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( 71C> ) après la mort dans les fibres musculaires des animaux qui auront été empoisonnés par les narcotiques? Or, ce que Ton déduirait des phénomènes d'un narcotisme léger est précisément ce qu'on observe dans tous les narcotismes considérables, soit d'une manière absolue , soiî d'une manière relative : absolue, cela s'entenci assez; relative, c'est-à-dire, quand on fait prendre, même à petite dose , les narcotiques à des personnes qui se trouvent dans une disposition inflammatoire.
Pourquoi donc disputer encore sur les effets de l'opium et de ses congénères? Il faut se contenter de répéter les observations , pour s'assurer si Ton a bien tout noté , etpour se familiariser avec les différences d'action qui distinguent chacun des poisons stupéfians; mais il faut renoncer définitivement à toute excitation qui tendrait à mettre en jeu les causes premières.
Les végétaux acres, dits anti-scorbutiques, excitent, à grandes doses , la gastro-entérite.
On doit se souvenir de cette modification, toutes les fois que Ton se prépare à prescrire, ces substances à quelques malades. ^
Les substances minérales corrosives ou
( 711 ) escharotiques produisent , à petites doses, la gastro-entérite sans eschare , et consécutivement l'ulcération ; à hautes doses , elles développent cette phlegmasie autour de F eschare qu'elles ont produite. Dans tous les cas, il en résulte des phénomènes de délire et de convulsion qui offrent beaucoup de variétés.
Toutes ces substances sont en effet vivement stimulantes, et l'excès de l'irritation qu'elles font parvenir au cerveau, en agissant sur les extrémités des nerfs, peul fort bien, à la faveur d'une disposition pléthorique ou d'un obstacle au cours du sang, produire des phénomènes qui aient quelques rapports avec les empoisonnemens par les narcotiques.
CCXLVI11.
Si l'arsenic ne devient pas promptement mortel , il provoque l'inflammation des voies gastriques dans des nuances qui varient selon la dose et selon i'idiosyncrasie; de là l'engorgement , la pblegmasie du cerveau et des poumons , et quelquefois des phénomènes analogues à ceux des prétendues fièvres putrides et des .typhus.
Les premiers mots de celte proposition indiquent
les cas de mort par ingestion de l'arsenic à dose très forte, dans lesquels on n'a point trouve' de trace d'inflammation dans l'estomac. Ces faits prouvent que les préparations arsenicales exercent sur la substance nerveuse de l'estomac une action stimulante délétère qui pre'cède l'action rubéfiante, escharotique, inflammatoire, et que cette stimulation peut être communiquée au cerveau, et répandue dans tout l'appareil nerveux, dont elle détruit la vitalité. Vient ensuite la réaction génératrice de la phlegmasie, mais il lui faut du temps pour se développer ; aussi ne paraît-elle pas après les empoisonnemens à haute dose , et quand elle a produit tout son effet, elle se trouve, encore compliquée avec la modification nerveuse : ce qui rend les phlegmasies arsenicales beaucoup plus délétères que celles qui sont produites par les escharotiques simples.
C'est cette action générale sur le système nerveux qui rend si dangereux l'emploi de l'arsenic à l'intérieur dans les maladies , et qui fait qu'on ne peut pas toujours s'y fier, lors même que l'on n'en fait usage qu'en topique , comme le prouvent les gastrites, les pneumonies, les encéphalites qui se manifestent assez souvent à la suite des applications de la pâte arsenicale sur les ulcères dits chancreux,etc La modification excitative que l'arsenic imprime au cerveau et à touie la matière nerveuse des viscères, se termine toujours par une disposition gangreneuse qui se manifeste même dans les phlegmasies accidentelles , de sorte que l'on n'obtient jamais une solution bien complète des inflammations et des
( 7'3 ) s ubinflarn mations internes chez les personnes qui ont long-temps fait usage des préparations arsenicales : leur nutrition languit, elles sont décolorées r elles meurent avec des gastro-entérites à couleur brunâtre , avec altération du foie , hydropisie , diarrhée , etc. On n'a pas constaté jusqu'à quel point l'altération inflammatoire où subinflamraatoire pouvait être portée dans le système vasculaire.
