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plètement guéries ou renouvelées plusieurs fois
par le retour des causes qui les ont produites, sont.
les mobiles les plus communs des affections nerveuses de toute espèce : mais est-ce à dire qu'il ne puisse exister de névrose sans phlegmasie ? non sans doute; toutes les érections vitales morbides ne s’élèvent pas au degré de l’inflammation; les sens in-
ternes peuvent, sous l'influence continuelle des sti-
mulans , acquérir un degré d’irritabilité qui produise sur le centre de relation des impressions capables: de provoquer des mouvemens convulsifs: et d’autre part, le cerveau peut devenir tellement irritable que telle stimulation qui serait à peine perçue dans l'état normal, devienne cause de sensationstet demouvemens extraordinaires, qui constituent deévéritables névroses. Nous Fee plus : dans cette sortie d’idiosyncrasie l'inflammation devient quelquefois trèsdifficile, comme si toutes les stimulations se dissipaient par les mouvemens nerveux qu'elles déter-
minent. Toutefois, quoique difficile à produire, la.
phlegmasie finit ordinairement par se développer dans les principaux viscères, et c’est par elle que se termine ordinairement l'existence des névropathiques, même de ceux qui ne lui doivent pas l'état nerveux dans lequel ils ont passé leur vie.
Tout ce que nous avons dit des phlegmasies peut également s'appliquer aux subinflammations, même primitives : il suffit que lirritation qui les constitue soit recueillie par un système nerveux très-actif et très-mobile pour que la névyropathie en soit la conséquence.
Ilreste maintenant une dernière question générale : pourquoi toutes les inflammations ne sont-elles pas toujours accompagnées de névrose? Il faut ici établir une distinction: nul ne peut être à l’abri des névroses de relation, puisque l’inflammation du cerveau, de son prolongement et des cordons nerveux est possible chez tous les individus de l'espèce humaine. Mais il en est autrement pour les névroses des fonc- Uons intérieures: la sensibilité varie à l'infini dans les viscères, et 1l n’y a que ceux qui la possèdent à un cerlain degré chez qui ces sortes de névroses puissent se développer. Il faut donc nécessairement admettre une prédisposition à la névropathie, c’està-dire à cet excès d’irritabilité du système nerveux qui rend sujet aux sensalions extraordinaires et aux mouvemens convulsifs de toute espèce: or, cette prédisposition étant donnée, l’affection se manifeste sous l'influence des stimulans extérieurs ; et, dès
qu'elle est bien développée, rien n’est si difficile :
que de la guérir radicalement.
Tous les viscères qui président aux fonctions intérieures étant solidaires, à raison de leur association d'action et de leur communauté de nerfs, 1l suffit que les stimulans agissent fortement sur l’un d’entre eux pour que lout l’appareil nerveux splanchnique acquière un surcroît d'action. Dès lors, toutes les irritauons deviennent démesurées et sont suivies d’une foule de sensations plus oumoins étranges, et de mouvemens convulsifs plus ou moins prononcés. Toutefois, comme de tous les viscères ceux de la digestion, et surtout l’estomac, sont les plus nerveux
et les plus exposés äux stimulations, c’est Communément par éux que débutent les phénomènes de la névropathie : * viennent ensuite le cœur et les Fr JS car c’est toujours en agissant sur ces principaux foyers que les irritations des viscères du second ordre parviennent à développer l'é l'état névropathique: l'utérus lui-même, qui le fait naître si souvent, ne saurait le provoquer sans le concours de l’estomac , du cœur et des muscles associés aux fonctions des grands viscères , et l’irritation qu'il y fait naître ressemble, à peu de chose près, à celle que ces appareils éprouvent dans les névropathies indépendantes de l'utérus. ,
Maintenant, si l’on veut bien se rappeler ce qui a été dit de la contractilité et de la sensibilité dans le Traité de physiologie appliqué à la pathologie, on arrivera, ce nous semble, aussi près que possible de la détermination de cette prédisposition qui
nous occupe. En effet , si la contractilité est la seule
propriété inhérente à la fibre ; si la sensibilité n’est qu'un des résultats des mouvemens contractiles ; si ce résultat suppose l’action du centre de relation; si ce centre de relation ne peut exister que dans le cerveau , il Suit, comme conséquence nécessaire, que la prédisposition à la névropathie tient à la disposiion particulière de ce viscère, c’est-à-dire à la manière dont il réagit sur les impressions qui lui parviénnent : si les impressions , quoique néttement et vivement perçues, ne dérangent pas beaucoup les fonctions du cerveau , ou linnervation , le sujet ne sera jamais névropathique, quelle que soit l’atro-
"RE D" A += \ F4 Fr ? ‘
- (124) cité des souffrances physiques et morales qu’il puisse éprouver; si les impressions dérangent beaucoup l’innervation, la névropathie, au contraire, deviendra très-facile, se corrigera difficilement, et renaîtra sous l beure la plus légère.
