‹ Commentaires de Jehan Calvin sur le Nouveau TestamentChapitre 90 sur 99 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

4 Paul Apostre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, à tous les Saincts et fidèles en Jésus-Christ, qui sont en Ephèse, 2 Grâce vous soit, et paix de par Dieu nostre Père, et de par le Seigneur

Jésus-Christ.

3 Bénit soit? Dieu qui est le Père de nostre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénits en toute bénédiction spirituelle és choses célestes® en Christ :

4 Comme il nous a éleus en luy devant la fondation du monde, afin que fussions saincts et irrépréhensibles devant luy en charité.

5 Lequel nous a prédestinez pour nous adopter en soy par Jésus-Christ se-

lon le bon plaisir de sa volonté,

6 À la louange de la gloire de sa grâce, de laquelle il nous a rendus agréa-

bles en son Bien-aimé.

1) Ou, aux Saincts et fidèles. 2) Qu, Loué soit.

4 Paul Apostre. Pource qu’il use en toutes ses Epistres presque d’une mesme forme de salutation, ou pour le moins bien peu différente, ce seroit chose superflue de répéter yei ce qui a esté dit ailleurs. Il se nomme Apostre de Jésus- Christ. Car tous ceux ausquels le ministère de réconciliation est commis, sont ambassadeurs pour luy. Combien que le nom d’Apostre est plus spécial, 2 Corinthiens, V, 49 et 20. Car il ne s’ensuit pas si on est Ministre de l'Evangile, que pour

JIl

3) Ou, lieux célestes,

cela on soit Apostre, comme nous verrons au chapitre EV, v. 44. Mais il a esté parlé de ceci plus amplement en l'Epistreaux Galatiens. Il adjouste, Par la volonté de Dieu : pour autant que nul ne se doit usurper l’honneur : mais on doit attendre la vocation de Dieu, laquelle seule fait les Ministres légitimes. Et ainsi opposant lauthorité de Dieu à tous murmures et détractions des meschans, il coupe broche à tous débats téméraires. Il appelle Saincts ceux-là mesmes les-

(Re)

quels il nomme après, Fidèles en Christ.

Parquoy, nul n’est fidèle s’il n’est sainet aussi : et au contraire, nul n’est sainct, s’il n’est fidèle aussi. La plus grand’part des exemplaires Grecs n’a point ce mot Tous : lequel toutesfois je n’ay point voulu oster, pource qu’aussi bien le fautil suppléer.

3 Bénit soit Dieu. I louë d’une façon magnifique la grâce de Dieu envers les Ephésiens, afin d'inciter leurs cœurs à recognoistre les bénéfices qu’ils ont receus de luy, ou plustost afin de les embraser, saisir, et remplir entièrement de ceste saincte méditation. Car ceux qui recognoissent une si ample bonté de Dieu sur eux, qu'ils y trouvent un ferme accomplissement auquel rien ne défaut, et qui s’exercent continuellement en ceste méditation, ne receveront jamais nouvelles doctrines, par lesquelles ceste grâce qu’ils sentent desjà en eux-mesmes avec efficace, puisse estre obscurcie. Ainsi donc, l’intention du S. Apostre estoit d’armer les Ephésiens en leur annonceant la grandeur de la grâce de Dieu envers eux, afin qu’ils ne laissassent point esbranler leur foy par les faux-aposires, comme si leur vocation estoit douteuse, et qu'il leur falust chercher un autre moyen de salut. Or il démonstre quant et quant en quoy gist la plene certitude de salut, asçavoir quand Dieu nous manifeste son amour en Christ par l'Evangile.

Mais afin de leur donner plus grande confirmation, il les ramène à la première cause, et comme à la source, asçavoir à l'élection éternelle de Dieu, par laquelle il nous adopte pour ses enfans, avant que nous soyons nais : et ce afin qu’ils sçachent qu'ils ont esté sauvez par le décret de Dieu éternel et immuable, et non point par cas fortuit, ne par quelque soudaine occasion. Ce mot Bénir, se prend yci diversement, selon qu’il se rapporte à Dieu ou aux hommes. Je trouve par l’Escriture qu’il ha quatre significations. Ce que nous bénissons Dieu, est une bénédiction de louange, quand nous annonceons sa bénéficence. EL quant à Dieu, il nous béuit, quand il donne bonne issue à nos affaires, et use de libéralité envers nous, en sorte que bien nous

Cuar. 1.

est, et sommes en prospérité. La raison est que toute nostre béatitude vient de son.plaisir simplement. À ceste cause, il faut noter ceste manière de parler, par laquelle il exprime tréshbien quelle vertu contient la seule parole de Dieu. Les hommes se bénissent mutuellement, quand ils désirent du bien l’un à l’autre. La bénédiction que les Sacrificateurs font envers l'Eglise et un chacun des fidèles, ha ceci outre la prière, qu’elle est un tesmoignage et comme une arre de la bénédiction de Dieu, pource que ceste charge est commise aux Sacrificateurs de bénir au nom du Seigneur, Nombre, VI, 93.

S. Paul donc bénit yci Dieu par confession de louange, pource qu’il nous a bénis :

c’est-à-dire, nous a enrichis de toute bénédiction ou grâce. Je ne contredi point à Chrysostôme, que ceste épithète Spiriluelle, ne contiene tacitement une antithèse entre la bénédiction de Moyse et celle de Christ. Car la Loy a eu ses bépédictions : mais la perfection n’est qu’en Christ, pour autant qu’en luy est la parfaite : révélation du règne de Dieu, laquelle nous mène droit au ciel. Parquoy, il n'est, plus maintenant besoin des figures, quand le corps nous est offert.

Quand il dit, Et célestes, (car il y à ainsi de mot à mot au texte Grec) il n’y a pas grande différence lequel qu’on supplée, ou Choses et biens, ou Lieux célestes. Il a seulement voulu monstrer lexcellencé de Ja grâce qui nous est: donnée par Christ, asçavoir d'autant qu’elle nous rend bien-heureux au ciel ét en la vie éternelle, et non pas en ce monde. Vray est que la religion Chrestienne (comme il enseigne ailleurs) ha les promesses nonseulement de la vie éternelle, mais aussi de la vie présente, 4 Timothée, IV, 8. Le but toutesfois est la félicité spirituelle, comme aussi le règne de Christ est spirituel. Il oppose Christ à toutes les figures Judaïques, esquelles la bénédiction estoit enclose sous la Loy. Car là où est Christ, toutes ces choses sont superflues.

4 Comme il nous a éleus en luy devant la fondation du monde. 1 fait yci l'élection éternelle de Dieu, le fondément et la première cause, tant de nostre vocation, que de tous les biens que nous

Cuar. I.

recevous de Dieu. Parquoy, si on demande la cause ponrquoy Dieu nous a appelez à la participation de l'Evangile : pourquoy il nous fait tous les jours tant de biens : pourquoy il nous ouvre le ciel, il faut tousjours revenir à ce principe, Asçavoir pource qu'il nous a éleus avant que le monde fust. Or par le temps mes- me nous avons à recueillir, que l’élection est gratuite. Car quelle pouvoit estre nostre dignité, ou quel mérite y avoit-il de nostre costé, avant la création du monde? Car c’est une chose puérile que la cavillation que les Sophistes amènent :

Asçavoir que nous ne sommes point éleus, pource que nous en fussions desjà dignes, mais pource que Dieu prévoyoit que nous en serions dignes. Car nous sommes tous ruinez et perdus en Adam.

