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( f"» ) auxquelles ils se distribuent, et d'akërer la se'crétion du tissu glanduleux voisin auquel ils pourraient fournir quelques filets. Cependant une pareille irritation tend à développer ces nerfs, à les hypertrophier , à en faire de petits foyers de phlegmasie ou de subinflammation. Elle les travaille perpétuellement, même lorsqu'elle ne cause point de douleur; et lorsqu'elle a fort exalte' leurs mouvemens organiques, ils appellentparfois si fortement l'attention, que le foyer viscéral d'inflammation est perdu de vue, et qu'il semble s'être opéré une révulsion et même une véritable guérison. Cette diversion est d'autant plus facile et plus fréquente, que ces nerfs sont souvent plus développés que ceux du viscère malade, et correspondent plus directement qu'eux avec l'encéphale. 11 est des cas, nous le savons, où l'inflammation chronique d'un viscère occasione plus de sensations désagréables dans l'appareil splanchnique, que dans les parties extérieures. Cela s'observe parfois dans l'état névropathique dont nous avons déjà parlé , et sur lequel nous allons bientôt être forcé de revenir. Pourquoi ces différences entre des cas en apparence de même- espèce? Peut-être sera-t-il possible un jour de répondre à cette question: nous pouvons toujours dire à présent que les douleurs et les paralysies sympathiques des membres peuvent reconnaître la même cause que la névropathie avec prédominance de sensations dans les viscères ; que ces deux ordres de phénomènes, lors même qu'ils sont dépendans de la même phlegmasie viscérale, se remplacent quelquefois alternative-
ment, l'irritation irradiant, tantôt plus sur les nerfs extérieurs, tantôt plus sur les intérieurs ; enfin qu'il est des circonstances où ils se compliquent et se maintiennent simultanément , avec cette différence que l'un est quelquefois plus prononcé que l'autre, et appelle plus fortement l'attention des malades et des médecins.
Quiconque voudra' observer attentivement ces faits que la nature, pour notre malheur, ne laissera jamais manquer , aura bientôt compris pourquoi la proposition que nous commentons , porte que la paralysie ne peut être complète que dans les appareils locomoteurs et sensitifs. En effet, l'excès de l'irritation, même sympathique, peut bien détruire l'innervation, ou l'aptitude à l'innervation, dans les nerfs des sens aussi bien que dans ceux des muscles volontaires ; mais cet excès ne saurait produire le même effet dans les nerfs qui dépendent du grand sympathique. Nous l'avons déjà dit , il n'y a point de paralysie dans les muscles respirateurs que nous avons désignés, pour mieux signaler leur rôle , par le titre de céphalo-splanchniques : on ne peut y constater qu'un état d'immobilité dépendant de l'affection des vicères sous-jacens ; tel est celui que l'on observe dans les muscles intercostaux correspondans aux régions enflammées de la plèvre ou du poumon. Si ces régions guérissent, les mouvemens arrêtés se rétabliront; ils n'auront été que suspendus : si au contraire elles restent en proie à l'inflammation chronique, les muscles toujours immobiles subiront, une véritable atrophie , pareille à celle des muscles
volontaires réellement paralysés. Le vice de nutrition sera même partagé par les os voisins; ils deviendront légers et fragiles comme on peut chaque jour l'observer chez les phthisiqiies et chez les empyémaliques. Le diaphragme, les muscles abdominaux, sont exposés au même genre d'immobilité, dont la durée est uniquement subordonnée à celle de l'irritation viscérale qui en est la cause.
