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( 5SG ) d'en donner la démonstration? Or, s'il ne les a pas, et qu'il faille s'en rapporter à ce que nos sens peuvent apercevoir sans leur secours, comment, je le re'pète , soutenir une telle proposition en pre'sence des faits nombreux qui constatent que les arte'rites ne sont ni moins possibles , ni moins complètes que les phlébites dans les artères visibles à l'œil nu, ou armé des microscopes que nous possédons ? A peine trouve-t-on un cas . d'anévrysme du cœur sur dix ( je ne dis peut-être pas assez ) , où il n'existe une artérite fort étendue : je l'ai trouvée bien souvent propagée jusqu'aux artères les plus petites. Ne vient-on pas de constater que l'arlérite accompagne la variole, au moins dans un grand nombre de cas? On la trouve également, ainsi que la phlébite, à la suite de la scarlatine et de la rougeole lorsqu'elles sont mortelles, ainsi que plusieurs fois j'ai eu soin de m'en assurer. Et les nerfs ne sont-ils pas également susceptibles d'inflammation , et ne peut-on pas leur appliquer îe raisonnement qui vient d'être fait sur îe système vasculaire ?
Tout ce que l'on peut conclure des expériences de M. Cruveilhier, c'est qu'un foyer d'inflammation présente , généralement parlant , plus de veinules que d'artérioles enflammées, et que l'inflammation des tissus capillaires se propage plus facilement dans les veines que dans les artères; ce qui n'empêche pas , je le répète encore , que l'artérite ne soit une maladie commune , et qui joue un rôle très important dans les plilegmasies éruptives et dans presque toutes les maladies du cœur.
On peut, si on le juge à propos, consulter ce que nous avons dit dans la Physiologie appliquée à la pathologie , tome II, sur la manière dont l'irritation se développe dans le système vasculaire san-
&um.
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Le mot phthisie pulmonaire n'exprimant que la désorganisation qui est le produit de la phlegmasie du parenchyme pulmonaire , ne saurait être appliqué à cette phlegmasie; il vaut mieux la nommer pneumonie chronique, en spécifiant par lequel des tissus du viscère elle a commencé.
A force de multiplier les observations et les recherches sur les causes et sur les formes diverses de la phthisie pulmonaire , on en était venu au point de ne plus s'entendre sur le sens de ce mot , et cela dépendait manifestement de ce qu'on ne savait pas rattacher les faits à des principes vraiment physiologiques. Un homme se présentait-il avec de la toux, de l'expectoration, de la maigreur; on le déclarait phthisique , parcequ'on en avait vu périr d'aulres avec le même appareil de symptômes : mais il guérissait, et l'on était obligé ou de convenir qu'il n'avait point été phthisique , ou de dire qu'une consomption du corps avec désorganisation des poumons
( 588 ) avait elé guérie , ce qui, sans être impossible , e'iait au moins très difficile à prouver. D'autre part, un sujet affecté le'gèrement, en apparence, d'une irritation des bronches ou de la plèvre, demandait des conseils à un me'decin; celui-ci le rassurait hardiment sur l'issue redoutée de sa maladie ; il la déclarait bénigne, et prononçait que son malade n'avait point à redouter la phthisie pulmonaire. Le malade négligeait entièrement cette affection , on la traitait d'une manière peu active ; elle faisait des progrès , et bientôt les gens de l'art lui apprenaient que , pour avoir laissé passer le moment favorable au succès du traitement, il avait donné à la phthisie pulmonaire le temps de se former. Si Ton s'était bien entendu sur le sens à donner à ces expressions , il est clair qu'une semblable équivoque n'aurait point eu lieu.
Mais voici un malentendu d'une tout autre espèce. Quelques médecins, frappés de rencontrer toujours dans le poumon les granulations que l'on appelle tuberculeuses, n'hésitèrent pas à atiribuer la phthisie pulmonaire exclusivement à ces corps étrangers , et les mots être phthisique devinrent synonymes de ceux avoir des tubercules dans le tissu du poumon. Cette opinion avait fait de tels progrès parmi nous dans les premières années de ce siècle , que certains médecins très renommés avaient entrepris de prouver que, puisqu'un chêne tout développé est la même chose qu'un gland de chêne non encore germé, mille tubercules parvenus en maturité et creusant le parenchyme pulmonaire de nombreuses cavernes remplies de pus, devaient être la même chose que mille tuher-
( 3S9 ) cules commençans ; d'où il résultait clairement, suivant les mêmes logiciens, que celui qui n'avait encore qu'une légère toux était atteint de la même maladie que celui qui crachait le pus et qui était parvenu jusqu'au dernier degré du marasme , pourvu que cette légère toux fût l'effet de tubercules naissans formés dans le parenchyme du poumon. L'un et l'autre étaient également , aux yeux de ces auteurs , de véritables phthisiques.
En leur accordant cette conclusion , qui n'est pas rigoureuse , puisqu'il y a chez le phthisique parvenu au dernier degré plusieurs maladies qui n'existeraient pas chez l'homme qui n'aurait encore que des tubercules naissans , la difficulté était toujours de juger si la toux et l'irritation de poitrine de l'homme encore sans fièvre et sans maigreur, étaient l'effet de tubercules commençans. Malgré toute leur habileté , les médecins qui suivaient cette opinion n'avaient aucun moyen sûr de résoudre cette question. Ils avaient recours au tempérament, à l'hérédité ; s'ils trouvaient dans la famille quelque» exemples de phthisie, ils affirmaient que la toux du malade dépendait des tubercules ; s'ils n'en rencontraient aucun , et que le sujet fût robuste et doué de larges épaules , ils prononçaient que la toux ne pouvait être l'effet des tubercules ; si le sujet délicat venait à guérir, on soutenait que les tubercules étaient restés slationnaires et que la phthisie n'était qu'ajournée; mais si pourtant la guérison se trouvait consolidée , on était obligé d'avouer qu'on s'était trompé, et qu'au lieu de tubercules il n'y avait eu