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( 103 ) fournit les exemples les plus fréquens de cette exaltation vicieuse de la sensibilité. Dans Ia jeunesse, les gastrites se manifestent le plus souvent par des syrnpathies ; mais lorsque l’homme, parvenu à un âge plus avancé, a souffert pendant long-temps la stimulation desalimens, des toniques, des antispasmodiques, etc.
l’estomac devienttellement sensible, qu'il fait le tour-'
ment continuel des malades ; alors, aux sympathies, qui n’ont fait que s’accroître de plus en plus, s’a- JOIE des douleurs locales excessivement variées , et rien n'est plus difhicile que d’émousser cette vicieuse sensibilité. Él arrive même assez fréquemment qu'elle est partagée par les intestins grêles, qui, dans l’état normal, en sont encore plus éloignés que le ventricule, à raison de la petite quantité de nerfs cérébrorachidiens qui y pénètrent. Les hypochondriaques peuvent être cités en preuve de ces assertions. L’art de ménager la sensibilité des membranes internes de rapport est donc un des points les plus importans de la doctrine physiologique : il faut que le praticien s’habitue à reconnaître leurs irritations par les sympathies ; il y en à toujours assez pour cela, et nous né saurions approuver le conseil donné par quelques médecins , d’administrer des stimulans pour reconnaître le siége d’une maladie qui paraît douteuse. Les irritations des parenchymes viscéraux, qui ne parviennent pas jusqu'à leurs membranes séreuses, ne donnent guère que des sensations confuses, à moins qu'elles ne se soient développées avec une extrême rapidité. Les inflammations séreuses aiguës sont le plus souvent très-douloureuses , tandis que les
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fto4) chroniques le sont à peine. On rencontre cependant des pleurésies aiguës tout-à-fait indolentes.
CIIT.
Lorsque l’inflammation n’excite aucune douleur , elle ne réveille que des sympathies organiques.
En y refléchissant, nous avons reconnu que celte proposition est inexacte. [l y a beaucoup de phlegmasies chroniques indolentes qui sont accompagnées de sympathies de relation. D'abord, toutes les fois que l’inflammation est assez intense pour produire de la fièvre, elle réveille des sympathies de relation : témoins les gastro-entérites aiguës, dont plusieurs sont sans douleur locale, et les pneumonies aiguës et chroniques, qui souvent n’en présentent pas. La fièvre qui correspond à ces phlegmasies est toujours, au moins pendant les redoublemens, accompagnée de sensations de fatigue dans l'appareil musculaire, d’accablement et de lésions des fonctions de l'intellect; ce qui constitue autant de sympathies de relation. Ensuite il est beaucoup de gastrites et de gastro-entérites chroniques, apyrétiques, qui ne sont pas habituellement douloureuses, qui ne le deviennent qu’à certaines époques de la digestion, et qui pourtant ne laissent pas de provoquer des douleurs sympathiques dans les muscles, ou d'agir sur l’appareil sensitif de manière
( 105 ) à produire une nuance d’hypochondrie. Les irritations, même apyrétiques, qui réunissent les quatre caractères de l’inflammation agissent presque toujours assez sur l’ encéphale pour produire quelques phénomènes nerveux; soit musculaires, soit sensiüfs, soit intellectuels. Mais il est beaucoup de subinflammations très chroniques, appréciables au toucher, qui sont indolentes , qui ne provoquent aucune douleur, aucun mouvement convulsif, qui ne dérangent point les fonctions de l’encéphale , en un mot, qui ne provoquent que des sympathies organiques , telles que le vice de la nutrition, celui des sécrétions, l’altération de la couleur