‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 43 sur 50 · NV AE · texte numérisé non relu

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d'en donner la démonstration? Or, s’il ne les a pas, et qu'il faille s’en rapporter à ce que nos sens peuvent apercevoir sans leur secours, comment , je le répète, soulenir une telle proposition en présence des faits nombreux qui constatent que les artérites ne sont ni moins possibles , ni moins complètes que les phlébites dans les artères visibles à l'œil nu, ou armé des microscopes que nous possédons? À peine trouve-t-on un cas d’anévrysme du cœur sur dix ( je ne dis peut-être pas assez), où 1l n'existe une artérite fort étendue: je l’ai trouvée bien souvent propagée jusqu'aux artères les plus petites. Ne vient-on pas de constater que l’artérite accompagne la variole, au moins dans un grand nombre de cas? On la trouve également, ainsi que la phlébite, à la suite de la scarlatine et de la rougeole lorsqu'elles sont mortelles, ainsi que plusieurs fois j'ai eu soin de m'en assurer. Et les nerfs ne sont-ils pas également susceptibles d'inflammation , et ne peut-on pas leur appliquer le raisonnement qui vient d’être fait sur le système vasculaire ?

Tout ce que l’on peut conclure des expériences de M. Cruveilhier, c’est qu’un foyer d’inflimmation présente, généralement parlant, plus de veinules que d’artérioles enflammées, et que l’inflammation des tissus capillaires se propage plus facilement dans les veines que dans les artères; ce qui n'empêche pas, je le répète encore, que l'artérite ne soit une maladie commune , et qui joue un rôle très important dans les phlegmasies éruptives et dans presque toutes les maladies du cœur.

On peut, si on Île juge à propos, consulter ce que nous avons dit dans la Physiologie appliquée à la pathologie , tome IT, sur la manière dont lirritation se développe dans le système vasculaire sanguin.

Le mot phthisie pulmonaire n’exprimant que la désorganisation qui est le produit de la phlegmasie du parenchyme pulmonaire , ne saurait être appliqué à cette phlegmasie; il vaut mieux la nommer pneumonie chronique, en spécifiant par lequel des tissus du viscère elle a commencé.

À force de multiplier les observations et les recherches sur les causes et sur les formes diverses de la phthisie pulmonaire , on en était venu au point de ne plus s'entendre sur le sens de ce mot, et cela dépendait manifestement de ce qu’on ne savait pas rattacher les faits à des principes vraiment physiologiques. Un homme se présentait-il avec de la toux, de l’expectoration , de la maïgreur; on le déclarait phthisique ; parcequ’on en avait vu périr d’autres avec le même appareil de symptômes : mais il guérissait , et l’on était obligé ou de convenir qu’il n'avait point été phthisique, ou de dire qu’une consompion du corps avec désorganisation des poumons

aval été guérie, ce qui, sans être impossible ; était au moins très difficile à prouver. D'autre part, un sujet affecté légèrement, en apparence, d’une irritation des bronches ou de ia plèvre, demandait des conseils à un médecin; celui-ci le rassurait hardiment sur l'issue redoutée de sa maladie ; 1l la déclarait bénigne, et prononçait que son malade n'avait point à redouter la phthisie pulmonaire. Le malade négligeait entièrement celte affection , on la traitait d’une manière peu active ; elle faisait des progrès, el bientôt les gens de l’art lui apprenaïent que, pour avoir laissé passer le moment favorable au succès du traitement, il avait donné à la phthisie pulmonaire le temps de se former. Si l’on s'était bien entendu sur le sens à donner à ces expressions, ilest clair qu’une semblable équivoque n'aurait point eu lieu.

Mais voici un malentendu d’une tout autre espèce. Quelques médecins, frappés de rencontrer toujours dans le poumon les granulations que l’on appelle tubercüleuses, n’hésitèrent pas à attribuer la phthisie pulmonaire exclusivement à ces corps étrangers, et les mots étre phthisique devinrent synonymes de ceux avoir des tubercules dans le tissu du poumon. . Cetle opinion avait fait de tels progrès parmi nous dans les premières années de ce siècle, que certains médecins très renommés avaient entrepris de prouver qué, puisqu un chêne tout développé est la même chose qu’un gland de chêne non encore germé, mille tubercules parvenus en maturité et creusantle parenchyme pulmonaire de nombreuses cavernes remplies de pus, devaient être la même chose: que mille tuber-

cules commençans ; d’où1il résultait clairement, sui-

vant les mêmes logiciens, que celui qui n’avait encore

qu'une légère toux était atteint de la même maladie

que celui qui crachait le pus et qui était parvenu jus-: qu’au dernier degré du marasme , pourvu que cette

légère toux fût l'effet de tubercules naissans for-! més dans le parenchyme du poumon. L’un et l’autre. étaient également , aux yeux de ces auteurs, de véritables phthisiques.

En leur accordant cetle conclusion, qui n’est pas rigoureuse, puisqu'il y a chez le phthisique parvenu au dernier degré plusieurs maladies qui n’existeraient pas chez l’homme qui n’aurait encore que des tnbercules naïssans , la difficulté était toujours de juger si la toux et lirritation de poitrine de: l’homme encore sans fièvre et sans maigreur, étaient: l'effet de tubercules commençans. Malgré toute leur: habileté, les médecins qui suivaïent cette opinion. n'avaient aucun moyen sûr de résoudre cette ques=!' tion. Ils avaient recours au tempérament, à l’hérédité; s'ils trouvaient dans la famille quelques exemples de phthisie, ils affirmaient que la toux du malade dépendait des tubercules; s’ils n’en rencontraient aucun , et que le sujet fût robuste et doué de larges épaules, ils prononçaient que la toux ne pouvait être l'effet des tubercules; si le sujet délicat venait à guérir, on souienait que les tubercules étaient restés slationnaires. et que la phthisie n’était qu’ajournée; mais Si pourtant la guérison se trouvait consolidée, on était obligé d’avouer qu’on s'était trompé, et qu'au lieu de tubercules il n’y avait eu

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