Si les symptômes de l'adynamie fébrile sont en raison de l'excès de l'inflammation des viscères., surtout digestifs , on conçoit qu'ils ne peuvent manquer de se développer à un haut degré , dans les gastro-entérites aiguës produites par l'arsenic , comme le scorbut dans les gastrites, les entérites et les colites occasionées par la même cause.
Les éruptions brunâtres , les ecchymoses , les turgescences rougeâtres , violacées , que l'on remarque dans le système cutané des personnes qui succombent aux empoisonnemens arsenicaux , en prouvant l'action diffusible de ce inétal délétère , donneraient à penser qu'il attaque profondément le système vasculaire , tout en affectant le système nerveux. 11 y a de nouvelles recherches à faire sur ce sujet.
GGXL1X.
Les substances saturnines produisent , à petites, doses l'astriction de la membrane muqueuse gastro-intestinale , des convul-*-
( 7*4 ) sions douloureuses dans les pians musculeux du canal digestif, d'où résultent la colique, les voinissemens , et sympathique ment les convulsions des membres ; mais , à haute dose , ou en raison de la disposition individuelle , elles provoquent une gastro-entérite plus ou moins associée à Fétat convulsif ; de là , de grandes variétés dans les effets des vomitifs , des drastiques , de l'opium et des sudorifiques, que l'on oppose aux coliques de plomb.
L'action astrictive du plomb est démontrée par la décoloration et la diminution de sécrétion que l'on observe sur les surfaces extérieures où les préparations saturnines sont appliquées. De là la propriété dessiccative que l'on accorde à ces médicamens , et qui ne peut être contestée quand on Temploie sur les plaies, les suppurations extérieures, les phlegmasies des ouvertures des membranes muqueuses , toutes les fois que l'inflammation ne s'élève pas à un haut degré. Mais si les sels de plomb sont déposés sur des tissus où la chaleur et la douleur inflammatoire soient considérables , loin de produire l'effet indiqué, ils en produisent un tout contraire : l'ardeur locale et la sensibilité paraissent augmentées , et se répètent avec plus d'intensité dans les appareils viscéraux. Quelquefois on observe une combinaison ou plutôt la succession de ces
( 7*5 ) deux effets : une plaie suppurante fait sentir de la chaleur , et montre une le'gère tuméfaction rougeâtre ; on y applique de l'acétate de plomb, la chaleur et la rougeur semblent se dissiper, la plaie devient sèche , perd sa sensibilité, et se couvre d'une croûte au-dessous de laquelle on se figure le travail de la cicatrice ; mais un sentiment de tension, de chaleur, de pulsation ne tarde pas à détromper l'observateur : l'inflammation s'est ranimée sous l'opercule produite par l'action du sel saturnin, une collection de pus acre s'y est faite, et nécessite un nouvel emploi des émolliens pour obtenir la cicatrice.
Introduisez maintenant les sels saturnins dans les voies gastriques , qu'observerez-vous ? S'ils n'y parviennent qu'à petite dose , et qu'il n'y ait pas excès d'irritabilité et de chaleur dans la surface muqueuse , ils diminueront les excrétions auxiliaires de la digestion , ce qui produira la constipation , et sympathiquement la sécheresse de la bouche , la suppression des excrétionsbronchiques et de lasueur, le ralentissement de la circulation. Voilà l'effet astrictif ; il est partagé par les parois vascuîaires et par les faisceaux musculaires du canal digestif et du cœur. L'innervation paraît donc enrayée par l'influence saturnine. Ce n'est pas qu'il n'y ait eu d'abord un moment de stimulation , quand la substance s'est trouvée mise en rapport avec la matière nerveuse. On le distingue très bien par la dégustation ; mais ce moment, fort court, est soudainement remplacé par celui de la sédation , qui ne peut être
( 7'6) attribué qu'à un étafc de contraction sinon permanente, au moins plus prolonge'e que celle de l'état normal , et dont l'effet nécessaire est , avec la diminution de la sensibilité , celle du calibre des vaisseaux et de tous les phénomènes de circulation , de sécrétion et d'excrétion dans la partie qui a été touchée par le plomb. Voilà l'effet direct local ; mais comme les nerfs transportent toutes les modifications qu'éprouvent les parties où leurs extrémités sont plongées , modifications qui sont primitivement celle de la matière nerveuse , le ralentissement d'innervation et Tastriction se répètent du plus au moins dans tout le système vivant.
