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irritable , en un mot trop vivant au milieu d’un assemblage d'organes affaiblis et extenués, ces médecins ne deviendront pas physiologistes. À cette vérité s’en rattachent nécessairement plusieurs autres non moins importantes : mais comme elles doivent être développées à l’occasion des propositions sur la thérapeutique , nous ne devons pas nous y arrêter. |
La diminution partielle de la vitalité entraîne . toujours celle de la nutrition, quoiqu'elle détermine souvent une congestion morbide, mais celle-ci est passive.
Les membres paralysés nous offrent la confirmation de cette proposition; on y voit diminuer les organes fondamentaux, les muscles, agens actifs du mouvement, avec les vaisseaux quiles nourrissent et les nerfs qui les animent, tandis que le tissu cutané s’engorge de lymphe parle défaut d’action desveines et la faiblesse des absorbans; ce qui constitue la congestion passive énoncée dans la proposition. Mais les membres paralysés ne sont pas les seules parties qui présentent celte espèce d’atrophie avec engorgement ; on la trouve également autour des anciennes phlegmasies et des subinflammations goutteuses; elle existe à une distance plus ou moins grande, dansle pourtour des anciens phlegmons, où
(37) | la faiblesse s'empare des muscles ctexténue les vais: seaux. Elle se remarque souvent dans les environs des différens foyers de phlegmasies viscérales, audelà de la sphère de l’inflammation quiles désorganise. C'estainsi que dans la pleurésie etla pneumonie chroniques, les muscles intercostaux correspondans, réduits à l'inaction, s'affaiblissent, se ramollissent,s'exténuent, tandis que le tissu cellulaire s'infiltre. Les côtes elles-mêmes participent à cette altération; elles deviennent plus minces et plus fragiles.
IL n'est pas rare d'observer le ramollissement et l'exténuation des parois de l'estomac dans le voisinage des ulcères cancéreux de ce viscère, lorsque linflammation ne les tient pas dans un état perpétuel dé turgescence et d’hypertrophie ; maiscomme cette inflammation a dù les atteindre auparavant, celte faiblesse ne peut êlre que consécutive à la surirritation. Le parenchyme des poumons s’engorge de Iÿymphe autour d’un foyer de pneumonie chronique. Mais dans ces ças encore, l’ivritation du centre d’inflammations’y est propagée. En un mot, dans tous les casoù une érection inflammatoirereste long-temps fixée dans un tissu, l’état passif s’élablit à une certaine distance dans le rayon de ce foyer, lorsque l’irritation, toujours préexistante, est apaisée. Enfin, le foyer lui-même, détérioré et décomposé par l’inflammation , perd à son tour sa vitalité; alors le pus qui en résulte estenlevé en tout où en partie par l’excrétion ou par la résorption. L'inflammation s'étend en rayÿonaant; elle ranime, elle échauffe, dans les environs; les tissus débilités
et les détruit peut-être avec plus de promptitude que si l'irritation ne s’y fût point ralentie. En général, les tissus affaiblis résistent moins à la désorganisation inflammatoire que ceux qui jouissaient de leur degré mormal de vitalité au moment où ils en ont été atteints ; les membres paralysés en sont encore la preuve. On voit que nous n’admettons point de paralysie dans les centres viscéraux ; nousn'y reconnaissons qu'une diminution d’irritabilité, qui peut dépendre de la surirritation comme du défaut des excitans appropriés à chaque tissu; on peut encore remarquer que les engorgemens subinflammatoires n'entrent point dans la classe des congestions passives. Il en sera question dans un autre lieu.
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La congestion morbide passive peut désorganiser , mais beaucoup moins que l’active.
