‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 13 sur 50 · LE · texte numérisé non relu

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plus ou moins considérables, ou elle contracte une véritable subinflammation. Ces amas de lymphe peuventéprouver différentes décompositions, d’où résultent souvent des concrétions de diverse nature. Mais ce qui nous intéresse le plus ici, c'est le mode de désorganisation des érections morbides subinflammatoires.

Si nous examinons l’irritation chronique sur des membranes de rapport, nous la voyons souvent produire des végétations fongueuses; le même mouvement organique qui engendre ces sortes d'hypertrophies morbides les conduit le plus souvent à la suppuration, non pas à celle du phlegmon, mais à un ramollissement qui les couvre d’ulcérations propagatrices. Ou peut donc, sans forcer les conclusions, établir que ce mouvement organique est de nature inflammatoire , ou mieux encore subinflammatoire. Or il nous semble que les tumeurs blanches, dites tubercules, squirrhes, encéphaloïdes, tissus lardacés, en un mot toutes ces tuméfactions qui, après avoir végété avec lenteur, finissent souventpar se résoudre enune espèce de bouillie, tantôt blanche et caséiforme, tantôt sanieuse et sanguinolente, doivent avoir beaucoup d’analogie avec les végétations des membranes muqueuses et de la peau. ‘Comme elles, on les voit naître sous l'influence des causesexternes de stimulation, soit qu'elles paraissent dans le tissu primitivement irrité, soit qu’elles ne se développent que dans ceux qui l'ont été secondairement et par la voie de sympathies; comme les fongus, elles présentent de grandes différences

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dans leur consistance, la marche de leur développement, la quantité de capillaires sanguins qui les pénètrent; mêmes rapports dans Ja terminaison de ces deux genres de production : car s’il est des fongus qui restent stationnaires pendant le cours d’une longue vie, tandis que d’autres s'ulcèrent avec une étonnante rapidité, il est aussi des tumeurs lymphatiques ou adipeuses dont les progrès s'arrêtent ou sont si lents qu’ils paraïssentinsensibles, pendant que d’autres s’accroissent et se résolvent en putrilage dans un assez court espace de temps. Mais si ces deux. ordres d’altérations morbides se ressemblent sous les rapports de la cause qui les provoque, la stimulation, elles n’ont pas moins d’analogie sous celui de la cause qui précipite leur ramollissement, puisque c’est aussi la stimulation. Ne saiton pas que plus on irrite certaines fongosités, plus tôt elles arrivent à l’'ulcération, et n'est-ce pas pour cela qu’on les désigne par le surnom de no me tangere ? N'est-1l pas également d'observation qu'enirritant les tumeurs blanches extérieures dans l'intention de les résoudre, on accélère leur progrès, on détermine leur adhérence avec la peau et la formation, sur cette dernière, d’ulcères rongeurs? Mais jetez les veux sur ces ulcères : comment ont lieu leurs progrès? comment sont-ils rongeurs ? n'est-ce pas par les effets d'une phlegmasie qui s’avance en rayonnant autour du centre ulcéré? Il n’est point de tissus dans lesquels ces sortes d’hypertrophies morbides ne soient possibles, parce qu’iln’en est point qui ne contiennent des lymphati-

ques, soit purs, soit combinés avec d’autres vaisseaux et avec quelques nerfs sous la forme de ganglions, ou descellules adipeuses, ou des tissus lamineux, ou des follicules muqueux'et sébacés , ou enfin des pelotons de vaisseaux excréteurs.

. Qu'on ajoute à ces érections morbides subinflammatoires celles qui dépendent de linflammation franche et sanguine , les altérations que nous avons vues résulter de l'état passif, les concrétions qui peuventse faire dans les différens canaux, soit sanguins, soit excréteurs , et dans les interstices, aux dépens des fluides qui les parcourent ou qui y sont déposés, et l’on aura l’idée sommaire des causes de la dégénération de tous les tissus vivans.

Ilse présente ici une question que nous ne devons pas négliger. Existe-t- il des désorganisations purement subordonnées à un vice de nutrition indépendant de l'excès ou du défaut de vitalité? On sait que plusieurs médecins attribuent à semblable cause Îes tubercules, les encéphaloïdes, les mélanoses, les tissus dits squirrheux et lardacés. |

Pour répondre à cette question il faut se rappeler les cas où il est évident que ces tissus se développent sous l'influence d’une cause irritante. Or ces cas sont très-nombreux : l’inflammation sanguine, les contusions, les frictions, l'application des corps irritans, les transports subits de l’irritation d'un autre organe, produisent journellement sous nos yeux ces sorles de tissus.

Dire qu’ils se seraient développéssans l’irritation qui les a précédés, c’est avancer une hypothèse sans

(45) fondement; car on ne saurait prouver la négative. D'ailleurs, lorsque j'observe que les mêmes conslitutions quimeurent avec destubercüles dans les pays froids en sont exemptes dans les climats chauds , il faut bien que j'admette que le froid en est la cause; mais comment les produit-il ? n'est-ce pas en diminuant l’action vitale à la périphérie pour l’augmenter dans l’intérieur des organes ? C’est donc en irritant cés derniers. De même, lorsqu'un cancer se forme dans une partie contuse, frictionnée, dilacérée , tourmentée par des stimulans, pourquoi soutenir qu'il dépend moins de ces causes que linflammation et la douleur qui l’ont précédé? Est-ce parce qu'on le voit se développer dans des tissus qui n'ont été ni contus, ni enflammés. Îl est impossible de prouver qu’ils n'aient pas été au moins irrités : 1° parce que toutes les impulsions irritatives ne sont pas aperçues ; en effet, l’inflammation elle-même se développe souvent sans que l’on distingue l’irritation qui l’a produite ; en conclut-on moins pour cela qu'elle ne dépende pas de cette cause, dans les cas où son action est évidente? 2° parce que l’irritation, une fois établie dans un tissu, peut parcourir l’économie et se fixer sur d’autresoù elle agit selon l’organisation et le mode particulier de viialité.