Et pourtant, si Dieu par son élection ne nous délivre de perdition, il n’y prévoirra autre chose. Il use du mesme argument au chapitre IX, v. 44, des Romains, parlant de Jacob et Esaü : Avant qu'ils fussent nais (dit-il) ou qu’ils eussent fait ne bien ne mal. Quelque Sophiste de Sorbonne pourroit yci réplicquer, qu’ils en devoyent faire à l’advenir, et que Dieu Pa cognu auparavant et préveu. Mais cesfe réplique est vaine quant aux hommes corrompus de nature, esquels on ne peut rien appercevoir que matière de perdition. Il conferme pour la seconde fois que l'élection est gratuite, quand il adjouste, En Christ. Car si nous sommes éleus en Christ, il s'ensuit donc que c’est hors de nous : &est-à-dire, non point pour considération aucune denostre dignité, mais pource que le Père céleste nous à insérez au corps de Christ par le bénéfice d’adoption. En somme, le nom de Christ, exclud tout mérite, et tout ce que les hommes ont d’eux-mesmes. Car de ce qu’il dit que nous sommes éleus en Christ, il s'ensuit que nous estions indignes en nous. Afin que nous fussions Saincts.

Il touche la fin la plus prochaine, mais non pas la principale. Car il n’y a point d'inconvénient qu'une mesme chose ait deux fins. Comme la fin d’édifier, est qu’il y ait une maison : toutesfois ceste fin n’est que la prochaine : mais la dérnière, est la commodité d’habiter. Il m’es-

SUR L'ÉPISTRE AUX EPHÉSIENS

toit besoin de toucher ce petit moten pas- Sant, pource que saint Paul amènera tantost une autre fin, asçavoir la gloire de Dieu. Mais ik n’y a point de contrariété : car en nostre élection la gloire de Dieu est la principale fin, au-dessous de laquelle et comme en second lieu, nostre sanctification en est aussi la fin. Au reste, on peut recueillir de ceci, que la saincteté, l’innocence, et toutes les vertus que les hommes ont, sont fruits de lélection. Parquoy, sainct Paul renverse encore plus expresséement par ceste particule toute considération de mérite. Car si Dieu prévoyoit en nous quelque chose digne d'élection, il faloit dire tout le contraire de ce qui est yci dict. Car il signifie que tout ce que nous vivons sainctement et innocemment, procède de l’élection de Dieu. D'où vient donc cela, que les uns vivent sainctement en la crainte du Seigneur, les autres s’abandonnent à toutes meschancetez sans aucun souci de Dieu ? Certes, si on adjouste foy aux paroles de sainct Paul, il n’y a point d'autre raison, sinon que les derniers retienent leur naturel, et les premiers ont esté éleus à saincteté. La cause certes ne va pas après son effet, mais précède. L’élection donc ne dépend point de la justice des œuvres, d'autant que l'élection est la cause de ceste justice, Comme S. Paul tesmoigne yci. D’avantage, il signifie par.

ce membre, que l'élection ne donne point occasion de desbordement aux hommes, comme les meschans blasphèment, en disant, Vivons sans souci, comme bon nous semblera : car si nous sommes éleus, il est impossible que nous périssions. Mais S. Paul dit tout le contraire haut et clair, qu'on ne doit point séparer la saincteté de vie, d'avec la grâce de l'élection, pource que ceux-là mesmes que Dieu a éleus, il les appelle et justifie. Or quant à ce que les Cathariens, Célestiniens, et Donatistes inféroyent de ces paroles, que nous pouvons estre parfaits en ceste vie:

nous ne nous y devons point arrester.

Car ceste perfection est le but auquel nous tendons tout le temps de nostre vie. ainsi, nous n’y parviendrons jamais sinon après avoir achevé nostre course, | Où sont maintenant ceux qui ont en hor-

reur et fuyent la doctrine de la prédestination, comme un labyrinthe duquel on ne peut sortir, et qui la jugent non-seulement inutile, mais quasi pernicieuse ?

Mai, sau contraire, il n’y a point de doctrine qui soit plus utile, pourveu qu’on le traitte deuëment et sobrement, asçavoir comme sainct Paul le traitte yci, quand en ceste élection il nous propose à considérer la bontéinfinie de Dieu, et nous incite à luy rendre grâces. Car c’est ci la vraye fontaine delaquelleïilnousfaut puiser la cognoissance de {a miséricorde Divine, d'autant que quoy que les hommes usent de tergiversations et subterfuges en tous autres endroits, si est-ce que l'élection leur ferme la bouche, à ce qu’ils n’osent ou puissent s’attribuer louange aucune. Mais retenons bien à quelle fin sainct Paul dispute vci de la prédestination, afin que ne tombions en erreur dangereux, regardans à autres fins par nos disputations. Devant luy en charité. La saincteté devant la face de Dieu, consiste à pure conscience : car il n’est point sujet à estre déceu par fard extérieur comme les hommes, mais il regarde la foy, c’est-à-dire la vérité du cœur. Si on rapporte le nom de Charité à Dieu, le sens sera, Qu’il n’y a rien qui ait esmeu Dieu à nous élire, que son amour envers le genre humain. Nonobstant, j'ay mieux aimé le rapporter au plus prochain, en sorte qu’il dénote que la perfection des fidèles consiste en charité. Non pas que Dieu ne requière autre chose que la charité, mais pource que c’est la probation de la crainte de Dieu, et d’obéissance envers toute la Loy.

5 Lequel nous a prédestinez pour nous adopter. Tout ce qui s'ensuit, augmente encore d'avantage la louange de la grâce de Dieu. Nous avons dit à quelle fin $S. Paul proposoit si vivement et si diligemment aux Ephésiens Jésus-Christ, l'adoption gratuite en iceluy, et l’élection éternelle qui a précédé. Mais pource qu'il n’y à point de passage où la miséricorde de Dieu soit si amplement et magnifiquement louée, il mérite bien d’estre songneusement noté. Il exprime en ce membre trois causes de nostre salut, et adjoustera un peu après la quatrième. La cause efficiente, c’est le bon blaisir de la

Cuar. L

volonté de Dieu: la cause matérielle, c’est Christ: la cause finale, c’est la louange de grâce. Voyons maintenant ce qu’il dit d’une chacune. A la première appartient tout ce qui est comprins en ceste sentence, Dieu nous a prédestinez en soy selon le bon plaisir de sa volonté, à l’adoption, et nous a eus agréables par sa grâce. En ce mot, Prédestiner, il nous faut derechef noter l’ordre. Nous n’estions point encore lors : Iln’y avoit donc aucun mérite nostre. Parquoy la cause de nostre salut est procédée de Dieu seul, et non point de nous. Sainct Paul toutesfois n’estant point content de ceci, adjouste, En soy: signifiant par cela, que Dieu n’a point cherché la cause hors de SOyY: mais nous a prédestinez, pource qu’il l’a voulu ainsi. Mais ce qui s'ensuit tantost après, est encore plus clair, $elon le bon plaisir de sa volonté. C’estoit assez de nommer la Volonté : car sainct Paul à accoustumé de l’opposer à toutes causes venantes d’ailleurs, par lesquelles on pense communéement que Dieu soit incité. Mais afin qu'il n’y demeurast aucune ambiguïté, il a encore mis à l’opposite, Le bon plaisir: lequel mot exclud apertement et expressément tous mérites. Parquoy quand le Seigneur nous adopte, il ne regarde point quels nous sommes, et ne se réconcilie point avec nous pour aucune dignité de nostre personne : mais il n’ha du tout autre cause de ce faire, que son bon plaisir éternel par lequel il nous à prédestinez.

