‹ Commentaires des propositions de pathologie, consignées dans l'examen des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 42 sur 50 · Paik · texte numérisé non relu

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crate paraît en avoir rencontré, puissent être fréquentes et affecter la marche des gouttes que Ton observe dans les pays froids et tempérés. Au surplus nous sommes d'avis que, pour ne point préjuger les résultats de l'expérience, il convient de modifier la proposition par le mot ordinairement. La voici donc dans la forme que nous nous proposons de lui laisser. « L'irrilation de la gastro-entérite se commu- » nique aux articulations par voie de sympathie , » sous la forme d'arthritis et de goutte ; mais ce n'est » ordinairement que lorsque l'influence des vicissi- » ludes atmosphériques ou quelque autre cause irri- » tante extérieure y ont prédisposé les articula- » tions. »

GGXXXVL

L'irritation des pklegmasies articulaires développe sympathiquernent celle de l'estomac ; et celle-ci devient parfois prédominante.

Voilà la réciprocité d'influences sympathiques. Il s'agit ici des cas où, l'estomac étant sain, une arthritis provoquée par Faction du froid dans une ou plusieurs articulations, disparaîtrait pour faire place à une gastro-entérite aiguë. Nous avons recueilli plusieurs exemples de ces sortes de rétrocessions , et nous les regardons comme analogues à ceux de pleurésies , de pneumonies et de péricardites également

précédées des irritations de l'appareil locomoteur. Ces phénomènes ne sont point particuliers à la goutte ; ils servent seulement à éclairer sa marche dans quelques cas.

GGXXXVIL

Les infirmités multipliées qui tourmentent les vieux goutteux ( riiathèse et cacochymie goutteuses ), sont des sympathies cle l'estomac, de l'encéphale, etc., qui se sont accrues et transformées en phlegmasies , en névroses ou en subiiiflammatioos; ou bien ces phlegmasies sont primitives.

En effet, lorsque les irritations viscérales des vieux goutteux n'ont pas précédé la goutte , elles sont produites par elle, à moins que quelques causes accidentelles, comme un empoisonnement, une violence extérieure , ne soient intervenues depuis que l'affection articulaire s'est déclarée. Ce qu'il y a de certain , c'est que celle-ci les produit d'abord en répandant l'irritation dans l'appareil viscéral par l'intermédiaire du cerveau et des nerfs. Elles peuvent être inflammatoires dès le premier moment chez les sujets prédisposés, comme nous l'avons assez démontré; mais le plus ordinairement elles commencent par être purement nerveuses , ou du moins elles n'altèrent la circulation et les sécrétions viscérales que

( 696 ) d'une manière légère , qui n'empêche pas le retour de l'équilibre lorsque la cause, c'est-à-dire l'irritation extérieure provocatrice, a cesse' d'agir. Mais lorsque l'âge a fait des progrès, les congestions que produisent ces irritations nerveuses viscérales ne se résolvent plus, les phlegmasies et les subinflammations chroniques restent désormais permanentes dans les viscères; les malades, qui s'y sont insensiblement accoutumés , les supportent sans un surcroît d'incommodités; on les voit même exercer assez bien la nutrition et conserver de l'embonpoint, quoique la •membrane muqueuse des voies gastriques soit désorganisée en plus d'un point, quoique le tissu du foie soit devenu impropre à la confection d'une bile normale, que le cœur soit hypertrophié et le système vasculaire en proie à un travail subinflammatoire qui tend à l'oblitérer et à détériorer tous les travaux de sécrétion, aussi bien que l'assimilation nutrîîive. Réduits à ce triste état , les goutteux sont extrêmement fragiles; ils ne prolongent leur existence qu'à force de soins; la perturbation morale ou physique la plus légère leur cause un surcroît de maux : tantôt ils

souffrenf'd'un catarrhe , tantôt d'une cystite ou d'une attaque de néphrite caîcuîeuse; quelquefois l'estomac se refuse à la digestion, ou la bile, tout à coup devenue surabondante et dépravée, fait l'office d'un corps étranger qui tourmente ce viscère elle canal intestinal ; le cerveau, centre de convergence de tous les modes divers d'irritation, menace d'interrompre ses fonctions; et le pressentiment que les malades en conçoivent ne peut qu'ajouter beaucoup à leur