de la peau, la diminution des forces, cet état, en un mot, que l'on appelle cachexie ou cacochymie. L’hydropisie peut encore en être le résultat. En conséquence de ces réflexions, nous pensons que la proposition doit être modifiée, et qu’il faut la présenter dans la forme suivante : Lorsque l’inflammation est sans douleur, elle réveille moins de sympathies de relation que lorsqu'elle est douloureuse; 1l y a même beaucoup de subinflammations indolentes, suites ou non de phlezmastes véritables, qui n’exctient que des sympathies organiques. EÊn effet, on peut rallier à ces dernières grands nombre de pleurésies et de péritonites chroniques qui, après avoir fait éprouver de vives douleurs, sont devenues tout-à-fait indolentes et se sont en quelque sorte fondues dans l’état subinflammatoire, comme le prouve la nécroscopie, qui fait voir le tissu séreux épaissi, devenu fibreux, cartilagineux, osseux , lardacé , tuberculeux, etc., sa Pr épan-
chemens de matière lymphatique plus ou moins concrète. On peut aussi ranger dans la même catégorie certains engorgemens du tissu cellulaire contenus entre les lames du médiastüin , plusieurs de ceux qui se sont développés dans le mésentère etles épiploons, soil primitivement, soit à la suite de l’inflammation des deux surfaces membraneusès ; ce qui comprend un grand nombre des obstructions des auteurs, quelques tumeurs indolenies, ou du moins rarement et momentanément douloureuses , qui se forment à l'extérieur dans le tissu cellulaire des membres, entre les muscles, les aponévroses, les tendons, etc., par l’effet d’une contusion. Toutes les tumeurs subinflammatoires dont la texture est lardacée, stéatomateuse, approchant de la chair d'orange, réagissant tacitement et en vertu de relations purement organiques sur les principaux appareils viscéraux et sur les tissus composés des mêmes principes qu'’ellesmêmes, produisent la pâleur, la couleur de cire, une certaîne langueur des fonctions et la répétition du mode d’altération qui les caractérise, c'est-à-dire des subinflammations consécutives dans des parties plus ou moins éloignées du lieu où elles ont pris leur origine.
L’inflammation altère toujours les fluides
de la partie enflammée.
Celte altération est l'effet nécessaire du change- |
DE
Co) ment des /affinités vitales. Îl y a toujours dans les corps vivans un rapport entre l’action des solides et la composition des fluides. En effet il est clair que ; si les affinités moléculaires des fluides n'étaient pas dirigées par les solides, elles seraient telles que nous les voyons dans les humeurs séparées du corps, c'est-à-dire qu’elles amèneraient la décomposition et la destruction de la forme particulière à l’état de vie. Mais , d’un autre côté, les changemens que les solides opèrent dans les: fluides font que ceux-ci agissent différemment sur eux, c'est-à-dire qu'ils les stimulentautrementqu avant d'avoir subi des transformations : il y a donc action réciproque des solides sur les liquides, et des liquides-sur les solides. Personne n'ignore cette vérité; aussi ne la rappelons- ‘nous que pour en tirer des inductivus sur les effets des congestions inflammatoires.
* Nous avons vu ailleurs que toutes les maladies d’irritation étaient produites, par les stimulations provenant de l'extérieur : ainsi, lorsque les stimulations auront développé une phlegmasie, les fluides circulans appelés dans le foyer d’irritation y recevront des solides une impulsion différente de l’état normal; subiront des affinités moléculaires différentes de cet état, et devront à leur tour exercer sur les solides qui les ont changés une stimulation qui n’est plus celle de ce même état.