Comment donc n’ont honte les Sophistes d’y mesler ou adjouster d’autres regars, veu que sainct Paul nous défend tant songneusement de considérer yci autre chose que le seul bon plaisir de Dieu ? Finalement afin qu’il n’oubliast rien, il adjouste, Il nous a rendus agréables. Par lequel mot il signifie que maintenant Dieu nous aime et nous ha agréables d’une amour gratuite et non pas mercenaire, (c’est-à-dire fondée en quelque mérite ou cause venant de nous) comme il nous a éleus avant que fussions nais, n'estant incité à ce faire d’ailleurs que de soy- :

mesme. Toutesfois pour la cause matérielle tant de l'élection éternelle, que de Pamour maintenant manifestée, il met

Cnar. [.

Christ, lequel il appelle le Bien-aimé :

afin que nous sçachions que l’amour de Dieu descoule à nous par luy. Ainsi il est le bien-aimé, afin qu'il nous réconcilie.

Il adjouste incontinent après, la dernière et la principale fin, asçavoir La louange glorieuse de sa grâce tant excellente.

SUR L'ÉPISTRE AUX ÉPHÉSIENS

Quiconque donc obseurcit ceste gloire, tasche à renverser le conseil éternel de Dieu. Telle est la doctrine des Sophistes, laquelle renverse toutes choses ce que dessus-dessous : afin que toute la gloire de nostre salut ne soit entièrement attribuée à Dieu seul.

1 Par lequei nous avons rédemption par le sang d'iceluy\, asçavoir rémis= sion des péchez selon les richesses de sa grâce : 8 De laquelle il a espandu en abondance sur nous en toute sapience et intel-

EN

9 Nous ayant donné à cognoistre le secret de sa volonté selon son bon plai-

sir, lequel il avoit premièrement arresté en soy. 10 Afin de le dispenser en la plénitude des temps : afin de recueillir toutes choses ensemble par Christ, tant celles qui sont és cieux, que celles qui sont

en la terre en iceluy mesme”?

A1 En qui aussi nous sommes appelez à l'héritage, prédestinez selon le propos de celuy* qui fait toutes choses selon le conseil de sa volonté :

42 Afin que nous, louange de sa gloire.

1) Ou, Par le sang duquel nous avons,

ensemble le tout en Christ, tant ce qui est és cieux, que ce qui est en la terre. 4) Ou, les premiers espéré.

tinez suyvant l’arrest de celuy.

7 Par lequel nous avons rédemption, etc. Ceci appartient encore à la cause matérielle : car il expose comment nous avons esté réconciliez à Dieu par Christ, asçavoir pource qu’il nous a appaisé le Père par sa mort. Et pourtant il nous faut tousjours dresser nos esprits au sang de Christ, quand nous cherchons grace en Dieu. Or il ditque La rédemption nous a esté acquise par le sang de Christ, laquelle il nomme rémission des péchez, En quoy il signifie que nous sommes rachetez entant que nos péchez ne nous sont point imputez. Car de là vient la justice gratuite par laquelle nous sommes agréables à Dieu, et délivrez des liens et tyrannie du diable et de la mort.

Il faut donc diligemment noter ceste déclaration, qui détermine le moyen de nostre rédemption. Car tandis que nous demeurons redevables au jugement de Dieu, nous sommes enserrez de liens misérables : et pourtant la délivrance de la condamnation que nos péchez méritent, est une liberté inestimable. Selon les richesses de sa grâce. Il revient encore à la cause efficiente : asçavoir que Christ nous a esté donné pour Rédempteur,

qui avons auparavant espéré* en Christ,

soyons à la

2) Ou, Afin qu’en la dispensation de l’accomplissement des temps il recueillist

3) Ou, faits son héritage, ayans esté prédes-

d'autant que Dieu est grand en libéralité:

Or il met yei ce mot, Richesses, pour amplifier : comme aussi ce verbe Espandre en abondance. Tant s’en faut qu’il se puisse satisfaire en louant la honté de Dieu, qu’il engloutit entièrement les esprits des hommes en l’admiration d’icelle, comme il en parle. Et à la miene volonté que les esprits des hommes eussent esté bien abbruvez d’une vive appréhension de ceste opulence de grâce laquelle l’Apostre vci exalte et magnifie. Car ces resveries de satisfactions n’eussent jamais trouvé lieu, ne semblablement tous tels fatras, par lesquels le monde a pensé se racheter : comme si le sang de Christ séchoit et perdoit sa vigueur, sinon qu’il fust aidé de moyens et remèdes prins d’ailleurs.

8 En toute sapience. Il vient maintenant à la cause formelle : asçavoir la prédication de l'Evangile, par laquelle Ja bonté de Dieu descoule sur nous en abondance. Car Christ nous est communiqué par foy, et par luy nous venons jusques à Dieu, et jouyssons du bénéfice d'adoption. Or il orne PEvangile de titres honorables et magnifiques, asçavoir de

Sapience et intelligence, afin que les Ephésiens ayent en mespris toutes doctrines contraires. Car les faux-apostres pour s’insinuer et avoir entrée, prenoyent ceste couleur, qu’ils apportoyent quelque chose plus haute et excellente que les rudimens que S. Paul avoit enseignez. Et le diable aussi tasche tant qu’il peut à amoindrir et descrier l'Evangile, afin qu’il nous destourne de nostre foy. Au contraire, S. Paul maintient et conferme l'authorité de l'Evangile, afin que les fidèles s'arrestent et reposent en iceluy asseuréement. Ce mot Toute, signifie plene et parfaite. Or pource que la nouyeaulé en estonnoit aucuns, il vient audevant de cest erreur bien à propos, quand il appelle le secret de la volonté -de Dieu:toutesfois un secret lequel Dieu a voulu maintenant manisfester. Et comme par ci-devant il à attribué la cause de l'élection au bon plaisir de Dieu, aussi maintenant il assigne une mesme cause à la vocation : afin que les Ephésiens recognoissent que Jésus-Christ leur a esté manifesté, et l'Evangile presché, non pas qu'ils eussent rien mérité de cela : mais pour autant qu’il avoit pleu ainsi à Dieu. Lequel il avoit premièrement arresté en soy, etc. Il dispose prudemment les choses, chacune en son ordre. Car y a-il chose plus raisonnable que ceci, asçavoir que Dieu luy seul ait cognoissance de ses conseils ? et qu’ils soyent cachez aux hommes tandis qu’il les voudra tenir secrets par devers soy ?

