‹ Commentaires des propositions de pathologie, consignées dans l'examen des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 33 sur 50 · Patk · texte numérisé non relu

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elles sont possibles dans les muscles locomoteurs , dans les viscéraux et dans les capillaires où prédominent les nerfs de relation : exemples, les névralgies.

Il est clair que cette proposition indique toutes les convulsions de l'appareil locomoteur, l'épilepsie , le tétanos , la chorée et ses varïéte's ; tous les mouvemens convuîsifs irréguliers; les crampes dans lesquelles la sensibilité des fibres contractées est si exaltée ; les névralgies , où Ton voit en même temps, lorsque les nerfs affectés communiquent avec des organes sécréteurs, tels que l'œil , convulsions, douleurs , injection des vaisseaux capillaires sanguins , turgescence , augmentation des phénomènes de sécrétion et. d'excrétion. Cette réunion de symptômes retrace naturellement à l'esprit l'idée de la phlogose; et si, au lieu de disparaître spontanément, les phénomènes persistaient, la névralgie se trouverait changée en inflammation, sorte de transmutation dont on possède plusieurs exemples. "Voilà donc trois espèces de surexcitations nerveuses extérieures, ou de névroses actives. Piappelons-les: i° exaltation de la contraction musculaire ; 2°exaltation de la sensibilité ; 3° exaltation des phénomènes de circulation capillaire, de sécrétion et d'excrétion. Comme on retrouve touscesphénomènes dausles névroses idiopathiques des organes des sens , qui n'ont pas encore amené d'altération organique, ces névroses se rallient de droit à la première section des actives. Voyons pré-

( 5o3 ) sentement si les organes intérieurs offriront des phénomènes de même nature, et qui les fassent rentrer dans la proposition qui nous occupe.

Puisqu'il s'agitdes augmentations de la sensibilité, et des mouvemens musculaires et vasculaires, nous ne pouvons nous dispenser de reconnaître que toutes les névroses viscérales doivent être ici placées. Ces névroses , en nous conformant aux nosologies les plus en crédit, sont d'abord l'hypochondrie et l'hystérie , deux vastes genres de névropathie qui embrassent la presque totalité des phénomènes nerveux actifs ; ensuite les névroses du pharynx, du larynx, des poumons , du cœur; puis celles de chacun des viscères de l'abdomen en particulier et des organes sexuels , en tant qu'ils ne font pas partie des entités hystérie et hypochondrie.

Remarquez que toutes les névroses viscérales s'accompagnent plus ou moins des névroses actives extérieures Les phénomènes de sensibilité et de mouvement commencent dans les viscères, et, lorsqu'ils s'y sont élevés à un certain degré d'intensité, on les voit se répéter dans les nerfs extérieurs de relation ; ce qui veut dire que la névrose extérieure s'ajoute, au bout d'un certain temps, à l'intérieure.

Observez de plus que, pendant toute la durée des phénomènes nerveux internes, les trois exaltations déjà notées à l'extérieur sont aussi reproduites dans les appareils splanchniques : i° l'augmentation de la sensibilité est évidente , quoiqu'elle se manifeste sous des formes qui ne ressemblent pas exactement

( 5o4 ) aux douleurs cfe la périphérie ; 2° les mouvemens convulsifs se passent dans les fibres musculaires des viscères creux, et sont connus sous le nom de mouvemens spasmodiques ; on voit ou Ton sent ces viscères se contracter ou se relâcher avec plus ou moins de promptitude ou de lenteur, sous les formes de palpitations. -constriclions, étrangle mens, suffocations , pressions plus ou moins fortes dans l'intérieur, comparées à une griffe, à une main de fer, etc. Alors les muscles du torse, qui sont associés aux mouvemens des fibres musculaires splanchniques, et que nous avons appelés céphaîo-splanchniques , ne manquent jamais de se mettre à Tunisson ; 3° les augmentations d'action des tissus cellulaires et les altérations des sécrétions sont assez indiquées dans les névroses de l'intérieur par des sensations de chaleur et de froideur, par les variations de la coloration et de la température de la peau du visage, et surtout des ouvertures des membranes muqueuses , variations qui correspondent toujours à des changement analogues qui se passent dans les organes plus profondément situés ; par les augmentations, diminutions, altérations des sécrétions qui se déchargent normalement à l'extérieur du corps, comme la sueur, la salive, l'urine, le sperme, le mucus des embouchures des membranes muqueuses; par les gaz qui se développent quelquefois subitement dans le centre des organes creux, tels que l'estomac, les intestins , la matrice et même la vessie, et par la condensation subke et la réduction en liquides de ces mêmes gaz dans une condi-