Tel est l'effet calmant du plomb , celui qu'on lui demandé quand on l'oppose aux vomissemens , aux diarrhées , aux sueurs excessives , aux expectorations copieuses, au diabètes et aux hémorrhagies; mais cet effet , qui est le second moment de son action , qui paraît être et que nous avons cru nousmême le premier, ne peut pas être durable et ne peut être utilisé, comme moyen de guérison, que quand l'irritation excrétoire à laquelle on l'oppose ne tient ni à une vive impulsion inflammatoire , ni à la désorganisation d'un viscère de haute importance. Dans le premier cas, la sédalion n'a même pas lieu , le premier moment, du modificateur devient Tunique ; il se développe avec force, et l'on n'obtient qu'un surcroît de phlegmasie ; dans le second cas , si les choses ne se passent pas de la même manière, le second moment est suivi d'une réaction qui porte à un nouveau degré d'intensité l'excitation
( 7*7 ) qu'il avait calmée , et le me'dicament devient plus nuisible qu'utile. C'est ce que devraient savoir tous ceux qui ne craignent pas d'administrer les préparations saturnines dans les phthisies pulmonaires et dans les phlcgmasies chroniques du canal digestif.
Après avoir traité des effets généraux du plomb, il nous reste à le considérer comme agissant spécialement sur ce même canal : le premier effet réactif qui nous frappe, c'est le sentiment de colique ; il nous annonce que le plomb n'agit plus comme se'datif , mais bien comme irritant sur la matière nerveuse de la membrane interne du canal digestif. La maladie est encore plus nerveuse qu'inflammatoire, ou plutôt c'est une irritation nervoso-sanguine de la muqueuse qui se propage à la muscuîeuse, qu'elle force à des contractions convulsives , et à tout l%e système nerveux abdominal et pelvien, où elle fait rapporter de vives douleurs. Mais cette irritation persiste, elle fait des progrès; au lieu de tendre à pâlir etàdessécher la membrane, elle l'injecte de sang et y fait affluer la sérosité' et la bile , comme le prouvent les vomissemens, et quelquefois même les diarrhées qui se manifestent. Parvenue à ce degré, la modification saturnine est une véritable inflammation dont le siège principal est toujours le même, et tel qu'il fut dès le premier effet du poison, la membrane muqueuse du canal digestif. Ainsi, la muscuîeuse, les muscles des membi\ s pelviens et les articulations, ne souffrent que par la propagation du mouvement irritatif qui se passe dans la matière nerveuse de cette membrane, qui de là se répand dans les nerfs de l'abdomen, dans
ceux des muscles du bassin, des cuisses, des jambes, des pieds et de leurs articulations, et quelquefois aussi, mais bien plus rarement, dans ceux des bras, et dans les articulations des mains. On sait que ces douleurs peuvent paralyser ces membres et y produire des nodus; mais qu'est-ce à dire, sinon que l'irritation qui règne dans les nerfs de'nature la matière pulpeuse contenue dans leur névrilème, et provoque des congestions dans les capillaires séreux et synoviaux , avec lesquels cette matière est en communication? Pourquoi s'étonnerait-on plus de ces résultats que de la paralysie d'un nerf que l'irritation rhumatismale a tourmenté pendant long-temps, et des altérations circulatoires et secrétaires que l'on remarque dans les yeux, dans les glandes lacrymales, dans les glandes salivaires, dans le tissu cellulaire qui les embrasse, et dans le réseau vasculaire de la face chez les personnes attaquées de névralgie? N'est-ce pas toujours le phénomène de l'irritation parcourant le tissu des nerfs et dérangeant la circulation, les excrétions et la nutrition par les érections morbides qu'il provoque dans tous les tissus capillaires où les nerfs l'ont transporté? Enfin, puisqu'il faut le dire , ces phénomènes ne sont-ils pas de même nature que toutes les innervations qui constituent la synergie des organes dcns l'état de la plus parfaite santé, ou plutôt, ne sont-ils pas réellement la conversion de l'excitation normale en irritation ?
