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rions détailler les preuves de cette assertion, mais ce serait alonger inutilement ces commentaires : qu’il nous soit permis de renvoyer nos lecteurs aux Annales de la médecine physiologique ; ils y trouveront, en plusieurs endroits, des rapprochemens tirés des faits, et qui tendent à prouver que l’hypertrophie des ventricules du cœur est la cause de ces aortites, qu'elles ne se manifestent que lorsque l’hypertrophie a duré assez longtemps, qu'elles peuvent se propager de la crosse de l'aorte jusque dans les artères qu’elle fournit, et y occasioner une foule de désordres plus ou moins fâcheux : telles que les ossifications, la friabilité, la formation de caillots qui oblitèrent ces vaisseaux et s’opposent au passage ultérieur du sang, sorte d’altération qui se rencontre ordinairement, comme depuis long-temps on en a fait la remarque, dans les membres affectés de la gangrène spontanée, dite aussi gangrène sénile.
Ces observations n'empêchent pas, on doit le sentir, la vérité de celles qui constatent que l'inflammation peut se développer primitivement dans d’autres parties du système artériel que dans la crosse de l’aorte. Nul doute que l’artérite ne puisse et ne doive se former tantôt au voisinage du cœur, soit par la propagation de la phlegmasie de son tissu, et surtout de sa membrane interne, soit par l’effet de la violence de ses battemens ; tantôt dans un foyer plus ou moins éloïgné, et alors l’inflammation remonte des capillaires vers les branches, et peut même parvenir jusques aux troncs ; tantôt enfin dans
(439 D une branche qui se trouve contuse ou violentée par une cause traumatique purement locale, sans coïncidence d’une disposition ou diathèse qui favorise l’irruption de la phlegmasie dans le restant de l’arbre artériel. C’est aux observateurs cliniques à spécifier les cas où chacun de ces modes pre certain ou probable.
La proposition ne fait point mention de la phlébite, mais on peut, sous bien des rapports, la comparer à l’artérite. Comme elle, on la voit partir d’un foyer capillaire d’inflammation, surtout dans les viscères de l’abdomen : elle peut provenir aussi des contusions des ligatures qui gonflent et dilatent les veines; et d’autres causes purement locales, ce qui constitue les varices, que l’on désigne aujourd’hui
ar le nom de phlébites ; enfin l’on peut admettre que la difficulté du passage du sang à travers les cavités étroites du cœur peut occasioner dans la veine-cave une distension qui la conduise à un état réellement inflammatoire. Voyez la Physiologie appliquée à la pathologie, tome Il.
Les scrofules sont des irritations des tissus extérieurs où prédomine Îa partie albumineuse du sang. Mais comme la chaleur y est peu de chose, et que la rougeur n'y existe pas, on peut les distinguer par une expres-
| ( 420 ) sion particulière : celle de subinflammation convyient-elle ?
L’inflammation s'associe à cette subinflammation , soit comme cause, soit comme effet, et quelquefois l’accompagne dans toute sa durée.
Ces deux propositions ne doivent pas être séparées, car il tient à bien peu de chose que l’inflammation ne vienne compliquer et animer la subinflammation ; toutefois, il importe de donner ici une idée de la manière dont nous concevons l'affection dite scrofuleuse.
Il est dans l’économie humaine un certain nombre de tissus dont la nature a beaucoup restreint l'irritabilité, qui reçoivent peu de sang et de nerfs, et qui restent étrangers à la plupart des émotions que nous éprouvons dans l’état normal. Les sympathies de ces tissus semblent muettes, et l'inflammation les attaque plus rarement que tous les autres : en rangeant ces tissus suivant la décroissance de leur vitalité, nous trouvons le tissu cellulaire, le système lymphatique, dont les ganglions constituent la partie la plus complexe, le périoste, les ligamens, les cartilages , les os. Chez l’adulte bien constitué, ces tissus s’enflamment rarement, difficilement, et toujours ils reçoivent l’irritation de ceux qui sont plus
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sanguins, plus, nerveux et plus irritables qu’eux. Dans l’enfance, ils sont plus faciles à irriter : le 1ymphatique ressent toujours très promptement l’irritation des surfaces de rapport des parenchymes sécréteurs, et contracte aussitôt une inflammation plus considérable que celle des tissus dont il a reçu. lirritation. Toutefois cette disposition varie selon la constitution des sujets : ceux chez qui elle est le plus prononcée sont appelés scrofuleux; ils ont la peau et les ouvertures muqueuses plus irritables que les autres enfans; les follicules muqueux, les sébacés , et généralement toutes les capsules sécrétantes, sunt également très irritables; et la plus légère phlogose de ces tissus échauffe et inf les ganglions voisins, ainsi que les vaisseaux lymphatiques qui communiquent avec eux. Les tissus cellulaires voisins y prennent plus ou moins de part.
Cependant ces irritations, loin de marcher Tapidement vers la suppuration, deviennent chroniques, produisent des tuméfactions lymphatiques plus ou moins volumineuses , diversement configurées ,\ et n’opèrent la désorganisation qu'avec une extrême lenteur.