et d'autre part, qu’il soit en Sa volonté et puissance d’ordonner le temps auquel ses conseils vienent en la cognoissance . des hommes? [l monstre donc l’un et l’autre : asçavoir que ce décret d'adopter les Gentils, a esté jusques à maintenant caché au conseil de Dieu : en sorte toutesfois qu’il le retenoit par devers soy, seulement jusques au temps de la révélation. Si quelqu'un se plaind maintenant, que c’est une chose nouvelle, et non accoustumée, que ceux qui avoyent esté estranges de Dieu, sont receus en l'Eglise : n'aura-il pas tort, de ne permettre point à Dieu de sçavoir rien plus que les hommes ? Or afin que nul ne s’enquière, Pourquoy plustost mainte-

Car. I.

nant qu’en un autre temps ? Il prévient

ceste curiosité appelant le temps ordonné

de Dieu, Temps de plénitude, c'est-àdire convenable et opportun : comme au chapitre IV des Galates, v. 4. Que donc toute audace et présomption humaine se retiene yci, et qu’elle s’assujetisse à la providence de Dieu, quand il sera question de juger des changemens et dispensations des choses. À cela mesme se rapporte le mot, Dispenser. Car la légitime administration et dispensation de toutes choses dépend du jugement de, Dieu:

Afin de recueillir. L'ancien translateur Latin a mis Restablir : Erasme a adjousté, Sommairement. Quant à moy, j’ay mieux aimé retenir la propre signification du verbe Grec, pource qu’elle convenoit mieux au fil du texte, Car selon mon jugement sainet Paul veut dire que toutes choses estans en dissipation hors Christ, ont esté par luy remises en ordre et estat convenable. Et à la vérité, que pouvons-nous véoir en ce monde hors Christ, autre chose que vrayes ruines ?

Car comme ainsi soit que nous soyons aliénez de Dieu par le péché, comment se peut-il faire que nous ne soyons misérablement espars et escartez? Çarle droit estat des créatures est, qu’elles adhèrent à Dieu. Sainet Paul dit que tel rassemblement qui estoit pour nous restablir en un estat convenable et bien réglé, a esté fait en Christ. Car estans en- (ez en son corps, nous sommes unis avec Dieu, et mutuellement conjoints les uns avec les autres. Brief, sans Christ tout le monde est un abysme estrange et une confusion horrible, Luy seul nous

recueille en vraye unité. Mais pourquoy

met-il les créatures célestes en ce rang?

car les Anges ne furent jamais séparez de Dieu : et par conséquent mont point esté escartez en dissipation. Aucuns lexposent ainsi : que les Anges pour eeste cause sont dits avoir esté rassemblez, pource que les hommes ont .esté unis

avec eux, afin que les uns et les autres.

estans conjoints ensemble avec Dieu,

obteinssent une béatitude commune en cesie bien-heurée unité. Comme nous avons accoustumé de dire, que tout. lé-

difice est refait, lequel estoit en plusieurs

r nt ol) dé à 56

Cuar, LE

endroits prest à tomber, ou desjà tombé, combien qu'il y eust encore quelques endroits entiers. Cela est bien vray :

toutesfois il n’y a rien qui empesche que nous ne disions aussi que les Anges ont esté recueillis non pas une dissipation, Mais premièrement afin qu'ils adhèrent parfaitement et entièrement À Dieu : puis après afin qu'ils demeurent perpétuellement fermes en leur estat. Car quelle ‘proportion y a-il de la créature au Créateur, s’il »’y a un moyenneur entre deux?

Et entant qu'ils sont créatures, s’ils n’estoyent préservez par le moyen de Christ, ils serovent sujets à changement et révoltement, et par conséquent ils ne seroyent pas bien-heureux éternellement.

Qui pourra donc nier que tant les Anges que les hommes n’ayent esté remis par lé moyen et grâce de Christ en un estat ferme et permanent ? Car les hommes estoyent perdus, ef les Anges n’estoyent pas hors de ce danger. Christ donc les assemblant tons deux à son Corps, les a conjoints avec Dieu son Père, afin qu'il ÿ eust un vray et ferme accord tant au ciel qu’en la terre.

11 En qui aussi nous sommes appelez. Il commence maintenant à faire une division. Jusques yei il a parlé de tous les éléus en général : maintenant il parle de soy ét des Juifs : ou si on aime mieux, de tous ceux qui éstoyent comme les premiers fruits de la religion Chrestienne : puis après il vient à parler des Ephésiens. Or ceci sert beaucoup à les confermer (jenten les Ephésiens) qu’il lès met d’un mesme rang avec luy et les

SUR L'ÉPISTRE AUX ÉPHÉSIENS

autres fiüèles, qui estoyent comme les aisnez en PEglise. Comme s'il vouloit dire, La condition de tous fidèles et ja vostre sont semblables. Car nous qui avons esté les premiers appelez de Dieu, recognoissons que ceci procède de son élection éternelle. Ainsi il monstre que tous depuis le premier jusques au dernier (comme on dit) ont obtenu salut de pure grâce, d'autant qu’ils ont esté adoptez gratuitement selon l’élection éternelle.

Qui fait toutes choses selon le conseil de sa volonté, Geste circonlocution doit estre bien observée, par laquelle il descrit Dieu faisant tellement toutes choses par son propre conseil, qu’il ne laisse rien de reste à l’homme. Il ne recoit donc en sorte quelconque les hommes à avoir part en ceste louange, comme s'ils apportoyent quelque chose de leur propre.

Car Dieu ne regarde rien hors de soy, pour esitre esmeu à nous élire : d'autant que le seul décret de sa propre volonté, luy est la cause d’élire, voire intérieure, comme on dit. Et par cela est réfuté l’erreur, ou plustost la rage de ceux lesquels s'ils ne voyent la raison és œuvres de Dieu, ne cessent de murmurer et se rebecquer contre\son conseil. [| répète encore la fin, disant, {fin que nous soyons à la louange de sa gloire. Cat la gloire de Dieu lors apparoist en nous, :

quand nous ne sommes que vaisseaux de sa miséricorde. Et ce mot de Gloire, signifie spécialement celle qui reluit en la bonté de Dieu. Car il n’ha rien plus propre, en quoy il vueille estre glorifié, que sa bonté.

13 En qui vous aussi avez espéré, ayans oùy la parole de vérité, 'asçcavoir è Hat es > l'Evangile de vostre salut: auquel aussi ayans creu, vous estes seellez du

sainct Esprit de la promesse.

1% Lequel est arre de nostre héritage, jusqu’à la rédemption, de sa posses-

sion acquise à la louange de sa gloire.

1) Ou, espérez aussi, on estes aussi.

Yei avec s0y, ei les autres, qui estoyent comme les premiers fruits en l’Eglise, il met les Ephésiens. Car il dit, qu'eux aussi ont espéré en Christ. Or il tend à monstrer qne la foy des uns et des autres est une mesme foy : et pour-

tant il faut répéter le verbe, Avez espéré. I adjouste puis après comment ils ont esté amenez à ceste espérance : asçavoir par la prédication de l'Evangile.

