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( 406 ) sympathique ; et, si les deux modes existent, de se : mettre dans le cas de bien déterminer quel est le plus ordinaire.
La voie des expériences est également ouverte : ceux qui ont du loisir peuvent l’emplover à faire naître et à entretenir des maladies artificielles : mais il faut éviter d’en tirer des conclusions précipitées ou trop générales. Surtout il est important de ne jamais oublier que les faits de pathologie spontanée, bien observés sur le sujet humain, sont aussi des expériences, et que ce sont les plus propres à faire faire à la médecine de solides progrès.
L'irritation des différens tissus, qui est assez intense pour parvenir au cœur, peut produire l’inflammation de ses deux membranes. Celle de la tunique interne des artères est causée par le même mécanisme, et ne saurait seule entretenir une fièvre violente.
Le sens de cette proposition, beaucoup trop laconique, êst que l’irritation causée par un foyer d’inflammation se répand dans tout le système nerveux ; qu'agissant sur les fibres charnues du cœur, par le moyen de ses nerfs, elle y accumule le sang à un degré qui approche de l’inflammation, et qui peut, en effet, la produire, tantôt dans la membrane externe , tantôt dans l’interne ; que les artères peu-
vent contracter l’inflammation, soit par la propagation de celle qui règne dans l'intérieur du cœur, soit par la propagation de celle du foyer capillaire L RetTement affecté. La proposition met donc le cœur sur là même ligne que tous les autres organes qui reçoivent l'influence de ce foyer : elle répète donc, par application spéciale, ce‘qui a été énoncé d’une manière générale, lorsqu'on a dit que l'inflimmätion s’élendait de deux manières : par voie de propagation , par voie de sympathies, et que les organes qui sont le plus sympathisés par le foyer de phlegmasie, sont disposés à contracter les premiers l’inflammation; de sorte que celle-ci semble fréquemment s’ayancer dans l'organisme par la voie des sympathies.
Telle est la raison pour laquelle les trois cavités viscérales , qui sont liées par d’étroites sympathies, ne manquent presque jamais de se communiquer leurs phlegmasies. C’est d’après la même loi que tous les organes internes agissent sur la peau et dirigent si souvent vers elle l’irritation qui‘les tourmente , eé vice versé. En un mot, il est d’observation certaine que les tissus nérvoso-sanguins, les surfaces de rapport, leurs sécréteurs annexes, ét les expansions sensitives , Se-communiquent réciproquement leurs irritations, soit qu’ils les perdent eux-mêmes, ce”qui constitue les métastases ; soit qu'ils en conservent plus ou moins, ce qui ne donne que-l’exténsion de la phlegmasie ou l’envahissement plus ou moins considérable de l’économie par ce redoutable phénomène.
Toutefois , en avançant ces vérités, on n'a eu garde d’omettre qu’il était beaucoup de cas dans lesquels l’irritation saute pour ainsi dire d’un organe sur un autre, sans que les sympathies ordinaires aient paru lui avoir tracé la route.
Notre intention, en rappelant cette masse de faits, est de faire disparaître la surprise que pourraient éprouver certains médecins en entendant dire que le cœur est menacé d’inflammation dans tous les cas de fièvre violente : il est bon, en effet, que l’on s’habitue à cette idée , ne füt-ce que pour ne pas prendre la pernicieuse habitude d'abandonner à la nature le soin de terminer les fièvres qui ne présentent d’abord aucun caractère alarmant. Mais nous donnerons bientôt un autre motif, qui doit également les engager à ne pas toujours s’en rapporter à] cette bonne mère.
Enfin la proposition se termine en avertissant que l’artérite ne suffit pas pour entretenir une fièvre violente. Cette assertion rappelle de suite l’idée émise par Frank, après l’avoir été par un des plus anciens auteurs de médecine , que la fièvre inflammatoire est l’effet d’une artérite. Il est sans doute possible qu'on aït trouvé les artères enflammées chez des personnes qui avaient réuni les symptômes de la fièvre inflammatoire des anciens ( causus ) ;
mais il y avait autre chose que l’on n’a pas su découvrir : 1l y avait de l’inflammation dans les tissus capillaires des grands viscères. Si le cerveau ou les poumons n’en étaient pas le siége principal, ce qu’il faut croire, puisque les auteurs dont il s’agit n’ont
qualifié ces fièvres ni d’encéphalites ni de pneumonies, du moins en existait-il dans la membrane interne des voies gastriques. On a d'autant plus de raison de penser ainsi, que les auteurs de tous les temps ont très bien su reconnaitre les traces de ces deux inflammations, tandis que jusqu’à nos jours personne n'a pu découvrir celles des organes digestifs.