Quelles sontles congestions passives? d’abord celles où le sang et les autres fluides sont forcés, par un obstacle à la circulation, à séjourner dans un organe ou dans un appareil. Que doit-il en résulter? la dilatation des vaisseaux sanguins, fymphatiques ou excréteurs ; l’extravasation du sang ou d’une autre humeur. Or les vaisseaux dilatés peuvent se déchirer, s’enflammer, et c’est à la désorgauisation qu'une semblable irritation doit aboutir; mais ne fussent-ils que dilatés de manière à ne pouvoir ja-
mais revenir sur eux-mêmes, la désorganisation aurait encore lieu. Toutefois, il faut convenir que cegenre d’altération est beaucoup moins fréquent que celui que produisentles irritations primitives, dans lesquelles le phénomène de l’inflammation, qui n’est que secondaire dans le premier cas, joue le principal rôle. Les parties paralysées peuvents’in. filtrer et s’atrophier, ce qui fournit encore un genre de désorganisation passive. Quelquefois aussi on y voit naître des phlegmasies qui languissent et passent de suite à la gangrène; mais ce dernier genre d’altération est fort rare, et c’est sur tous ces cas que l’on se fonde pour affirmer, dans cette proposition, que les congestions morbides passives peuvent ES mais beaucoup moins que les actives. On n’a nullement entendu vouloir désigner les tumeurs lymphatiques, glanduleuses ou autres. Ces affegtions sont rangées parmi les irritations primitivement actives et nées sous l'influence des stimulans : le mouvement organique qui les produit est rapproché de la phlegmasie et désigné par le terme de subinflammaton. Nc ous allonsen parler incessamment.
Lorsqu'un organe s’est laissé engorger, soit par un obstacle au cours des fluides qui les retient dans son tissu, soit par la débilité qu’entraine toujours
J'inaction, comme dans les cas cités plus haut, ses vaisseaux propres, sanguins ; lymphatiques ou excréteurs ; ses cellules, ses aréoles, peuvent se rompre ; des fluides peuvents”y concréter , d’autres CA décomposer; des formations de corps étrangers y
peuvéntavoirlieu. Toutescescausesréuniesamènent sans doute une désorganisation; mais-si les changemens que cet organe vient d’éprouver n’y réveillent pas un mouvement inflammatoire ousubinflammatoire, cette désorganisation ne fait jamais des progrès rapides. L’organe se trouve converti en une espèce de: corps étranger qui peut être supporté pendant fortlong-temps, à moinsqu'iln'incommode un viscère de premier ordre, des cordons nerveux considérables, ou qu'il n’oppose un grand obstacle au cours des fluides.
Dire que la congestion passive désorganise moins que l’active, c'est loujours dire que celle-ci désorganise : voyons quelle est cette désorganisation et opposons-la à la précédente. Lorsqu'une érection vitale morbide a accumulé les fluides dans un tissu, lanutrilion y est d’abordaugmentiée, ainsi que nous l'avons démontré plus haut; mais cette hypertrophie n'aboutit point à une augmention normale du volume de la partie, car il est une loi qui le fixe d’une manière irrévocable;et d’ailleurs, en supposant que les parties n’eussent pas encore âtteintleurs dimensions définitives, elles ne peuvent y parvenir que peu à peu, et la rapidité des congestions morbides ne saurait se prêter à cette lenteur de développement. L'hypertrophie des tissus affectés d’érections vitales morbides devient donc bientôt anormale. Or cette dépravation du jeu des affinités organiques locales produit différens effets quisontsubordonnés à la structure des parties, à la vitalité du tissu dans lequel lirritation s’est primitivement développée,
@ 41 ) au degré et à la durée dé cette irritation, Ainsi une forte congestion dans des tissus mous et riches en vaisseaux sanguins produit la suppuration qui désorganise promptement, sous le nom de phlegmon, lorsque le foyer est sans communication avec l’extérieur ; lentement lorsque cette communication existe, et toujours en donnant un pus analogue à celui du phlegmon. Mais quand la désorganisation a lieu par une ulcération , le pus est bien différent dans l’une et l’autre espèce de tissus. L’excès de Pirritation peut déterminer la désorganisation par la mort subite des faisceaux enflammés : de là, la gangrène, que certainsstimulans, d’une activitéextraordinaire peuvent beaucoup accélérer. Une conges- tion lente dans ces mêmes tissus riches en vaisseaux sanguins peut aboutir aussi à une suppuration approchant de celle du phlegmon: c’est ce que l’on appelle des dépôts froids. Mais l’irritation peut exister, primitivement ou consécutivement à l’état inflammatoire, à un degré fort au-dessous de ce dernier ; elle peut se fixer dans les cellules, les aréoles des tissus lamineux : alors elle n’agit plus en appelant beaucoup de sang et déterminant de la chaleur et de là rougeur ; elle n’est plus inflammatoire, elle est Subinflammatoire , et le mode d’hypertrophie qu’elle établit marche avec plus de lenteur que dans les nuances précédemment indiquées. Dans les tissus peu sanguins, une forte érection vitale peut encore créer une congestion inflammatoire; mais celle-cis’apaise bientôt, et la partie s’engorge d’une lymphe inerte, accumulée en masses