‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 36 sur 50 · DC · texte numérisé non relu

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Mais s’il est dés pérsonnes disposées à ce genre de souci, en revanche il s’en trouve beaucoup d’autres qui sont entièrement insouciäntes sous le rapport de leur santé. Ce sont des gens qui voient tout en beau, que l’espérance n'abandonne jamais, ét qui se font illusion jusqu’au dernier moment. Ceux-là ne deviennent pas hypochondriaques. Il en ést d’autres qui n’ont presque aucune sensibilité dans les vis: cères : ils sont également exempts de l’hÿpochondrie. Mais on en trouve aussi qui, quoique très sensibles, sont doués d’une fermeté de caractère, résultat d'une heureuse organisation cérébrale qui les préserve constamment de cette affection. |

Il résulie de tout cela que l'hÿpochondrié tient essentiellement à l’organisation du cerveau, Resterait à déterminer quelle est la forme du crâne qui prédomine chez les hypochondriaques. Nous possédons bien quelques données à cet égard, maïs elles ne nous paraissent pas suffisantes pour établir dés principes généraux. Ce que nous pouvons affirmer, c'est que les personnes qui ont le front étroit et déprimé sur les côtés offrent beaucoup d'exemples dé cétte fâcheuse affection ; mais comme nous avons rencontré des insoucians doués de cette conformation, ét des hypochondriaques parmi les fronts assez bien développés, nous croyons devoir suspendre tout jugement jusqu'à ce que nous possédions de nouveaux faits. |

Quant au traitement de l’ hypochondrie, il consisté dans deux ordres de fnoyens : ceux qui tendent à calmer les irritations des viscères, et ceux qui pro-

curent de la distraction. Nous avons plusieurs fois guéri cette maladie dans son début, par les saignées générales chez les personnes pléthoriques, et par des applications de sangsues à l'épigastre et aux hypochondres, lorsqu'elle reconnaissait pour cause une phlegmasie bien prononcée de l’estomac ou du duodénum ; un régime sévère achevait de confirmer la cure. Mais lorsque la maladie est déjà fort invétérée,

ces moyens ne suffisent pas ; il faut avoir recours à la distraction, aux voyages, et Souvent à un travail corporel des plus actifs. Au surplus, les moyens qui réussissent le mieux à à dissiper les gastrites chroniques devant être exposés un peu plus tard, il serait superflu de nous y arrêter présentement.

Lorsque les inquiétudes des hypochondriaques ont pour fondement une irritation du cœur, ce qui n’est point du tout rare, le médecin doit diriger son attention vers cet important organe; toutefois il ne doit jamais oublier que les irritations du cœurise compliquent d'ordinaire avec celles de l'estomac ; ce qui lui fait une loi de ne pas insister d’une manière inconsidérée sur la digitale, l’acide hydrocyanique, et autres anti-spasmodiques sédatifs, qui n’opèrent comme tels que lorsque la membrane interne du ventricule est exempte de toute irritabilité inflammatoire. Les discussions auxquelles nous nous sommes livré dans ce commentaire nous autorisent à donner à la proposition CXLIV la forme suivante : e L'hy pochondrie est l'effet d’une irritation perma- »nente des principaux viscères des deux cavités »inférieures; mais elle ne devient complète que par

( 277 ) » le développement d’une gastro-entérite chronique, » qui agit avec énergie sur un cerveau fort irritable, »et organisé d’une certaine manière. »

La plupart des dyspepsies, gastrodynies , gastralgies, pyrosis, cardialgies , et toutes les boulimies sont l'effet d’une gastro-entérite.

L'ancienne médecine avait adopté autant de ma= ladies qu'il y avait de formes dans nos infirmités: La doctrine physiologique est heureusement revenue sur cette division qui prêtait trop à l'arbitraire; elle fonde les maladies sur les organes et sur les indications thérapeutiques. Elle néglige les formes diverses de la souffrance des organes, tant que ces formes ne fournissent pas des indications différentes. Or, la gastro-entérite chronique peut, sans cesser d’être la même, et sans que le traitement doive subir des modifications importantes, donner lieu aux groupes de symptômes qui sont énoncés dans la proposition. Îl était donc superflu d’en faire autant de maladies différentes. Ce qu'il importe de constaier, ce sont les cas où ces groupes sont indépendans de l’inflammation; car c’est alors seulement qu’ils constituent une maladie particulière; mais pour cela 1l faut encore remonter à la physiologie.