C’est à regret que nous revenons encore sur cet argument ; mais pouvons-nous nous en dispenser quand il s’agit d’assigner la cause d’une erreur qui a fait accorder à l’artérite ainsi qu’à la phlébite beaucoup plus d'influence sur les fonctions qu’elles ne peuvent en avoir. Ces phlegmasies, sans doute, peuvent exister sans être accompagnées d’une phlegmasie viscérale ; mais alors elles n’occasionent point d’état fébrile aigu : elles sont chroniques etnullement susceptibles de se terminer dans l’espace de cinq à sept jours, par des sueurs, comme on le voit arriver aux fièvres angioténiques des nosographes. Tel est le véritable sens du dernier membre de phrase de la proposition qui nous occupe.
L'inflammation aiguë et suppurante du tissu musculaire du cœur est une maladie fort rare; mais ce tissu dégénère toujours au bout d’un certain temps, par suite de l’inflammation de ses deux membranes.
Ce qui rend la suppuration du cœur si rare, c’est
sans doute le défaut d’un tissu cellulaire disposé à ce mode d’altération ; peut-être aussi l'extrême action de l'organe y est-elle pour quelque chose. On conçoit difficilement en effet, quoiqu’on ait quelques Ces du contraire, que le pus puisse sé journer et n'être pas expulsé dans un organe qui se contracte à chaque instant ; mais ce que l’on conçoit encore moins, c’est qu’un pareil organé puisse perdre sa motilité au point d’être privé de toute faculté contractile sans que la circulation soit arrêtée; toutefois, le degré de rigidité que l’on trouve parfois dans les parois de ce viscère n'ayant pu se formér tout-à-coup , nous sommes quelquefois forcés de conclure que la circulation a pu se concilier, durant un certain temps, avec un pareil état. Îl en est ainsi de l’état contraire, c’est-à-dire du ramollissement considérable, qui se présente le plus sauvent à la suite des hypertrophies. On serait tenté de croire que la contractilité des grosses veines voisines du cœur peut, au moins pendant quelque temps, suppléer à la sienne et donner à la masse du sang assez : d'impulsion pour parcourir le cercle circulatoire. On ne saurait non plus douter que l’impulsion donnée par le système capillaire ne se conserve dans une partie de ce trajet.
CEXX VI.
Les accidens les plus graves de l’anévrysme du cœur viennent de l’obstacle offert à la cir-
(hair ) culatiôn : de là des asthmes, des hémorrhagies par différentes voies, et: l’hydropisie; mais la gastrite ne manque jamais de s’associer aux autres symptômes, et d'autant plus que le malade est traité d’une manière plus excitante.
Cette proposition rappelle un des services rendus par la doctrine physiologique, celui de rapprocher un certain nombre de cas pathologiques pour les faire envisager sous le point de vue qui fournit les indications thérapeutiques. En effet, quoi qu’il en soit du mode de décénération du cœur, que ses valvules ou ses artères propres soient ossifiées, qu'il soit endurci avec ou sans tubercules, ramolli, dilaté ou comprimé outre mesure, il en résulte toujours un séjouf prolongé du sang dans les poumons; ce qui produit la dyspnée et la difficulté de la locomotion, symptômes fondamentaux et caractéristiques de l'obstacle à la circulation dans les centres viscéraux. Ces maladies se reconnaissent parfaitement aujourd’hui au milieu des autres affections de la poitrine , depuis que la doctrine physiologique en à formé un genre particulier distingué. par la réunion des deux caractères sus-mentionnés. Avant cette époque, on cherchait à déterminer s’il y avait affection organique ou simple névrose dans les poumons qu dans le cœur. Si la désorganisation était probable , l'embarras était de la préciser ; et si l’on n’y parvenait pas, on se récriait sur l'incertitude de
l'art. On peut lire ce qui a été dit dans l’'Examen des doctrines sur les prétentions des anatomo-pathogistes. Tout cela est d’une application directe aux maladies qui nous occupent. Il s’agit beaucoup moins de déterminer le mode précis d’altération des organes principaux de la circulation, que de savoir que les accès d'asthme convalsif indiquent un obstacle au cours du sang à travers les poumons ; que cet obstacle tend à produire des hémoptysies ; que son premier effet est de s’opposer à la locomotion; qu'àlalongue les hydropisies en sontpresquetoujours la conséquence. Avec de pareilles données, on est d'abord averti de l'existence de l’obstacle , quels que “soient les autres symptômes combinés avec les siens. On procède aussitôt à la recherche de la cause de cet obstacle ; mais ne la trouvât-on pas à l'instant, on à du moins l'indication principale bien déterminée, celle de faciliter le passage du sang au travers du cœur et des poumons, et”dès qu’on a rempli cette indication pressante, on s'occupe de la cause de l'obstacle et des moyens de la détruire ou d’en
affaiblir les effets.
