‹ Commentaires des propositions de pathologie, consignées dans l'examen des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 13 sur 50 · CXXXV1I · texte numérisé non relu

CXXXV1I

La gastro-entérite se reconnaît par les

sympathies qu'elle développe; savoir i° : les organiques , rougeur et chaleur des ouvertures des membranes muqueuses et de la peau ; altération des sécréteurs de la bile , de l'urine et surtout du mucus; 2° les relatives , qui sont les douleurs de la tête et des membranes , l'aberration de la faculté de sentir et de juger. L'influence exercée sur le cœur est commune à plusieurs autres phlegmasies.

Si l'on ajoute à ces signes ceux qui indiquent la

lésion de la fonction di&estive et les différentes doues

leurs de l'estomac et des intestins, qui ont été indiquées dans les propositions précédentes , on aura le tableau fidèle de ces maladies. Comme il ne s'agit point ici d'un traité didactique de pathologie , nous n'entrerons pas dans ces détails ; nous nous bornerons à faire remarquer que la distinction des sympathies, en organiques et en relatives, facilite singulièrement la description des maladies irritalives , et détermine, aussi bien qu'il est possible de le désirer , les indications que l'on doit remplir.

Les sympathies, ainsi distinguées, servent encore , par l'influence qu'elles reçoivent des modificateurs externes , à fortifier le praticien dans la séméiolique physiologique : par exemple , lorsqu'il voit une saignée locale dissiper le délire ,

( ai6 ) et une tasse de bouillon le reproduire l'instant d'après , n'est-il pas en droit de dire , « ce délire dépendait de l'irritation de l'estomac? » Il peut faire le même raisonnement sur les douleurs contusives des membres et sur celles de la tête : car on les voit augmenter et diminuer avec la gastrite. Le praticien est donc en droit de tirer de ces faits la conclusion que l'irritation, provoquée dans l'encéphale par l'influence de l'inflammation gastrique , est réfléchie dans l'appareil locomoteur, et que, par conséquent, le sentiment de malaise général et la faiblesse musculaire n'indiquent point une maladie totius substantice , ou une fièvre essentielle , tellp que les auteurs la représentent.

Les sympathies organiques ne sont pas moins significatives. Par exemple , l'altération du mucus de la langue , que l'on regarde comme l'indice d'une saburre bilieuse ou muqueuse, fait voir que cette saburre n'est qu'un effet de l'irritation de l'estomac; puisque la langue se nettoie, en quelques heures , par l'effet d'une saignée locale , et se salit de nouveau si l'on revient trop tôt à l'usage des stimulans. Les variations de l'urine , sous l'influence desrnêmes modifications , prouvent manifestement que l'altération des sécréteurs n'est point l'effet d'une matière morbifique , exigeant un travail de coction d'une certaine durée ; ces variations combattent donc victorieusement les théories humorales et ontologiques, Enfin, la facilité avec laquelle on fait pâlir et rougir la langue, la gorge, la conjonctive, en calmant ou en exaltant l'irritation de l'estomac, ne

( ai7 ) permet, pas de douter que cette rougeur ne soit une répétition sympathique de celle qui existe dans la membrane interne de ce viscère. C'est ainsi que tous les faits sont mis à profit par un médecin véritablement physiologiste.

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