociles comme à leur père. Maintenant donc parlant comme en puissance et authorité de père, il reprend le vice duquel ils estoyent entachez. Or nous avons dit en la première Epistre quel estoit ce vice. Car comme ainsi soit qu'ils pensassent tout leur estre licite és choses externes, ils se polluoyent sans aucun esgard en superstitions meschantes. Car en fréquentant les banquets des infidèles, ils usoyent en commun avec eux de cérémonies profanes et impures. Et combien qu’en cela ils péchassent grandement, toutesfois ils se faisoyent à croire qu’ils estoyent innocens. S. Paul donc condamne yci aigrement l’idolâtrie externe, et veut que les Chrestiens n’y participent aucunement. Toutesfois il commence par une doctrine générale, afin que de là il descende à l'espèce. Car s’accoupler avec les infidèles, n’est autre chose sinon communiquer aux œuvres infructueuses des ténèbres, et comme donner la main aux intidèles, en signe de consentement avec eux. Plusieurs pensent qu’il parle du mariage : mais le fil du texte monstre évidemment qu’ils s'abusent. Le mot Grec duquel use S. Paul, signifie s’accoupler au joug avec un autre. C’est une similitude prinse des bœufs, ou chevaux, lesquels il faut nécessairement qu’ils marchent également, ne s’avançans point plus lun que l’autre, et qu’ils s’employent d’un accord à faire une mesme besongne, quand ils sont attachez à un mesme joug. Quand donc il défend que nous ne soyons point compagnons des infidèles à tirer un mesme joug, il ne veut autre chose dire, sinon que nous ne nous meslions point en leurs pollutions. Car nous n'avons qu’un soleil qui luist à tous, nous vivons tous d’un mesme pain, nous
halenons tous un mesme air, et nous ne nous pouvons pas totalement passer de leur compagnie : mais sainct Paul parle du joug d’impiété, c’est-à-dire de la participation des œuvres, esquelles il n’est licite aux Chrestiens de communiquer.
Par ceste raison mesme il sera bien aussi défendu de contracter mariage avec eux, entant que c’est un laqs pour envelopper tant les hommes que les femmes en un consentement à impiété. Mais je veux seulement dire que la doctrine de S. Paul est plus générale, qu'on la puisse restraindre au mariage seulement. Car il parle yci de fuir lidolâtrie, pour laquelle chose aussi il nous est défendu de contracter mariage avec les infidèles. Car quelle participation. I conferme son exhortation : pource que c’est un Cas absurde et quasi monstrueux, d’accoupler deux choses si répugnantes lune à Pautre. Car ces choses ne peuvent durer ensemble, non plus que l’eau avec le feu.
En somme, il revient à cela, que s’ils ne veulent tout confondre, il faut qu'ils s’abstienent des pollutions des infidèles.
15 Quel accord y a-il, etc. Quant à l’étymologie de ce mot Bélial, les Hébrieux mesmes, ne s'accordent pas : toutesfois la signification est sans doute et assez notoire. Car Moyse prend la parole ou la pensée de Bélial, pour une meschante et abominable parole ou pensée :
et souvent en l'Escriture les meschans et ceux qui sont du tout désespérez, sont appelez enfans de Bélial. À ceste cause sainct Paul a prins yci Bélial pour le diable, qui est chef de tous les meschans.
Car de la similitude des deux chefs, il descend incontinent après aux membres :
comme s'il disoit, Tout ainsi qu'il ya guerre irréconciliable entre Christ et Satan, aussi il faut que nous ne participions aucunement avec la bande des infidèles. Or quand il dit que le Chrestien n’ha nulle convenance avec Pinfidèle, il v’entend pas touchant la conversation, nourriture, vestemens, héritages, le soleil, ou Pair, comme j'ay dit ci-dessus :
mais il parle des choses qui sont propres aux infidèles, desquelles le Seigneur nous a Séparez.
x6 Et quelle convenance, etc. Jus:
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ques yci il a défendu en général que les fidèles ne s’accouplent point avec les infidèles, maintenant il déclare à quelle fin principalement il leur a défendu une telle accointance : asçavoir pource qu'ils ne mettoyent plus lidolâtrie externe au nombre des péchez. Il avoit rédargué ceste licence, et crié à l'encontre par plusieurs paroles en la première Epistre :
toutesfois l'est vray-semblable que tous n’estoyent pas encore amenez jusques-là qu’ils receussent le conseil qu’il leur donnoit. Et pourtant il s’est plaind qu’ils es-
toyent enserrez en leurs entrailles : ce qui seul empeschoit que son enseignement ne proufitast envers eux. Or il ne
revient pas à traitter tout de nouveau ce poinct, mais il se contente d’une briefve admonition : comme nous AVONS ACCOUStumé de faire, quand nous traittons de choses notoires. Combien que là briefveté n’empesche point qu’il ne poingne toutesfois bien asprement. Car combien de véhémence y a-il en ce seul mot, quand il remonstre que le temple de Dieu ne
convient nullement avec les idoles? C’est
une profanation horrible, et un sacrilége détestable, si on apporte une idole au temple de Dieu, ou si on y introduit quelque sérvice dépendant d’idolâtrie. Or nous sommes les vrais temples de Dieu :
ce sera donc sacrilége, Sinous-nous contaminons d’aucune pollution des idoles.
Ceste seule raison, di-je, nous doit suffire autant que mille : Si tu es Chrestien, qu’as-tu affaire avec les idoles? car tu es le temple de Dieu. Maïs (comme j’ay desjà touché) sainct Paul procède plus par exhortation que par doctrine, pource
qu’il eust esté superflu d'en traitter enco-
re comme d’une chose douteuse ou obscure. Ainsi que Dieu à dit, J'habite ray, etc. F prouve que nous sommes
temples de Dieu, par ce que Dieu a promis jadis au peuple d'Israël qu’il habiteroit au milieu d'eux. Premièrement, Dieu ne peut habiter au milieu de nous, qu'il n'habite en un chacun de nous. Car il nous promet ceci pour un bénéfice singulier : asçavoir, J'habiteray au milieu de vous. Et ceste habitation ou présence ne consiste point seulement en bénédictions terriennes, mais doit éstre éntenduê
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principalement de la grâce spirituelle.