morosité habituelle. Tel est l'abre'ge' beaucoup trop sommaire des maux que Ton mettait autrefois sur le compte d'une pre'tendue humeur goutteuse, accumulée peu à peu dans les liquides et dans les différens tissus de l'économie. Mais il est trop clair aujourd'hui qu'on ne peut les attribuer qu'à l'irritation des viscères , et que les autres vieillards surirrilés en sont aussi souvent les victimes que les vieux goutteux, s'ils ne prennent de bonne heure les précautions hygiéniques nécessaires pour s'en préserver. Enfin le moment arrive où les fonctions ne peuvent plus continuer, et les derniers accidens qui précèdent la mort , comme la congestion du sang dans la tête, dans le cœur et dans les poumons, sont mis sur le compte de la goutte remontée , attendu que d'ordinaire l'encéphale , tout entier aux stimulations des principaux viscères , a cessé depuis plusieurs jours de se prêter à la perception des irritations articulaires habituelles.

ccxxxvni. ;

Dans les phiegmasies articulaires chroniques et répétées, l'irritation s'avance toujours de la circonférence vers le centre; mais il en est ainsi de toutes celles de la périphérie.

Cette proposition exprime un fait d'observation générale. On n'avait ici pour but que de rappeler

( 698 ) et de rattache! à la goutte ce qui a été dit de toutes les irritations des organes secondaires. Aucune d'elles ne peut seule donner la mort ; mais les lois de l'économie veulent que le système nerveux répande l'irritation dans toute l'économie, et que les principaux viscères , après l'avoir repoussée un grand nombre de fois, finissent par la conserver et par en subir les conséquences. L'âge , la répétition des souffrances, l'affaiblissement qui résulte de la douleur , des convulsions et des moyens qu'on a cru devoir leur opposer, doivent nécessairement diminuer la force de résistance de l'appareil viscéral: de là la raison pour laquelle tel spécifique interne qui avait plusieurs fois réussi dans le traitement des dartres, de la syphilis, de la goutte, du rhumatisme, devient inopinément un poison promptement funeste entre les mains du médecin qui ne sait point calculer fa vitalité , c'est-à-dire qui n'est point physiologiste. Ces réflexions donnent la mesure de l'importance de la proposition qui vient de nous occuper.

La transformation de la goutte en une autre maladie n'est autre chose que le déplacement du point principal d'irritation, qui produit des effets relatifs à la structure et à la vitalité des diiïérens tissus qu'il occupe.

Cette transformation n'a lieu que lorsque l'irrita-

tion articulaire n'est pas encore invétérée et n'a pas dénature' les tissus qu'elle attaque ; car s'il en était, autrement, le cas serait du nombre de ceux dont on a fait mention dans le Commentaire de la proposition CCXXXVII.

Comme il ne' s'agit ici que d'un transport ou d'un déplacement d'irritation, chose dont nous avons' souvent parlé , nous croyon*s pouvoir nous dispenser de tout commentaire.

GGXL.

Il est absurde d'appeler goutte une affection qui n'a point été précédée de phlegmasie articulaire ; ii l'est aussi de donner ce nom à celle qui eu a été précédée, car dire que la goutte s'est portée dans le cerveau quand la manie survient à la suite d'une phlegmasie articulaire , c'est comme si l'on disait que la manie s'est portée dans le gros orteil , lorsque la goutte remplace un accès de délire.

Cette proposition fait remarquer le ridicule des vieilles dénominations , et l'ontologie des anciens médecins. Il suffirait à un esprit bien fait de la méditer pour sentir toute l'importance de la doctrine de l'irritation, et pour rester à jamais convaincu que l'on ne peut faire de médecine sans le secours

de l'idée que nous attachons à ce mot. Qu'est-ce, en effet, qui se déplace dans les cas cités ? Est-ce la goutte ? Mais si la goutte n'a pas existé, comment peut-elle se porter sur la tête, sur le poumon, sur l'estomac? D'ailleurs , si on la considère comme une maladie d'articulation , il est absurde de dire qu'une affection articulaire qui n'a pas existé se porte dans un viscère. Mais quand cette affection aurait existé, il le serait encore de lui faire faire un pareil voyage ; car qu'est-ce qu'une affection articulaire dans la tête , le poumon, etc. ? Veuton parler d'une humeur formée dans le corps , et destinée à produire la goutte ? humeur qui , le plus souvent, irait d'abord dans les articulations , pour de là se transporter dans les viscères ; mais qui pourrait, dans certains cas, se diriger sur ces derniers avant d'avoir visité une seule articulation? Cette humeur est un être hypothétique qu'aucun procédé anatomique ou chimique ne peut démontrer. Ce que les anciens avaient appelé humeur goutteuse n'est autre chose que la matière lymphatique plus ou moins rapprochée du pus que Ton trouve dans les tissus articulaires où l'irritation a régné pendant un certain temps; les molécules calcaires qui se rassemblent parfois dans cette humeur extravasée , ne sont point la cause , mais le produit de la goutte, ainsi que nous l'avons montré plus haut; et ce ne sont ni elles ni l'humeur dont eiles proviennent qui vont se porter sur un autre organe pour y établir l'affection goutteuse.