( 5o5 ) tion de l'irritabilité différente de celle qui venait de donner lieu à leur formation ; enfin par l'expulsion anormale des produits de certains sécréteurs qui travaillent plutôt pour la résorption , que pour l'excrétion. On voit qu'il s'agit ici des vomissemens bilieux, séreux, ou glaireux, et des éructations et autres dégagement, subits de gaz que l'on observe si souvent par les différentes ouvertures chez les hystériques , les mélancoliques et les hypochondriaques de toute espèce.

Telle est la somme des phénomènes des névroses actives, tant internes, qu'externes : on voit que celles de relation peuvent exister seules et sans mélange , mais que les viscérales ne sauraient être conçues sans la complication des premières. Il en est quelques unes qui, quoique rapportées exclusivement aux fonctions de relation par les nosologistes,ne peuvent être expliquées que par la combinaison des deux ordres de phénomènes ; telles sont les vésanies qui accompagnent si souvent l'hypochondrie et l'hystérie ; telles sont aussi la catalepsie, l'epilepsie, l'apoplexie : mais indépendamment de et que j'en ai dit, en parlant des phîegmasies cérébrales , je me trouverai bientôt forcé d'y revenir ; ainsi passons sur ce point pour nous occuper des névroses passives, afin que le rapprochement des tableaux de ces diverses maladies nous facilite la comparaison que nous devons en faire, et la recherche des modifications physiologiques dont elles1 dépendent.

Les névroses passives consistent dans la diminution ou l'abolition de la sensibilité et de la contractilité musculaire ; elles ne peuvent être complètes que dans les appareils

locomoteur et sensitif.

Qu'un nerf cesse de faire percevoir des sensations ou exécuter des mouvemens, c'est un fait très commun et. qui constitue la névrose passive. Mais ce fait général ne suffit pas au médecin qui sent la nécessité de se rendre compte de ce qu'il observe. Quelle est cette diminution ou celte perte de l'action nerveuse ? comment arrive-t-elle ? est-elle directe ou indirecte , primitive ou secondaire? Toutes les branches nerveuses en sont-elles susceptibles? Voilà des questions qu'on est forcé de se faire à soi-même pour ne pas tout confondre et se voir réduit au plus aveugle empirisme.

Cette diminution de l'action nerveuse, qui nous frappe dans la névrose passive , ne peut être expliquée que par ses rapports avec les causes diverses qui l'ont produite. Or les causes organiques que l'observation nous à fait connaître les premières sont l'affection du cerveau ou de la moelle épinière, et l'affection des nerfs paralysés. Voilà déjà une première idée, mais elle ne nous mène pas assez loin. Nous désirons savoir en quoi consistent ces affections, c'est-à-dire, quels phénomènes physiologiques elles constituent.

Hé bien, recourons donc encore à l'observation : elle nous apprendra que les affections cérébrales et rachidiennes qui occasionnent des parajysies dans les muscles soumis à la volonté , rentrent dans les irritations de la substance blanche ou grise, et dans celle des membranes soit du cerveau soit de la moelle épinière, parceque les membranes ne peuvent être affectées sans que la pulpe le soit; ainsi, sous ce premier rapport, la névrose passive viendra se placer comme effet, ou conséquence nécessaire de toutes les inflammations proprement dites et de toutes les irritations qui auront pu déterminer de l'engorgement et par snite de l'exiravasation dans l'encéphale et dans son prolongement rachidien.