Si les muscles extérieurs , en partie volontaires , en partie involontaires, ou plutôt primitivement et fondamentalement involontaires, passagèrement et accidentellement volontaires sont affranchis de l'état paralytique , cela ne peut dépendre que de leur liaison intime avec les viscères ; ils sont tous ou respirateurs ou coadjuteurs des ingestions et des excrétions : s'ils se paralysaient, la mort viendrait par eux et non par les viscères, ce qui ne s'est jamais vu, sinon dans les expériences. Mais s'ils sont liés avec les viscères, cela ne peut dépendre que de leurs communications multipliées avec le grand sympathique; et si telle est la cause de l'impossibilité de leur paralysie, il est indubitable que les fibres musculaires des viscères sur lesquelles ce même nerf exerce encore plus d'influence, ne peuvent être affectées de l'état paralytique. En vain nous objecterait-on que la huitième paire, qui est un nerf cérébral, préside aux raouvemens des tuniques musculaires des viscères creux : nous répondrions que, si les nerfs intercostaux , quoique d'origine rachidienne, c'est-à-dire cérébrale, ne laissent point tomber leurs muscles en paralysie , par la seule
( 52> ) raison qu'ils ont des communications fréquentes avec le grand sympathique, celui de la huitième paire ne doit pas non plus permettre les paralysies dans aucune des régions où il a des rapports multipliés avec ce même nerf : et en effet l'expérience prouve que la paralysie n'est possible que dans les lieux où la huitième paire prédomine , seule ou avec d'autres nerfs, sur les cordons provenant du grand sympathique, c'est-à-dire au larynx, au pharynx et aux ouvertures où se rencontrent des sphincters.
Quant aux viscères profondément situés dans les cavités , ils sont nécessairement exempts de paralysies. Mais, pour mieux se rendre raison d'un pareil privilège, il faut établir entre eux une distinction : les uns ont des fibres musculaires, et les autres en sont dépourvus; ceux qui en possèdent, tels que le cœur, le canal digestif, la vésicule biliaire, l'utérus, ne sont nullement passibles de l'état paralytique ; ces viscères peuvent bien éprouver dans leur irritabilité une diminution qui ralentisse leurs mouvemens , mais à moins qu'ils ne soient désorganisés , que la vie ne soit sur le point de s'éteindre, on parvient ordinairement à dissiper cette inertie avec des stimulans, même quand elle résulte d'un défaut très prolongé de stimulation. Si l'on ne rend pas toujours par ce moyen aux organes dont il s'agit toute l'énergie dont ils sont susceptibles , au moins leur en donne-t-on assez pour se convaincre qu'ils ne sont pas attaqués d'une véritable paralysie.
Mais, il ne faut pas craindre de le répéter; la
cause la plus commune de la diminution ou de la suspension des mouvemens des fibres musculaires des viscères creux qui ont une membrane de rapport, c'est l'irritation : et c'est parceque cette irritation , exagérant leur contractilite' dans certains points, produit l'état appelé spasmodique , que le reste nous semble dépourvu de sa faculté contractile : ce qui le prouve sans réplique , c'est qu'en dissipant ce spasme par les antiphlogistiques , nous voyons, sans le secours d'aucun stimulant dont l'action dépasse la mesure habituelle, le mouvement contractile se rétablir et reprendre son activité antérieure. L'irritation n'a pas moins de part aux suspensions momentanées des mouvemens du cœur ; elle n'est point étrangère aux inerties de l'utérus, comme le prouvent fréquemment les succès de la saignée , pour faciliter le travail de l'accouchement. Il est encore beaucoup de cas où l'inertie des viscères creux est uniquement dépendante de la douleur que leur contraction ferait éprouver dans un organe voisin, dont la sensibilité est augmentée par l'inflammation. Telles sont les consiipalions qui dépendent des phSegmasies de la marge de l'anus , de celles de l'utérus , de la péritonite , de la néphrite, etc., etc. Mais comme nous ne traitons pas ici la question des névroses viscérales, je m'arrête, content d'avoir appelé l'attention des hommes faits pour observer, sur les moyens de constater l'impossibilité des névroses passives dans les viscères musçuleùx.