, Où est la preuve qu'une pareille humeur se soit

( 79i ) formée clans le sang par l'imperfection de la dépuration, ou qu'elle ait été détachée des os par un acide? L'esprit est-il satisfait de l'énoncé hypothétique d'une matière terreuse accumulée dans le sang par la faiblesse de la transpiration, et dont les articulations les plus petites et les plus éloignées du centre seraient la voie normale d'élimination ? A-t-on pu écrire avec conviction que lorsqu'une pareille humeur ne trouvait pas les articulations prêtes à la recevoir, elle se portait sur les viscères?... On répondra que les théories humorales sont abandonnées , et que par conséquent nos reproches ne regardent plus les auteurs vivans... Nous ne pensons pas ainsi; car si les auteurs vivans ne font pas voyager des humeurs , ils sont forcés de faire voyager les entités qu'ils leur ont substituées. Or, ces entités sont ou des affections articulaires vaguement désignées , ou des entités nerveuses articulaires , ou des phlegmasies, soit sanguines, soit lymphatiques, mais toujours articulaires; ou enfin , s'ils prennent le parti de Scudamore , une entité inflammatoire spéciale , qui s'est façonnée dans le tissu du foie, et tient en grande partie à une dégénération particulière de la sécrétion de cet appareil glanduleux. Kous le demandons maintenant, est-il possible de laisser reposer son attention sur de pareilles hypothèses? Considérer la goutte, imaginée de l'une de ces manières , comme une entité qui voyage, n'est-ce pas faire un roman? Mais si l'on fait abstraction de toute explication , et que l'on ne voie mentalement que l'entité goutte en promenade

( 702 ) dans l'économie, la faire établir son domicile dans le cerveau , sera la même opération intellectuelle que loger l'entité manie dans le gros orteil. En effet, goutte représente à l'esprit un genre de douleur, la perception d'une goutte d'eau bouillante qui tomberait sur un article enflammé ; et manie représente une aberration du jugement. Faites abstraction des causes prochaines de ces deux phénomènes nerveux , que vous restera-t-il ? le mot... Sous-entendez des causes non prouvées , non probables, qu'avez-vous ? des hypothèses... Choisissez donc entre faire mouvoir au milieu des organes vivans des êtres hypothétiques , c'est-à-dire des chimères , ou un vain mot , l'idée d'un son sans valeur...

Allons au fait : il est évident que ce qu'il y a de commun entre les accès réguliers de la goutte et les affections des viscères qui peuvent alterner avec eux, c'est uniquement le phénomène de l'irritation, Il est possible de démontrer que ce phénomène se développe dans les différens tissus d'une manière conforme à la vitalité du sujet, à celle des différens organes où nous le voyons se manifester, à la violence de ses causes procréatrices, provocatrices , auxiliaires ; à l'action de tous ses modificateurs , en un mot, de quelque manière qu'ils puissent agir. Or, voilà ce qu'il faut étudier en recueillant et comparant un grand nombre de faits , au lieu de se payer d'expressions qui ne représenteiit que des entités et des phénomènes hypothétiques ; et la

proposition n'a eu pour objet que de montrer cette nouvelle voie aux véritables praticiens.

GGXLÎ.

Dans les rétrocessions de la goutte , on ne doit se souvenir du siège que l'irritation a d'abord occupé que pour déterminer le point de la périphérie où il est ie plus avantageux de tenter la révulsion.

Celte proposition , en apparence thérapeutique , n'est qu'une preuve mise à l'appui des vérite's incluses dans la pre'ce'dente. En effet, s'il ne faut point avoir égard aux mots par lesquels on a désigné les souffrances de nos organes, mais seulement aux modifications vitales que ces mots rappellent à l'esprit , il est clair que l'on ne doit voir dans la rétrocession de la goutte autre chose qu'une irritation interne qui vient d'être substituée à une externe.