Elle n’emporte donc pas seulement que Dieu est près de nous, comme s’il estoit en l'air pour voler à l’entour de nous :
mais plustost elle signifie qu’il ha son siége en nos cœurs. Si donc quelqu'un objecte que ce mot En eux, ne signifie autre chose qu’entr’eux, je luy accorde :
mais je di que par ce que Dieu promet qu’il babitera entre nous, on peut recueillir qu’il demeure aussi en nous. Et à cela tendoit la figure de l'Arche, de laquelle Moyse fait mention au passage dont sainct Paul semble avoir prins ce tesmoignage : asçavoir, Lévitique, XX VI, 12. Que si quelqu'un pense que sainct Paul ait plustost regardé au chapitre XXX VII, v. 27 d'Ezéchiel, il y aura mesme raison. Car le Prophète voulant descrire la restauration de l'Eglise, nomme comme le principal, la présence de Dieu, laquelle il avoit promise du commencement par Moyse. Or ce qui a esté figuré par l’Arche, nous a esté plenement manifesté en Christ, quand il nous a esté fait Immanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous.
Et pourtant je pense plustost qu’il allègue yci le passage d'Ezéchiel, que celuy de Moyse, pource qu'Ezéchiel fait allusion aussi au signe de lArche : et dit quant et quant que cela adviendra sous le règne de Christ. Or l’Apostre prend pour tout résolu, que Dieu n’habite point Sinon en lieu sainet. Si on dit de l’homme, Il habite yei : ce ne sera point un temple pour cela, ains une maison profane : mais ceci est particulier en Dieu, que quelque lieu qu’il luy plaist honorer par sa pré- Sence, il le sanctifie quant et quant.
17 Parquoy départez-vous, etc. Ceste éxhortation est prinse du chap. LEE, v. 44 d’Isaïe, le Prophète dénonceant la délivrance au peuple, finalement s’addresse par ces paroles aux Sacrificateurs. Car par circonlocution il entend les Sacriti- Cateurs : quand il dit, Vous qui portez les vaisseaux du Seigneur : pource qu’ils avoyent la charge des vaisseaux, desquels on usoit és sacrifices, et autres parties du service de Dieu. Or il ne faut point douter qu’il ne les vueille exhorter, que cependant qu’ils sont attendans avec ardent désir le jour de délivrance, ils se
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donnent bien garde de tirer aucune contagion des souilleures et ordures, desquelles estoit rempli le pays où ils estoyent. Ceci ne nous appartient pas moins aujourd’'huy qu'il faisoit aux Lévites anciens. Car si une si grande pureté estoit requise en ceux qui gardoyent les vaisseaux, combien est-il requis qu’elle soit plus grande és vaisseaux mesmes? Or tous nos membres sont vaisseaux destinez au service spirituel de Dieu : et nous aussi sommes la sacrificature royale. Parquoy, puis que nous sommes rachetez par la grâce de Dieu, c’est bien raison que nous-nous gardions impollus de toute immondicité, afin que nous ne contaminions le sanctuaire de Dieu. Au reste, comme demeurans en ce monde, nous sommes toutesfois rachetez et délivrez des souillures de ce monde : ainsi, afin de sortir de toute immondicité, il n’est point question de sortir de ceste vie, mais il faut seulement que nous fuyions toute participation des immondicitez. Or la somme du propos est telle, Si d’une vraye affection de cœur nous taschons de parvenir au bénéfice de nostre rédemption, il nous faut donner garde de nous souiller par aucun attouchement dordures.
A8 Je vous seray pour Père. Ceste promesse n’est pas seulement en un lieu, mais est souvent répétée : laquelle sainct Paul a yci adjoustée, afin que la cognoissance d’un si grand honneur, auquel Dieu nous à eslevez, nous fust un aiguillon pour nous inciter d'avantage à vivre sainctement. Car après que le Seigneur a restabli son Eglise, layant ramassée d’entre les nations profanes : de la ré-
‘demption s'ensuit ce fruit, que les fidèles
soyent cognus ses fils et ses filles. Ce n’est point un petit honneur, que nous soyons nombrezentre les enfans de Dieu.
Nostre devoir aussi est mutuellement de mettre peine que nous ne nous monstrions point envers luy énfans bastards.
Car quelle injure faisons-nous à Dieu, quand nous l’appelons nostre Père : et cependant nous Souillons des abominations des idoles? Ea méditation donc d’une si grande noblesse en laquelle à nous a eslevez, doit aiguiser en nous la
solicitude de vivre purement et sainctement.
A Or donc mes bien-aimez. Vray est
que Dieu en ses promesses nous prévient.
par sa pure grâce: mais après nous avoir gratuitement présenté sa grâce, incontinent il demande de nous une recognoissance mutuelle. Ainsi quand il disoit à Abraham, Je suis ton Dieu (Genèse, XVII, 4) c’estoit une offre de sa bonté gratuite: toutesfois il adjouste quant et quant ce qu’il requéroit de luy: Chemine devant moy et sois entier. Or pource que ce second membre n’est pas tousjours exprimé, sainet Paul nous advertit que ceste condition est tacitement attachée à toutes les promesses: asçavoir qu'elles nous soyent aiguillons à avancer la gloire de Dieu. Car d’où prend-il son argument pour nous inciter? Certes de ce que Dieu nous fait un si grand honneur. C’est doncques la nature des promesses, de nous appeler à sanctification, comme si Dieu avoit interposé une paction tacite.
Et aussi nous sçavons ce que l’Escriture enseigne par tout, touchant la fin de nostre rédemption: ce qu’il faut aussi appliquer en particulier à chacun tesmoignage de sa grâce. De toule souillure de chair, etc. Pource qu’il a desjà démonstré que nous sommes appelez à pureté et saincteté, maintenant il adjouste qu'il faut qu’elle soit tant au corps qu’en l’àme. Car que le nom de Chair, soit vyci prins pour le corps: et le nom d'Esprit, pour l’âme : il appert, pource que si le nom d’Esprit signifioit la grâce de régénération, ce que dit sainct Paul des souillures de l'Esprit, ne conviendroit pas.
Il veut donc que nous soyons purs de
toutes ordures, non-seulement intérieu-
res, lesquelles ont seulement Dieu pour tesmoin, mais aussi extérieures, qui peuvent estre apperceuës des hommes. Comme s’il disoit, Ayons non-seulement nos consciences chastes devant Dieu: mais quant et quant dédions-luy et consacrons tout nostre corps, el tous nos membres, afin qu’il n’apparoisse en nul endroit de nous aucune macule ou souillure. Maintenant si nous considérons le poinct qu’il traitte, nous verrons aiséement combien sont impudens et déshontez, ceux qui ex-
Car. VII.
cusent l’idolâtrie externe par je ne sçay quels subterfuges et cavillations. Car comme ainsi soit que l’impiété extérieure et toute superstition est souillure de l'esprit, qu’entendront-ils par la souillure de la chair, sinon une profession externe d’impiété, soit qu’elle soit faite par feintise, ou à bon escient? Ils se vantent d’avoir la conscience pure: c’est desjà à tort. Mais encore que je leur accorde ce de quoy ils se vantent faussement, si n’ont-ils que la moitié de ce que sainct Paul requiert des fidèles. Il ne faut point donc qu'ils pensent avoir satisfait à Dieu par ceste moitié. Car quiconque fait quelque contenance ou signe d’idolâtrie, ou communique aux cérémonies pervérses et superstitieuses, encore qu’il fust le plus entier du monde en sa conscience (ce que toutesfois ne se peut faire) néantmoins il n’évitera point qu’il ne soit trouvé coulpable d’avoir pollué son corps.
