‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 46 sur 50 · CLXX VIL · texte numérisé non relu

CLXX VIL

Les ossifications des artères propres du cœur doivent être la suite de l’inflammation de sa membrane interne, ou de celle des grosses artères.

Nous présumons qu'il existé toujours quelque autre altération avec l’ossification des artères coronaires, lorsque les symptômes de l'affection du cœur ont été très prononcés ; et c'est à tort, ce nous semble , qu'on attribue exclusivement à cette ossification Pangine de poitrine et tous lés signes de l'obstacle au Cours du sang : cette ossification ne peut avoir le privilège de produire ce genre de souffrance plutôt qu’ un aulre, et nous ne saurions nous persuader que l'inflammation, car c’est elle qui a désorganisé les artères du cœur, n’ait De été partagée par d’autres artères, ou, pour le moins, n'ait pas profondément altéré le tissu charnu de ce viscère. Il nous paraît plus probable que ceux qui ont attribué

l’angine de poitrine à la seule ossification des arières coronaires, n'ont pas vu lout le mal qu'avait causé l'irritation dans le cœur et dans tout le système vasculaire. Pour mieux faire comprendre notre idée, nous allons jeter un coup d'œil sur le groupe de symptômes dont on a fait une entité qualifiée angine de poitrine.

Lorsqu'une personne est subitement arrêtée dans sa marche par une douleur à la région du cœur, qui se propage dans tout le côté gauche de la poitrine, et même quelquefois jusqu’au bras, on ne voit encore chez elle qu’une affection nerveuse; mais lorsque cette douleur est accompagnée d’un sentiment de suffocation, de l’impossibilité de parler et même d’inspirer, on dit qu’il ÿ a angine de poitrine. Ïl faut que l’observation soit, comme l’a dit Hippocrate, bien difficile pour que les médecins n'aient pu s’apercevoir, dès le premier abord, que cet état n’était autre chose qu'un signe de l'irritation du cœur, qui se contracte subiternent d’une manière insolite, et exécute de peuits mouvemens spasmodiques en communiquant l’irritation aux nerfs respirateurs et brachiaux correspondans. On peut lire le mémoire couronné de Jurine sur cette maladie; l’on y trouvera toute l’ontologie qui a long-temps empêché le diagnostic de cette espèce de souffrance, dont ila fait, avec Desportes , une affection essentielle des nerfs -desplexus cardiaques et pulmonaires. L'Anglais Parry avait approché davantage de la vérité; on peut même dire qu'il avait mis sur la voie, en attribuant ce groupe de symptômes à l'ossification des artères co-

ronaires mais il ne convainquit pas , parcequ’il avait encoretrop spécialisé.[l fallait accuser toutes les irritations du cœur de produire cette affection, et prouver que tous les arrêts subits des personnes qui ont ce viscère dans un état pathologique, sont de même nature que la prétendue essentialité dont il s’agit , et n'en diffèrent que par la sensation douloureuse propagée à l'épaule ou au bras du même côté, sensation qui varie , et qui la plupart du temps n’existe pas.

CLXX VIIT.

Les dilatations de la crosse de l’aorte sont souvent l’effet de l’inflammation chronique de son tissu. Cette dégénération peut oblitérer les embouchures des artères qui portent le sang aux bras et à la tête. La même inflammation produit aussi la friabilité des autres artères et des anévrysmes, que Scarpa a bien décrite.

On avait eu depuis long-temps l’idée que les pulsations du cœur sont la cause de la dilatation de la crosse de l’aorte; mais on ne songeait pas à ce qui arrive aux parois de cette artère pendant qu’elles se dilatent. Or, la première modification qu'elles éprouvent, c’est une véritable inflammation, et nous n’hésitons pas à l’attribuer au choc violent du sang que le cœur ne cesse de lancer conire elles. Nous pour-

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