Il orne l'Evangile de deux épithètes : asçayoir que c’est la Parole de vérité : et

qu'il a esté instrument de salut aux Ephésiens. Il faut diligemment observer ces deux épithètes. Car comme ainsi soit que Satan ne tasche rien plus que d’abbruver nos esprits, ou de contemnement de l'Evangile, ou de doute : Sainet Paul nous arme yci de deux boucliers, par lesquels nous puissions repousser toutes les deux tentations. À l'encontre donc de toutes doutes apprenons à opposer ce tesmoignage, Que l'Evangile non-seule- “ment est la vérité certaine, qui ne peut décevoir : mais aussi qu’il est par excellence appelé Parole de vérité, comme si hors d’iceluy il n'y avoit proprement aucune vérité. En après, afin que jamais nous ne soyons tentez de l’avoir en mespris, ou de nous en ennuyer, réduisons en mémoire quelle en est la vertu et efficace, asçavoir qu’il nous apporte salut :

comme il enseigne ailleurs que c’est la puissance de Dieu en salut aux croyans, Rom., I, 16 : combien qu’il exprime yci d'avantage. Car il signifie que les Ephésiens ont cognu ceci par expérience, d'autant qu'ils ont esté faits participans du salut. Ceux-là donc sont bien misérables, qui se tormentent, tournoyans par beaucoup de circuits : comme le monde, pour la plus grand” part, laissant l'Evangile en arrière, prend plaisir à des inventions esgarées. Car ils ne parviendront jamais à la cognoissance de vérité,

quelque temps qu'ils employent à ap-

prendre, et ne trouveront jamais la vie.

Mais ceux-là sont bien-heureux, qui ayans receu l'Evangile, demeurent fermes en iceluy, attendu que C’est la vérité infaillible et la vie.

13 Auquel aussi ayans creu vous estes seellez. C’est la probation de ceste certitude qu'il avoit attribuée à l'Evangile. Car de quel plus propre plège pourroit estre l'Evangile confermé, que du sainet Esprit ? Ceci donc est autant, comme s’il eust dit, Ce que j’ay appelé l’Evangile Parole de vérité, je ne le vous prouveray pas par l’authorité des hommes :

car vous avez pour garent l'Esprit de Dieu mesme, qui seelle la vérité et certitude d’iceluy en vos cœurs. Or c’est une similitude bien propre, prinse des seaux, par lesquels entre les hommes tout con-

Cuar. I.

tredit et doute est ostée. Car tant les letres royaux que les testamens sont rendus authentiques par les seaux. D’avantage le seau anciennement estoit Ja principale marque, par laquelle on recognoissoit les letres que les amis envoyent les uns aux autres : brief, par le seau on discerne les choses vrayes et certaines des fausses et supposées. Le sainct Apostre attribue cest office au sainct Esprit, non-seulement yci, mais aussi ci-après au chap. IV, comme aussi 2 Cor., I, 22.

Car nous n’avons pas une telle fermeté de courage, que la vérité de Dieu surmonte en nous toutes les tentations de Satan, jusques à ce que le sainct Esprit nous ait confermez en icelle. La vraye persuasion donc que les fidèles ont de la parole de Dieu, de leur salut, et de toute la religion, ne procède point du sens de la chair, ne des raisons humaines ou philosophales : mais du seau du sainct Esprit, qui rend leurs consciences tellement asseurées, qu'ils n’en sont plus en doute. Car le fondement de la foy seroït caduque et mal asseuré, sil estoit assis sur la sapience humaine. Parquoy tout ainsi que la prédication est l'instrument de la foy : aussi le sainet Esprit fait que la prédication ait efficace. Mais il semble yei qu’il soumette le seau du sainct Esprit à la foy : que si cela est vray, la foy le précédera. Je respon, qu’il y a double effet de l'Esprit en la foy : comme la foy consiste principalement en deux parties :

car il illumine les esprits, et conferme les cœurs, Le commencement de la foy c’est la cognoissance : Paccomplissement, c’est la persuasion ferme et stable, laquelle ne receoit aucune doute au contraire. L'un et l’autre sont œuvre du sainct Esprit, comme j'ay dit. Parquoy il ne se faut point esbahir si sainct Paul dit que les Ephésiens ont non-seulement cognu la vérité de l'Evangile par foy, mais aussi ont esté confermez en icelle | par le seau du sainct Esprit. Pour ceste

raison il l'appelle l'Esprit de la promesse, asçavoir à cause de l'effet. Car il fait que la promesse de salut ne nous est point offerte en vain. Car comme Dieu par sa parole nous promet de nous estre Père, ainsi il nous rend tesmoi-

Cnar. L

gnage de son adoption par son sainct Esprit.

14 Lequel est arre de nostre hérilage. I] use aussi de cest épithète deux fois en la seconde aux Corinthiens, au premier et cinquième chapitre. La similitude est prinse des contracts, qui sont tellement establis e confermez après que les arres sont données, qu’on ne se peut plus repentir. Ainsi après avoir receu le sainct Esprit, nous avons les promesses de Dieu confermées et approuvées, et ne Craignons plus qu’elles puissent estre rétractées. Non pas que les promesses de Dieu ne soyent assez fermes d’ellesmesmes : Mais pource que si nous ne sommes soustenus par le tesmoignage de l'Esprit, jamais nous ne nous reposons en icelles de conscience asseurée.

L'Esprit donc nous est une arre de nostre héritage, c’est-à-dire de la vie éternelle. En rédemption, c’est-à-dire, jusques à ce que le jour de la plene rédemption soit venu. Car tandis que nous sommes en ce monde, nous tous avons bien besoin de ceste arre, comme ainsi Soit que continuellement nous batàillons sous espérance. Mais après que la jouissance nous sera mise entre les mains, le besoin et l’usage de ceste arre cesseront.

Car le gage de l’arre sert jusques à ce que d’un costé et d'autre on ait satisfait au contract. Et pourtant il dira ci-après au chap. IV, v. 30, Jusques au jour de la rédemption. Or il parle du jour du jugement. Car combien que dés maintenant nous soyons rachetez par le sang de Christ, le fruit toutesfois de ceste rédemption n’apparoist point encore : car toute créature gémit encore, désirant estre délivrée de corruption. Nous aussi qui avons receu les prémices de l'Esprit, tendons par ardens souhaits à la mesme délivrance : car nous ne l’avons pas encore obtenue que par espérance : mais nous en jouirons à la vérité, quand Christ sera apparu en jugement. S. Paul prend en ce sens ce mot de Rédemption, au ch. VIII des Rom., v. 23 : et Christ aussi

SUR L’ÉPISTRE AUX ÉPHÉSIENS

quand il dit, Levez vos testes : car vostre rédemption approche, Luc, XXI, 28.

Ce mot, La possession acquise, ne signifie pas le Royaume des cieux, ou l’immortalité bien-heureuse : mais l'Eglise.

Or ceci est adjousté pour leur consolation : afin qu'il ne leur soit grief de s’entretenir en leur attente jusques au jour de l’advénement de Christ : afin aussi qu’ils ne pensent point que ce soit chose desraisonnable, s'ils ne jouissent point encore de l'héritage qui leur est promis :

veu que c’est une condition commune à toute l'Eglise. 4 /a louange de sa gloire.