Parachevans la sanctification. Comme ainsi soit que le mot Grec qui est yci mis, signifie quelque fois Consommer ou Parfaire : quelque fois, Faire les choses appartenantes au service de Dieu, S. Paul en use élégamment en la première signication, qui est la plus usitée : en telle sorte toutesfois qu’il fait une allusion à la sanctification de laquelle il traïtte maintenant. Car comme ainsi soit que le mot signifie Perfection, il semble avoir esté transféré tout exprès à la conduite des choses concernantes le service de Dieu, pource qu’il ne faut point qu’il y ait rien imparfait au service de Dieu, mais que toutes choses y soyent entières et accomplies de tous points. Parquoy, si tu te veux sancuifier à Dieu ainsi qu'il appartient, il faut que tu luy consacres entièrement et corps et àme. Æ£n la crainte de Dieu. Car si la crainte de Dieu règne en nous, NOUS ne nous flatterons point ainsi, et n’entrerons point en ceste licence et audace de nous desborder, que les Corinthiens ont usurpée. Car qui est cause que plusieurs se plaisent ainsi en lidolâtrie externe, et maintienent orgueilleusement un vice si lourd, sinon qu'ils se jouent avec Dieu, et leur semble avis qu’il ne les punira point de leur mocquerie ? Que si la crainte de Dieu
Caar. VII.
dominoit en eux, ils se déporteroyent du | qu’il fust besoin de les convaincre par premier coup de toutes cavillations, sans | disputes.
2 Recevez-nous : nous n'avons fait tort à personne : nous n'avons gasté per-
sonne : NOUS n'avons trompé” personne.
3 Je ne di point ceci à vostre condamnation : car j'ay dit ci-devant que vous estes en nos cœurs à mourir et vivre ensemble. 4 Jay grande liberté en vostre endroit, ay de quoy grandement me glorifier de vous : je suis rempli de consolation : Je suis plein de joye tant et plus
en toute nostre tribulation.
5 Car estans venus en Macédone, nostre chair n'a eu aucune relasche :
ains nous avons entièrement esté affligez :
dedans.
combats par dehors, craintes par
6 Mais Dieu qui console les humbles?, nous a consolez par la venue de Tite : 7 El non-seulement par sa venue, mais aussi par la consolation de laquelle
il a esté consolé en vous,
nous racontant vostre désir, vostre pleur, vostre
affection ardente envers moi: en sorte que je me suis plus resjouy.
1) Ou, pillé. 2) Ou, affligez, ou abbatus,
2 Recevez-nous : nous n'avons fait tort & personne, nous n'avons gasté personne, etc. Derechef après la doctrine, il retourne à parler de soy, mais à ceste fin seulement que les Corinthiens facent qu’il ne perde point sa peine en les admonestant : mesmes il conclud l’admonition précédente par la mesme sentence de laquelle il avoit usé pour préface. Car que veut dire, Receveznous? C’est autant comme ce qu’il avoit dit, Eslargissez-vous : c’est-à-dire, Gardez-vous bien que quelques affections perverses, ou Souspeçons obliques n’empeschent que céste doctrine n’entre en vos cœurs, et trouve lieu en vous. Car puis que je m’employe pour vostre salut d’une affection paternelle, ce seroit une grande honte que je perdisse mon temps en vous admonestant. Nous n'avons fait tort à personne, etc. Il démonstre qu’ils n’ont occasion aucune d’avoir leurs cœurs destournez de luy ou de sa doctrine, d'autant qu’il ne les a offensez en sorte quelconque. Or il met trois sortes d’offenses, desquelles il afferme estre innocent. La première sorte est, un tort ou injure manifeste. La seconde est, l’abus provenant de fausse doctrine. La troisième est, quand on trompe un autre en ses biens. Ce sont les trois choses, par lesquelles le plus souvent les Ministres et Pasteurs aliénent d’eux le cœur du peuple : asçavoir quand ils prenent une au-
dace excessive, et sous prétexte de leur authorité se desbordent en une cruauté ou importunité tyrannique : ou quand ils destournent du droit chemin ceux ausquels ils devoyent estre conducteurs, et les abbruvent de corruptions et de fausse doctrine: ou quand en abbayant aux biens d’autruy, ils monstrent une convoitise insatiable. Si quelqu'un laime en moins de paroles: le premier est, quand on est arrogant, et on abuse de la puissance en se desbordant et usurpant plus qu’il ne faut : le second, quand on n’enseigne pas fidèlement : la troisième, avarice.
3 Je ne di point ceci à vostre condamnation : car j ay dit ci-devant, etc.
Pource que lexcusation précédente estoit une espèce de complainte, et qu’à grand’peine il se peut faire qu’en nous complaignant, nous ne facions quelque reproche : à ceste cause il addoucit ce qu’il avoit dit. Je me purge, dit-il, en telle sorte, que je me veux déporter de toucher vostre honneur. Vray est que les Corinthiens estoyent inhumains, et méritoyent bien qu’en déclairant sainct Paul absout, on les substituast comme coulpables en sa place, voire qu’on les teinst pour doublement coulpables : asçavoir pource qu'ils estoyent ingrats, et pource qu’ils avoyent à tort calomnié un inno-
cent : toutesfois l’Apostre est si modeste,
que se contentant d’une simple défense,
il se déporte de les recharger et rejetter le blasme sur eux. Car j'ay dit ci-devant, etc. Ceux qui aiment un autre, ne prenent point plaisir à le poursuyvre et picquer : mais plustost s’il y à quelque faute, ou ils la couvriront par dissimulation, ou l’addouciront par débonnaireté.
Car c’est signe de haine, quand on prend plaisir à user de reproche. Parquoy sainct Paul voulant prouver qu’il na eu nulle volonté de fascher et charger les Corinthiens, allègue l'amour qu’il ha envers eux, combien que certes il les condamne aucunement, en disant qu’il s’en déporte.
Mais comme il y a grande différence entre le fiel et le vinaigre, aussi y a-il entre la condamnation, par laquelle nous poursuyvons un homme avec haine, afin de le déshonorer et diffamer : et celle par laquelle nous taschons de réduire le pécheur en la droite voye, afin qu’en recouvrant salut, il ait aussi son honneur entier. J’ous estes en nos cœurs, etc.