Mais, dira-t-on, les fluides quel'irritation accumule dans un foyer de phlegmasieysont-ilsretenusjusqu'à la terminaison ? ne sont-ils pas au contraire incessammentéchangés contre d’autres?Quoique la solutionde
Là :
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| "+ 0 PTOBNN cette question ne soit pas indispensable pour la thérapeutique, il peut étre utile de l’aborder. Les expériences microscopiques faites par M. le docteur Sar- Jandière sur la circulation dans le mésentère des grenouilles, et dont j'ai été témoin (voyez le mémoire publié par ce médecin dans le tome 1* des Annales), ont fait voir que les molécules du sang s’accumulent dans un point irrité ; que celles du centre y paraissent comme immobiles, que celles de la circonférence seules sont échangées, à moins qu'il ne se forme un nouveau point d’irritation plus actif que le premier; car alors. ious les globules se dégagent de la circonférence vers le centre, pour obéir à cet appel nouveau, et la première congestion se dissipe. Nepourrait-on pas croire qu’il se passe quelque chose d’à peu près analogüe dans les inflammations des animaux à sang chaud, du moins dans celles de la nuance phlegmoneuse ? Le sang de la circonférence est renouvelé jusqu’à ur certain point. Il faut bien que cela soit : autrement la tuméfaction s’accroîtrait sans mesure, et la stagnation du sang deviendrait générale. Quant à celui du centre et aux humeurs déposées dans les cellules, humeurs qui soni mé-
lées et“confondues avec lui , il est clair que ces li-
quides ne doivent être résorbés que lorsque l’irritation qui les retenait est apaisée. C’est durant ce séjour que ces humeurs, qui ne sont pas immobiles, mais bien soumises à un mouvement intestin, s’alièrent, s’éloignent de l’état normal, que les solides mêmes se résolvent en liquides, et que la suppuration
s’élabore, entraïnant avec elle une véritable désor-
. (109 ) ganisalion, On conçoit d’après cela comment le sans altéré par la suraction locale devient pour les tissus où il est emprisonné un stimulus qui entretient l'irritation. On est d’autant plus porté à admettre cette proposition, que, si l'on tire du sang du foyer phlegmoneux, il est beaucoup plus foncé et plus chargé de cruor et de fibrine que celui qn’on extrait des tissus environnans. On comprend également que le pus, d’abord innocent, se décompose par son séjour, etdevient un nouvel aiguillon pour les tissus qui le renferment. Enfin, il est très-facile d’en conclure que, si ce pus esi résorbé au lieu d’être éliminé, il agit sur les principaux foyers de la vie à la manière des poisons septiques, et entretient une fébricule secondaire que nous avons appelée hectique de suppuration.
Nous croyons que les choses se passent ainsi dans le phlegmon; mais il n’en est pas de même dans toutes les autres nuances de l’état inflammatoire. Lorsque l’irritation est légère et qu’elle occupe une surface étendue, de peu d'épaisseur, et communiquant avec l'extérieur du corps, il se fait une excrétion continuelle qui modère la tuméfaction de l'organe et empêche les humeurs de stagner La circulation continue donc de s’y faire ; mais cela n'empêche pas que, pendant que le sang traverse l’organe enflammé, ilnesubisse une altération très-notable. Cé fait estencore prouvé par les saignées locales, qui fournissent un sang plus noir et plus fibrineux que celui des environs. D'autre part,onn'ignore pas que les humeurs sé= crétées par les membranes ainsi frappées d’inflamma-
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( z10 ) * tion sont différentes de l’état normal, et que souvent elles exercent une vive stimulation, non seulement sur le lieu dont la sensibilité est augmeniée par Vi We flammation, mais aussi sur les parties les plus saines:
L'aliération des fluides ne se borne pas au foyer de l’inflammation : souvent la masse entière des humeurs éprouve un changement dans sa composilion, comme l’aiteste la couenne qui se forme sur les saïgnées ; d'autres fois l’altération n’est sensible que dans le produit des sécrétions et des exhalations.
Il y a des différences considérables dans les altérations qu'éprouvent les fluides, soit fixes , soit mobiles, pendant lal durée des phlegmasies, depuis linflammation la plus active jusqu’à celle qui l’est le moins et qui se perd dans la subinflammation. Ainsi, pour nous borner aux altérations locales, les fluides convertis en pus, tantôt irritent les parois de leurs foyers, et tantôt y restent stagnans sans les fatiguer autrement que par la compression, comme on l’observe dans plusieurs dépôts froids et dans les collections des membranes séreuses; d’autres
fois l'inflammation se termine qu une induration