Louange vci se prend comme ci-devant pour la publication et manifestation. Sa gloire peut quelque fois estre cachée ou obscure. Pour ceste cause sainct Paul dit, que Dieu a monstré des tesmoignages de sa bonté és Ephésiens, afin que sa gloire soit annoncée, et publiquement manifestée et magnifiée. Dont il s'ensuit que tous ceux qui détractent de la vocation des Ephésiens, sont envieux et détracteurs de la gloire de Dieu. Quant à ce qu’il répète si souvent la louange de la gloire de Dieu, cela ne doit point sembler estre superflu. Car on ne peut excéder mesure en parlant d’une chose infinie.

Singulièrement ceci ha lieu quand il est question de magnifier la miséricorde de Dieu : de laquelle, quiconque sera vrayement fidèle, ne pourra jamais suffisamment exprimer par paroles le goust et sentiment qu'il en ha. Parquoy il faut que toutes langues fidèles soyent promptes à réciter les louanges d’icelle, et les aureilles ouvertes à ouir volontairement ce qui en sera dit. Car c’est un tel sujet, que quand tous les Anges et les hommes desployeroyent toute leur éloquence, toutesfois ils ne pourroyent jamais approcher de la grandeur icelle.-D’avantage, notons qu’il n’y à point de plus fort argument pour fermer la bouche aux meschans, que quand nous monstrerons que la gloire de Dieu est maintenue par nous, et obscurcie par eux.

15 Pour ceste cause aussi ayant entendu la foy que vous avez au Seigneur Jésus, et la charité que vous avez envers tous les Saincts,

Cuar. I.

16 Je ne cesse de reñdre grâces pour vous, faisant mémoire de vous en mes

OTaisons.

A7 Afin que le Dieu de nostre Seigneur Jésus-Christ, le Père, di-je, de gloire, vous doint l'Esprit de sapience et de révélation, pour avoir cognois-

sance de luy ! :

18 Asçavoir les yeux? de vostre entendement illuminez, afin que vous scachiez quelle est l'espérance de sa vocation, et quelles sont les richesses de la

gloire de son héritage és Saincts,

19 Et quelle est l'excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons, par l'opération de la puissance de sa force?.

1) Ou, pour la cognoissance, cte.

45 Pour ceste cause aussi ayant entendu, etc. Ceste action de grâces n’estoit point seulement un tesmoignage d'amour envers les Ephésiens, mais aussi du jugement que sainct Paul avoit d’eux.

Car en parlant ainsi, il leur protestoit qu’il s’esjouissoit devant Dieu du bien qui leur estoit advenu, c'est-à-dire de leur avancement en l'Evangile : ce qui leur estoit fort honorable. Or il faut noter, que sous la foy et charité, il comprend sommairement toute la perfection des Chrestiens. Il dit, La foy en Christ : pource que Christ est le propre but et object de la foy. Quant à la charité, vray est qu’elle se doit estendre généralement à tous hommes : mais il est yci fait mention spéciale des Saincts, pource que par iceux commence Charité bien ordonnée.

et puis après elle descoule à tous autres.

Car si nostre charité doit regarder Dieu, d'autant que chacun approche plus près de Dieu, d'autant luy devons-nous donner le premier degré.

16 Faisant mémoire de vous en mes oraisons, etc. Selon sa coustume à laction de grâces il adjouste une prière, afin de les inciter à poursuyvre plus outre, Car l’un et l’autre estoit nécessaire : asçavoir que les Ephésiens entendissent qu'ilsestovent au droit chemin, afin qu’ils ne se destournassent d’iceluy à une nouvelle sorte de doctrine : et que toutesfois ils sceussent qu’il leur faloit cheminer encore plus outre. Car il n’y a rien plus dangereux et pernicieux, que quand on vient à estre soul des biens spirituels.

Parquoy quelque excellence que nous ayons, poursuyvons tousjours, et taschons à prouliter. Mais que désire le sainet Apostre aux Ephésiens? L'esprit de sa-

2) Ou, Ayansles yeux.

“ 3) Ov, dé sa puissante force.

pience, et les yeux de l'entendement illuminez. Ne l’avoyent-ils pas desjà?

Ouy bien : mais ils avoyent aussi besoin d'accroissemens, afin qu’ayans receu l'Esprit plus amplement, et estans de plus en plus illuminez, ils entendissent plus certainement et vivement Ce que deésjà ils entendoyent. Car la cognoissance des fidèles n’est jamais siclaire, que leurs yeux ne soyent aucunement Chassieux, et empeschez de quelque obsturité. Mais considérons un peu les mots l’un après l’autre. Le Dieu, dit-il, de nostre Seigneur Jésus-Christ. Car pour ceste cause le Fils de Dieu a esté fait homme, afin qu'il eust un Dieu commun avec nous :

comme il le tesmoigne luy-mesme, Je monte à mon Dieu et le vostre, Jehan, chapitre XX, v. 47. Et aussi ce qu’il est nostre Dieu, c’est pource qu'il est le Dieu de Christ, de qui nous sommes les membres. Toutesfois qu’il nous souviene que ceci se rapporte à la pature humaine, afin

que telle sujétion ne diminue rien de sa

Divinité éternelle. Il appelle aussi Péré de gloire : lequel titre procède du premier, Car la paternité de Dieu glorieuse reluit en ce qu'il a assujeti son Fils à nostre condition, afin que par luy il fust fait nostre Dieu. Quand il dit, Père de glotre, c’est-à-dire, Père glorieux, selon .

la façon de parler des Hébrieux : et pourtant, il n’y auroit point d’inconvénient de conjoindre ensemble ces deux mots, Asçavoir que c’est le Père glorieux de Christ, tellement que le nom dé Dieu soit leu à part : ce que je né trouve point mauvais. L'Esprit de sapience et de révélation, est prins pour la grâce mesme laquelie le Seigneur nous confère par son Esprit, Car c’est une façon de parler suy-

Cuae. I.

vant la figure nommée Métonymie. Cependant notons ceci, que les choses qui sont dons de l'Esprit, ne sont pas faculfez où grâces naturelles. Ainsi les yeux de nostre entendement sont aveugles, jusques à ce que le Seigneur nous les ouvre : toute nostre sagesse et sçavoir n’est que folie et ignorance, jusques à ce que nous soyons instruits par la maistrise du sainct Esprit. Brief, la cognoissance de la vocation de Dieu surmonte la capacité de nosire entendement, jusques à ce que l'Esprit de Dieu nous l'ait manifestée par révélation secrète. Là où nous avons traduit, Pour avoir cognoissance de luy : on pourroit aussi lire, Pour avoir cognoissance de soy, asçavoir du Père.

Car quiconque cognoïist le Fils, il cognoist aussi le Père. Mais toutesfois, j’ay mieux aimé traduire selon que porte la vraye et droite signification du mot. En lieu de ce mot, Les yeux de vostre entendement :

l’ancien translateur Latin, a mis, Les yeux de vosire cœur : ce qui se trouve en aucuns exemplaires Grecs. Et cela n’est pas de grande importance : car les Hébrieux prenent souvent le cœur pour la partie raisonnable qui est en l'âme :

combien qu’autrement il signilie proprement la volonté, ou la partie qu’on appelle appétitive en l'âme, pouree que c’est le siége des affections : toutesfois j'ay mieux aimé suyvre ce. qui estoit le plus usité.