C'est-à-dire, je vous porte enclos en mon cœur. Pour mourir et vivre ensemble.
c’est-à-dire en sorte que nostre amour ne pourra estre rompue par aucun Cchangement: pource que je suis prest nonseulement de vivre avec vous, mais aussi de vous accompagner en la mort, s’il est besoin: voire plustost endurer tout ce qu’on voudra, que de renoncer à nostre amitié. Voylà quelle affection doyvent avoir tous Pasteurs et Ministres.
4 J'ay grande liberté en vostre endroit: j ay de quoy grandement me glorifier de vous, etc. Maintenant comme ayant obtenu leslargissement de cœur, lequel il avoit souhaité aux Corinthiens, laissant toutes complaintes, il leur desploye son cœur gayement : comme s’il disoit, Qu'est-il plus besoin de me travailler après une chose desjà gaionée ? Car il me semble que j’ay desjà ce que je demandoye : veu que ce que Tite m'a rapporté de vous, non-seulement me suffit pour appaiser mon esprit, mais aussi me donner matière de me glorifier asseuréement de vous : voire mesme cela m'a effacé toute la tristesse que tant d’affictions et grandes m’avoyent apportée.
Il procède par degrez en amplifiant son propos. Car c’est plus de se gloritier,
Cuar. VIL
que d’avoir lesprit paisible et content.
Mais estre délivré d’une tristesse conceuë de plusieurs afflictions, est encore beaucoup plus que les deux autres. Chrysostôme expose La confiance, un peu autrement: en ceste sorte. Ce que je parle un peu librement avec vous, c’est pourtant que me confiant certainement de vostre bonne affection envers moy, je pense avoir bien tant de crédit envers vous. Toutesfois j’ay mis en avant ce qui me sembloit le plus probable: asçavoir que le rapport que Tite luy avoit fait des Corinthiens, a effacé la mauvaise opinion ou le souspeçon qu’il avoit d’eux, et dont il estoit tormenté en son esprit.
5 Car estans venus en Macédone, nostre chair n’a eu, etc. La grandeur dé la tristesse est un certain argument Combien d’efficace à eu la consolation. J’estoye, dit-il, pressé de tous costez, par afflictions tant intérieures qu’extérieures : toutesfois tout cela n’a point empesché que la joye que m'avez donnée, n'ait eu plus de force pour surmonter toute ma tristesse. Quand il dit, que sa chair n'a eu aucun repos : c’est autant comme s’il disoit, Selon l’homme je n’ay point eu de relasche ou soulagement. Car il excepte les consolations spirituelles, par lesquelles il estoit cependant soustenu. Il estoit donc affligé non-seulement en son Corps, mais aussi en l'esprit : en sorte que selon l’homme il ne sentoit rien Sinon une grande amertume de fascheries. Combais par dehors. Par les combats il entend les assauts externes, que luy donnoyent ses adversaires, et desquels ils le molestoyent : et par les craintes, il entend les ennuis qu'il énduroit pour les maladies intérieures de l'Eglise. Car il n’estoit point tant fasché de son propre mal, que du mal publique.
Il veut donc dire que non-seulement les ennemis ouverts luy ont couru sus, mais que pour cela il n’a pas moins enduré de fascheries pour les maladies domestiques. Car il voyoit combien estoit grande linfirmité de plusieurs, voire quasi dé tous : et cependant par quelles machinations, et de combien de sortes Satan taschoit à troubler tout : combien peu il y en avoit de sages entr’eux, combien peu
Caar. VII.
de droits et entiers, combien peu de constans : et au contraire, combien de gens lasches et hommes de néant, ou d'ambitieux, ou d’escervelez. Entre lesquelles difficultez il ne se peut faire que les serviteurs de Dieu ne soyent estonnez, et sentent beaucoup d’angoisses : et d'autant plus qu'ils sont contraints de dissimuler beaucoup de choses pour entretenir paix és Eglises. Ainsi l’Apostre a parlé proprement en disant, Combats par dehors, craintes au dedans. Car à l'encontre des ennemis, qui de propos délibéré taschent à destruire le royaume de Christ, les fidèles Pasteurs s'opposent apertement, et de plene guerre: mais au dedans ils sentent des despits, et sont navrez en leurs cœurs quand ils voyent l'Eglise affligée de maladies intérieures pour lesquelles chasser et y remédier, ils n’osent pas sonner la trompette tout haut, comme on dit. Or combien qu’il eust des assauts quasi continuellement, foutesfois il est vray-semblable que pour lors il se sentoit plus fort enserré qu’il n’avoit accoustumé. Certes les serviteurs de Christ à grand’peine sont-ils jamais sans craintes : mais sainct Paul n’a guères esté mesme sans combats externes : mais pource qu'il estoit pressé plus fort, il a mis combats et craintes, en nombre plurier, signifiant qu’il luy à falu batailler en plusieurs sortes, et contre divers ennemis, et quant et quant qu'il a senti diverses sortes de craintes.
6 Qui console les humbles, nous a consolez, etc. Ceci est mis comme pour rendre raison. Car il entend que la consolation luy à esté apportée, pource qu’il éstoit abbatu d’afflictions, et quasi du tout accablé : pour autant que Dieu a accoustumé de consoler les humbles, c’està-dire ceux qui sont abbatus et oppres- Sez de maux. Dont nous pouvons recueillir une doctrine très utile : asçavoir que d'autant que nous serons plus affligez, tant plus grande consolation aussi nous
SUR LA Ile ÉPISTRE AUX CORINTHIENS.
est apprestée de Dieu. Ainsi en cest épithète qui est yei donné à Dieu, il y a une promesse singulière : comme sil disoit que le propre office de Dieu est de consoler les misérables, et ceux qui sont comme abbatus par terre.
1 Et non-seulement par sa venue, mais aussi par la consolation de laquelle, etc. Afin que les Corinthiens ne répliquassent, Que nous attouche cela, si Tite La resjouy à sa venue? Et bien, pource que tu l’aimois, tu as esté joyeux de le veoir : il testifie que la cause de sa joye estoit, que Tite estant retourné d’avec eux, luy avoit apporté toutes nouvelles joyeuses. Il déclare done avoir esté resjouy non tant de la présence de Tite, que de la prospérité et heureuse conduite des Corinthiens. f'ostre désir. Voyei les bonnes nouvelles, qui avoyent esté rapportées des Corinthiens à sainct Paul.