Mais, demandera-t-on, quelle idée faut-il prendre de ce dérangement de l’innervation cérébrale qui donne pour résultat la névropathie : CESR selon nous, une réaction trop facile, trop vive du cerveau sur ss causes de stimulation : en d’autres termes , l'impossibilité où est le principe de réacüon de retenir les mouvemens que les impressions agréables ou pénibles tendent à déterminer: aussi la volonté est-elle ordinairement faible chez les névropathiques.…. Mais, encore une fois, à quoi tient cette disposition ? Elle tient, selon notre manière de voir, à l’organisation même du cerveau. Mais nous n’entreprendrons pas aujourd’hui de déterminer si elle dépend en premier lieu du mode de vitalité de la masse encéphalique tout entière, du défaut ou de l'excès de développement de certaines régions de cet appareil. Nous aborderons ces questions dans un autre lieu ; mais, comme elles sont délicates, nous n'y procèderons qu'avec une extrême réserve, et toujours appuyés sur les faits les mieux avérés.
Quant à présent, nous établissons que la prédisposition à la névropathie ne réside pas dans les viscères dont les érections vitales plus ou moins inflammatoires ont coutume de la produire ; car la gastrite d’un hypochondriaque ne diffère pas plus de celle d’un homme ordinaire , que la métrite d’une
wi : | os | à À Ph. à F À « * à r
PE € fa Ÿ PS ed re ta (125) : ll femme hystéri enediffère de celle d’une femme qui
ne l’est pas, mais qu’elle consiste dans la manière d’être de l'encéphale. Nous ajoutons encore ‘que le cette manière d'être de l’encéphale est souvent as sociée à cet état général de l’économie que les au-
teurs assignent à leurs tempéramens bhypochondriaques et nerveux, mais qu’elle en est aussi très-fréquemment indépendante, et peut même se concilier avec des tempéramens tout opposés,
Es PA L’inflammation ne change pas de nature par la diminution des forces dont elle est la cause. |
Cette idée a été développée à l’occasion de la proposition LXXX, ainsi conçue: « La surexcitation et » la congestion morbide actives et partielles sont .» compatibles avec la diminution générale des for- » ces. » I} serait donc inutile d’y revenir. Le médecin ‘doit en rechercher les preuves dans sa pratique.
Les irritations de tous les organes sont
transmises au cerveau, lorsqu'elles acquiérent un certain degré d'intensité, et surtout
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( 126) lorsau’elles sont inflammatoires ; il en résulte altération des facultés intellectuelles et affeetives, et un état de douleur et de malaise que lon rapporte à l’appareil locomoteur.
L’excès de cette sympathie se convertit en encéphalite.
fn.
Après avoir indiqué d’une manière générale la marche de l’irritation, nous sommes préparés à l’observer dans chaque organe en particulier. Le cerveau est, sans contredit, le premier qui la reçoit, quel que soit le tissu où elle ait pris naissance, et ce n’est que par lui qu’elle peut être refléchie dans l'appareil locomoteur. Rattachons cette proposition à un fait qui soit à la connaissance de tout le monde, et prenons cette sympathie à son origine. Une personne se blesse un orteil en se coupant un cor: le lendemain il s’y développe une inflammation, la maladie est encore locale; mais cette inflammation ANEMERLE et le jour suivant la personne, en se levant,
s'aperçoit qu’elle a mal à la tête; si elle se détourne vivement pour porter ses regar ds quelque part, elle
sent plusieurs mouvemens confus dans l’intérieur du
crâne ; elle éprouve une sensation de pesanteur à la région frontale, et s’apercoit qu’elle à de la lassitude dans le torse, dans les membres, de l'éloignement pour l'exercice et de la tendance au repos; c'est ce que l’on appelle courbature. N'est-il pas évident que l’irritation de l’orteil s'est propagée au cerveau, et que de là.elle a étérefléchie dans l'appareil mus-
culaire? Maissuivonsles progrès de cette légère irritalion du cerveau :ils sont toujours en raison de celle de l’orteil et de la prédisposition de l’encéphale, La phlegmasie de l'extrémité est-elle faible , circonscrite, le malaise se dissipe dans l’espace d’un ou deux jours, et l’on remarque que les douleurs contusives s’avancent du iorse.vers les muscles, et se terminent par les avant-bras , les mains, les jambes etles pieds. L'inflammation première est-elle exaspérée, s’empare-t-elle de tout le pied, le malaise fait des progrès,
la tête devient très-douloureuse , le moral est assiégé par des idées tristes, par des pressentimens funesies; et si le sujet est nee aux phlegmasies cérébrales, il contracte une encéphalite plus ou moins intense. C’est ainsi que débutent toutes les phlegmasies aiguës, et plus l'organe qui en est le siége a de nerfs, plus grande est son influence sur l'encéphale. Les
phlegmasies ne sont pas les seules irritations qui
dérangent l'action du cerveau: toutes les douleurs produisent le même effet. Placé au centre de tout l'appareil nerveux, le cerveau est le rendez-vous de toutesdles irritations , soit agréables, soit pénibles: il les reçoit des nerfs où elles ont pris naissance, et Jes réfléchit d’abord dans tous les autres. Est-il donc étonnant qu'en faisant cette opération il devienne quelquefois lui-même le point principal d'irritation, et qu'il contracte une véritable phlegmasie ?