Si la gastrite n’était pas connue dans son état de simplicité, elle n'avait garde de l'être dans sa comlication avec les maladies du cœur. La barre transversale dont les malades ont le sentiment, et qui paraît comprimer le diaphragme , était uniquement attribuée à l'anévrysme; mais , comme nous l'avons aussi observée dans la gastrite simple , et que cette phlegmasie existait chez tous les sujets affectés d’anéyrysme du cœur que nous ayons entendu s'en
plaindre, nous sommes porté à croire qu’elle dépend plutôt de l'irritation gastro-duodénale que de l'embarras de la circulation dans le parenchyme pulmonaire,
Nous ne pouvo ns nier qu'il n'y ait stagnation sanguine dans le foie et dans tout le système veineux de l'abdomen, lorsque le cœur manque d'énergie pour se débarrasser du sang que lui présente l’embouchure de la veine cave : il est certain que le foie, qui en est gorgé, se tuméfie plus qu'à l'ordinaire , et que le système de la veine-porte en est surchargé. Toutefois nous ne croyons pas que cette cause suffise pout produire la rougeur générale de la membrane muqueuse gastro-intestinale ; car nous avons observé des cadavres où cette rougeur générale n'existait pas, quoique les malades eussent succombé dans les angoisses de la:suffocation. Depuis Jlors nous avons redoublé d’ attention, et nous ayons obtenu les résultats suivans : 1° la souffrance du cœur, même avant quelle occasione un obstacle sensible à la circulation pulmonaire, détermine toujours de l’irritation dans la membrane muqueuse de l'estomac, sans que pour cela l'appétit soit diminué: il est même quelquefois plus énergique; 2° la dyspnée étant devenue considérable, les malades éprouvent de la suffocation aussitôt après avoir mangé, ce -qui les force à prendre peu d’alimens: alors la gastrite est déjà assez intense ; 5° si l’on combat cette complication et que l’on s’oppose à son retour par un régime approprié, quelques sujets en sont délivrés pour toujours, et quoique les progrès de l'obstacle
au cours du sang et à l'introduction de l'air dans les bronches les conduise à la mort, la rougeur gastrointestinale est peu marquée, ou du moins n'est pas générale ; 4° toutes les fois que l’on prodigye les antispasmodiques , les béchiques, les expectorans, les diurétiques, et que les malades s’abandonnent à leur appétit, ils périssent avec des signes de gastroentérite qui se combinent avec ceux de la maladie principale, et quelquefois l’emportent sur eux; alors la rougeur est intense et générale dans la surface muqueuse gastro-intestinale, et il s’y joint d’autres traces de phlegmasie qui ne laissent aucun doute au médecin physiologiste sur l'existence d’ane phlogose accompagnant la congestion forcée du sang dans l'abdomen.
Il faut noter que la membrane séreuse ne participe ni à l'injection ni à l’inflammation de la muqueuse, et que le foie est toujours, proportions gardées, plus engorgé de sang que le pancréas et la rate. Il faut remarquer aussi que , lorsqu'il n’y a point eu durant la vie de signes de colite, le colon transverse, quoique occupant la même région que l'estomac, ne partage pas son engorgement sanguin. Ce qui a été surirrité pendant la vie se présente injecté de sang après la mort; c'est ce que nous avons observé de plus constant dans les cadavres des personnes quisuccombent par les suites des affections organiques du cœur.
Tels sont les faits qui doivent répondre à l’objection de certains médecins qui, ne connaissant pas là doctrine physiologique, soutiennent que, puisque la rougeur se présente constamment dans la
membrane muqueuse gastro-intestinale des sujets enlevés par les anévrysmes du cœur, elle ne fournit point la preuve de l'existence d’une gastro-entérite: On voit que ceux qui ont fait une pareille objection ne soupçonnaient ni la possibilité d’uné gastro-entérite compliquant l’anévrysme et les autres affections du cœur, ni celle de l’absence de la rougeur générale dans les cadavres de ces sortes de sujets.