Leur désir procédoit de ce qu’ils avoyent en grande estime la doctrine du sainct Apostre. Les larmes estoyent un signe de révérence : pource qu’estans esmeus de sa correction, ils pleuroyent leurs péchez. L’affection estoit signe de bénévolence. De ces trois choses il recueilloit leur repentance, laquelle luy apportoit plein contentement : pource que toute son intention estoit de pourveoir à leur salut. £n sorte que j'ay eu plus de joye. C'est-à-dire, en sorte que la joye surmontoit toutes mes douleurs et fascheries. Par ceci nous voyons non-seule- .
ment de combien ardente affection il désiroit le bien public de lEglise, mais aussi combien il estoit doux et débonpaire, d'oublier si tost de si grans malcontentemens qu’on luy donnoïit. Combien que ceci se peut mieux rapporter à autre chose en le conjoingnant avec ce qui est dit puis après : et je ne sçay si ce sens-là ne conviendroit point mieux à l'intention de sainct Paul. Mais pource que la chose n’est pas de grande importance, je la passe légèrement.
8 Car jà soit que je vous aye contristez par l'Epistre”, je ne m'en repen point : encore que je m'en fusse repenti. Car je voy que ces lettres-là vous ont
contristez pour un temps.
1) Ou, par mes letres.
Car. VII.
9 J'en suis maintenant joyeux : non point pource que vous avez esté contris- Lez, mais pource que vous avez esté contristez à repentance. Car vous avez esté contristez selon Dieu, tellement que vous n'avez esté endommagez en rien de
par nous.
10 Car la tristesse qui est selon Dieu, engendre repentance à salut, dont on ne se repent jamais : mais la tristesse de ce monde engendre mort.
AA Car voyci ceci mesme que vous avez estez contristez selon Dieu, quel soin a-il engendré en vous, voire quelle défense, voire marrissement, voire crainte, voire grand désir, voire zèle, voire vengence?
1) Ou, satisfaction.
8 Car jà soit, etc. Maintenant il commence à s’excuser envers les Corinthiens, de ce qu’il les avoit traittez un peu rudement en la première Epistre. Or il nous faut observer qu’il parle à eux en diverses sortes, tellement qu’il semble avis qu’il joué plusieurs personnages. La raison est, qu'il addressoit sa parole à toute PEglise. [l y en avoit là aucuns qui ne faisoyent pas grand Cas de luy, les autres l'avoyent en grande réputation, comme il le méritoit : les autres estoyent en doute, les autres asseurez : les uns dociles, les autres obstinez et endurcis. Pour raison d’une telle diversité, il luy estoit besoin de changer sa façon de parler, maintenant en une sorte, maintenant en l’autre, afin qu’il s’accommodast à tous.
Or il addoucit, ou plustost il oste du tout l’occasion de se scandalizer, que paraventure ils avoyent prins, de ce qu'il avoit usé de sévérité envers eux, disant que ceste sévérité leur est tournée à saut. Vostre salut (dit-il) m’est en si grande recommandation, que ce que je voy vous avoir proufité, m'est mérveilleusement agréable. Ceste modération ha lieu lors seulement quand le Docteur et Ministre a proufité par ses répréhensions, autant qu’il estoit expédient. Car s’il eust trouvé que les cœurs des Corinthiens eussent esté encore obstinez, et qu'il n’eust apperceu en eux aucun fruit de la correction qu’il avoit essayée envers eux, il n’eust certes rien lasché de sa première sévérité. Or il faut noter qu’il se resjouit d’avoir esté cause de tristesse à ceux qu'il aimoit. Car il aimoit mieux servir à leur proufit, que leur complaire.
Maisque veunt-il dire par ce qu’il adjouste, Encore que je men fusse repenti? Car si nous confessons que sainct Paul se
soit repenti de ce qu'il avoit escrit, il s’en ensuyvroit une grande absurdité, asçavoir qu’il auroit escrit la première Epistre plustost par un mouvement inconsidéré, que par la conduite du saincet Esprit. Je respon, que ce mot Æepentir, est yei prins improprement pour sentir douleur. Car quand S. Paul contristoit les Corinthiens, il participoit luy-mesme de la douleur, et se donnoit aucunement tristesse à soy-mesme. C’est donc autant comme s’il disoit, Combien que je vous aye poings à regret, et qu’il m’ait fait mal que j’estoye contraint de vous traitter autrement, toutesfois je n’en suis plus marri maintenant, pource que ce que j’ay fait, vous est tourné à salut. Prenons l'exemple d’un père : car il se fasche et est marri de sa sévérité, quand il chastie son enfant, toutesfois il l’approuve pour ce qu’il voit qu’elle est utile et salutaire à son enfant. Ainsi S. Paul ne prenoit point plaisir à contrister les Corinthiens :
mais pource qu'il sçavoit bien à quelle fin il le faisoit, il préféroit son devoir à l’inclination de son cœur. Car je voy.
La suyte des mots est entrerompue :
nonobstant cela n’empesche point que le sens ne soit clair. Premièrement, il dit qu’il cognoist bien par effet, que combien que la première Epistre ne leur ait point esté agréable pour quelque temps, néantmoins à la fin elle leur avoit proufité : en après, qu’il se resjouit à cause de ceste utilité.
9 Non point pource que vous avez esté contristez. I] signifie qu’il ne prend point plaisir à leur tristesse : mais plustost si le chois iuy estoit donné, qu'il chercheroït leur salut et leur resjouissance tout ensemble, et par un mesme moyen : mais pource qu’il ne l’a peu au-
Caar. VII.
trement faire, qu'il ha leur salut en telle recommandation, qu'il est bien joyeux de ce qu’ils ont esté contristez à repentance. Car il y a aucunesfois de bons médecins et besongnans fidèlement, mais qui sont toutesfois rigoureux, et n’espargnent point les malades. Sainct Paul dit qu’il n’est point tel qu’il vucille donner des remèdes aspres, s’il n’est contraint par nécessité, Or pource qu’il luy en estoit bien advenu d’avoir essayé ceste façon de remède, il se resjouit du fruit qui en estoit issu. Il a usé quasi de semblable facon de parler ci-dessus chapitre V, v. 4, Nous gémissons en ceste loge, estans chargez, pourtant que désirons non point d’estre despouillez, mais d’estre revestus.