On doit entendre maintenant ce que dit la proposition , quand elle avance que la disposition des individus et la dose des poisons saturnins expliquent
( 7»9 ) Je.s variétés que l'on observe dans les effets des vomitifs, des drastiques , et autres slimulans que Ton oppose aux coliques de plomb. L'irritation nervososanguine de la membrane est-elle légère, les stimulans la dissipent, soit par la révulsion sécrétoire et par la stimulation du cœur et de tout l'appareil musculaire visce'ral et locomoteur, soit par la modification narcotique dont nous avons donné plus haut l'explication. Cette irritation est-elle devenue intense, a-t-elle déjà revêtu un caractère décidément , c'est-à-dire prédomînamment inflammatoire, la nouvelle stimulation ne pouvant détruire l'ancienne, ne manque jamais de l'accroître, car c'est une loi sans exception , et l'art qui devrait sauver devient un art destructeur. Ainsi, toutes les questions de la pathologie nous ramènent à un seul principe, la nécessité d'observer et d'étudier sans relâche l'irritabilité et ses rapports avec les modificateurs de nos organes.
cet;
Les astringens minéraux , le sulfate d'alumine , celui de zinc , celui de fer , agissent à peu près comme les préparations de plomb.
Nous n'examinerons point ici jusqu'à quel point ce qui vient d'être dit des préparations saturnines est applicable aux autres substances astringentes;
( 720 ) nous croyons que le plomb est le plus dangereux de tous , et qu'il porte une atteinte vraiment délétère au système nerveux. Mais nous sommes persuade' qu'il y a vraiment des rapports entre les modes d'action des modificateurs signale's dans la proposition: tous excitent dans le premier moment de leur action ; tous resserrent la fibre et diminuent ensuite l'innervation. C'est à l'observation de décider jusqu'à quel point chacun d'eux peut produire l'un et l'autre effet, au moins d'une manière appréciable à nos sens; c'est à elle de faire connaître la durée de ces effets et les dispositions du corps où ils sont le plus marqués ; eniîn, c'est à elle de kous apprendre quelles sont, parmi les substances d'une action opposée, celles qui , dans les cas d'irritation gastroinieslinale déterminée par les astringens, paraissent le plus convenir à chacun d'entre eux.
CGLI.
Le sublimé corrosif enflamme les voies gastriques à dose un peu forte; à dose excessive, il ulcère en produisant la phlogose, et détermine des douleurs et des convulsions variées dans les voies gastriques et dans les muscles de relation.
11 n'y a rien de particulier à noter sur le sublimé corrosif, si ce n'est qu'il est la cause d'une foule de
gastrites chroniques et d'hypochondrie chez les personnes à qui on le fait prendre contre les affections syphilitiques. Il n'agit sur les poumons et ne devient cause dephthisieque par les suites de cette première irritation; observation que nous avons consignée , il y a déjà bien des années, dans Y Histoire des phlegmasies chroniques.
GGLIÏ.
Toutes les préparations mercurielles et cuivreuses sont excitantes , et leur excès produit toujours la gastro-entérite.
Il est certain que toutes les préparations mercurielles, sans parler du sublimé corrosif, sont excitantes ; mais il l'est également qu'elles le sont d'une manière qui leur est particulière , et dont les effets sur l'économie sont tels qu'on chercherait vainement à les obtenir par d'autres substances.