‘Tel est le premier degré de la disposition ou diathèse scrofuleuse. Ses effets, comme on voil, se bornent aux tissus mous de la périphérie du corps ; ces. tissus sont plus irritables qu'ils ne devraient l'être : voilà le fait, qui nous frappe, et cela va même quelquefois au point que l’impression du froid sur la peau , ou la plus légère contusion, suffisent pour développer les subinflammations scrofuleuses. Tou-
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téfois les tissus plus profondément situés, plus durs, moins vivans , ne sont pas encore atteints ; mais, à un plus haut deg de la diathèse en question, Fo le deviennent bientôt : le périoste, les ligamens, les cartilages et les os perdent leur densité, leur insensibilité, et deviennent le siége de tuméfactions blanches ou Iymphatiques, vraies subinflammations, moins chaudes encore que les précédentes , et dont la désorganisation est encore plus difficile.
Examinons ce nouveau fait sans aucune prévention, et comme si nous avions oublié tout ce qu’en ont écrit les auteurs. Qu’y voyons-nous? N'est-ce pas lirritabilité vicieuse des tissus dont il s’agit? N'est-ce pas leur défaut de cohésion, ou leur trop grande facilité à se ramollir, à se gonfler, en un mot, leur propension à perdre leur caractère spécial d’insensibilité et d’immobilité, pour reprendre celui des autres tissus , auxquels ils ressemblaient jadis dans l’état de fœtus, et dont ils s’étaient éloignés, selon l'opinion générale, pour toute la vie? N’estce pas là l’idée que prendrait de ces maladies une personne pourvue de connaissances anatomiques, et habituée à se rendre compte de ce qu’elle observe, si elle n'avait jamais entendu parler de virus ou de principes strumeux, d'humeurs scrofuleuses et de ioutes les entités que l’esprit d’hypothèse à inventées sur cette maladie ? Une telle personne plaindrait les malheureux affligés d’une tumeur blanche des articulations , à la suite d’une chute sur les coudes, les poignets ou le genou , non pas d’avoir le sang impur, mais de n’avoir pas les os et les ligamens assez soli-
des, de les avoir trop rapprochés de la constitution des parties molles. Eh bien! cette personne, selon nous , aurait une idée beaucoup plus juste de l’état scrofuleux, que les auteurs de tous les ouvrages classiques que nous possédens sur cette maladie.
Mais qu'est-ce donc que le rachitisme ? C’est, toujours d’après notre manière de voir, la preuve la plus palpable que nous puissions trouver de l’assertion qui vient d’être émise. Îl est de jeunes sujets chez qui la combinaison du phosphate calcaire avec la gélatine des os n’est pas assez forte, assez parfaite pour que le poids du corps, la pression des viscères ou la contraction soutenue des muscles ne détermine pas le départ du sel solidifiant. Mais comparez ce départ avec celui qui arrive à un os d’adulte vigoureux, dont le périoste et les tissus médullaires sont enflammés; nierez-vous que, dans ce dernier cas, l’inflammation des tissus accolés aux os et pénétrant dans leur parenchyme, n’y ait insinué l'irritation, et que ce ne soit en réveillant leur irritabilité que celle-ci en a fait déloger le phosphate calcaire? Certes, vous ne pouvez pas nier ces propositions. Eh bien! mettez à côté de ce fait les cas où les deux fragmens d’un os rompu se ramollissent, c’est-à-dire perdent leur phosphate calcaire pendant l’inflammation, et le reprennent lorsque celleci vient à céder : n’aurez-vous pas pour résultat que c'esten perdant leur irritabilité que les tissus gélatineux, faits pour être associés avec le phosphate calcaire, peuvent se marier avec ce sel dans le premier âge, et que, si par hasard ils viennént à re-
( 424 ) couvrer, cette irritabilité , il faut nécessairement que ce phosphate les abandonne une seconde fois ?
Avec de pareilles données, le fait de l’ostéomalaxie s'explique autant qu'il peut l’être : les enfans dont l’irritabilité se conserve plus long-temps dans les parenchymes osseux sont sujets au ramollisse ment, c'est-à-dire au départ ou à la -résorplion, du phosphate calcaire dans ceux de leurs os qui sont le plus exposés à l’irritation. C’est en vertu de cette Loi qu'on voit chez eux l’ostéomalaxie se développer dans les régions de la colonne épinière et des membres, pelviens qui supportent les poids les plus considérables, et que les phlegmasies qui approchent leurs actiouldns y portent plus ou moins le ramollissement et la tuméfaction.
On voit par là que le principe des scrofules est le même que le principe de l’ostéomalaxie, et que si ces deux modes d’altération ne marchent pas toujours de concert, la différence ne peut venir que du degré de l’irritabilité vicieuse, que nous avons notée, et de la direction qu'ont prise accidentellement les causes capables de faire faire explosion à la maladie. |
De la détermination du caractère.de.ces dinihèsés nous PASSA naturellement a leurs causes.: Les seules que jusqu'ici l’ observation ait pu fairé saisir aux médecins, ce sont. l’ je Hg de la lumière et celle du grand air, la présence continuelle d’une eau surabo dante dans, l’atmosphère.;; enfin, des alimens insu an sous.le-xapport. de la quantité, ou. irop exclusivement végétaux.