10 La tristesse qui est selon Dieu, etc.
D’entrée, afin que nous entendions que signifie ceste particule, Selon Dieu : il nous faut observer l’antithèse qui est vci mise. Car il oppose la tristesse qui est selon Dieu, à celle du monde. Prenons aussi maintenant l’autre antithèse des deux sortes de joye. La joye de ce monde est, quand les hommes s’esjouyssent folement et sans crainte de Dieu en choses vaines, C'est-à-dire en ce monde: et estans enyvrez d’une félicité caduque, ils ne regardent point plus haut qu’à la terre. La joye qui est selon Dieu, c’est quand ils constituent toute leur félicité et béatitude en Dieu, et prenent tout leur contentement en sa grâce, et déclarent cela par le mespris du monde, usans tellement de la prospérité mondaine, comme s'ils n’en usoyent point, et ayans le cœur joyeux en adversité. Par ce moyen, la tristesse du monde, c’est quand les hommes perdent courage pour les afflictions terriennes, et'sont opprimez de tristesse : et la tristesse qui est selon Dieu, est celle qui regarde en Dieu, asçavoir quand les hommes estiment qu’il n’y a point d'autre misère, que d'estre hors de la grâce de Dieu, quand estans touchez vivement de la crainte de son jugement, "ils gémissent * de leurs péchez. Sainct Paul dit que ceste tristesse est la cause et la source de repentance: ce qu’il nous faut diligemment noter. Car si le pécheur ne se desplaist en soy-mesme, s’il ne hait sa vie, sil
HIT
SUR LA Ile ÉPISTRE AUX CORINIHIENS.
n’est contristé à bon escient par la cognoissance de son péché, ne pensons pas que jamais il se convertisse au Seigneur.
Au contraire, il ne se peut faire qu’une telle tristesse soit en l’homme, qu’elle n’engendre un cœur nouveau. Ainsi donc la repentance commence par douleur, pour ceste raison que j’ay dite, asçavoir pource que nul ne peut estre réduit au droit chemin, s’il ne haït le péché. Or où il y aura haine de péché, là aussi il y aura un ennuy et desplaisance de soy-mesme.
Au reste il y a yci une belle allusion au nom de repentance, quand il dit, Dont on ne se repent jamais : pource que Combien que la chose soit amère du premier goust, toutesfois elle se rend désirable par l'utilité et proufit qu'elle apporte.
Combien que ceci pourroit estre un épithète tant de salut que de repentance :
mais il me semble qu’il convient mieux avec le mot de Repentance : comme sil disoit, L’issue nous monstre que la tristesse ne nous doit point estre griefve ou ennuyeuse. Ainsi, combien que repentance ait en Soy quelque amertume, toutesfois à cause de la grandeur et douceur du fruit qu’elle apporte, il est dit qu’on ne s’en doit point repentir. 4 salut. Il semble que S. Paul vucille dire que Re
pentance est la cause de salut. Que si ainsi estoit, il s’ensuyvroit que nous serions justifiez par nos œuvres. Je respon, qu’il faut regarder que c’est que traitte yci S. Paul: car il ne cherche point la cause de nostre salut, mais seulement jouant repentance par le fruit qu’elle produit, il dit qu’elle est comme la voye par laquelle nous parvenons à salut. Et non sans cause il parle ainsi. Car Christ nous appelle gratuitement, mais c’est à repentance. Dieu nous pardonne gratuitement nos péchez, mais non autrement que quand nous renonçons à iceux. Et mesme, Dieu fait tous les deux ensemble en nous, asçavoir qu’estans renouvellez par pénitence, nous soyons délivrez de la servitude des péchez, et estans justifiez par foy, nous soyons aussi délivrez de la malédiction des péchez. Ce sont donc grâces inséparables, et à cause de leur conjonction indissoluble, pénitence peut bien et proprement estre appelée l'entrée
à salut. Mais cesie façon de parler signifie plustost une suytie, que non pas la cause. Ce ne sont point yci subtilitez pour chercher subterfuge, mais e’est une vraye et simple solution. Car jà soit que l'Escriture nous enseigne que nous n’0btenons jamais la rémission de nos péchez sans repentance, toutesfois par tout elle nous constitue la seulemiséricorde de Dieu pour la cause du pardon de nos péchez.
41 Quel soin a-il engendré , etc. Je ne débateray point si les choses que récite yei sainct Paul, sont les effets de pénitence, ou si c’en sont parties ou préparations , pource que tout cela n’est point nécessaire pour entendre l’intention de sainet Paul. Car il prouve seulement la repentance des Corinthiens par les signes ou choses conjointes. Com- ‘ bien qu’il fait la tristesse qui est selon Dieu, source de toutes ces choses, de laquelle elles procèdent : comme à la vérité elle est. Car dés lors que nous avons commencé à nous desplaire, nous sommes puis après incitez à tout le reste.
Nous pouvons entendre que signifie Soin, par le contraire. Car tandis que nous ne cognoissons point nostre péché, nous demeurons là endormis et paresseux. Nonchalance donc ou paresse, ou asseurance qui procède de stupidité, est le contraire de ce soin, duquel il est yci parlé. Parquoy Soin n’est autre chose qu'une diligence songneuse de corriger ce qui a esté mal fait, et de changer sa vie en mieux.
Poire défense. Pource qu’Erasme avoit tourné Satisfaction, des gens ignorans déceus par l’ambiguïté du mot, l'ont tiré aux satisfactions Papistiques. C’est la cause pour laquelle ÿay mieux aimé laisser le mot de Défense, que ie translateur Latin ancien avoit mis. Toutesfois il faut noter qu’yci est entendue une espèce de défense qui consiste plus en requeste de pardon , qu'en excuse de son péché.
Comme le fils qui désire se purger envers son père, m’entre point en termes pour maintenir par raisons ce qu'il à fait, mais recognoissant sa faute, s'excuse plus en suppliant humblement , qu'en se défendant asseuréement. Les hypocrites aussi s’excusent, Où pour mieux dire, ils se défendent orgueilleusement : mais
Caar. VH.
