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chez un individu qui est au-dessous du degré de FE gueur dont sa constitution le rendait susceptible. Se basent-ils sur l'organe malade ?.. Non, l'organe ne fait rien à ia diathèse , puisque sa souffrance n’en est que l'expression... Prononcent-ils d’après le nom imposé à la maladie parleurs prédécesseurs ?... Le nom ne peut décider la question, puisque toutes les dénominations imposées jusqu’à eux sont comme non avenues. C’est la diathèse qui doit déterminer le nom. D'où pourront-ils done tirer la détermination de la diathèse ?.. Elle ne peut leur être fournie, d'après eux-mêmes, que par l'influence des moyens en Cd Ils disent : nous avons guéri telle maladie par desstimu!ans, donc elle était de diathèse asthénique ; telle autre a cédé à l'emploi des débilitans, donc elle était de diathèse sthénique. Ils essaient donc, dans le cas actuel, l'emploi de ces deux ordres de moyens , et après sa terminaison, Jamaladie est rapportée à l’une des deux diathèses, et reçoit une dénomination définitive. #
Le vice de ceite théorie est bien facile à saisir; il consiste en ce que la maladie n’est connue que lorsqu'il n’est pius temps de la connaître. Mais, pourra:t-on répondre, ils ont, pour reconnaître le cas actuel, la comparaison qu’ils peuvent en faire avec ceux qui l’ont observé.
Eh bien! reportons-nous au premier qui a fait usage de cette méthode. Dénué d'observations antécédentes faites dans le même sens, il a dû tâtonner, et ne se déterminer qu'après des essais infructueux et qui souvent ont dù être funestes. Voilà
(12) | un beau modèle pour ses successeurs! Afin qu'ils aient pu en profiter , il faut que nous supposions que ce premier diathésiste a si justement déterminé tous les cas de succès et de non-succès des deux ordres de moyens, et leur a si bien assigné les signes qui les caractérisent, que personne , après lui , ne se soit vu réduit à tenter les mêmes essais pour déterminer la diathèse. Mais quel est le grand homme qui a rendu à la science un service si éminent? Est-ce Brown, le fameux inventeur de ces diathèses ? non sans doute , puisque les ftaliens modernes ont abandonné sa pratique, assurant qu’il s’est trompé, et qu’au lieu de quatre-vingt-dix-sept diathèses asthéniques sur cent, il n’en existe que trois, et que les quatre-vingt-dix-sept appartiennent à l’hypersthénie (1). Serait-ce Rasori, l'inventeur non moins fameux de la contre-stimulation ? Ce ne peut-être lui, puisque ses prétendus contre-stimulans sont des stimulans véritables, dont l'emploi donne de si mauvais résultats que les médecins les plus sages de l'Italie sont obligés d'y renoncer, et que tous les essais qu’on en a faits parmi nous n’ont servi qu à lui faire perdrele peu de confiance qu’elle pouvait encore inspirer. Voudra-t-on que ce soit Tommasini ? Cet auteur est essentiellement diathésiste et les quatre-vingt-dix - sept maladies qu'il croit sthéniques ne sont ni localisées, ni traitées par là méthode antiphlogistique; mais, sans aller plus loin, il suffit de le juger par le traitement
(1) Cè sont donc ces messieurs qui ont fait du brownisme retourné,
qu’il a fait subir à sa propre fille, dont l'observation (entérite ) est consignée dans le Journal universel des Sciences médicales, tome XVI, p. 33. On y remarque le tätonnement dont nous venons de parler, l'essai d'une foule de stimulans très-nuisibles, l’urgente nécessité d’en corriger les effets par des saignées et des rafraichissans, le retour aux moyens incendiaires, dicté par l’impatience des médecins qui s’étonnent de ne pas voir arriver plus promptement la guérison. Quant aux autres célèbres médecins de l'Italie , ils ne sont pas plus avancés sur les diathèses, et ceux d’entre eux quiles ont abandonnées se sont réfugiés dans les anciens systèmes,
ou bien ont embrassé la doctrine physiologique. Il est donc bien certain que les diathésistes n’ont point de base, et l'examen de leur pratique prouve que leur théorie ne saurait leur en fournir. Après avoir abandonné la pratique de son maître Brown, Rasori n’a fait autre chose que reprendre celle des anciens médecins; et maintenant, si j'en juge par une lettre que j'ai reçue de Milan, il revient au quinquina , aux liqueurs spiritueuses, c’est-à-dire à la thérapeutique de l’Ecossais. Il avait imposé aux pur-
gatifs drastiques le ütre de contre-stimulans , et ce nom l’encourageait à les administrer à doses énor-
mes. Aujourd'hui il donne le même titre aux remèdes les plus incendiaires et les prodigue avec la même témérité. Toute théorie qui peut suggérer une semblable pratique ne peut avoir rien de fixe | et ne mérite pas le nom de doctrine, |
La diathèse ne leur ayant point fourni les moyens
Le