Quant à ceux qui ne le sont pas , nous ne sau-
( 5^5 ) rions penser que Ton s'avise d'admettre l'état paralytique des vaisseaux et des fibres celluleuses plus ou moins rétracliles qui les composent. Mais cette question rentrant dans celle de la contractilité organique générale , ne serait point ici à sa place.
CCJV.
Les névroses actives ont ie plus souvent pour cause une phlegmasie située dans l'appareil cérébral ou dans les autres viscères; les passives dépendent quelquefois d'une influence sédative , agissant sur les nerfs où elles se manifestent
Que les inflammations soient les causes les plus fréquentes des névroses actives et passives , c'est une des plus importantes questions de la médecine physiologique. Le chaos existait dans la théorie des névroses lorsque la nouvelle doctrine vint y porter son flambeau. Rien de plus vague que l'idée de nervosité dans la plupart des têtes médicales , même encore aujourd'hui , malgré tout ce qu'on a dit de physiologique à ce sujet. Cependant, fouillez dans l'intention de ceux qui vous diront : « Il y » a quelque chose de nerveux dans cette maladie , » et vous verrez qu'ils ne cherchent dans ce mot heureux autre chose que l'autorisation d'employer des stimulans d'une certaine espèce , attendu que
les autres moyens ne leur ont pas réussi. Cela pose', pour éclairer la question, il ne s'agit que de leur montrer que , dans la majeure partie des cas, les indications curatives sont fournies par des points de'termine's d'inflammation qui exigent toute autre chose que les nervins et les antispasmodiques de nos matières médicales. Il suffira pour cela de leur rappeler ce qui a été dit, afin de les préparer à entendre ce qui doit l'être.
L'énumération que nous avons donnée des causes qui ont coutume de provoquer les névroses actives du domaine de relation , a prouvé que le plus souvent elles dépendaient d'une inflammation du cerveau , du rachis ou d'un nerf sensitif ou musculaire. On a vu que la même inflammation qui produisait et entretenait la névrose active , donnait lieu à la névrose passive aussitôt qu'elle avait opéré la désorganisation du lieu enflammé, et que même, dans certaines parties, Sa congestion et la compression suffisaient pour donner le même résultat. Il est donc bien certain que la névrose passive aussi bien que l'active peuvent être et sont le plus souvent l'effet des phlegmasies dans l'appareil de relation. Pveste maintenant à vérifier s'il en est ainsi des névroses viscérales. La proposition affirme le fait, et nous avons déjà rassemblé, dans le commentaire précédent , quelques dpnnées qui tendent à l'établir. Mais cela ne suffit pas : les deux propositions qui vont suivre nous donneront occasion de compléter ce que nous avons présentement à dire sur le sujet.
GGV.
Dans les névroses actives fixes de l'appareil de relation , la circulation capillaire est excitée, il y a congestion; l'inflammation et la subinflammation existent ou menacent de se former dans les tissus où se manifestent la névrose , aussi bien que dans le point de l'appareil cérébral où correspondent les nerfs de ces mêmes tissus, tandis que les cordons nerveux intermédiaires se bornent à transmettre les influences sympathiques d'un point à l'autre.
Pour entendre cette proposition , il faut se reporter au moment où les causes des névroses actives de relation commencent à agir, ou du moins à l'e'poque où elles n^ont pas encore produit l'inflammation du cerveau, du rachis ou du névrilème des grands nerfs , inflammation que nous avons donne'e plus haut pour la cause qui entretient le plus communément les névroses dont il s'agit. Or, si l'on observe à ces époques l'irritation qui provoque les phénomènes de douleurs et de convulsions, on pourra constater l'exactitude de ce qui est avancé dans la proposition, et s'expliquer la génération physiologique de ces inflammations qui éternisent la névrose. Ici nous sommes obligé de
( 5â6 ) sortir des assertions générales pour mettre en scène les faits eux-mêmes.