On se représentait autrefois l'action des mercuriaux comme une sorte de dissolution des globules du sang , et surtout de la lymphe. Quand cette modification , que l'on pourrait considérer comme une diminution des affinités vitales, serait réelle, elle serait toujours précédée d'une stimulation , car il y a des phénomènes qui ne permettent pas de la révoquer en doute. Ces phénomènes sont d'abord l'augmentation de la sensibilité, celle du mouvement des fluides dans la partie modifiée par le mercure, et en-
suite dans tout le système sanguin , enfin celle des évacuations qui paraissent plus ou moins considérables , et qui le sont toujours beaucoup dans le cas de salivation. En effet, cette salivation , si mal vue par les anciens, qui n'avaient égard qu'à l'évacuation humorale, est elle-même la preuve la plus frappante de la vertu excitante des mercuriaux, puisqu'elle n'est autre chose qu'une inflammation de ia membrane muqueuse de la bouche, dont le produit est la supersécréîion de la mucosité' du lieu malade et de la salive des glandes qui lui correspondent. Voilà ce que l'on pouvait déduire des lois observées par Bichat relativement à l'excitation sympathique des organes sécréteurs par l'excitation directe de leure orifices excréteurs. Quant à l'altération que paraissent avoir subie les humeurs mélangées que produit la gengivite mercurielle, on peut très bien observer qu'elle est toujours en rapport avec l'intensité de cette inflammation. Mais le mercure ne borne pas son action irritante à la membrane buccale et à ses annexes; il agit aussi sur tout l'appareil muqueux de la digestion , et consécutivement sur les sécréteurs qui lui correspondent, et même sur toutes les autres membranes du même ordre. Aussi rend-il la langue sale, l'haleine fétide , l'appétit plus ou moins vif que dans l'état normal, quand son action porte sur l'estomac, tandis qu'il occasione des diarrhées considérables toutes les fois qu'on le fait agir sur les instetins.
C'est par cette stimulation toujours très considérable de la membrane fondamentale du canal digestif,
( 725 ) que le mercure ëbranie toute l'économie, change l'état de la peau, celui des ouvertures des membranes muqueuses ou des sens externes, et même celui des tissus blancs les plus inertes, comme le périoste, les cartilages , les os. On trouverait difficilement , ou plutôt on n'a point encore trouvé un modificateur dont l'action pût devenir si profonde et si générale, avec aussi peu de danger , du moins pressant ; c'est ce qui lui donne le pas sur tous les révulsifs dans les irritations chroniques invétérées des tissus les moins actifs. Plusieurs nations ont trouvé si commode cette altération générale des fonctions sans commotion perturbatrice alarmante, qu'elles ont fait du mercure , dans la forme où il agit surtout comme purgatif, une espèce de remède universel, en se bornant à modérer l'excitation qu'il peut produire, par des émissions sanguines plus ou moins copieuses. Les autres stimulans arriveraient peut-être à la même généralité d'excitation, mais ce serait toujours avec plus de danger; il en coûterait davantage à l'appareil nervoso-sanguin de la région épigastrique pour émouvoir tous les tissus de l'économie par toute autre stimulation médicamenteuse, qu'il ne lui en coûte par la stimulation des mercuriaux.
Toutefois , cette dernière est, selon nous , beaucoup moins innocente qu'on ne le pense communément dans les sectes ontologiques. Le mercure partage avec tous les excitans minéraux la propriété de * diminuer la force assimilatrice dans la nvembrane interne du canal digestif , après "y avoir produit un certain degré d'irritation : c'est ainsi, nous voulons
( 724 ) dire par une espèce d'inflammation chronique con= sécutive , qu'il devient la cause des affections scorbutiques, des cacochymies et des hydropisies que .l'on observe chez tous les hommes qui ont abuse' de ces préparations diverses. L'empoisonnement mercuriel est donc de deux espèces:il est aigu, et se confond avec toutes les phlegmasies aiguës; il est chronique, et sous celte dernière forme, qui fait partie de la classe si nombreuse des phlegmasies chroniques et latontes, il s'accompagne ordinairement d'une difficulté de l'assimilation et de la nutrition, qui permet rarement d'en obtenir la cure radicale. Nous ne prétendonspas pourcela bannir les mercuriaux du traitement des affections syphilitiques inutilement combattues par les antiphlogistiques et par le régime , surtout chez les malades qui n'ont point la possibilité de se soumettre à la longueur et aux privations de cette espèce de cure ; mais nons disons qu'il faut se mettre dans ce cas, en insistant le plus longtemps possible sur le régime abstème et déplétif , de ne janais être réduit à faire un long usage de la stimulation mercurielle ; employée avant la destruction de la phlogose vénérienne, elle peut l'entretenir dans son siège primitif, et la répandre en d'autres régions. C'est ainsi que les douleurs ostéocopes et les exostoses sont souvent le résultat de la gastrite mercurielle , et, dans ce cas , elles sont produites comme les douleurs et les nodosités des empoisonnemens saturnins : continuée avec une aveugle opiniâtreté, la stimulation mercurielle est encore plus dangereuse, puisqu'elle peut porter une atteinte pro-
( 7*5 ) fonde et incurable aux fonctions assimilatrices et nutritives.