c’est plustost pour contester avec Dieu , que pour retourner en grâce avec luy. Si quelqu'un trouve meilleur le mot d'Excuse , je ne le rejette point, pource que le sens reviendra tousjours à un mesme poinct , asçavoir que les Corinthiens ont esté incitez à faire leurs excuses, en lieu qu'au paravant il ne leur chaloïit que sainct Paul pensast d'eux. ’oire marrissement. I y a proprement au Grec, Indignation, ou courroux. Ceste affection aussi suyt de bien près la saincte tristesse , asçavoir que le pécheur se courrouce aigrement contre ses péchez, voire contre Soy-mesme: comme aussi tous ceux qui ont un bon et sainct zèle, sont esmeus toutes fois et quantes qu'ils voyent que Dieu est offensé. Or ceste affection est plus véhémente que la tristesse. Car le premier degré est, que le mal nous desplaise. Le second, qu’estans esmeus de courroux contre nostre péché, nous-nous pressions nous-mesmes à bon escient, en sorte que nos consciences soyent touchées au vif. Combien que ceci pourroit aussi estre entendu de l’indignation Ge laquelle les Corinthiens ont esté esmeus contre les péchez d'un ou d’aucuns, lesquels ils avoyent dissimulez auparavant. Ainsi , ils se repentoyent de ce qu'ils y avoyent consenti où dissimulé. La crainte procède du sentiment du jugement de Dieu, quand le pécheur pense ainsi : Voyci, il faut que tu rendes conte: et que pourras-tu alléguer devant un si grand Juge? Car estant estonné d’une telle pensée, il commence à craindre. Or pource. que les meschans sont touchez aucunesfois d’une telle crainte, il adjouste puis après, Le désir :
laquelle affection nous sçavons estre plus volontaire que n’est pas la crainte. Car bien souvent nous craignons maugré nous: mais nous ne désirons jamais sinon que de nostre bon gré. Comme done par l’advertissement de sainet Paul, ils avoyent craind punition, ainsi ils désiroyent amendement , et y prétendoyent avec alaigreté de cœur. Mais qu’entendrons-nous par le zèle? Il ne faut point douter qu’il n'ait voulu monter par degrez. Le zèle done emporte plus que désir. Or nous pouvons entendre par ce
Que. VIL SUR LA Ie ÉPISTRE mot, qu'ils s’incitoyent l’un Pautre à qui feroit le mieux : mais il sera plus simple d'entendre qu’un chaeun taschoit d’affection ardente à donner approbation et tesmoignage de sa repentance. Ainsi le zèle est autant comme désir ardent. Foire vengence. Ce que nous avons dit touchant le mot, Marrissement, nous le devons aussi estendre à la vengeance. Car le mal et forfait lequel ils avoyent auparavant supporté et entretenu par leur dissimulation et trop grande douceur, ils en avoyent depuis pris vengence rigoureuse. Ils avoyent enduré quelque temps l'inceste: mais après avoir esté admonestez par sainct Paul, non-seulement ils s’estoyent déportez de luy donner faveur, mais l’avoyent chastié rigoureusement.
Voylà la vengence de laquelle il parle.
Au reste, pource que nous devons punir les péchez, en quelque personne qu’ils soyent trouvez : et non-seulement cela:
mais premièrement commencer par nousmesmes, ce que dit yci lApostre s’estend plus avant. Car il parle des signes de repentance. Cestuy-ci en est un des principaux : quand en punissant les péchez, nous prévenons aucunement le jugement de Dieu: comme il le démonsire ailleurs : Si nous-nous jugions nousmesmes, le Seigneur ne nous jugeroit pas, 4 Corinth., chap. XI, v. 4l. Il ne faut pas toutesfois inférer par ceci, que
les hommes en prenant vengence d’euxmesmes, récompensent à Dieu la peine qu’il leur pourroit justement imposer :
en sorte que par cela ils se rachètent de ses mains. Mais voyci comme la those va : comme ainsi soit que l'intention de Dieu en nous chastiant, est de nous arracher ceste nonchalance asseurée qui est en nous , afin qu’estans advertis de son COurroux , nous-Nnous tenions sur nos gardes pour ladvenir : quand le pécheur s’avance de prendre vengence de soymesme , il fait qu'il n’est plus besoin de tel advertissement de Dieu. Or on pourroit demander: Asçavoir si les Corinthiens regardoyent à sainct Paul, ou à Dieu , tant en ceste vengence, qu’au zèle, désir, et autres affections yci nommées.
Je respon que toutes ces choses sont tousjours conjointes avec repentance.
Toutesfois il y a grande différence, si quelqu'un a péché secrètement devant Dieu, ou publiquement devant les hommes. Si le péché de quelqu'un est secret, ce luy est assez, s'il ba une telle affection devant Dieu: mais quand le péché est descouvert, il est aussi requis que le pécheur face apparoir sa repentance. Par ce moyen les Corinthiens qui avoyent offensé publiquement, et avec grand scanGale des bons, avoyent besoin de rendre tesmoignage de leur repentance par ces signes.
Pous-vous estes par teut approuvez estre purs en cest affaire. 12 Jà soit donc que je vous aye escrit, ce n'a point esté pour celuy qui a
Jait linjure, ne pour celuy à qui elle a esté Jaicte : mais pour manifester entre vous vostre soin, lequel vous avez pour nous devant Dieu.
A3 Pour ceste cause nous avons esté consolez de vostre consolation :
mais
encore nous-nous sommes plus fort esjouis pour la joye de Tite, pourtant que
son esprit a esté récréé par vous tous.
A4 Et si? je me suis glorifié de vous envers luy en aucune chose,
je
n'en ay point receu confusion, ains comme nous vous avons dit toutes choses en vérité, pareillement ce de quoy je m'estoye glorifié envers Tite, est fait
vérilé?.
15 Parquoy quand il luy souvient de l'obéissance de vous tous, et comment vous l'avez receu avec crainte et tremblement, ses entrailles sont plus abon-
damment" envers vous.
16 Je mesjouy donc qu'en toute chose je me puis asseurer de vous.
1) Ou, nostre soin en nous envers vous.
plus grande.
2) De ce que.
3) Ou, rendu véritable. #4) Ou, sen affection est d'autant
V'ous-vous estes approuvez. L'ancien translateur Latin lit, Vous-vous estes monstrez. Erasme l’a tourné, Vous-vous estes acquis ceste louange, que vous estes purs, etc. Quant à moy, j'ay mieux aimé prendre une troisième signification, qui me sembloit mieux convenir, Que les Corinthiens ont déclaré par vrais et évidens tesmoignages, qu'ils n’estoyent nullement participans du crime, auquel il sembloit qu’ils consentissent à cause de leur dissimulation. Or nous avons desjà veu quels ont esté ces tesmoignages.
Combien que sainct Paul ne les excuse pas du tout, mais il amoindrit leur péché. Car la trop grande souffrance de laquelle ils avoyent usé, n’estoit point sans péché : maïs il les absout quant à ce qu’on leur pouvoit objecter qu’ils avoyent consenti à ce mesfait. D'avantage, il faut noter qu'il n’absout pas tous les particuliers jusques à un, mais seulement le corps de l'Eglise. Car il est facile à penser qu'aucuns d’entr’eux y avoyent Consenti et nourri le péché: mais en lieu qu'auparavant tous ensemble en estoyent notez et diffamez, il a esté cognu depuis que la faute ne devoit estre imputée sinon à aucuns.
