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tière nerveuse, et que des causes différentes peuvent exciter dans cette matière le même mode de stimulation. Il est donc impossible d'identifier la phlegmasie avec un seul genre de douleur, et, par cette raison, de signaler un type de douleur qui soit applicable à toutes les inflammations. Îl en est même quelques unes dont la douleur n’est pas perceptible, parcequ’elle est trop confuse, ou qu’elle est effacée par les sensations que fait naître l’exercice des fonctions : c'est ainsi que l’artérite et la phlébite, dans les vaisseaux profondément situés, ne déterminent aucune sensation distincte, et ne sont reconnues que par les altérations qu'elles ont produites. On ne saurait dire cependant que ces phlegmasies soient exemptes de toute douleur; car, quand elles occupent des vaisseaux extérieurs, les malades y perçcoivent une sensation de chaleur irès-distincte. Beaucoup d’autres tissus profondément situés nous fourniraient des exemples analogues ; mais de plus amples détails appartiendraient à la pathologie spéciale.
n’est pas inutile de fixer l'attention des praticiens sur les différences constitutionnelles de la sensibilité. Si la faculté de sentir est si obtuse chez plusieurs sujets, qu'il faille, selon l'expression d’un écrivain célèbre, les écorcher pour les chatouiller; si, d’un autre côté, certains individus jouissent d’une sensibilité tellement exaltée, que le simple exercice de leurs fonctions sufht pour les tourmenter et leur inspirer le dégoût de la vie, on doit sentir de quelles prodigieuses variétés les douleurs de l’inflammation se-
$ (99) ront susceptibles, si on les considère dans les différentes espèces de tissus et dans les diverses nuances
d'intensité qu’elles peuvent présenter. Il est certains
modificateurs stimulans qui semblent jouir du triste privilége de développer la sensibilité chez les sujets les plus obtus : nous trouverons plus tard l’occasion de les signaler.
L'inflammation excite souvent plus de douleur dans les parties où les irritations sympathiques se manifestent que dans son propre foyer. Les inflammations des membranes
muqueuses de lestomac, des intestins grêles-
et de la vessie, en offrent des exemples jour-
naliers.
Oui, nous avons le bonheur d’être organisés de telle manière que les surfaces internes de notre corps qui communiquent avec des corps étrangers ne nous font pas percevoir de trop vives sensations, tant que leur excitabilité n’a pas été fort exercée. C’est ce que l’on peut constamment observer, durant la jeunesse, chez les'sujets qui n’ont pas encore abusé des stimulans : les premières irritations qui se développent dans l'appareil digestif, que je prends pour exemple, parceque la membrane muqueuse y est plus irritable que partout ailleurs, ne provoquent qu'une
10080) sensation de douleur tellement confuse, qu’elle est bientôt effacée par celles que l’on rapporte à l’encéphale et aux organes du mouvement; de sorte que l'on peut dire avec vérité que les irritations de la muqueuse digestive doivent, dans l’état pathologique comme dans l’état normal, être moins ressenties dans les nerfs de la huitième paire que dans les autres nerfs du domaine encéphalique. Souvent même c'est uniquement par une sensation de malaise général qui inspire l'inquiétude, la tristesse, le découragement, que ces irritations se manifestent ; et si l’inappétence, la soif, le dégoût, le trouble des sécrétions bilieuse et muqueuse, ne dirigeaient l'attention vers l'estomac, on n'imaginerait pas que la lésion de ce viscère füt l'unique cause du désordre. Îlen est à peu près ainsi des autres organes tapissés par une membrane de rapport. Les douleurs de la surface interne de la vessie sont souvent confuses dans leur début, quoique cet organe ait beaucoup de nerfs de relation, et rapportées à l'extrémité de l’urètre, aux aines, aux lombes; celles de la mairice retentissent également dans l'appareil locomoteur circonvoisin. C’est dans les lombes que sont yerçues les premières douleurs de la parturition. L'irritation de la membrane muqueuse des bronches est rapportée au larynx et aux parois de la poitrine toutes les fois qu’elle occupe les ramifications profondes de ces canaux ; mais, lorsque les irritations inflammatoires ou autres des membranes muqueuses ont leur siége dans le voisinage de leurs ouvertures , elles sont très-distinctement perçues
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dans le’hieu qu’elles occupent. Cette différence ne peut être attribuée qu’à celle des nerfs qui dominent dans ces diverses régions : la prépondérance du grand sympathique dits la portion des membranes muqueuses qui.tapisse li intérieur des cavités viscérales y dénature les sensations , et les transporte ou plutôt les fait percevoir dans les nerfs extérieurs du domaine encéphalo-rachidien ; mais, comme ceux-ci l'emportent dans les ouvertures des muqueuses, qui toutes sont des sens externes, les 1rritations qui s’ Y développent sont rapportées à leur véritable siége. Telle est la principale différence des sens externes et des sens internes: tant qu’elle n’a point été comprise, la médecine n’a pu s'asseoir sur des bases solides : la plupart des inflammations viscérales on dû rester inconnues. Il à nécessairement existé un grand désaccord, relativement à Ja théorie et à la pratique, entre les inflammations des parties où président les nerfs encéphaliques et celles des tissus intérieurs où domine le grand sympathique.
Cependant les inflammations des membranes muqueuses viscérales peuvent quelquefois être douloureuses ; et il n’est pas moins curieux d’en connaître la raison que de savoir pourquoi les organes avec lesquels elles sympathisent ont pu paraître plus ‘sensibles et plus malades qu’elles-mêmes.
Lorsqu'il se forme une ulcération isolée, par l’effet d’une phlegmasie fixée depuis long-temps et entretenue par des stimulans énergiques dans la profondeur des viscères , il n’est pas rare que la membrane muqueuse y devienne assez sensible pour
que l'individu puisse indiquer le siége précis du mal; mais quandilyena plusieurs, la douleur est souvent confuse. Souvent aussi certaines ulcérations isolées déterminent deux points douloureux, l’un situé dans la partie malade, et l’autre à l'extérieur, dans quelque point de l’appareil musculaire: Les inflammations et les érosions des membranes muaueuses profondes , occasionées par les poisons caustiques, sont toujours celles où la douleur locale est le plus netiement perçue : cela paraît venir de ce que l’altération subitement développée envoie au sensorium des stimulations toutes différentes de celles que lui transmet le reste de la membrane : l'estomac, le gros intestin, dans les cas où l’on y introduit un acide concentré ou un sel corrosif, la vessie quand on y injecte du sulfure de potasse, les bronches lorsqu'une vapeur âcre ou un corps étranger y ont pénétré, le col utérin quand on y fait parvenir une injection trop âcre, en fournissent quelquefois les preuves; mais , si l’irritation de ces membranes s’est développée et accrue avec lenteur, sous l'influence . d’agens d’une activité modérée, les ulcérations qui s’y forment sont assez ordinairement , ou peu douloureuses, ou indiquées par des douleurs sympathiques plutôt que par celle du point malade.
L'usage long-temps prolongé des excitans de toute espèce finit presque toujours par élever la sensibilité des membranes muqueuses à un degré qui rend les
fonctions de l’organe très-douloureuses. Comme l’estomac est de tous les viscères celui qui est le plus exposéauxsuperstimula lions, c'estaussice viscère qui