Les mêmes nerfs qui auront causé de la douleur et qui auront déterminé des convulsions dans un premier degré d'irritation du cerveau ou de la moelle , et qui , par conséquent, auront été dans un état de névrose active , n'exciteront plus ni l'un ni l'autre de ces phénomènes , et seront frappés de névrose passive, lorsque la même irritation aura produit une désorganisation , une compression ou même un simple engorgement dans le tissu qu'elle atlaque.

Voilà déjà quelque chose de satifaisant : l'esprit s'arrête avec plaisir sur l'explication qu'on lui présente ; il conçoit sans difficulté que, puisque la faculté de sentir et celle d'ordonner des mouvemens réguliers ont leur siège dans le cerveau, l'intégrité de ce viscère est nécessaire à leur exécution et que cette inlégrité ne peut être lésée sans qu'elles &n souffrent.

Fort bien! mais, puisque le défaut de mouvement n'est relatif qu'à la volonté', il n'est pas absolu, et d'autres agens que cette faculté' peuvent déterminer l'action dans les muscles paralyses par affection cérébrale ou médullaire. C'est aussi ce que l'on peut constater en faisant parvenir le stimulus de l'électricité jusqu'aux nerfs d'un membre paralysé.

Au surplus la même preuve nous est souvent administrée par la maladie elle-même. L'irritation cérébrale ou racliidienne qui a produit l'engorgement ou l'épancberaent d'où dépend la paralysie , prend quelquefois un nouveau degré d'intensité dans le pourtour ou même dans le centre de la région affeclée : alors , si cette région n'est pas désorganisée , si les nerfs paralysés sont encore en communication par quelques unes de leurs fibres, avec une partie du foyer de l'irritation cérébrale ou racbidienne , celle-ci est propagée jusqu'à leurs extrémités; et ces nerfs, qui depuis long-temps ne déterminaient aucun mouvement, ne faisaient percevoir aucune sensation , excitent maintenant des convulsions ou des secousses convulsives plus ou moins douloureuses dans les muscles jusqu'alors insensibles et immobiles. C'est de cette manière aussi que paraît produite la contracture des membres qui d'abord avaient été frappés de paralysie : la volonté n'y est pour rien. On voit que , dans la même irritation cérébrale , les nerfs extérieurs qui correspondent à la substance cérébrale sur-irritée, peuvent passer successivement de l'état aigu à l'état passif, puis revenir à ce premier et retomber encore dans le second.

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Il est pourtant un terme à la résurrection du sentiment et du mouvement dans les parties paralysées : c'est lorsque leurs nerfs sont restés plusieurs années sans recevoir, soit du cerveau, soit d'ailleurs, aucune espèce d'excitation. Cette longue inertie les amène, ainsi que leurs muscles, à un degré d'atrophie qui les rend impropres à toute action. Ainsi, l'état passif, qui n était d'abord que relatif dans ces sortes de névroses, finit par être absolu; et, comme les nerfs sont les conducteurs de toutes les excitations , celle des vaisseaux de la partie s'affaiblit de plus en plus, et l'atrophie porte définitivement sur tous les tissus qui la composent. Le petit nombre de nerfs détachés du grand sympathique qui parviennent avec les artères dans les tissus capillaires du lieu, ne suffisent pas pour empêcher cette flétrissure ; pareeque telle est l'organisation des appareils locomoteurs, que la principale source de l'excitation qui les entretient vient des nerfs de relation et non de ceux du grand sympathique.

On croit être assuré que certains nerfs sont destinés au mouvement tandis que d'autres ne doivent servir qu'au sentiment, ou plutôt que chaque paire de nerfs a deux sortes de fibres qui s'insèrent en des lieux différens , soit du cerveau, soit de la moelle , et dont les uns sont pour le mouvement et les autres pour le sentiment. Celte découverte, que j'admets sans sucune difficulté , ne change rien à la théorie qui vient d'être exposée. Elle explique seulement pourquoi le sentiment et le mouvement peuvent être affectés isolément dans la même partie :

( 5 io ) mais nous possédions déjà un fait analogue dans les névroses des organes des sens , et tout le monde en donnait la même explication ; personne n'ignorait que la vision et le mouvement des yeux , le goût et les mouvemens de la langue ne sont dans certains cas isolément affectés que parceque les nerfs des sens sont différens de ceux des mouvemens musculaires. La même disposition était déjà plus que probable, d'après ces faits, dans le sens général du toucher. Toutes les fois que l'organe du sens est voisin de celui du mouvement, rien de plus simple que de renfermer les nerfs de l'un et de l'autre sous la même enveloppe , et c'est ce que la nature a fait dans toute l'étendue de la colonne vertébrale , où les racines posiérieures sont pour le sentiment et les antérieures pour le mouvement.