‘On peut, à ce qu'il nous semble ,retrancher sans scrupule cette troisièmesérie de causes: La ‘plus mauvaise nourriture n’Ooccasione point de $crofule dans les lieux secs, bien aérés ; et frappés d'une vive lumière. C’est particulièrement à l’air sombre , humide et stagnant qu'est due la disposition rachiticoscrofuleuse; les autres causes ne la développent que chez les sujets qui en avaient reçu le germe. Cest dans les villes; dans les collines humides, et dans les lieux épais et ombragés que se sont montrés les premiers scrofuleux; mais le croisement des races à pu disséminer cette affection:, et la faire quelquefois paraître dans des lieux et des circon- Stances qui ont fait prendre le change sur sa cause première: Cette observation est importante pour le traitement. : ra 4 -:$Sil'on prétend chercher à découvrir laraison pour laquelle les causes dont nous venons de parler retardent la diminution de l'irritabilité dans les tissus les plus solides du corps humain, nous croyons que Pon fera une entreprise téméraire. Îl estbien donné à l’homme d'observer l’action des modificateurs'extérieurs Sur ses organés; mais il ne lui est pas possible: d'expliquer la cause de cette action : il ne sait pas pourquoi une substance agit comme poison, ni pourquoi une autre substance en neutralise les effets; de même qu'il nesaurait expliquer pourquorles substances alimentaires sontsiparfaitement adaptées au besoin de la nutrition. La raison pour laquelle 1l ne doit pas espérer de parvenir à ce genre de connaissances, c’est qu’elles tiennent à la nature intime
de la-matière inerte, à ses rapports secrets avec la matière vivante, à ses mouvemens intrinsèques et moléculaires, qu’on ne peut suivre aussitôt qu'ils se passent dans le domaine de la vie. Quand nous nous en prendrions au défaut de la force vitale du scrofuleux, nous n’aurions rien expliqué, parcequ# ce défaut est lui-même dépendant de celui de la propriété vivifiante de l'air, qui tient à ces rapports moléculaires secrets dont nous venons de parler; mais, ce qui'est pis encore , nous n’aurions pas trouvé la meilleure indication curative. Qu'est-ce, en effet ; qu'un défaut de vivification dont le résultat est une augmentation d'irritzbilité ? Comment concevoir une imertie des forces vitales, qui est si te exaspérée par les toniques les plus puissans?
Il faut se contenter de fonder l'indication de Pair hbre , sec et lumineux, sur son effet connu de régulariser la nutrition dans l’espèce humaine. Quant au choix des modificateurs alimentaires et médicamenteux, il doit être également guidé par l’observauon de leurs effets, qui sont d’ailleurs parfaitement d'accord avec ce que nous avons dit de lirritabilité organique des scrofuleux. Ce n'est point ici le lieu de développer toutes les vues ‘thérapeutiques qui leur sont applicables, puisque nous avons une troisième section de commentaires uniquement consacrée au traitement des maladies ; mais nous pouvons ici faire entrevoir les conséquences qui résultent des faits que nous venons d'exposer.
Nous n'avons considéré la diathèse, ou disposiuon scrofuleuse, qu’à l'extérieur du corps et dans
( 427) les pièce: du squelette, et nous avons remarqué que là elle consistait dans un excès d’irritabilité. Avonsnous quelque raison de croire que, par un contraste des plus extraordinaires qu'il soit possible d’imaginer, cette irritabilité soit en moins dans les tissus des viscères? Est-il possible que, lorsque la conjonctive, la muqueuse buccale , la nasale et la peau sont si faciles à phlogoser,il en soit tout auirement de la surface sensilive des organes digestifs, et que l’on puisse impunément y exercer une stimulation que la surface externe ne peut supporter? Lorsque les ganglions lymphatiques de la périphérie ont une si grande tendance à participer à l’irritation des parties voisines , les ganglions des viscères seront-ils insensibles à l'irritation des surfaces des bronches, du canal alimentaire, etc. ? Il faut pourtant admettre l'existence de cette disposition inverse, pour approuver le traitement conseillé par les auteurs dans. le rachitisme et les scrofules. Est-il fondé sur la théorie ou sur l'expérience ? S'il est dicté par la première ; il faut que la seconde le justifie , autrement il ne serait qu’une erreur consacrée par l’autorité des siècles; s’il ne repose que sur l'expérience, on doit croire que le succès a constamment déposé en sa faveur, puisque jusqu'à ce jour la masse des praticiens n’a pu se décider à l’abandonner. Cependant telle est notre position médicale et scientifique, que ce traitement, le plus exclusivement stimulant que l’on trouve His les fastes de l'art de guérir, ne nous parait ni dicté par la théorie, ni sanctionné par la pratique. Nous nous en sommes expliqué en
(48 ) d’autres lieux, et nous y reviendrons nécessairement en commentant les propositions relatives : à la thérapeutique.