Prenons pour cause de ne'vrose de relation une perception douloureuse, par exemple , la mort subite d'une personne chère , agissant sur un sujet en équilibre. Cet équilibre est à l'instant dérange' : une vive sensation est perçue au cœur et dans le centre épigastrique ; la personne perd connaissance; elle tombe, et de violentes secousses convulsives se manifestent dans les muscles respirateurs et dans ceux des membres. Elle revient à elle-même; mais elle reste sujette à une névrose active fixe de relation ; c'est une migraine avec névralgie faciale dans les accès de laquelle il y a de la céphalalgie , des convulsions dans les muscles de l'un des yeux, avec douleurs lancinantes , larmoiement et injection de la conjonctive.
Que s'est-iî d'abord passé , et que se passe-t-il encore chez ce sujet? La première stimulation perturbatrice transmise par les sens externes a été exer cée sur le tissu de l'encéphale : elle était trop vive pour y rester ; elle a été réfléchie par les nerfs de relation dans toutes les parties où ces nerfs se distribuent. Passons sur les premiers momens où tout l'appareil nerveux a été surexcité, et voyons ce qui reste ' maintenant de surexcitation. Il y en a dans l'encéphale, puisque les accès commencent par la douleur et la chaleur de la tête; mais nul doute qu'elle ne soit plus forte vers la base , où s'insèrent les nerfs destinés aux mouvemens dts yeux : il y en a dans ces organes, puisqu'on y voit des mouve-
( 527 ) mens convulsifs , de la rougeur et une augmentation de sécrétion. Voici même l'occasion de constater l'identité de l'excitation qui préside aux mouvemens musculaires , de celle qui appelle le sang dans les tissus capillaires en produisant un sentiment de chaleur, et de celle qui préside à la sécrétion et à l'excrétion. N'est-il pas clair que les nerfs oculaires sont ici les agens de tous ces phénomènes? Peut-on nier aussi qu'ils ne conduisent, d'une part, l'irritation du cerveau dans le tissu de l'œil pour exciter les convulsions et l'injection capillaire, et, d'autre part, l'irritation de l'œil dans le cerveau pour donner la perception de la douleur et des mouvemens convulsifs? Que ce double courant d'irritation parcoure alternativement les mêmes fibres nerveuses ou les fibres accolées, mais distinctes par leur double insertion; que ce soit Pagent électrique qui suive la direction tracée parles fibres nerveuses ou un principe différent, mais ayant avec lui des affinités j tout cela ne change rien au fond de ia chose : puisque les phénomènes de la vie sont exaltés dans le mode pathologique, il y a irritation. Cette irritation est primitivement nerveuse ; elle conserve ce caractère; elle constitue une véritable névrose active de relation , telle que l'indique la proposition. Voyons maintenant comment l'inflammation va venir s'y ajouter.
On a remarqué deux points principaux d'irritation organique , l'un dans le cerveau , l'autre dans les tissus capillaires de la conjonctive ei de la gland* lacrymale ; eh bien! cette double irritation recevant
( 528 ) un nouveau degré d'excitement, peut se convertir en phlegmasie. La congestion oculaire peut, dans l'accès , se changer en ophthalmie ; la congestion cérébrale peut prendre le caractère d'une encéphalite, dont les suites seront le délire, la fureur, les convulsions, si elle est aiguë, l'hébétude, la paralysie, l'apoplexie, etc., si elle prend la marche chronique ; et l'ouverture achèvera d'attester cette conversion, en montrant les altérations qui sont les traces ordinaires des phlegmasies.