Pour ce qui est des pre'parations de cuivre, nous croyons , d'après l'expe'rience , qu'il y a toujours beaucoup de danger dans leur usage ; mais ce que nous avons dit des autres minéraux nous dispense de nous arrêter sur celui-ci.
CGLIII.
Les cantharidés occasionent la gastro-entérite , tout en produisant la phlegmasie des voies urinaires.
Cette proposition n'a pas besoin de commentaire.
GGLIV.
Le chairs putréfiées que l'estomac ne peut assimiler produisent la gastro-entérite, avec irritation et engorgement du cerveau , et font paraître les symptômes du typhus par l'intensité des phénomènes nerveux; mais l'ulcération ne survient que consécutivement et après une certaine durée de l'inflammation.
Les poissons gâtés , les champignons vénéi. *»«**• 47
neux , développent des gastro-entérites , avec beaucoup d'angoisse , météorisme , coliques , etc. , imitant les phénomènes du typhus, et souvent des inflammations cutanées ; les délires et les convulsions ( dans lesquels il faut toujours ranger les tremblemens ou soubresauts des tendons ) sont ici pour le moins aussi considérables que dans l'empoisonnement par les chairs putréfiées.
Ces deux propositions sont si claires et si spéciales qu'elles n'ont vraiment nul besoin d'être commentées: il suffit de renvoyer, pour l'explication des symptômes , aux développemens qui ont été donnés plus haut à l'occasion des gastro-entérites détermine'es par les causes les plus communes, el d'ajouter que dans celle-ci , le danger est encore plus considérable, attendu que l'agent provocateur de la phlegmasie est plus actif et réellement vénéneux. ù s II faut absolument mettre à côté de ces deux propositions quelques unes de celles de la section de thérapeutique qui ne sera point commentée , du moins immédiatement après la pathologie; parceque ces propositions sont les seules qui parlent de l'empoisonnement miasmatique et qui le mettent sur la ligne des gastro-entérites aiguës. Nous nous aperçûmes trop tard que la question des typhus avait été omise dans les propositions sur la pathologie , et nous y suppléâmes en la plaçant dans
( 727 ) la section de thérapeutique. Ces propositions sont les suivantes :
CCCXVI1. « Les typhus étant des gastro-enté- » rites par empoisonnement miasmatique , c'est-à- » dire par des gaz putrides , souvent avec compli- » cation de quelque autre phlegmasie , et surtout » de celles de la cavité encéphalique , peuvent être » arrêtés par le traitement approprié à ces maladies , > lorsqu'on les attaque dans leur début. »
CCCX1X. « L'exaltation prodigieuse des phéno- » mènes vitaux est la cause la plus puissante de leur » diminution , et la chaleur est l'agent le plus pro- » pre à produire cette exaltation : c'est pourquoi » les typhus des pays chauds , où d'ailleurs les gaz » putrides sont plus vénéneux , sont plus dange- » reux que tous les autres , et tuent les sujets forts >> plus facilement que les faibles. On est en droit » d'en conclure que le froid est plus efficace que » les saignées répétées dans ces maladies ; mais il » doit être employé dès leur début, aussitôt après » les saignées , et à l'intérieur comme à l'extérieur. »
C'est dans l'observation et non dans les auteurs que nous avons puisé l'idée de rapprocher des gastroentérites ordinaires, les empoisonnemens produits par les matières putrides introduites dans les voies gastriques , et ceux occasionés par l'aspiration et la déglutition des gaz provenant de ces mêmes matières. On s'était toujours borné à décrire les groupes de symptômes provenant de chacune de ces sources , sans essayer d'en donner une explication physiologique. Loin d'essayer de les éclairer