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Les icritations intenses de tous les or-
en
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ganes sont constamment transmises à l’estomac au moment de leur début; il en résulte inappétence, altération de la couleur de la langue et du mucus lingual : si l’irritation reçue par l'estomac s'élève au degré de linflammation, on yoitles symptômes de la gastite; et comme le cerveau est toujours plus irrité, il développe à ur plus haut degré les sympathies qui lui sont propres et peut même s’enflammer.
Si le cerveau réfléchit les irritations dans tous les nerfs avec lesquels il est en communication, il est clair que ceux de l'estomac doivent yÿ participer. Mais nous ferons observer que celte influence, dans … l’état de parfaite santé, est plus promptement exercée sur les nerfs de l'appareil musculaire que sur ceux de l’estomac dans cette légère courbature produite par l'inflammation d'un orteil, et que nous avons prise pour exemple : le malaise et les douleurs musculaires sont produits les premiers. Ces phénomênes sont lesipremiers effets de la souffrance du cerveau, parceque ce viscère agit plus promptement sur les nerfs de son domaine que sur le grand sympathique. Mais s1 la santé n’est pas parfaite au moment où le cerveau reçoit une irritation, le point le
lus irritable est celui sur lequel il la réfléchit avec le plus de force. Supposons donc que l’individu à la phlegmasie de l'orteil ait l'estomac déjà fort ix-
rilé, les symptômes d'embarras gastriques räpportés dé la propusition , et qui ne sont autre chose qu’ un premier degré d’ inflammation , se développeraientaussi promptement que les bé contusives de l'appareil locomoteur. Toutes les fois que , dans cette dissémination de l’irritation, l'estomac devient le point le plus affecté, et qu’il se forme une vérita= ble gastrite, le cerveau devient aussi plus malade qu'il ne l'aurait été si un autre viscère que l’estomac eût été le point prédominant d'irritalion; c’est alors qu'il est le plus exposé à contracter l'inflammation consécutive. Ceci est une conséquence de l'étroite liaison que la nature a établie entre ces deux viscères ; et l’on peut affirmer que rarement les irritations que le cerveau à reçues d’un foyer de phlegmasie parviennent à l’inflammation, si elles n’ont d’abord produit le même eflet dans la membrane muqueuse de l’estomac.
Les irritations intenses de tous ls Siganes sont transmises au cœur : alors il précipite ses contractions ; la circulation s'accélère , et la chaleur augmentée de la peau détermine une sensation pénible : c’est ce que l’on doit appeler la fièvre, qui est ici considérée d’une manière générale.