S'il ne s'agit que de cela , et non d'une matière ou putride, ou maligne , ou coagulante , ou dissolvante , ou rongeante , ou débilitante , dont il faille absolument aller chercher les correctifs dans les bocaux du pharmacien , il est évident que deux indications se présentent: i° celle d'opposer directement à l'irritation intérieure des adoucissans, au lieu des irritans désignés par les anciens sous le

( 7° 4 ) nom de spécifiques ; 2° celle de combattre indirectement cette irritation par les moyens révulsifs , et, comme il est probable que l'organe extérieur qui a été irrité le premier sera-le plus disposé à le devenir, d'agir sur cet organe préférablement à tout autre , pour établir le point de révulsion désiré. Notons , en fmitssant, que cette manière d'établir les indications achève de rallier la goutte à toutes les autres affections irritatives.

CGXLIL

La révulsion n'est possible, dans ce qu'on appelle goutte déplacée , que lorsque le viscère qui est attaqué n'a point encore éprouvé de désorganisation.

C'est en examinant les organes d'une personne qui succombe à une inflammation interne par suite de rétrocession goutteuse , que l'on acquiert la conviction que l'irritation est le seul phénomène digne d'être observé dans les déplacemens et les fixations de la prétendue entité goutte. L'ignorant s'attendra à trouver dans le poumon d'un sujet mort de goutte rétrocédée quelque chose qui ressemble à l'affection du pouce ou du gros orteil ; il n'y verra que les traces d'une péripneumonie ordinaire. Il en sera de même de tous les autres organes : chacun sera affecté suivant son organisation et l'intensité de Fini-

( 7°5 ) tation qui lui a porté atteinte aux différentes époques de la vie ; et chacun des modes d'altération qu'on y aura observés pourra trouver son analogue chez des sujets qui n'auront jamais souffert de la goutte : il suffira qu'ils aient souffert l'irritation dans le même tissu et dans la même nuance que les sujets qui ont été victimes de la goutte.

Il résulte de ces réflexions que là proposition qui nous occupe n'exprime qu'un fait applicable à toutes les irritations possibles, et que dire que la révulsion de la goutte rétrocédée n'est plus possible lorsque l'organe qu'elle affecte est altéré dans ses principaux tissus, c'est dire tout simplement que l'irritation ne peut plus être calmée dans un tissu dont elle a détérioré l'organisation : vérité qui ne s'applique pas moins aux irritations primitives de tous nos tissus qu'à celles qui s'y développent consécutivement à l'affection d'autres tissus. C'est ainsi que tous les axiomes de la doctrine physiologique rentrent les uns dans les autres, et se résolvent, pour les maladies actives , dans l'irritation , dont les lois sont le principal objet des études du médecin.

Les végétaux acres , qui , à petites doses , sont vomitifs , purgatifs , drastiques , diurétiques , etc. , administrés à haute dose, excitent l'inflammation et l'ulcération de la muqueuse digestive, et secondairement des

( 706 ) douleurs et des convulsions qui diffèrent d'après l'idiosyncrasie.

Il s'agissait de rallier les enipoisonnemens aux lois physiologiques qui président au reste de la pathologie , chose qui n'avait point été' faite, et de les ôter de la classe Indéterminée où les nosologistes les avaient provisoirement entassés sans aucun ordre , avec quelques maladies dont on n'avait pas une idée plus claire ; crest ce que l'auteur commence à exécuter dans cette proposition, en faisant voir que la spécificité des vomitifs et des purgatifs se réduit à une stimulation qui aboutit à une inflammation de la membrane muqueuse du canal digestif, avec tranchées , c'est-à-dire convulsions douloureuses des fibres musculaires de ce canal, et consécutivement des muscles respiratoires et locomoteurs.

GCXLIV.

Les végétaux astringens , à petite dose , deviennent causes de gastro-entérites à haute dose.