Mais qu'importent ces différences à la doctrine physiologique? font-elles que les nerfs soient autre chose que des tissus destinés à transmettre la stimulation d'une partie du corps à d'autres? érigent-elles les fibres nerveuses sensitives et les fibres nerveuses motrices en des puissances particulières, indépendantes les unes des autres, et toutes ensemble de l'appareil encéphalique? Que peut un nerf sensitif isolé du cerveau? pas plus qu'un nerf moteur. Il est réduit à répandre dans le tissu où il se trouve circonscrit quelques faibles stimulations qu'il reçoitpar ses anastomoses avec d'autres nerfs, et qui ne peuvent servira donner des perceptions, ni à faire exécuter des mouvemens réguliers. Le peu de perceptions confuses que permettrait une faible communication avec

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le centre nerveux, et les mouvemens irréguliers, purement locaux , qui pourraient exister encore dans quelques cas, ne tardent pas a disparaître, et la partie à s'acheminer vers l'atrophie.

Quant aux cas où un membre , paralyse' par cause cére'brale, conserve encore la faculté de sentir, ils prouvent seulement que la partie de l'ence'phale où s'insèrent les fibres nerveuses destine'es au sentiment, n'est pas malade malgré le voisinage du lieu affecté, c'est-à-dire que le foyer de l'irritation cérébrale n'est pas aussi étendu qu'il pourrait l'être et qu'il l'est en effet dans les cas les plus ordinaires. Aucun de ces faits ne peut constater ni l'isolement de plusieurs facultés sensitives ou motrices , ni leur circonscription dans certaines paires de nerfs ou dans quelques fibres nerveuses. Cette manière d'expliquer est superficielle et ontologique. Mais, comme nous l'avons réfutée dans notre traité de Physiologie, il serait inutile d'y revenir.

Après l'affection du cerveau et de la moelle épinière, vient celle des nerfs eux-mêmes, considérée comme cause de névroses passives. Nul doute qu'un tronc nerveux d'un gros volume ou un plexus de nerfs cérébro-rachidiens ne puisse être attaqué d'inflammation véritable. Le grand nerf sciatique, les nerfs axillaires et brachiaux en offrent des exemples assez fréquens. Nous ajouterons même ici, parceque c'est le lieu de le dire, qu'il faut avoir plus d'égard, sous le rapport de l'étiologie , au névrilème qu'à la substance nerveuse proprement dite, qui, d'ordinaire, n'estaffectée que d'une manière secondaire. En effet

c'est comme tissus gélatineux, approchant de la nature des aponévroses, des ligamens et un peu des membranes séreuses , que le névrilème des grands nerfs reçoit l'irritation rhumatismale sous l'influence du froid, et souvent en même temps que les autres tissus gélatineux et celîuleux qui l'entourent ou l'avoisinent. Sans doute plusieurs autres causes peuvent la lui transmettre : il s'affecte quelquefois à la suite de la suppression de quelque évacuation habituelle, soit sanguine, soit suppuratoire ; parfois aussi les stimulations médiates ou immédiates, les contusions , la pression d'un os déplacé , les ligatures , dilacérations , piqûres , pressions de quelques uns de ses cordons, développent l'inflammation dans le tronc même ; mais la cause la plus commune, des névralgies sciatiques surtout, est. incontestablement l'impression du froid , et la formation de cette maladie est simultanée avec celle de l'irritation rhumatismale.