48 Quelles sont les richesses de la gloire, etc. 1] monstre par termes magnifiques la grande excellence de la chose, afin que par la comparaison d’icelle à nous, nous soyons advertis combien il s’en faut que puissions parvenir à une cognoissance si haute. Car ce n’est pas upe petite chose que la puissance de Dieu.

Or il dit que la grandeur d'icelle à esté desployée envers les Ephésiens, et non point simplement, mais en abondance.

Au reste, 1l tend tousjours là, qu’ils mettent peine de poursuyvre leur vocation.

Et pourtant, il magnifie la grâce de Dieu envers eux, afin qu’ils ne recullent en arrière par mespris ou ennuy de leur vocation. Mais cependant, ces titres tant excellens et honorables nous admonestent, que tant s’en faut que la foy soit une œuvre où un don de Dieu vulgaire,

SUR L’ÉPISTRE AUX ÉPHÉSIENS

qu’on ne la sçauroit suffisamment magnifier selon qu’elle le mérite. Car S. Paul ne jette point yei à torset à travers des hyperboles, c’est-à-dire* termes excessifs : mais quand il est question de parler de la foy, pource que c’est une chose qui surpasse tout ce monde, il nous eslève en admiration de la puissance céleste.

19 Par l'opération de la puissance de sa force. Auecuns rapportent ceci seulement au mot de Croire, précédent :

mais jaime mieux le rapporter à la grandeur de la puissance, en -sorte que ce soit une nouvelle amplification. Comme s’il disoit, qu’il a esté manifesté en ceste grande puissance quelle est l’efficace de la puissance de sa force : ou si on aime mieux, que ceste grandeur de puissance est une preuve et un tesmoignage de l’eflicace de la force. Nous voyons comment sainct Paul ne peut à son gré assez louer nostre vocation. Et de faict, yci se desploye une vertu de Dieu singulière et admirable, quand de mort nous sommes transférez à vie, et d’enfans de la géhenne nous sommes faits enfans de Dieu, ét héritiers de la vie éternelle. Les fols de ce monde pensent que ce soit yci une hyperbole frivole et froide : mais ceux qui sont exercez en divers combats de conscience, contre lesquels les fidèles ont à batailler tous les jours, cognoissent bien qu’il n’a rien yci esté dit, qui soit superilu. Car outre ce qu’on ne peut en cest endroit rien dire trop, eu esgard à l'excellence de la chose, sainct Paul a parlé ainsi magnifiquement et hautement en partie à cause de nostre desfiance, en partie à cause de nostre ingratitude. Car ou nous n’estimons jamais assez suflisamment combien est excellent le thrésor qui nous est proposé en l'Evangile : ou bien si nous le cognoissons au vray, nous ne Nous pouvons pas persuader que nous soyons capables dun tel bien, pource que nous ne Voyons rien en nous qui soit correspondant, mais plustost toutes choses contraires. Sainct Paul donc a tasché tant d’exalter la gloire du règne de Christ entre les Ephésiens, que de toucher leurs cœurs du sentiment vif de la grâce de Dieu. Or afin que le regard

de leur propre indignité ne leur feist perdre courage, il les ramène à la considération de la puissance de Dieu. Comme s’il disoit, que leur régénération est une œuvre de Dieu, et non point vulgaire, mais telle que Dieu y a déclaré d’une façon admirable sa vertu infinie. Au reste,

Car. L.

il y a cela de différence entre les trois noms qu'il à yci mis, que la force est comme la racine, {a puissance est l’arbre, et l’efficace ou opération est le fruit. Car c’est une estendue du bras de Dieu, laquelle vient jusques à leffet.

20 Laquelle il à démonstrée en Christ, quand il l'a ressuscité des morts, et fait seoir à sa dextre és lieux célestes.

21 Par-dessus toute principauté, et puissance, et vertu, et seigneurie, el pardessus tout nom qui est nommé, non-seulement en ce siècle, mais aussi en celuy

qui est à-venir,

22 Et a assujeti toutes choses sous les pieds d’iceluy, et l'a constitué sur toutes choses, pour estre chef à l'Eglise, 23 Laquelle est le corps d'iceluy, et l’'accomplissement de celuy qui accom-

plit tout en toutes choses ?,

1) Ou, Par laquelle il a besongné en Christ.

2) Ou, en tous.

20 Laquelle il a démonstrée en]|apprenons de nous tourner vers Christ.

Christ, quand il l'a ressuscité des morts. Le verbe Grec qui est yci mis, vient du nom lequel en la sentence précédente, nous avons traduit Opération, ou Efficace : comme qui diroit, Selon l’efficace qu’il à faite, ou selon l'opération qu’il a opérée. Mais le mot par lequel je Jay traduit, emporte autant, et est moins estrange aux aureilles. Or à bon droict il veut que nous contemplions ceste puissance en Christ. Car en nous elle est cachée encore, d'autant que la vertu de Dieu se parfait en nostre infirmité , À Corinth., XII, 9. Car en quoy passonsnous les enfans de ce monde, sinon qu’il semble que nostre condition soit aucunement pire? Combien que le péché ne règne point en nous, toutesfois il y habite encore, la mort y ha encore vigueur, et nostre béatitude enclose sous espérance n’est point apperceuë du monde :

la vertu de Esprit ést une chose incognue à la chair et au sang. Cependant nous sommes sujets à mille fascheries, en Sorte que nous sommes plus contemptibles que les autres. Jésus-Christ donc est le seul miroir auquel on peut contempler ce qui est aucunement obscur en nous à cause de l’infirmité de Ja croix. Ainsi, quand nous voudrons redresser nos esprits, et nous accourager par la fiance et asseurance de justice, salut et gloire,

Car nous sommes encore détenus sous la domination de la mort : mais luy estant ressuscité des morts par la puissance céleste, ha domination sur la vié. Nous travaillons sous la servitude de péché, estans environnez de calamitez infinies,

sommes en une guerre bien fascheuse :

mais luy estant assis à la dextre du Père, ha le souverain gouvernement au ciel et en Ja terre, et triomphe en grande gloire, ayant vaincu et subiugué ses ennemis.

Nous trainons yci comme gens incognus et contemptibles, mais à luy à esté donné un nom, que les Anges et les hommes doyvent avoir en révérence, les diables mesmes et les meschans redouter. Nous sommes yci estroittement enserrez d’indigence de tous dons, mais luy est ordonné du Père maistre et dispensateur de toutes choses. Pour ces raisons, il est besoin que nous addressions tous nos

sens à Jésus-Christ, afin que nous Con- .

templions en luy, comme en un miroir, les thrésors magnifiques de la grâce de Dieu, et la grandeur inestimable de Ja vertu de Dieu : lesquelles choses n’apparoissent point encore en nous. Et fait seoir à sa dextre, Ce passage démonstre apertement autant que nul autre, que signifie la Dextre de Dieu : asçavoir non pas quelque lieu, mais la puissance que le Père a donnée à Christ, asçavoir qu’en

Cuar. I.

