CXLI. Ls
C’est par une gastro-éntérite aiguë , premier effet de l’agent contagieux, que débute la variole. La phlesmasie cutanée la remplace, et la termine lorsque les pustules sont.en pelit nombre : mais elle la reproduit, si les pustules sont nombreuses, par Pérysipèle qui résulte de’ la confluence des aréoles. Telle est la fièvre secondaire de la variole, dite Jepre de SUppui “aliOn
Rue de plus vague et de moins AA A que la «re dé la variole , telle qu elle était avant-l'ère de la doctrine tt On pardonne aux änciens humoristes d'avoir considéré la fièvre, précurseur de l'éruption, comme l'effet d’une fermentation des humeurs, produite par lé miasme varioleux, sans affection viscérale prédominante, et les pustules comme une sorte de despumation : mais en classant
celte maladie parmi les phlegmasies cutanées, les modernes s'étaient ôté la ressource de cette explication : si tous les symplômes sont |’ effet de l’inflammation de la peau, comment se peut-il faire que la fièvre la précède constamment? Telle était la question que l’on ne cessait de faire. On était obligé de supposer un travail préparatoire du principe vital, qui, méditant une éruption pour diminuer le venin , bouleversait toute l’économie pour la produire. Mais, dans cette hypothèse, eù était le venin? Les uns le supposaient dans la peau, d’où il agissait. sur le système sanguin avant d’avoir affecté la peau même : rien à répondre à cette supposition. Les autres le plaçaient dans le sang à la manière des anciens ; mais alors la variole ne restait plus dans la classe des phlegmasies cutanées : c'était une. maladie tout humorale , dans laquelle l’inflammatiou de la peau n’était plus qu’un phénomène secondaire.
Notre doctrine a enseigné que le venin, absorbé par la peau ou par toute autre surface de rapport, était d’abord porté vers le centre viscéral et exerçait sa première action sur la membrane interne de l’estomac et des intestins grêles; qu'il y développait une véritable inflammation, à laquelle succédait, au moyen de la réaction, celle de la peau.
Par cette manière de considérerles phénomènes, on explique tout ce qui peut être expliqué, et l’on se procure des indications pour le traitement. Allons aux faits : on ne saura jamais pourquoi il existe un. poison variolique , quelle est sa source première, quels sont ses éléments chimiques, pourquoi. cet
agent doit produire, sur la surface de la peau , des pustules d’une forme déterminée. Ce sont là des mystères tenant aux causes premières , et qui ne peuvent nous être révélés. Mais on pourra observer un grand nombre de faits analogues à ceux-ci , et ces faits démontreront l'existence d’une loi qui fait que les venins qui ne sont pas assez actifs pour produire subitement la mort, vont porter leur première atteinte sensible sur l'arnareilviscéral, et principalement sur la membrane : :‘#:rne de l’estomac et du duodénum : que les symptômes ordinaires à l’irritation de la surface interne de ces organes se développent; qu’un mouvement fébrile est excité, et qu’ensuite l’irritation se transporte sur les organes dépurateurs, et se termine par des évacuations. En effet, si l’on injecte dans les veines des animaux de la sanie putride, elle affecte d’abord l'estomac, développe un mouvement fébrile , et finit par produire des vomissemens, des selles , des urines, de la salivation et: même: de la sueur : nous avons vu de l’acétate de morphine provoquer toutes les évacuations à la fois; et chacun sait que la vapeur putride des amphithéâtres cause souyent des mouveméns fébriles avec irritation gastrique , qui se terminent par des sueurs, etc. :
Ce premier ordre de faits étant connu, il restera encore à expliquer pourquoi tel venin excite une sécrétion abondante de mucosité et de bile, tandis qu'un autre provoque la sueur ,‘un troisième des urines copieuses ; plusieurs autres des’ éruptions cutanéés , et pourquoi ces éruptions diffèrent entre elles. Mais sices particularités ne sont pas connues, le fait
général l’est : on peut le comparer à d’autres et en
tirer des lumières sur le mode de formation deplusieurs phlegmasies viscérales: Par ‘exemple : qu’une
personne soit exposée à l’action subite du froid,
lorsqu'elle est en sueur pur l'effet: d’un exercice
violent, il arrive souvent que cette personne éprouve
du malaise , de l'irritation dans l’estomac, de la soif et du dégoût, avec douleurs continues des membres