On reirouve encore ici les:mêmes faits qui ont 1, Path, 9
( 130 ) été présentés dans les deux propositions précédentes , et nous en ferons sentir toute la vérité, en nous servant de la même formule de raisonnement. En effet, si le cerveau réfléchit l'irritation dans tous les nerfs, ceux du cœur doivent nécessairement y participér; s’ils y participent, le cœur doit devenir plus irritable, et par la même raison se contracter plus vivement et plus fréquemment. Nous disons d’abord plus vivement, parceque le premier effet d’une irritation transmise au cœur est toujours une augmenlation de prestesse dans la systole. Ce phénomène accompagne ordinairement la sensalion contusive, et précède de quelque temps l'accélération: aussitôt la température de la peau est augmentée ; mais comme la peau qui reçoit sa part de l’irritation réfléchie est aussi devenue plus sensible, et que la circulation n’y est pas encore très-active , le cœur étant retenu par une sorte de spasme, la soustraction du calorique est douloureusé et détermine des frissons qui se répètent jusqu’à ce que la systole du cœur soit assez libre pour pousser vers la périphérie une grande quantité de sang, et communiquer à la peau une chaleur capable de résister à l'impression du froid. Telle est, selon nous, l'explication de ces frissons vagues et répétés qui se manifestent au début de plusieurs phlegmasies ; quant à ceux qui marquent le début des accès de fièvre intermittente ct des grandes phlegmasies viscérales, et qui sont accompagnés d’un tremblement convulsif, ils n’en diffèrent que par le degré; en effet la différence de ces deux espèces de frisson tient principalement à celle de
l'irritation spasmodique du cœur, et ensuite à celle de la péau. Dans lé premier, cette irritation est modérée, et la peau, recevant plus de sang, conserve plus de chaleur; dans le second, l’état spasmodique du cœur est excessif, comme le témoignent la petitesse et la roideur du pouls , ce qui tient à l’excès de l'irritation des viscères ; peu de sang parvient à la périphérie , ce que prouvent la pâleur de la peau et la diminution de volume des parties extérieures; enfin la peau est plus irritable : il n’est donc pas étonnant que le contact de l’atmosphère la rende douloureuse, et que la plus légère soustraction de calorique détermine des mouvemens convulsifs ; mais ils cessent lorsqu'une systole plus libre a réchauffé la périphérie, et l’on peut aussi les faire cesser en réchauffant l’atmosphère qui entoure la peau, ou en plongeant le corps dans un autre milieu d’une température suffisante.
L’explication que nous venons de donner du mode de production de la fièvre fait voir qu'il était impossible de s’en faire une juste idée avant de bien connaître le jeu des sympathies. Aussi tous les auteurs n’ont-ils rien avancé de satisfaisant sur ce sujet tant rebattu. Les anciens, qui étaient étrangers à l'anatomie, considéraient la fièvre comme une chaleur contre nature qu'ils attribuaient, les uns à la putridité ou à des matières salines sulfureuses, les autres à l’effervescence des esprits ; les différentes humeurs furent considérées comme pouvant produire chacune une espèce de fièvre ; plus tard on déclara que la fièvre n’était qu’un effet de la maladie;
mais qu'était-ce que la maladie ? personne ne le savait. D’autres virent dans la fièvre un effort salutaire de la nature, ayant pour objet la coction et l’expulsion de lamatière morbifique. Enfin comme l’existence de cetle matière ne pouvait êlre démontrée dans tous les cas de fièvre, les modernes prirent le parti de ne plus définir la fièvre ; ils se bornèrent à la décrire, et firent entrer dans leur descriplion tous les phénomènes sympathiques qui accompagnent la surexcitation au cœur ; Mais Comme ces phénomènes varient nécessairement en raison du point d'irritation prédominant,ils décrivirent sous le nom de fièvres essen- Liclles différèns groupes de symptômes, et il ne s’en trouva point d’applicable à l’idée générale de fièvre.
Ce que l'on peut dire de plus positif sur la fièvre en général, c’est que loutes les fois que le cœur éprouve, par l'influence d’un organe surirrité, une stimulation assez vive pour accélérer ses baltemens et susciterune chaleur extraordinaire , l’irritation est partagée par lout l’appareil splanchnique, et réfléchie dans tout l'appareil nerveux de relation. Telle est la notion générale de la fièvre ; mais si après cela l’on s'attache à déterminer quel est le point le plus irrité, celui d’où partent les irradiations qui ont produit le désordre, on entre dans la théorie des fièvres en particulier, qui se confondent aujourd’hui avec les inflammations.
La fièvre n’est jamais que le résultat d’une
LA
( 1535 ) irritation du cœur , primitive ou sympatbhique. |
Il est évident que le cœur doit partager avec tous les autres organes la faculté de contracter l’inflam-
mation, et de répandre l’irritation dans tout l'appareil CE AAPRAT
CXIIT.