Soutenirqueles tissus ne sesont formés que parce que la parie ÿ tait prédisposée, ou en contenait le germe, c'est faire une objection qui est également applicable à l'inflammation, à la douleur, etc, , c’est dire tout simplement que l'organisation est une

( 46 ) condition nécessaire à toute espèce d’altération de tissu: c'est donc avancer une trivialité qui ne mérite aucune réponse.

Mais, dit-on, l'inflammation succède toujours aux fortes irritations, et la subinflammation n’en est pas constamment la conséquence : donc il faut une prédisposition particulière pour cette dernière. Nous l'accordons; mais il n’en résulte pas que l'irritation n’y ait aucune part, puisque rien ne saurail anéantir les faits qui prouvent que les subinflammations succèdent à l'irritation, puisque rien ne peut démontrer qu’elles fussentsurvenuessicette irritation n'avait pas existé. Tout ce que l’on peut affirmer sur cette question, c’est que l’organisation vivante se prête moins à l’inflammation qu’à la subinflammation. Reste ensuite à déterminer quelles sont les conditions sous l'influence desquelles la subinflammation est le plus facile à produire : c’est ce qui sera discuté à l'occasion des propositions relatives à ce mode d'affection morbide,

LXXXIIT.

La congestion morbide active étant toujours compagne de la surexcitation ou surirritation, il suffit de nommer cette dernière pour être entendu en développant la marche des maladies : on peutmême, pour être plus bref, se contenter du mot irritation, pourvu que l’on y attache le

( 47 ) | même sens qu'à ces deux expressions; mais il faut sous-entendre l'épithète #1orbide.

Cette proposition purement explicative du langage de l’auteur n'exige aucun commentaire.

L'irritation peut exister dans un système sans qu'aucun autre y participe; mais cela n’a lieu que lorsqu'elle est peu considérable : elle ne porte alors que sur les mouvemens organiques locaux et sur la nutrition de la partie; mais aussitôt que l’irritation locale s'élève à un certain degré, elle se répète dans d’autres systèmes ou dans d’autres appareils plus ou moins éloignés, et toujours sans changer de nature.

Cette proposition estencoreune des clefs de la pathologie physiologique; elle découvre le lien secret qui unit les maladies les plus légères avec les plus graves; elleremplit une immenselacune qui existait dans la science depuis la plus haute antiquité; elle détruit cet isolement des diverses nuances de l’irritation, que l’on peut regarder comme la source de l’ontologie médicale ; elle rapproche entre elles les affections chroniques et les aiguës , celles des diffé-

rens âges, des sexes et des lieux; elle fait sentir au premier abord l’union de la chirurgie avec la médecine ; elle réduit à leur juste valeur toutes les distinctions établies par les nosologistes, et montre combien est vicieuse la comparaison qu'ils ont faite des maladies avec les plantes, symplomata se habent ad morbos ut folia et fulcra ad plantas. (Sauvag.) En effet, suivez une irritation inflammatoire externe et visible, abandonnée à elle-même depuis son origine jusqu’à son plus haut degré de développement; observez-la ensuite sous lirifluence de modificateurs opposés dans leurs effets; comparez-la chez les différens sexes et dans les climäts les plus opposés, et vous aurez ka preuve de tout ce qui vient d’être dit. Il n’est pas si facile de faire la même vérification pour les érections vitales morbides des organes profondément situés ; mais si l’on s’est exercé à l'observation de ce qui se passe à l’extérieur, on se trouve bientôt en état d’en faire l’application auxviscères les plus cachés, aux nuancesles plus légères de leurs irritations ; on trouvera même dans cette étude un très-grand plaisir, car chaque jour lèvera quelque doute, éclaircira quelque difficulté et opèrera des rapprochemens inattendus. C’est ainsi que l’on arrive à la conviction: car il est impossible, même aux esprits les plus pénétrans, d’apercevoir d’un seul coup-d’œil toutes les conséquences d’un principe qui n'est lui-même qu'une conclusion résultant du rapprochement d'une 1mmense quantité de faits,

Les nerfs sont les seuls agens de la transmission de l'irritation, ce qui constitue les sympathies morbides. Les sympathies morbides s’opèrent donc de la même manière que les sympathies de l’état de santé ; elles n’en diffèrent qu’en ce que, dans ce dernier cas, les nerfs transmettent plus d'irritation, ou un mode d’excitation qui répugne aux lois vitales.

Lorsqu'un homme souffre par la présence d’un phlegmon, qu'en conséquence de cette, douleur il éprouve du malaise, de la douleur à la tête, dans le torse et dans les membres; que son pouls s’accélère ; que la chaleur de la peau s'élève; que la soif remplace la faim ; que la langue rougit et‘devient muqueuse , in Vest point de médecin physiologiste qui ne convienne aujourd’hui que la douleurdu foyer de phlegmasie est la cause de tousces dérangemens, et que, par conséquent, les nerfssont les agens qui ont transmis l’excitation aux autrés organes.Mais lorsqu'une phlegmasie est très-circonscrite et peu douloureuse, la faible irritation qui en résulte. ne produit aucune sensation dans les organes éloignés, et cependant on;la voit quelquefois déranger .certaines fonctions... Les nerfs sont-ils encore .ici-les agens de la:transmission de l’irritation? Pour ré=

(50) pondre à cette question, il faut examiner la proposition suivante.

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