Indépendamment de l'inflammation , l'estomac devient douloureux par plusieurs causes plus ou

( 278 ) moins irritantes. L'impression subite d’une boisson froide ; des aliments indigestes pris en grande quantité; une vive affection morale; l'influence sympathique d’un organe irrité qui correspond étroitement avec ce viscère, comme l'utérus, les reins; certains ébranlemens mécaniques, tels que la navigation, la vectation dans une voiture rude, l'escarpolette, peuvent agir sur l'estomac de manière à y faire ressentir de vives douleurs. Les pincemens, les higatures,

Vinflammation des gros ironcs nerveux, exercent aussi quelquefois sur le viscère une influence telle . qu'il peut en résulter des gastralgies, des crampes

difficiles à supporter. Il est encore possible qu’une douleur siégeant dans quelque nerf de relation, se transporte inopinément sur ceux de l’estomac. Dans tous ces cas il n’y a pas dès l’abord inflammation, et l’on peut dissiper la douleur par les stimulans diffusibles, communément désignés sous le titre d’antispasmodiques, de calmans, de narcotiques. On le peut toutes les fois que les signes de l'inflammation de la membrane muqueuse n'existent pas; cependant telle est l’organisation de nos tissus, et principalement de celui dont il s’agit, que si l’irritation, d’abord toute nerveuse, se prolonge pendant un certain temps, elle fait appel au sang, la chaleur se développe et l’inflammation survient, en vertu de la loi ubi stimulus, ibi affluxus. Cette conversion sera d'autant moins retardée, que les moyens que l’on aura cru devoir opposer à la douleur seront plus irriians. De là la nécessité de ne jamais insister avec

opiniâtreté sur l'emploi des stimulans et des toni-

(279 ) te.

ques dans les affections de l’estomac en apparence les plus nerveuses. ne

Voilà des préceptes que les praticiens ne doivent jamais perdre de vue : on peut les appliquer aux cas où les acides tourmentent les malades, et causent cette ardeur propagée à la gorge que l’on appelle pyrosis. Ces acides le plus souvent accompagnent comme symplômes des gastrites fort évidentes, et

ne cèdent qu'aux moyens appropriés à cette affeee |

tion ; mais il est des circonstances où |’ inflammation ne paraît pas exister, et où les malades sont évidemment soulagés par les absorbans. Mais qu’on y prenne garde ; ces absorbans sont des substances alcalines toujours plus ou moins irritantes, et Jeur emploi soutenu finit toujours par produire une véritable phlegmasie dans les voies gastriques, L’expérience ne nous a laissé aucune incertitude à cet v égard.

4 «On voit combien sont délicates les nuances qui séparent les douleurs nerveuses de l’estomac, de dir flammation. Quant à la boulimie, comme elle | suppose toujours une augmentation de chaleur dans le viscère, elle tient nécessairement de l’inflammation, toutes les fois qu'elle n'est pas l'effet de la Cons teñe ee ou d’unaccr oissement rapide du corps à l’époque de la’puberté. Encore, dans ces deux cas, tend-elle souvent à l’inflammation. Au surplus c’est par les signes qui sont propres à l’état inflammatoire, plutôt que par le genre de douleur et par altération de l’appéüt, soit en plus, soit en moins, que l’on peut décider la question.

Quelquefois l’inappétence vient d’un obstacle au cours des matières, d’un étranglement, d’une oblitération des canaux biliaires, comme la boulimie peut tenir à l'existence d’une diarrhée ou de toute autre perte qui soustrait les matériaux de la nutrition. On doit donc s'assurer de l'existence ou de la non-existence de ces causes avant de porter son diagnostic. Enfin l’inappétence qui survient chez les personnes affectées depuis long-temps de douleurs gastriques, de vomissemens, peut venir du ramollissement et de la destruction de la membrane interne de l’estomac, surtout dans le bas fond; genre de lésion qui est presque inséparable des longues souffrances de ce viscère, et qui va jusqu’à produire l'impossibilité d’avaler la plus petite dose de li-

quide.

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