Toute irritation assez intense pour produire la fièvre ‘est une desr nuances de l’inflammation. x
On entend à chaque instant parler de fièvre nerveuse , de pouls nerveux, de fièvre par cause morale, par les passions, etc. Îl en est qui sont provoquées par la digestion, par l'orgasme vénérien ; et c’est sur la possibilué de ces espèces d'états fébriles que se fondent plusieurs médecins pour soutenir que toutes les fièvres ne dépendent pas de linflammation. Ils allèouent également les fièvres intermittentes. Nous n’aborderons pas maintenant cette dernière question, dont la place est naturellement marquée à côté des PrOPORIONS relatives à l’intermittente d'irritation; mais c'est ici le lieu de nous occuper des mouvemens fébriles que l’on attribue ÉxéreR vement aux nerfs. |
Pour que les nerfs puissent faire battre ee cœur
(154 ) avec précipitation, 1] faut qu'ils lui transmettent la stimulation d’un tissu quelconque; car, seuls et considérés isolément, ils ne sont que des moyens de transmission des irritations qui se sont développées dans l’économie. En supposant même, ce qui peut avoir lieu, qu'ils fussent le siége de l'irritation qui cause la fièvre, cette irritation serait dans un point et le reste des nerfs ne servirait qu’à la transmettre. Lorsqu'un nerfest comprimé, tiraillé, déchiré, l'irritation , qui n’est jamais stationnaire dans ses cordons, parvient de suite au cerveau, et est réfléchie par celui-ci dans les appareils sensitifs externes, dans les muscles et dans les principaux viscères. Aussitôt les contractions du cœur deviennent plus promptes et comme convulsives; le sang est appelé dans les membranes muqueuses viscérales, et sympathiquement dans tous les organes sécréteurs qui leur sont annexés. L'irritation s'établit dans tous ces organes, qui se mettent à l’unisson avec l'appareil encéphalique. Les mêmes phénomènes ont lieu si l'irritation se développe et s'élève à un certain degré, dans un autre tissu que celui des cordons nerveux. S1 celte irritation est peu considérable, l’état maladif qui en résulte prend le nom d’éréthisme, d’étal nerveux; si elle l’est assez pour entretenir. pendant quelque temps laccélération de la systole du cœur, on l'appelle fièvre nerveuse ; or cette fièvre doit être considérée comme une légère puance de l'inflammation; et c’est toujours dans le cerveau et dans les foyers viscéraux, parmi lesquels figure en première ligne la membrane interne de
l'estomac, que cette nuance a son siége; c’est là qu'il existe toujours augmentation de contractilité, appel de sang , tuméfaction , d’où résulte une perception douloureuse. Mais à quoi tient-il qu’une pareille nuance d’irritation ne s'élève à un de gré plus considérable ? à la prédisposition del’ individu: supposons-le très-vigoureux, dans un parfait équilibre, ou peu sanguin et peu disposé aux inflammations aiguës : le calme se rétablira plus ou moins vite; mais s’il est apte à contracter une phlegmasie intense, s’il en avait déjà une chronique plus ou moins circonscrite, l'inflammationse déclarera à l’état aigu, et la fièvre se prolongera avec une intensité proportionnelle. C’est ainsi que les affections morales, les passions, les digestions laborieuses, et même te plaieset les HbarèRe des nerfs deviennent la cause des fièvres continues les plus intenses etles p us rebelles, Je le deraande maintenant, où est la ligne de démarcation qui sépare ces deux ordres de fièvres ? comment les reconnaître au moment de leur début? on ne peul, sur ce point, obtenir que des présomptions. L’habitude, l’idiosyncrasie, nous les fournissent chez certaines personnes qui sont sujeltes à à ce ce qu on appelle des fièvres nerveuses. Cependant, examinez de près ces sortes de sujels ; vous ne tarderez guère, en vous aidant des lumières de la méde= cine physiologique , à reconnaître qu’ils ont un foyer intérieur de phlegmasie à l’état chronique, le plus souvent dans l'appareil de la digestion, quelquefois dans les poumons, plus rarement dans l’encéphale, et tôt ou tard ces mouvements fébriles, que
vous qualifiez de nerveux, parcequ'ils se dissipent, comme d'eux-mêmes en quelques heures, se prolongeront et se trouveront cenverlis en fièvres continues , toujours très graves. Or, comment pourronsnous acquérir la certitude que le mouvement fébrile que vous avez maintenant sous les yeux, n’est pas celui qui doit prendre cette tournure fâcheuse ? Ce n’est donc au’après coup, à posteriori, ou par l’événement, que vous jugez du caracière nerveux d'une fièvre. Tels sont les faits qui ont engagé l’auteur à avancer, que loule 1rrilalion assez inlense pour produire la fièvre, doit être considérée comme une nuance de l’inflammation. On voit combien sont fausses et inconvenantes ces dénominations de fièvres nerveuses el lentes nerveuses, appliquées à des maladies de longue durée, qni se terminent le plus souvent par la mort, et à la suite desquelles on trouve des traces évidentes de phlegmasie dans les principaux organes, et particulièrement dans le cerveau et dans les organes digestifs, |
GXIV.