( 14) d'atteindre leur but, les médecins d'Italie eurent recours à des subtilités. Ils admirent la possibilité d'un processus parti d’un point, sans diathèse préexistante ; et ce processus établissait dans l’économie une diathèse de son espèce, par conséquent tantôt sthénique et tantôt asthénique. Même erreur que dans les suppositions précédentes. Ce processus ne signifie rien, puisqu'il est censé produire
une modification uniforme dans toute l’économie ; et d’ailleurs, qu'est-ce qu’un processus que l’on
conçoit vaguement dans les organes ? qu’est-ce que cette entité représente à l'esprit? Est-ce l’irritation transmise d’un organe aux autres ? mais nous verrons ailleurs que tous ne la reçoivent pas, et que ceux qui en sont exempts peuvent se trouver dans un état d’abirritation. D'ailleurs ce n’est nullement. notre irritation qu'ils indiquent, car ce qu’ils désignent par le nom d'irritation, c’est la stimulation partie d’un organe enflammé par une violence extérieure et propagée à d’autres organes. Ils ne peuvent concevoir d'affection spontanée sans diathèse, soit générale, soit locale, et n’admettent aucune parité entre l’action d’une irritation atmosphérique, alimentaire ou médicamenteuse, et l’action d'un corps vulnérant; parité que nous avons clairement démontrée. Leur diathèse est une émanation du stahlianisme , du vanhelmonisme:; c’est l’idée d’une puissance occulie, intérieure, qui veut
une maladie, qui la médite, qui la prépare et qui
modifie tous les organes TS manière à ce qu'elle
Fa soit produite aussitôt qu’une cause occasionelle
se présentera. C'est ce principe, dont l'affection
locale, quand ils la reconnaissent, témoigne l'intention malfaisante , c'est ui qu'ils se proposent d'attaquer, tantôt par leurs stimulans etd'autres fois par leurs contre-stimulans. S'ils n'avaient eu en vue que de détruire une irritation, une inflammation, qui détériorait un organe et menaçait d'envahir les autres, ils auraient adopté le langage vulgaire ; ils auraient dit : Nous donnons des calmans, des antiphlogistiques, des rafraïchissans ; ils n'auraient point exigé qu’on devinât la diathèse : le simple fait de l’irritationla leur aurait démontrée. S'ils s'étaient seulement représenté l’état des organes enflammés dans les fièvres, ils n’auraient point eu besoin de ces essais périlleux qu'ils osent se permettre: ils auraient d’abord compris pourquoi les stimulans éxaspèrent la maladie , ils les auraient abandonnés pour jamais; et de ce qu’un malade a le bonheur de revenir à la santé après une foule d’accidens développés pendant l'emploi de leurs prétendus contrestimulans, ils ne concluraient pas qu'ils l'ont guéri, et qu il faut traiter de la même manière tous ceux qui présenteront les mêmes symptômes.
Cette idée d’une diathèse-analogue à celle d’une
cause matérielle, d’une ou de plusieurs archées, est.
encore celle de Barthez, c’est-à-dire celle d’un principe vital, seul affecté dans les maladies internes, seul coupable de tous les accidens qui les accompagnent , seul passible des modifications que peuvent Apporter les moyens thérapeutiques. Mais tout cela n’est poiniä doctrine physiologique,
"rl
(16) parce que tout cela repose sur des hypothèses , et jamais sur le véritable état où se trouve chaque organe dans l’état morbide.
Bordeu est le premier auteur qui offre les linéamens de notre doctrine. Ils se trouvent dans l’idée que chaque organe est doué d’une vie particulière , et que l’ensemble de leurs actions constitue la vie générale, Mais cette idée, qui n’est pas rigoureusement vraie, n'est nullement fécondée par l’auteur lui-même. Il admet des concours synergiques, des crises, des marches très-prolongées, et fait jouer un grand rôle à la stimulation médicamenteuse , non pas dans l'intention de provoquer des déplacemens d’irritation, au profit des principaux organes, maisipour accélérer le travail de la nature médicatrice. On retrouve donc encore ici la prédominance de l’idée-mère des animistes; et quoique Bordeu ait fourni d’utiles matériaux pour construire une médecine physiologique, il est bien loin de l'avoir élevée. L’être principe vital , l’être maladie, régnant l’un et l’autre sur les organes, les modifant, devant seuls fixer l'attention du médecin, tandis que le chirurgien pouvait être dispensé de les consulter , telles sont les idées fondamentales de la pathologie de tous les dogmatiques. Or cette idée constitue, comme nous le verrons ailleurs, l’ontologie médicale qui a régné en France jusqu’à l’époque de la doctrine physiologique, et qui domine encore aujourd'hui dans toutes les contrées où cetle doctrine n'existe pas. | | 2 Al
Nous avons démontré que la doctrine physiolo-
(17) * 7 gique est fondée sarune idée neuve; qu elle n'a rien de commun avec celles qui l'ont précédée , et
de qu'elle ne saurait en être 1 une émanation. Les pro-
positions subséquentes nous fourniront l’occasion. d’en suivre le dév eloppement et d'en voir les Et
L plications.