Au surplus, quelle qu'ait été la cause de l'état actif des névroses des gros troncs nerveux , ce n'est pas cet état, que nous examinons maintenant. Ce sont les conséquences d'une névrite qui, en détruisant le nerf d'un membre dans un point circonscrit , y produit une solution de continuité qui interrompt toute communication entre le cerveau et le reste du nerf. Or les conséquences dont il s'agit sont, analogues, à quelques accidens près, à celles qui résulteraient d'une ligature , d'une compression ou d'une section : ce sont la paralysie du membre et par suite la flétrissure et l'atrophie. Ici les inflammations gangreneuses sont possibles, parceque l'inflammation

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qui désorganise le tronc ou le plexus, se propage plus ou moins le long de ses cordons et pe'nètre même souvent jusqu'aux vaisseaux capillaires cutane's. Les contusions violentes , non plus du nerf lui-même à travers l'enveloppe cutane'e , mais du membre tout entier dans les chûtes et les fortes commotions, peuvent être suivies d'une paralysie immédiate , sorte de ne'vrose passive qui, bien que dépendante d'une cause des plus actives , n'es! point consécutive à l'inflammation. Le système nerveux est susceptible de certains ébranlemens subits qui le paralysent tout à coup, indépendamment de tout mouvement inflammatoire. Cette modification est celle de la substance nerveuse elle-même : aussi est-elle plus fréquente dans le cerveau et dans le rachis, que dans les nerfs. De toutes les causes qui peuvent la produire , la commotion électrique est la plus puissante. Les vives affections morales , surtout quand elles sont tristes , douloureuses, produisent aussi de pareils effets, mais plutôt en agissant sur le cerveau , que sur les nerfs des extrémités, qui ne sont affectés que secondairement; de sorte que cette paralysie est plus cérébrale que nerveuse. Il est des cas où ces paralysies sont la suite d'un véritable épanchement. Mais il en est aussi dans lesquels la désorganisation, mère de la paralysie , n'existe que dans les molécules invisibles de la subtance médullaire de l'encéphale.

L'interception du cours du sang figure, comme chacun sait, au nombre des causes qui peuvent déterminer la paralysie d'une extrémité; mais alors la maadie principale appartient à f appareil circulatoire. En

( Bi4 ) effet, une irritation des artères d'un membre, soit locale et accidentelle, soit propagée du cœur et répandue plus ou moins , dénature les vaisseaux , les oblitère, se communique quelquefois aux veines et peut occasioner des paralysies incurables. Mais lorsque les nerfs qui marchent de concert avec les vaisseaux participent à l'inflammation , il y a toujours d'atroces douleurs , et l'inflammation gangreneuse , dite gangrène spontanée, de cause interne ou séniîe, précède la paralysie , ou la prévient en amenant la destruction de l'individu. L'impression du froid sur une extrémité suffit aussi quelquefois pour en paralyser les mouvemens; mais, dans la plupart des cas, cette paralysie est rhumatismale. Par paralysie rhumatismale, nous entendons celle qui succède aux longues douleurs occasionées par le froid. Elles sont précédées et accompagnées d'un engorgement des tissus fibreux , aponévrotiques , tendineux et même cellulaires du membre malade , et quelquefois d'une dégénération graisseuse , avec disparition du tissu musculaire dont la fibrine paraît avoir été résorbée. Quoique les nerfs de l'extrémité atrophiée participent à celte altération organique, comme le prouvent les exsudations gélatineuses, albumineuses , les épaississemens et les ossifications qu'on y observe, cette maladie ne doit pas être toujours placée dans les névroses. ïl est certain que le froid peut affecter primitivement et principalement les nerfs des muscles locomoteurs ; qu'il peut y occasioner , tantôt un état névralgique , résultant de la phlegmasie du névrilème,

( 5i5 ) et tantôt une immobilité paralytiforme , soit immédiate, soit consécutive.

Nous avons déjà parlé de ces névralgies par le froid, sortes de névroses actives que nous avons observées à la face , dans les membres ; dont nous avons plusieurs fois triomphé, lorsqu'elles étaient récentes, par des saignées locales et des topiques émolliens et narcotiques , et nous avons fait voir comment elles dégénéraient en névroses passives; mais cela n'empêche pas qu'il ne faille encore admettre la paralysie locale consécutive au rhumatisme chronique , c'est-à-dire à une subinflammation qui a produit l'engorgement et la dégénération des tissus fibreux cellulaires et quelquefois lymphatiques du membre affecté.