C'est ainsi que se trouvent justifiées les deux assertions principales de la proposition CCV : i° qu'il y a congestion tendant à l'inflammation ( érection vitale morbide ) d'une part, dans le cerveau , surtout au point qui correspond aux nerfs névrosés; d'autre part , dans le tissu extérieur où se manifestent les principaux phénomènes de la névrose. 2° Que les nerfs intermédiaires se bornent à transmettre l'irritation ; mais nous devons ajouter ici que plus souvent encore il n'y a que l'un des deux points principaux d'irritation qui contracte l'état inflammatoire. Or, tantôt ce point est le cerveau ou ses dépendances, et tantôt le tissu extérieur sur lequel a été déversée l'irritation. Les inflammations de l'encéphale et du rachis provoquées par des affections morales , celles des muscles mis en convulsion par ces causes ou par toute autre , et celles des expansions nerveuses, sensitives , externes , développées tout- à -coup par divers genres de stimulation, ne permettent pas de douter de la vérité de ce fait. C'est ainsi que les anatomistes découvrent parfois
( 5a9 ) du pus dans les muscles qui ont e'ie' violemment convulse's, et que les praticiens rencontrent des ophtlialmies , des opacités du crystallin, des dartres vives et des érysipèles très inflammatoires qui se sont formés subitement pendant un emportement de colère , ou à la suite d'un accès de migraine. On sait que les he'morrhagies peuvent naître sous de pareilles influences , ce qui confirme de plus en plus la possibilité de la conversion des irritations nerveuses en irritations vasculaires. On voit aussi de violentes douleurs d'un membre, par déplacement d'un point morbide d'irritation ou par cessation d'un flux, se convertir en vastes et rapides phlegmasies. Ces faits abondent dans la pratique.
GGVI.
Lorsque dans les névroses des viscères de la poitrine et du bas-ventre il existe des douleurs ou des convulsions ambulantes dans les muscles locomoteurs , il y a deux points d'irritation qui sont enflammés , ou tendent à la phlegmasie , l'un dans ces viscères, et l'autre dans l'appareil encéphalique.
Nous avons pris pour exemple de la génération de l'inflammation par la névrose, des tissus qui sont destinés aux phénomènes de relation, et cependant nous y avons vu des modifications considérables
( 53o ) des phénomènes de la vie organique : la circulation rapillaire, Sa calorification , la nutrition, ont été dérangées dans le cerveau et clans les tissus extérieurs ; elles l'ont été par l'irritation, et c'est de là qu'est résultée la phîegmasie. Il ne sera donc pas difficile de comprendre comment la névrose cérébrale pourra produire des inflammations dans les viscères,, et comment les irritations de ceux-ci, réagissant sur l'encéphale, y développeront à leur tour des points d'irritation inflammatoire.
En effet-, lorsque nous avons rendu compte des premiers effets de l'excitation mentale sur le cerveau, nous avons parlé des sensations douloureuses rapportées soit au cœur, soit à la région épigaslrique. Or, les sensations provoquées par l'innervation du terveau que l'affection morale avait surexcitée , sont la preuve que les nerfs des viscères étaient alors surexcités. Mais ne doit-on pas maintenant se demander dans quels nerfs résidait cette surexcitation, et si elle peut être étrangère aux tissus capillaires circulatoires ou sécréteurs, c'est-à-dire aux phénomènes de la vie organique de Bichat?
La stimulation , partie du cerveau, acheminé par les fibres nerveuses de la huitième paire : ce sera, si l'on veut, par celles destinées à la sensation. Il n'en est pas moins vrai , comme nous {'allons voir, qu'elle ne peut manquer d'exciter des mouvemens.
Arrivée dans les extrémités du pneumogastrique , la stimulation morale , c'est-à-dire d'origine morale , quelle qu'elle soit, car il faut ici contempler le
( ^i ) phénomène dans sa plus grande latitude , doit suivre toutes les directions de ce nerf. Il a des cordons qui vont dans ceux du grand sympathique ; mais il en a d'autres qui se rendent dans les viscères directement : la stimulation parvient donc en même temps dans les tissus capillaires, circulatoires, se'cre'teurs et excréteurs des viscères, dans les muscles viscéraux et dans les respirateurs.
