CL1I
Les gastrites boulimiques dépendent souvent de l'abus des ingesta stimulans, et surtout des médicamens dits stomachiques administrés quand la gastrite n'est encore que légère.
L'estomac est, après l'appareil ence'phalique, l'or-
gane auquel il est le plus facile de communiquer un surcroît d'action vitale, et, par une fatalité' bien désastreuse pour l'espèce humaine, c'est celui que les médecins de tous les temps ont regarde' comme le plus sujet à tomber au-dessous du type normal de vitalité'. Cette erreur est une conse'quence ne'cessaire de l'ignorance des caractères de la gastrite. L'estomac est éminemment nervoso-sanguin; c'est à cela sans doute qu'il doit son excessive irritabilité : rien au monde de plus facile que d'augmenter l'action digestive chez une personne en santé, et de la faire assimiler beaucoup plus que ne l'exige le besoin de sa nutrition. Heureusement pour l'espèce , l'estomac exerce une influence très puissante sur toutes les voies d'élimination ; mais , malgré cette précaution, la nature est souvent mise en défaut par l'abus de certains ingesta stimulans. Il en est, tels que les amers et les substances aromatiques , qui élèvent la force assimilatrice à un tel degré de puissance , que si les personnes ne sont soumises à des exercices musculaires considérables et soutenus, elles ne peuvent se soustraire à la surexcitation morbide, et que même, nonobstant ce secours, elles ne laissent pas d'en subir les fâcheuses conséquences. C'est ici le cas de rappeler, en nous résumant, ce qui a été dit sur le même sujet dans le Traité de physiologie appliquée à la pathologie : tant que les sujets surexcités sont dans la période d'accroissement, ou qu'ils dépensent par un exercice proportionné à l'ingestion, cette surassimilation peut être sans inconvénient ; mais aussitôt que l'âge, un genre de vie plus sédentaire,
clés affections morales , la susceptibilité que le défaut du grand air fait toujours contracter à la peau, les privent de leurs anciens moyens d'équilibration; la balance entre l'acquisition et la dépense n'existe plus , et l'imminence morbide s'établit. Elle se manifeste d'abord par 3a pléthore sanguine et par des phlegmasies aiguës ; mais, plus tard , lorsque les sujets ont perdu l'aptitude aux réactions violentes, on voit se manifester toute la série d'infirmités dont la proposition nous rappelle le souvenir. C'est ainsi que s'expliquent les rapports que Stalil avait observés entre la goutte , la gravelle, le calcul, les hémorrhoïdes, l'hypochondrie, l'apoplexie, l'asthme, etc. , maladies qui furent successivement attribuées, dans les différens âges de la médecine , aux désordres des élémens , à la dépravation des humeurs , au tartre, à des fermens à la paresse cle l'archée, à l'humeur séreuse , à la pléthore et au relâchement de la veine porte, sans égard à l'irritation des capillaires de la membrane muqueuse , au spasme et à l'atonie du système nerveux , au défaut de la dépuration du sang, à la débilité de l'estomac, et définitivement à des principes inconnus , que l'on devait combattre d'après le souvenir plus ou moins vague des succès et des revers , sans chercher à s'en former une juste idée.
C'est donc chez les sujets que l'abus des stimulans a conduits à la surirriîation gastrique que se déclare ce qu'on appelle la boulimie , maladie qui ne s'associe pas constamment à toutes celles dont on vient de donner Vénumération , mais qui leur