Ici la modification primitive est d'abord très différente : au lieu de précipiter "l'action sécrétoire et la péristallique du canal alimentaire, les modificateurs dits astringens diminuent l'une et l'autre; mais ce qui prouve que cette diminution n'est point un

( 7°7 ) phénomène purement passif, c'est qus si les mêmes modificateurs agissent à des doses conside'rables , il en re'sulte une véritable inflammation, plus ou moins rapprochée de celle des végétaux purgatifs : de là, la conclusion toute naturelle que la médication astringente ne saurait, sans péril, être opposée aux inflammations d'un certain, degré d'intensité, attendu que l'excès de l'irritabilité locale équivaut à l'excès delà dose du médicament. Cette vérité est d'une haute importance, puisque c'est d'elle que doivent se tirer les principales règles de la thérapeutique des phlegmasies cutanées , de ceîles des ouvertures des membranes muqueuses, et de toutes les irritations intérieures , accompagnées de flux.

GGXLV.

Les végétaux narcotiques , les substances alc#holiques , excitent à haute dose la gastroentérite, d'abord sans ulcération, et engorgent de sang l'encéphale , avec des convulsions et des délires variés ; ils engorgent aussi le poumon.

On a beaucoup disserté sur les effets des narcotiques, et l'on ne s'est guère entendu, quoique ces modificateurs soient du nombre de ceux dont on use le plus souvent, etsur l'action desquels, par conséquent, on devrait avoir le plus de données. Nul doute

( ;o8 ) que la première action des narcotiques ne soit stimulante , aussi bien que celle de l'alcohol: mais elle l'est dans un mode qui lui est propre. Cela ne doit pas nous étonner., puisque chaque modificateur a sonmodeparliculier de stimulation. Il suffit que nous soyons sûrs que les phénomènes vitaux sont d'abord exagérés par l'action de ces substances , et il nous est impossible d'en douter. Il s'agit ensuite de savoir en quoi cette exagération diffère de toute autre , non pas essentiellement, carce serait une question niaise, mais il faut déterminer ce qui la distingue pour nos sens de celles qu'on peut lui comparer. 11 est certain qu'elle donne d'abord des perceptions agréables, quand le médicament est pris à dose modérée, et qu'elle augmente l'innervation ; que cette modification se passe d'abord dans l'appareil nerveux qui reçoit le corps étranger, et. qu'elle se répète dans le cerveau, d'où résulte un changement qui fait disparaître , ou qui du moins diminue pour un tempsles perceptions douloureuses qui nous affligeaient ; qu'à la suite de cette première excitation, il en vient une autre, compagne de l'assoupissement, et manifestée par une augmentation de la grandeur et de la force des pulsations du cœur, avec surcroît de transpiration ; enfin," qu'après l'un et l'autre genre d'excitation, il survient un état con- Iraire marqué par la diminution de l'irritabilité et de la sensibilité. Voilà la modification la plusconnue du médecin , celle dont il se sert fréquemment, comme d'un remède, dans les maladies douloureuses. Est-il donc si difficile d'en conclure que, donnés à haute dose , les narcotiques précipiteront l'action ner-

( 7°9 ) veuse, au point de l'épuiser en peu de temps; que s'ils ne produisent pas cet effet, ils exciteront l'innervation pendant un temps un peu plus prolonge', ce qui donnera, pour le cerveau, un délire toujours fantastique, et pour les nerfs, des convulsions, dont quelques unes ,, je veux dire celles du canal digestif, pourront expulser le poison lui-même; que s'ils n'ont point éteint l?s forces de la vie par cet excès d'innervation sensilive et motrice, ils devront provoquer, dans leur excitation consécutive sur le système vasculasre, des engorgemens sanguins pendant la durée desquels surviendront la torpeur nerveuse consécutive et la mort des capillaires engorgés; que cette modification se manifestera par la gangrène dans l'estomac ou dans la plaie où le narcotique aura été déposé; dans le poumon , par un engorgement dyspnoïque; dans le cerveau, par une apoplexie profonde, pendant laquelle le ralentissement de Finnervation se marquera par celui du pouls et de la respiration, dont le terme nécessaire sera l'extinction de la vie? N'est-îi par naturel que, dans les cadevres des empoisonnés par les narcotiques, on ne trouve, quand la mort aura été subite et nerveuse, nulle trace de plilegmasie ni d'engorgement sanguin? que quand elle aura été tardive, on remarque des congestions sanguines avec couleur noire, ou du moinsbrune, à cause de la diminution du phénomène de l'oxygénation, toujours proportionnelle à celle de l'innervation, dans les muqueuses et dans tous les appareils viscéraux ? Ne doit-on pas s'attendre aussi à ce que l'irritabilité paraisse détruite

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