Réfléchie vers le cerveau , immédiatement après son arrivée, par des fibres nerveuses appropriées, la stimulation ne donne pas la conscience de tout ce qui se passe dans les viscères; elle ne fait connaître d'abord que trois ordres de phénomènes : i° l'excitation des extrémités sensitîves du nerf pneumogastrique par une douleur mal définie , et tellement différente des douleurs qui proviennent des extrémités sensiîives des autres nerfs cérébraux, que l'on est forcé d'admettre une modification provenant du grand sympathique; 2° l'excitation non moins prompte des fibres musculaires des viscères qui en sont pourvus : on sait que celle du cœur se manifeste par laconstriction, les palpitations, dont la suffocation est la suite ; celle de l'estomac, par le vomissement quand l'affection morale est de nature à le produire, comme le dégoût; celle de la vessie et du rectum, par l'exonération de ces réservoirs musculeux; 5° enfin le dernier phénomène dont la stimulation des viscères réfléchie sur le cerveau donne la conscience, c'est 3a modification des muscles respirateurs, qui devient évidente par des soupirs , des sanglots, ou seulement par un état de construction qui
( 552 ) semble arrêter leurs mouvemens. Il est vrai que cette influence est le plus ordinairement l'effet de la sensation viscérale que l'affection morale détermine, ou du changement d'action qu'elle produit dans les viscères ; mais elle est toujours au nombre des phénomènes que la conscience peut attester dans le cas qui nous occupe.
Outre les phénomènes que la conscience atteste à l'homme affecté d'une sensation morale qui produit la névrose, il s'en passe d'autres dans les viscères, que perçoit un observateur attentif: les sécrétions internes sont altérées ; des pluies sanguines ont lieu dans les cavités viscérales ; il s'y développe une chaleur perceptible au toucher; des pulsations s'y font sentir, et le palper ou la percussion y font découvrir des engorgements qui achèvent d'attester l'existence de l'inflammation ; elle peut être aiguë ou chronique; mais c'est particulièrement dans ce dernier mode qu'elle nous intéresse maintenant, car, ainsi existante, elle constitue un point d'irritation permanent qui entretient les phénomènes nerveux dont elle fut d'abord l'effet.
C'est ainsi que des modifications primitivement nerveuses, telles que les affections morales, peuvent devenir causes d'inflammations dans les viscères, et quoique nous n'ayons pas sous les yeux les tissus où elles se développent, il est assez démontré pour nous que leur mode de formation ne diffère pas de celui des inflammations et des subinflammations externes qui dépendent des mêmes causes, et dont il a été question dans le précédent commentaire.
Maintenant, il s'agit de poser un autre fait non moins avère', c'est que les inflammations viscérales, indépendantes des causes intellectuelles, modifient le système nerveux de manière à produire aussi l'état de névrose : ainsi les gastrites et les néphrites provoquées par les erreurs du régime ; les métrites dépendantes des stimulations immédiates de l'utérus ; les affections irritatives du cœur nées sous l'influence des gastrites, des phlegmasies goutteuses et rhumatismales , ou directement produites par les efforts musculaires de divers genres , toutes ces irritations, dis-je , peuvent porter dans l'appareil nerveux une excitation telle, qu'il en résulte des névroses pareilles à celles qui se développent par l'action perturbatrice des causes morales.
Quant au mode physiologique de cette production, le voici : L'irritation, développée et fomentée primitivement dans les viscères, est propagée à l'encéphale et. y fait naître des érections vitales plus ou moins intenses, mais toujours subordonnées à la modification organique qui produit celles dépendantes des causes morales; ensuite ces érections vitales, à force de se répéter, deviennent habituelles, morbides, et réagissent irritativement sur les points d'irritation viscérale qui leur ont donné naissance.
On voit donc encore ici se vérifier le fait physiologique énoncé dans la proposition CCV, et reproduit dans celle-ci , c'est-à-dire l'existence de deux points d'irritation principaux qui sont enflammés ou tendent à le devenir, l'un dans le cerveau, et l'au