‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 48 sur 50 · GEX XXI · texte numérisé non relu

GEX XXI

La subinflammation des tissus mp ques ne se développe primitivement à l’inflammation que dans les pièces qui composent le squelette, et. dans les parties molles qui les recouvrent ; elle y.est déterminée par l'action du froid sur la peau, à la manière des rhumatismes, ou par des irritations accidentelles. Quant aux viscères, ils n’en sont affectés que consétutivement à ieur inflammation. On doit en dire autant des subinflammations

syphilitiques.

Cette proposition est assez claire et assez détaillée pour que chacun la puisse bien comprendre et en saisisse les applications. Il suffit d’avoir observé pour être sûr que les ganglions lymphatiques souscutanés peuvent se tuméfer sans inflammation préalable de la peau, quoique souvent ils s’altèrent à la suite des irritations catarrhales des ouvertures muqueuses. Mais dans le.cas où toute cause inflammatoire manque, l’irritation des surfaces de rapport n’en a pas moins-présidé au développement morbide des ganglions; l'impression du froid sur la peau

leur communique, l’irritation comme elle la communique, dans d’autres cas , aux tissus cellulaires qui entourent lestaponévroses el les ligamens, à ces ligamens eux-mêmes ainsi qu'aux capsules synoviales, enfin à tous les tissus blancs et gélatineux de l’&ppareil locomoteur, d’où résultent les maladies que l’on appelle goutte et rhumatisme. Les gros nerfs qui traversent ces parties n’en sont pas eux-mêmes exempts sous l'influence du froid ; il n'est donc pas étonnant que chez les jeunes sujets, doués de la prédisposition que nous avons signalée , les ganglions lymphatiques contractent aussi lirritation.

On: demandera peut-être pourquoi le système lymphatique ne s’affecte pas facilement chez les adultes ;: dont la peau reçoit l'impression du froid ; et pourquoi, sous la même influence, les enfans ne deviennent pas aussi souvent NE ou rhumatisans que scrofuleux. |

On pourrait, dans la rigueur, se dispenser de répondre àa une semblable question sans que l’observation du fait perdit rien de son intérêt. En voici la preuve. Quoiqu'il ne soit pas toujours possible de déterminer pourquoi l'impression du froid, dans les cas les plus ordinaires, produit chez l’un une pleurésie, chez l’autre une péritonite, chez un troisième une arachnitis, chez un quatrième, un: cinquième, un sixième des inflammations de muqueuses ou de parenchymes, on n’en est pas moins assuré que le froid occasione ces différentes phlegmasies, et qu'on peut les iraiter toutes dans leur début par les mêmes méthodes. La prédisposition ne peut pas

toujours être déterminée, et c’est beaucoup que, dans la maladie qui fait le sujet de cette proposition, nous puissions reconnaître l’irritabilité vicieuse de tissus qui sont d'ordinaire peu sensibles aux stimulations qui ont coutume de déranger nos fonctions. Fous les enfans sont doués de cette disposition ; elle ne varie que du plus au moins chez les différens sujets. Pourquoi donc s'étonner que le froid agisse plus efficacement sur leur appareil lymphatique que sur celui des adultes bien constitués ?

Mais nous pouvons aller plus loin pour satisfaire ceux que peuvent inquiéter de pareilles questions. Nous leur dirons, sans hésiter, que si le froid ne produit pas facilement l'irritation scrofuleuse dans les ganglions lymphatiques des adultes, ce qu'il fait pourtant quelquefois, en revanche il la fait naître et la développe même complètement dans les tissus blancs de leur appareil locomoteur. Rien ne ressemble plus aux scrofules des enfans que les tumeurs goutteuses froides et l’'empâtement rhumatismal des membres de certains adultes : les rapports sont si grands, que l’on est souvent tenté de mettre ces altérations sur le compte du vice dit strumeux, quoique les sujets n’en aient éprouvé aucune atteinte dans leur enfance. Dans bien des cas aussi l’irritation dite goutteuse et rhumatismale des adultes se communique aux ganglions voisins, et l'apparence scrofuleuse devient encore plus marquée. Enfin, pour compléter la similitude, les plus jeunes enfans, ceux qui paraissent le plus légitimement scrofuleux, sont bien loin d’être à l'abri du rhumatisme et de-la

goutte. Tout ce qu ‘on peut dire, c’est qu'ils sont plus exposés à l'irritation des lymphatiques qu'à celle des autres tissus blancs et que, vice versé, les adultes vigoureux soumis aux causes que signale la proposition, le froid et les contusions , reçoivent plutôt l’irritation dans ces mêmes tissus que dans l'appareil lymphatique , quoiqu'ils puissent également l’y recevoir et l'y garder pendant lane-temp Si l'on veut envisager les faits d’une manière large et générale, on verra définitivement, que plus les hommes sont jeunes, mous, délicats, plus ils sont exposés aux irritations dites scrofuleuses ; que chez les uns cette disposition des tissus blancs s’affaiblit beaucoup avec l’âge ; qu’il en est d’autres chez qui elle persiste pendant toute la vie; surtout s'ils continuent à être soumis aux causes extérieures qui ont rendu leur nutrition imparfaite dans l'enfance ; enfin qu’iln ’est aucun tempérament chez qui ces causes, quand elles sontintenseset continues, ne puissent développer les irritations des

tissus blancs. | Ce que nous disons des tissus extérieurs s’applique parfaitement à ceux des viscères; plus les adultes se rapprochent de cette délicatesse qui provient en premier heu du vice de la nutrition, plus ils sont irritables, et plus Firritation développée dans les autres tissus viscéraux, surtout dans les surfaces internes de rapport, trouve de facilité à se communiquer au lymphatique , au cellulaire, et à tous les tissus blancs des appareils splanchniques : de là:le rapport, déjà signalé depuis long-temps, entre'les

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