et céphalalgie. Bientôt la fièvre se développe, et après quelques heures de durée ; elle se termine
par une sueur abondante et souvent par une éruption pustuleuse autour des lèvres. Si cette série de
phénomènes ne se présente qu'une fois, on lui donne
le nom de fièvre éphémère ; si elle se répète d’une
manière périodique, c’est-une fièvre intermittente ;
mais la modification de l’économie est lamême dans
l'un et l’autre cas ; comme la cause, l’action du froid
est aussi la même. À lPaspect d’un semblable fait,
comparé avec les précédens, peut-on s'empêcher de
croire que l’irritation est d'abord transportée :de la
peau sur les viscères, et que ceux-ci s’en débarras-
sent en la repoussant vers les sécréteurs ? Mais lors-
qu'au lieu d’une terminaison semblable survient une bronchite, une pneumonie, une pleurésie , une
gasirite, une péritonite, etc, n'est-on pas en droit
de dire que les viscères ont conservé lirritation qui
leur avait été transmise et qu'ils n’ont pu la réfléchir
sur-les sécréteurs ? et cela n’explique-t-il pas pour-
quoi les inflaences extérieures qui produisent les
fièvres d'accès ,occasionent toujours en même temps
des phlegmasies ? ®
Si la cause extérieure de: l’état morbide diffère, dans plusieurs des cas que nous venons de rapporter, du moins ne peut-on pas nier que la loi de réaction est toujours la même, el qu'elle est suffisamment démontrée. On voit toujours développement d'irritation dans l'appareil viscéral, tendance de cette irritation à réagir sur les sécréleurs, et à se dissiper à mesure qu'ils agissent et qu’ils éliminent des fluides. Mais on voit également le danger manifeste, d’une part, que, devenue trop énergique dans les. viscères, l'irritation ne s'y convertisse en phlegmasie et ne les désorganise, et, d'autre part, que l’action des sécréteurs ne subisse la:même transformatuon, ne compromette d’abord la structure de: l'organe dépurateur, et ensuile, par son retour vers l'intérieur, ne renouvelle l’irritation dans les viscères.
Ces faits connus, quelle qu’en soit la cause première, le rôle du praticien est toujours tracé : il doit laisser s'établir librement la réaction dont l'effort n’estipas démesuré ; mais 1l doit affaiblir , par les antiphlogistiques, lirritation des viscères quand elle s'élève d'abord au degré de l'inflammation, etcelle de la périphérie , lorsque devenue lrop intense elle menace de détruire les organes qui en sont le siége ou de réagir vicieusement sur les viscères. De plus, il se: présente des cas, et ces cas sont relatifs à la cause, où l'agent provocateur du mal doit être éliminé ouneutralisé ; mais cette indication n'est point celle de la variole qui nous occupe ici particulièrement; quel empire avons-nous sur un venin subtil qui n’annonce sa présence que lorsqu'il a déja dé-
C25g ) veloppé.de l'inflimmation dans les principaux viscères > Lindication antiphlogistique est donce:ici la principale : on la remplit, dans les cas de variole bénigne et discrète, en se bornant à la soustraction des stimulans; ‘et dans les cas plus graves, en combattant la phlegmasie dans les régions, soit internes , soit-externes, où elle devient vicieusément prédominante. Ainsi, lorsque la confluence des aréoles qui entourent les pustules de la face, menace la peau d’un érysipèle, on arrête les progrès de celui-ci par une saignée locale, par des foimentations émollientess et l’on: prévient Ja gastro-céphalite, les ophthalmies, les dépôts, etc. C'est dans le même but que quelques médecins ont tenté la cautérisation des pustules de la face ; procédé qui réussit quelquefois dans le mo-
ment de l'érupliôn, et qui souvent exaspère la phleg-
imasie que l’on veut arrêter. Certes, ils: n'auraient jamais eu l'idée d’ employer un tel moyen, sion ne leur avai prouvé que le danger dépend.ici de la réaction de la phlegmasie cutanée sur.les viscères, Sydénham! avait traité la question d’une manière générale; mais Ja doctrine physiologique à particularisé, et en donnant les pourquoi des symptômes des différentes époques, et des effets des moyens divers, elle a porté la démonstration dans la théorie de. la variole.
L'indication révulsive peut, se présenter quelquefois; par exemple, quand il est nécessaire d’appeler vers la peau l’irritation qui persiste à prédominer dans les viscères, à une époque où elle devrait’ lés'avoir abandonnés: Tous les moyens thé-
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