Toute inflammation assez intense pour produire la fièvre en parvenant au cœur lest assez pour être transmise en même temps au cerveau et à l’estomac, au moins dans son principe ; et comme elle ne change point de nature pour:êire transmise, c'est tou-
( 197 ) jours une nuance d’inflammation qu'elle
développe dans ces:trois organes.
Cette rédaction est vicieuse , il fallait dire : « Toute » inflammation assez intense pour produire la fièvre » en excitant le cœur l’est assez pour agir en même » temps sur le cerveau et sur l'estomac, au moins » dans son début; et comme l'irritation ne change » point de nature pour être transmise, celle que re- » çoivent alors les irois organes est toujours une » nuance.de l’inflammation. » Telle est la forme que doit conserver celte proposition.
Nous avons démontré précédemment que c’est par le moyen du cerveau que le cœut et l'estomac teçoivent l'irritation partie d’un foyer d’inflimmation développé en tout autre lieu que dans l'an de ces lrois organes; ainsi nous n'avons point à revenir sur la première partie de cette proposition; il s’agit donc de la seconde, portant que l'irritation transmise est de même nature que l'irritation première, c’està-dire qu'elle est une nuance d’inflammation. Cette ‘ assertion est une de celles qu ont paru le plus para- -doxales aux personnes qui n’ont pas assez réfléchi sur la doctrine physiologique, ou qui du moins n’ayaient pas présens à l'esprit tous.les faits sur lesquels cette doctrine est appuyée. Eh bien, nous allons exposer ces faits, en ce qu'ils ont de relaufà la question qui nous occupe.
Si l'on examine les tissus visibles à lee ‘qui sont les plus influencés par une inflammation,
on y observe, lorsqu'ils ne sont pas modifiés révulsivement, augmentation de contractilité et de sensibilité, injection sanguine, accroissement du volume. Ainsi, dans les BRStAIEES la langue rougit; sa membrane muqueuse $ injecte et se TUUEF avec les follicules, qui deviennent saillans. Les muscles de cet organe éprouvent un état de contraction ; tout l'intérieur de la bouche s’échauffe , lors même qu'il ny aurait pas de fièvre. Il en est ainsi de la conjonctive : la peau participe à cet état, et souvent même les points les plus affectés de cette membrane sont dans un état érythémateux ou présentent des boutons véritablement inflammatoires ; de sorte que l’on peut dire avec assurance qu'il y a dans tous ces tissus des érections morbides , qui représentent à peu près celle de la memèrane interne de l'estomac. Si maintenant on porte son altent'on sur les organes placés audessous de la peau, on reconnaît que ceux d’entre eux qui reçoivent une influence sympathique du foyer intérieur d'inflammation se trouvent dans un état à peu près analogue; les muscles, que la gastrite rend douloureux, sont en même temps plus chauds que dans l’état normal; les articulations, qu’une sympathie spéciale a modifiées, sont plus chaudes, plus sensibles et souvent un peu gonflées. Si l’on applique en même temps des sangsues ou des ventouses sur les régions de la peau où se manifeste la sympathie et sur d’autres régions, on voit sortir des premières un sang plus abondant, plus coloré et plus chaud que celui que l’on retre des secondes.
