QE LXXIII
L’exaltation commence toujours par un sys« tème organique, et se communique à d’autres, soit dans le même appareil, soit ailleurs.
Tous les tissus du corps peuvent être irrités immédiatement par les corps vulnérans et transmettre l'irritation à d'autres ; mais il en est un certain nombre que la nature a destinés à recevoir l’action immédiate des agens extérieurs indépendamment des causes vulnérantes : tels sont les sens externes et les membranes muqueuses que nous considérons comme des sensinternes. Voyez les développemens qui ont été donnés à ce sujet dans le Traité de phy-
siologie appliquée à la pathologie. Or, il n’est point
de maladie d'’irritation qui ne doive son origine à
la stimulation de l’un de ces tissus. Nous ne vivons que par la stimulation ; nous sommes incessam-
ment soumis à trois influences majeures : celle de V'air, qui agitsur les poumonset sur la peau; celledes
alimens'et des boissons, qui entrent journellement
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avec l’air dans le canal digestif ; celle des affections morales, dont les sens ont toujours été les moyens d'introduction. Ces différentes surfaces ne gardent pas toujours la surirritation qu’elles ont reçue: il
est des voies que celle-ci tend à suivre dans sa transmission : ce sont celles des sympathies, Nous les examinerons en leur lieu; mais il n’est aucun tissu, hors les cas de vulnération, qui ne reçoive la stimulation de ces mêmes organes de rapport. Examinons les plus profonds, tels que le cellulaire intraviscéräl, le lymphatique, le séreux, le fibreux et les os. Avant que l’irritation morbide s'y manifeste, les érganes de rapport ont toujours souffert; mais nous ignorons laraison pour laquelle ils ont transmis l’excitation à un de ces tissus plutôt qu'à un autre. Nous expliquons la différence par une prédisposition:; mais pourquoi existe-t-elle? Nous le voyons quelquefois, par exemple quand un tissu a reçu l’influence d’un corps vulnérant, quand un tissu est constitutionnellementtrès-irritable, comme le lymphatique chez les scrofuleux, ou quand il est voisin de celui qui a reçu l’irritation primitive : mais cette lumière nous manque souvent; par exemple, chez une personne en état de phthisie, il se forme un phlegmon dans le milieu d’un membre sans qu’aucune violence extérieure l'ait provoqué. Nous voyons bien que les viscères sont surirrités par le sang, et qu'ils sont trop sensibles à l’action des agens extérieurs , ce qui peut également avoir lieu sans pléthore; voilà de l’irritation. Mais nous ne savons pas pourquoi elle abandonne son premier
siége pour aller se fixer dans le lieu où le dépôt va se.former. | di.
Quelques médecins ci ttent des vices spontanés de nutrition qui tendent | former dans les tissus, sans rapport immédiat avec les agens extérieurs ; des tubercules et autres altérations organiques. Si ces médecins avaient raison, la proposition LXXIIT ne serait pas juste ; mais si nous éclairons les cas obscurs sur lesquels ils s'appuient, par ceux qui sont évidens, nous trouvons constamment que les organes de rapport ontsouffert l’irritation pendant un certain temps avant que ces vices organiques se: soient manifestés : ce qui nous porte à penser que c’est faute d’avoir bien vu, ou d’avoir assez observé, ‘que cés médecins ont admis la spontanéité et l’indépendance des affections dont il s’agit. Nous faisons plus : nous éclairons les faits isolés par les masses de faits, comme on le verra dans le développement des propositions relatives à ces maladies, et notre conclusion estque l’irritationdes tissus de rap port a toujoursprécédé celle des tissus que la nature a soustraits à l’influence immédiate des agens extérieurs. Nous n’insistons ici que sur les maladies irritatives de ces organes, car il ne nous semble pas possible de révoquer en doute 1a nécessité de la stimulation primitive pour la production des phlegmasies viscérales et des fièvres dites essentielles, qui ne peuvent être autre chose que l’inflammation: desorganes derapport, déterminée par le faitmême de ces rapports.
Les maladies de la croissance feraient-elles ex-