par des rapproehemens , on s'exerçait à l'envi à les distinguer les uns des autres et à muitiplier des entités qui se confondaient toujours maigre les efforts des novateurs. Comme les modificateurs thérapeutiques ne pouvaient s'ajustera cette multiplication qui n'avait elle-même aucun fondement , la science s'avançait de plus en plus vers le chaos, lorsque nous proclamâmes qu'il ne fallait plus compter sur les groupes de symptômes pourétablir des nosographies philosophiques , mais qu'il fallait les fonder sur l'irritation primitive de chaque organe, et sur les irritations secondaires qui en résultent. Or, ce fut en observant d'après cette base que nous trouvâmes que l'inflammation aiguë de la membrane muqueuse gastro-intestinale est le fond de toutes les fièvres dites essentielles , c'est-à-dire des lièvres que l'on ne faisait dépendre de l'inflammation d'aucun organe; que si certains empoisonnemens ont du rapport avec ces pre'tendues fièvres, c'est parceque le sie'ge du principal point d'irritation est toujours le même ; que les gaz putrides qui ne sont pas assez actifs pour donner subitement la mort, vont de'velopper une véritable gastro-entérite; que la substance cérébrale est toujours vivement irritée quand il y a gastro-entérite, quel que puisse être l'agent qui ait provoqué cette phlegmasie; que cette substance , aussi bien que ses enveloppes, tend à s'enflammer, et s'enflamme souvent en effet dans ces mêmes cas, et que le degré de cette irritation décide seul du nombre et de l'intensité des phénomènes nerveux qui font varier si prodigieusement la physionomie
( 7*9 ) des lièvres dites essentielles; que plus l'irritation est vive, plus la prostration est prompte, intense, et la putréfaction rapide, autres causes de nombreuses diversités dans les apparences extérieures de ces maladies; enfin, que la contagion des maladies aiguës se réduisant à une gastro-entérite par empoisonnement miasmatique, il ne s'agissait plus que de bien constater par l'observation jusqu'à quel point un malade affecté de cette manière peut devenir dangereux pour les personnes saines qui l'approchent. Nous n'avons jamais douté , depuis que nous avons acquis quelque instruction en médecine , et nous ne doutons pas encore que la transpiration et le halitus d'un homme en proie à une gastro-entérite aiguë très intense ne puissent développer la même affection chez une personne prédisposée ; mais nous n'avons point cru, et notis ne croirons jamais que cette propagation puisse s'étendre un peu loin. Il faudrait, selon nous , un concours de circonstances que l'on ne peut pas supposer; c'est-à-dire une succession répétée de sujets prédisposés soumis à l'influence de gastroentérites nombreuses existant à un très haut degré. Nous ne nions pas que de véritables contagions de fièvre jaune , par exemple, n'aient été observées et bien constatées; nous ne concevons même pas la possibilité du contraire ; mais nous répéterons , tant qu'il sera nécessaire , que cette contagion est si rare et si limitée, que tout envahissement de terrain par cette voie est absolument impossible.
Tous les poisons phlogosans et escarrotiques végétaux , animaux ou minéraux , étant appliqués à la peau, à forte dose, développent dans la muqueuse digestive, dans le cerveau, et quelques uns dans les poumons , une inflammation analogue à celle qu'ils ont excitée à l'extérieur, par la transmission de l'irritation à l'intérieur.
Cette proposition ne fait autre chose qu'appliquer aux inflammations cutanées, produites par les poisons rubéfians et escarrotiques, ce qui a été' dit des inflammations de la périphérie en général, qui s'avancent toujours vers le centre. Voyez d'ailleurs les propositions sur les généralités de l'irritation. Ce qu'on dit ici des phlegmasies par l'effet des agens escarrotiques est également applicable à celles qui sont produites par les liquides bouillans et même par les charbons ardens ou par la flamme. Ces brûlures produisent des inflammations qui , quand elles sont violentes, ne manquent jamais de se répéter dans les principaux" viscères. Si la simple inflammation peut être ainsi transmise de l'extérieur à l'intérieur, à plus forte raison doit-on s'attendre à ce transport lorsque l'agent provocateur est de nature à être résorbé et à joindre son action directe à l'influence sympathique
( 73' ) de la phlogose qu'il a produite à l'extérieur. C'est ce que nous avons fait remarquer en parlant du traitement des ulcères chancreux par la pâte arsenicale : on peut en faire l'application aux cantharides, et peutêtre à beaucoup d'autres agens escarrotiques.