12 Jà soit donc que je vous aye escril.
Il fait ce qu'ont accoustumé de faire ceux qui cherchent réconciliation. Il veut que toutes les choses passées soyent ensevelies : il ne leur reproche plus rien, il ne les reprend plus, il ne se plaind plus de rien : brief, il oublie toutes choses, pource qu’il est content de leur seule repentance. Et à la vérité, voylà le vray moyen qu’il faut garder, qu’on ne poursuyve pas à presser les pécheurs, quand ils auront esté amenez à repentance. Car si quand cela y est nous réduisons encores leurs péchés en mémoire, il est certain que nous sommes plustost esmeus de mal-vueillance, que de saincte affection, ou désir de leur salut. Au reste, S. Paul dit ceci par forme de concession. Car certes il avoit poursuyvi l’offense qui luy avoit esté faite en cest endroit, et avoit voulu que lautheur du scandale fust chastié : mais maintenant il met sous les pieds ce qui estoit aucunement odieux :
comme s’il disoit, Je veux maintenant que
Cuar. VIT.
tout ce que j’ay escrit ne soit tenu pour escrit à autre fin, sinon à ce que Cognoissiez quelle affection j'ay envers vous :
laissons là maintenant tout le reste. Les autres l’exposent ainsi, Qu'il n’a point eu esgard à quelqu'un particulièrement , mais a en cela regardé l'utilité commune de tous: toutesfois le premier sens me semble plus naturel. Fostre soin, lequel vous avez, etc. Pource que les Grecs ont communément suyvi ceste lecture, je ne Pay pas osé changer : combien qu’encore en un livre ancien on lit Nostre soin:
etil appert par les commentaires de Chrvsostôme, que la lecture Latine estoit receuë de son temps,mesme entre les Grecs, asçavoir pour manifester entre Vous nostre soin, lequel nous avons pour vous :
c’est-à-dire, afin que les Corinthiens sceussent combien sainct Paul estoit songneux de leur salut. Nonobstant l’autre lecture , à laquelle s'accordent la plus grand’part des exemplaires Grecs, n’est pas moins recevable. Car sainct Paul s’esjouit que les Corinthiens avoyent fi
nalement apperceu pâr ceste expérience, quelle affection il avoit envers eux :
comme il disoit, Vous ne cognoissiez pas bien encore quel soin et affection vous aviez pour moy, jusqu’à maintenant que vous l’avez expérimenté en ceste Cause.
Les autres l’exposent en ceste sorte, Afin qu’il fust cognu entre vous en quelle estimation un chacun m’avoit, et que par ceste occasion un chacun descouvrist ce qu’il avoit auparavant caché en son cœur.
Pour ce qu’il n’y a point grand intérest en cela, je laisse en la liberté d’un chacun délire lequel qu’il voudra. Mais pource qu’il adjouste quant et quant, Devant Dieu : il me semble plus tost qu’il veut dire cela, qu’un chacun d’eux faisant à bon escient l'examen de sa personne, ne plus ne moins que s’il eust esté devant Dieu, ils ont mieux cognu quels ils estoyent qu'auparavant.
13 Nous avons esté consolez, etc.
Sainct Paul tend du tout à cela, de persuader aux Corinthiens qu’il n’ha rien en.
si singulière recommandation que leur bien et proufit. Parquoy il dit qu’il a esté participant de leur consolation. Or ceste consolation estoit que recognoissans leur
Car. VII.
faute, non-seulement ils prenoyent en bonne part la correction : mais aussi la recevoyent avec joye. Car l’amertume de la correction est aiséement addoucie si tost que nous commençons à gouster combien elle nous a esté proufitable. Ce qu'il adjouste, Qu'il a esté esjouy plus abondamment pour la joye de Tite, est une manière de congratulation. Tite avoit esté resjoui de ce qu’il les avoit trouvez plus dociles et obéissans qu’on n’eust pas pensé : ou plustost de ce qu’il avoit trouvé un changement soudain en mieux. Dont on peut recueillir que la douceur de Paul estoit eslongnée de flatterie, pource qu’il s’est tellement resjouy de leur joye, que toutesfois il s’est principalement arresté à leur repentance.
A4 Et de ce que si je me suis glorifié, etc. Il démonstre tacitement comment il a tousjours eu une affection fort amiable envers les Corinthiens, et combien débonnairement et humainement il avoit jugé d’eux. Car lors mesmes qu’ils sembloyent estres indignes d’aucune louange, toutesfois il promettoit d'eux beaucoup de choses et grandes. Voylà certes un argument notable d’un cœur droit et débonnaire, de reprendre en face ceux qu’on aime, et toutesfois bien espérer d'eux, et en donner bon espoir aux autres. Ceste droiture de cœur et douceur que sainct Paul monstroit, les devoit inciter à ne rien prendre en mauvaise part de ce qui estoit procédé de luy. Cependant par ceste occasion, il leur ramentoit comme en passant sa fidélité en tous les autres affaires : comme s’il disoit, Ma syncérité vous a esté cognue jusques à présent, comment je me suis démonstré véritable en toutes choses, et non point menteur, ou inconstant et variable. Je me resjoui donc de ce que maintenant encore j’ay esté trouvé véritable, me glorifiant de vous envers les autres.
45 Ses entrailles sont plus abondamment. Pour ce que le siége des affections est aux entrailles, à ceste cause par ce . mot d'entrailles, est signifiée miséricor-
SUR LA Ile EPISTRE AUX CORINTHIENS.
de, amour, et toute saincte affection : mais il a voulu user de ce mot pour exprimer avec plus grande efficace, que combien que Tite auparavant aimast les Corinthiens , il a esté lors plus fort enflambé à les aimer, et ce d’une profonde affection de cœur. Or en parlant ainsi, il insinue tacitement Tite en la grâce des Corinthiens : comme il est bien "bon et utile que les serviteurs de Christ soyent aimez, afin qu'ils puissent proufiter d’avantage. Et quant et quant il leur donne courage de persévérer de bien en mieux, afin qu’ils se facent aimer de toutes gens de bien. Avec crainte et tremblement.
Par ces deux mots il signifie aucunesfois simplement révérence : ce que paraventure ne conviendroit pas mal à ce passage Combien que je ne trouve point mauvais que Tremblement soit yci nomméement mis, pource que les Corinthiens se sentans coulpables, craignoyent sa présence.
Il est bien vray que ceux aussi qui sont obstinez en leurs meschancetez, sont effrayez quand ils voyent leur juge : mais un tremblement volontaire qui procède d’une honte honneste, est un signe de repentance. Laquelle qu’on choisisse de ces deux expositions, tousjours ce passage démonstre quelle est la vraye réception des Ministres de Christ. Certes les banquets somptueux, et l'appareil magnifique, ni aussi les douces salutations ou honorables, ou les applaudissemens de tout le peuple, ne sont point les choses qui resjouissent un bon et fidèle Pasteur :
mais il sent un plein rassasiement de joye, quand on reçoit révéremment la doctrine de salut de sa bouche : quand l’authorité qu’il doit avoir, luy demeure en son entier pour l'édification de l'Eglise : quand le peuple se range sous la conduite d’iceluy, afin d’estre gouverné et entretenu sous l'enseigne de Christ par son ministère. Comme nous en voyons yci un exemple en Tite. En la conclusion, finalement il conferme derechef ce qu’il a dit auparavant, Qu'il n’a jamais esté tellement fasché, qu’il se desfiast du tout des Corinthiens.
Cuar, VIE