Nous avons vu des paralysies d'un bras chez des nourrices qui s'étaient épuisées parla lactation; mais, l'autopsie ne nous ayant rien appris sur la cause organique de cette névrose passive, nous nepouvons en parler que pour rattacher ces faits à ceux de même espèce déjà observés et qui tous laissent la même chose à désirer. Il survient fréquemment des douleurs et par suite de véritables paralysies dans les membres, par l'influence des phlegmasies chroniques des viscères de la poitrine et du bas-ventre. Rien de plus commun que ces sortes de névroses , et rien sur quoi le vulgaire médical commette plus d'erreurs. Presque tous ceux qui portent des pleurésies chroniques, des irritations du cœur, de vieilles affections de la rate, du foie, de la vésicule biliaire, des reins et des ovaires; un grand nombre de

( 5i6 ; gens affliges de gastrites et d'entérites , ou de colites chroniques, soit seules, soit accompagne'es des affections ci-dessus, ont des douleurs dans les muscles locomoteurs, surtout dans ceux des membres, et Quelques uns, des attaques de paralysie, qui peuvent devenir permanentes. Ces personnes attribuent les incommodite's dont il s'agit à leur rhumatisme; et les me'decins dont elles réclament les soins sont d'autant plus portés à le croire, que lorsque la douleur prédomine dans les nerfs musculaires, elle diminue, ou disparaît même totalement, dans les viscères simultanément affectés.

Celui qui voudra se rendre compte de ces douleurs et des suites qu'elles peuvent entraîner, doit reporter son attention sur les lois primitives de l'organisme, et sur ce qu'on appelle les propriétés vitales. ïl est plus qu'évident que les douleurs, c'està-dire les sensations pénibles , ne peuvent résider que dans le cerveau : il n'y a donc à observer dans les nerfs qui communiquent avec ce viscère, autre chose que les mouvemens organiques d'où résulte la sensation, et ces mouvemens se rapportent à l'irritation; c'est cette espèce que nous avons appelée nerveuse, afin de la distinguer de Y inflammatoire et et de la subinfiammatoire . Elle est placée entre ces deux espèces et le cerveau , qui n'en aurait point sans elle la perception. Mais , parlons sans figure , l'irritation inflammatoire, ou la subinflammatoire, existant dans les extrémités vascuiaires d'un organe quelconque, dans les tissus celluleux diversement «configurés qui leur servent de moyen d'union , et

( 5, 7 ) flans la matière nerveuse qui s'y trouve disse'mine'e, il faut nécessairement qu'il s'en de'veloppe aussi dans les cordons nerveux communiquant avec cette matière ; il faut que cette nouvelle irritation soit conduite jusqu'au cerveau, et que ce viscère jouisse des conditions propres à la perception, pour que le phénomène de la douleur soit ajouté à ceux de l'irritation organique , qui constituent l'inflammation ou la subinflammation. Or cette propagation d'irritation de la matière nerveuse d'un foyer dans les cordons nerveux qui communiquent avec elle, tend incessamment à se faire, et se fait sans interruption, même dans le temps où le moi n'est pas modifié dans ce mode qui fait prononcer les mots/e souffre (1).

La première conséquence qui résulte de cette théorie , ou plutôt de ce fait général de physiologie pathologique , c'est que tous les nerfs qui avoisinent un foyer inflammatoire ou subinflamrnatoire , sont perpétuellement dans un état d'irritation.

Par nerfs qui avoisinent, nous n'entendons pas seulement ceux de l'organe malade qui sont dans le pourtour du foyer, nous voulons aussi désigner, pour les cas où le foyer est dans un viscère , les nerfs des sens et des muscles locomoteurs, qui communiquent par* des filets splanchniques avec ceux des viscères, puisque l'expérience atteste qu'ils sont souvent douloureux et irrités, au point de provoquer de vives convulsions dans les fibres musculaires

(1) S'il faut propagation d'irritation à l'encéphale pour qu'il y ait sensation, la sensation n'est pas le résultat nécessaire de toute propagation d'irritation à l'encéphale.

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