son Nom il administre l’Empire du ciel et de la terre. Parquoy, en vain aucuns se débatent de ce que sainct Estienne a veu celuy-là mesme debout (Actes, VIE 55, 56) lequel le sainct Apostre escrit yci estre assis. Car ceci ne se rapporté point à la situation du corps, ains il-exprime Ja souveraine authorité de régner, laquelle Christ ha maintenant. C’est ce que sainct Paul veut dire, quand il dit, Par-dessus toute principauté, etc. Car tout le contenu de ces mots a esté adjousté pour exprimer ce que signifie La dextre. Dieu le Père donc est dit avoir exalté Christ à sa dextre, pource qu’il l’a fait participant de sa domination, pource que par iceluy il exerce toute sa puissance. Et c’est une similitude prinse des Princes terriens, qui par honneur font seoir leurs lieutenans à leur dextre. Or comme ainsi soit que la dextre de Dieu remplisse le ciel et la terre, il s'ensuit que le règne de Christ et sa vertu est espandue partout. Parquoy ceux-là s’abusent, qui taschent de prouver que Cbrist n’est sinon au ciel, par ce qui est dit qu’il est assis à la dex.

tre de Dieu. Cela est bien une chôse très vraye que l’humanité de Christ est au ciel, et non pas en la terre : mais ceste probation ne convient point à cela. Car ce qui s'ensuit après, Æs lieux célestes, ne tend pas à enclorre la dextre de Dieu au ciel, mais afin que nous entendions que Christ a esté eslevé si haut, qu'il obtient le souverain degré entre les Anges en la gloire céleste de Dieu, et en la bienheureuse immortalité.

21 Par-dessus toute principauté. I ne faut point douter que par ces noms, il ne vueille signifier les Anges, qui sont ainsi appelez, pour autant que Dieu exerce sa puissance, vertu, et domination par leur main. Car il a accoustumé, entant qu'il communique aux créatures ce

qui luy est propre, de leur attribuer aussi

son Nom : suyvant laquelle raison, quelques fois ils sont appelez Zlohim. Au reste, comme de la diversité des noms, nous recueillons qu'il y en à divers ordres, aussi de s’enquérir trop subtilement d’iceux, leur déterminer nombre certain, et establir des degrez, c’est nonseulement une sotte curiosité, ains aussi

SUR L’ÉPISTRE AUX ÉPHÉSIENS

une témérité meschante et dangereuse.

Mais pourquoy n’a-il dit simplement , Par-dessus les Anges? Je respon, que sainct Paul à redoublé ces titres, pour amplifier la gloire de Christ. Comme s’il disoit, Il n’y a rien si haut ne si excellent, de quelque nom qu’il soit appelé, qui nait esté mis au-dessous de Christ, et assujeti à sa majesté. Car Ç’a esté une superstition ancienne etcommune tant aux Gentils qu'aux Juifs, de forger beaucoup de choses des Anges, pour destourner les hommes de Dieu et du vray Médiateur.

Parquoy, sainct Paul tasche par tout de remédier que ceste lueur des Anges imaginative n’esblouisse les yeux des bommes, et que par ce moyen elle n’obscurcisse la gloire de Christ. Et toutesfois, quelque diligence qu’il y ait mis, il n’a sceu tant faire que l’astuce du diable n’ait surmonté en cest endroit. Car nous voyons que le monde follement s’amusant après les Anges, a laissé Christ. Car il faut qu’il en adviene ainsi, que la vraye Cognoissance de Christ s’esvanouisse au milieu de ces fausses opinions des Anges inventées par les hommes. £t par-dessus tout nom. Ce mot de Nom, est prins pour dignité, grandeur, et excellence :

comme Estre nommé, est prins pour avoir bruit, estre loué et magnifié. Or il fait expresséement mention du siècle à-venir, pour signifier que l'excellence de Christ n’est point temporelle, mais éternelle : et qu’elle n’est point enclose en ce monde, mais fleurit aussi au royaume de Dieu.

Et de là vient qu'Isaïe, chap. IX, v. 6, aussi l’appelle Pére du siècle à-venir.

En somme, il rabbaisse toutes les gloires des Anges et des hommes, afin qu'elles facent place à la gloire de Christ, et qu'icelle soit éminente par-dessus toutes les autres sans aucun empeschement.

22,23 Et l'a constitué sur toutes choses pour estre chef à l'Eglise, etc. C’està-dire , Il l’a ordonné Chef sur l'Eglise, à ceste condition qu’il ait la dispensation et le gouvernement de toutes choses. Or il démonstre que ce n’est point un honneur simple et nud, ce qu’il est constitué Chef de l'Eglise, d’autant que plene puissance et administration de toutes choses luy a esté quant et quant donnée. La mé-

766 COMMENTAIRES Car. I.

taphore et similitude de Chef, se rapporte ha avec soy ? Et pourtant, quand il à la souveraine prééminence. Du nom, je |traitte la similitude du corps humain en ne pren point plaisir à en-débatre : mais | la première aux Corinthiens, XIE, 42, il les flatteurs de ceste idole de Rome nous | comprend toute l'Eglise sous ce séul mot y contraignent aujourd’hui par leur im- | de Christ. Toutesfois, afin qu’on ne l’enportunité. Car quand Christ est seul ap- | tende pas comme si quelque chose défail- : pelé le Chef, les Anges et les hommes | loit à Christ, quand il seroit séparé de sont rangez en ordre de membres : en |nous, $. Paul adjouste tout incontinent sorte que le plus excellent par-dessus les |après, Qu'il accomplit tout en toutes autres ne soit que membre sous le Chef | choses. Ce donc qu'il veut estre accomcommun de tous. Toutesfois ils n’ont |pli, et par manière de dire, estre parfait point de honte de crier que l'Eglise se- |en nous, cela ne vient pas par défaut ou roit sans Chef, si elle n’en avoit un en |indigence, veu que c’est luy qui parfait terre outre Christ. Mais quel sacrilége | toutes choses, tant en nous qu’en toutes infâme est-ce là, d'attribuer si peu d’hon- |'autres créatures. Et par cela d'autant neur à Christ, que l'Eglise soit estimée | plus grande apparoist $a bonté, quand estre imparfaite, s’il obtient seul Fhon- | de rien il nous fait éstre, afin que luy neur que le Père Iuy a donné ? Gr quant | semblablement soit et vive en nous. Comà nous escoutons l’Apostre, disant que [bien qu’il n’y aura point d’inconvénient . PEglise est le corps de Christ: par lequel | de restraindre ce mot Tout. à la circonmot il signifie que ceux qui refusent de se | stance du présent passage. Car combien soumettre à luy, sont indignes de la com- | que Christ accomplisse toutes choses par munion de l'Eglise. Car Punité de l'Eglise sa seule volonté et vertu, toutesfois dépend de luÿ seul. Æ£ l’accomplisse- |sainct Paul parle vyei spécialement du ment de celuy. C’est certes un honneur | gouvernement spirituel de l'Eglise. Vray souverain qu'ha l'Eglise, que le Fils de est qu'il n’y a rien qui empesche qu’on Dieu se répute, aucunement imparfait, | ne le puisse prendre de tout lé gouvers’il n’est conjoint avec nous. Quelle con- | nement du monde : mais il est vray-semsolation, quand nous oyons dire que | blable qu’il le restraint à la circonstance Christ ha alors toutes ses parties, et | présente.

veut estre estimé entier, quand il nous i

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