Faisons maintenant l'application de tout ceci à d'autres foyers d’inflammation. Puisque la gastrite d détermine dans les ouvertures des membranes muqueuses, dans la peau , dans les muscles et dans les articulations qu'elle influence, une légère nuance d’inflammation, il est naturel de croire que lorsque l’inflammation, primitivement développée dans ces tissus , réagit sympathiquement sur l’estomac , elle y produit également une nuance plus ou moins prononcée du même phénomène. On a d'autant plus de raisons d’admettre cette réciprocité, que l’estomac, influencé par une glossite, une angine, uné ophtalmie, un érÿsipèle, un anthrax, un arthritis, offre les mêmes phénomènes et développe les mêmes sympathies que s’il était affecté d’une inflammation primitive. Par conséquent l’inappétence, la rougeur et la saburre de la langue , l'injection de la conjonctive, les douleurs contusives de l’appareïl locomoteur, qui se développent par l'effet de l’une de ces phlegmasies et que l’on qualifie d’embarras gastriques, ne peuvent dépendre que d’une nuance d’inflammation de l’estomac , qui correspond, comme sympathie, à l’inflammation des parties extérieures. Si l'on admet la justesse de ce raisonnement pour les tissus que nous venons de mettre en rapport, nous ne voyons pas pourquoi ce raisonnement serait moins juste étant appliqué à d’autres tissus. Ainsi les inflammatiôns rubéoleuses, varioleuses , scarlatineuses de la peau, ne peuvent être que des sympathies de la gastro-entérite, de l’angine et de la bronchite par lesquelles ces mala-
( 140 ) | dies ont débuté ; ainsi la toux qui dépend de la gasirile est une bronchite sympathique , comme l’embarras gastrique provoqué par la bronchite est une gastrite sy mpathique ; par la même raison, lorsque les sécréteurs, tels que les reins, le foie, les glandes Salivaires , fournissent, dans Ps HE des différens organes, un produit ou plus abondant ou plus concentré, ou dépravé et très-irritant, on doit croire que l? di ce sympathique qui dérange leur action tient à une augmentation de chaleur et d'injection sanguine, à une érection vitale morbide analogue à celle du viscère d’eù cette influence est parie, en-un mot à une véritable nuance d'inflammation. La douleur et la tuméfaction n'y sont pas toujours perceptibles à la vérité , mais elles le sont quelquefois. La chaleur ét le sentiment de plénitude existent, dans bien des cas, à la région du foie et à celle des reins, dans les phlegmasies des: grands viscères ; et lorsque, le malade ne s'en plaini pas, c’est toujours parce que son attention est fixée-sur Je foyer primitif d’inflammation ou sur d’autres ‘organes plus sensibles que les sécréteurs, et qui ont également reçu l'influence sympathique du vis- .cère primitivement affecté.
Jetons les yeux maintenant sur le cœur. Quel est son véritable état au milieu de ce désordre des principales fonctions ? ilse contracte plus fréquemment et plus vivement qu'à l'ordinaire : il a donc des
érections vitales plus intenses: il est donc et plus chaud , et plus injecté, et plus gonflé dans son tissu propre qu'il ne l'était auparayant; la modification
qu’il éprouve est donc encore une nuance de l’inflammation , c’est-à-dire une répétition du phénomène qui se passe dans le viscère primitivement affecté.
Si ce raisonnement n'est pas rigoureux, nous ne savons ce qui peut l'être en pathologie. Mais ce n’est pas encore tout, il faut aussi nous occuper du
|. Cerveau.
Puisque c'est par l'intermédiaire de cet organe que l'irritauon du foyer primitif de phlegmasie est réfléchie sur les différens tissus sympathisés , il faut bien
“croire que celte irritation doit agir sur le sien d'une ‘manière parfaitement analogue. Elle provoque donc ‘dans la substance del’encéphale appel de sang, augmentation de température et de densité; et quant à la douleur, elle est tellement prononcée dans le début de la plupart des phlegmasies un peu intenses, que ‘son: défaut ne suffirait pas pour infirmer le caractère inflammatoire de l'irritation encéphalique. Mais nous allons plus loin; nous osons soutenir que l’encéphale esttoujours plus ou moins douloureux dans ces maladies. Si l’on n’y perçoit pas des douleurs lancinantes ou pulsatives, du moins y éprouve-t-on constammeut!un sentiment d’embarras, de plénitude, de tournoiement , en un mot quelque chose qui indique positivement un état de congestion irritative.
Il résulte de ce rapide examen des principales sympathies de l’inflammation, que presque tous les organes éminemment nent irritables etsanguins, partagent l'érection vitale morbide du lieu primitivement affecté, de telle sorte que l'inflammation née
dans un point du corps est aussitôt disséminée à différens degrés dans une foule d’autres, mais principalement dans le cerveau, dans le cœur et dans l'estomac, ainsi que le porte la proposition que nous venons de développer. Taut cela ne surprendra point les médecins qui ont profondément médité la physiologie de l’état normal; ils sentiront que les principaux viscères étant liés par des connexions intimes, au moyen de la huitième paire et de l'appareil nerveux du grand sympathique , et agissant toujours de concert dans la respiration, la digestion, les excrétions, les facultés morales et affectives, 1l est de toute impossibilité qu'aucun d’entre eux éprouve l’irritation à un degré un peu intense, sans que les autres y participent, et que la même lésion ne leur soit pas commune à tous. L'office du médecin, dans ces sortes de cas, est de bien constater quel est le point de départ de l’irritation, afm de s'assurer si elle y reste prédominante, et dans le cas contraire , quel est le lieu où il pourra l’attaquer avec le plus d’avantage. Mais cette dernière opération ayant été traitée à l'occasion des sympathies, nous ne pouvons qu'y renvoyer les lecteurs, désireux de multiplier les rapprochemens, et de saisir le véritable esprit de notre doctrine.
Nous ne disons rien des tissus dont l’action est diminuée par l’inflammation, car il est clair que leur apathie est l'effet d’une soustraction révulsive de vitalité,
Les irritations transmises au cerveau et à l'estomac par un organe enflammé diminuent quelquefois, malgré la persistance de l’inflam-
mation qui les avait excitées, et ces deux viscères reprennent leurs fonctions, pendant que le cœur continue d’être vivement irrité et d'entretenir la fièvre.
Nous ne pouvons attribuer ce changement qu'à l'habitude. Les fièvres se partagent sous ce rapport en trois séries: dans la première, l'inflammation qui alimente l’état fébrile fait de si grands progrès dans les principaux viscères, qu’elle détruit la vie; dans la seconde, l’inflammation s’apaise, etavec elle disparaissent lesirritations sympathiques de tous les organes : la troisième se compose des cas où l’inflammation se prolonge et devient chronique, en conservant toutefois assez d’activité pour continuer d’agir sur le cœur. C’est de ces dernières fièvres qu’il est question dans la proposition qui nous occupe; on les désigne en général sous le nom d’hectiques. Aussitôt que le médecin s'aperçoit qu’une personne affectée d’une maladie fébrile violente, qui pendant un cer- ‘ain temps avait suspendu les principales fonctions, recouvre l’appétit, et songe à reprendre ses a quoiqu’elle conserve encore de la fréquence da le pouls et de la chaleur et à peau, il dit que la
(144) maladie aiguë est dégénérée en chronique, et il donne à la fièvre le nom d’hectique. Ces fièvres, qui d’ailleurs peuvent se montrer primilives, sont loujours alimentées par une inflammation circonscrite, à laquelle l’économie s’est habituée insensiblement, mais toujours cependant jusqu à un certain point: en effet, les sympathies qui semblent émoussées pendant une partie du jour, se réveillent à certaines heures, surlout le soir et après les repas, et celui qui ne verrait les malades que dans ces redoublemens les croirait affeciés d’une fièvre aiguë ordinairc. Il n’y a donc réellement qu'une diminution momentanée dans le hs des sympathies ; mais ce qui est très remarquable, c’est que celle du cœur est la plus persévérante. Pendant que les facultés morales reprennent leur liberté, que la locomotion se rétablit, que l'estomac devient apte à la digestion, le cœur continue de batire avec précipitation, comme étant le plus fidèle interprète de l'irritation persistante. Toutefois, si l’on voulait entrer dans le détail des cas de cette espèce, on trouverait que tous les foyers d'inflammation n’agissent pas avec la même puissance sur cet organe: ceux du poumon paraissent les plus propres à entretenir la fréquence du pouls; aussi la majeure partie des fièvres hectiques. dépend- -elle de l'inflammation de ceviscère , et 1] n'est point rare de voir des fièvres qui, après avoir élé mises en jeu et entretenues pendant un certain temps par les inflammations des autres organes, sont prolongées dans la chronicité par es développement consécutif d’une pneumonie qui devient chronique,
(145 ) | et amène insensiblement une phthisie pulmonaire : mais comme. ces détails appartiennent aux inflammations pneumatiques, nous abandonnons ce sujet, pour examiner, en suivant nos propositions, ce qui se passe dans les viscères qui paraissent le moins affectés pendant la durée des fièvres hectiques.
CGX.VI.
Quoique l'estomac et le cerveau continuent.
leurs fonctions pendant l’inflammation d’un autre organe, ils ne laissent pas d’être irrités. \ organiquement. Leur irritation est toujours près de l’inflammation, et s’y élève bien sounés si le foyer qui l entretient persévère jusau à la mort.
Cette proposition n’est qu’une application d’une autre plus générale, portant que nul homme ne peut mourir sans que les organes de premier ordre soient affectés. Dans l’a antique médecine , on groupait autour des symptômes produits par l’inflammation d’un organe secondaire, ceux qui dépendaient de l’affection des viscères fondamentaux, et l’on faisait du tout une entité qui prenait le nom de l'organe primitivement affecté.
Parcourez dans les classiques les histoires de lalaryngite chronique, désignée sous le nom de phthisie laryngée : vous trouverez, vers la fin de la maladie, les symptômes réunis de la pneumonie chronique et