‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicalesChapitre 17 sur 34 · COX V · texte numérisé non relu

COX V

Les violences extérieures, les grands mouvemens , les médicamens excitans ét les phlegmasies produisent facilement la rupture et la désorganisation des parties modifiées par le scorbut, parceque la chimie vivante est languissante et la vie diminuée chez les Pr

Voilà l'énigme, c’est cette complication quiexpli-

} Ho.

( 616 ) que pourquoi les anciens avaient divisé le scorbut en deux espèces : scorbut chaudet scorbut froid. Ilest clair que le scorbut froid est le scorbut dans son état de simplicité, c’est-à-dire la débilité musculaire,

la pâleur plombée de la peau avec des taches noires

{pétéchies, vibices,ecchymoses scorbutiques) que la pression produit aisément, le tissu cellulaire infiltré d’une sérosité plus ou moins sanguinolente ,les gencives pâles, brunâtres, et quelquefois ramollies, fongueuses, saignantes, mais sans inflammation. Les malades sont Janguissans , le moindre mouvement les met hors d’haleine ; les palpitations fréquentes de leur cœur et la facilité avec laquelle ils tombent en dé-

faillance, prouvent que cet organe partage la faiblesse

générale du système musculaire; l'infiltration des membres ne tarde pas à les rendre durs, douloureux, contractés ; la bouffissure augmente ; il se manifeste spontanément des hémorrhagies dangereuses par toutes lés ouvertures des membranes muqueuses, et quelquefois le sang vient de plus loin : enfin les malades perdent toute faculté locomotrice et périssent tout-à-coup, souvent en essayant d'exécuter quelue mouvement extraordinaire.

Voilà le scorbut simple , sans excitation qui puisse ajouter une sensation de chaleur. C’est donc le scorbut froid des auteurs: quelques inflammations chroniques, même des plus désorganisatrices, ne lui Ôteraient pas ce caractère ; mais joignez-y l’inflammation un peu vive des gencives , et vous aurez dans la bouche une chaleur qui menacera de se terminer par la gangrène ; ajoutez-y la gastrité ou la gastro-

entérile aiguë , et bientôt les malades succomberont dans un état de fétidité horrible, avec des hémorrhagies copieuses d’un sang noir et peu cohérent : et cela d'autant plus que ces gastro-entérites seront peut-être elles-mêmes dépendantes d’un empoisonnement miasmatique. Mais continuons’, âssocions au scorbut la colite aiguë ou dysenterie : elle aura bientôt épuisé le scorbutique par un dévoiement sanguinolent et colliquatif; la péritonite : elle sera plus promptement funeste encore; le catarÿhe aigu , la pneumonie , la pleurésie : la congestion seratsi rapide et la désorganisation si facile que les malades seront suffoqués beaucoup plus promptement que dans les cas ordinaires. C’est après de pareilles complications que l’on a rencontré ces affreux désordres déjà mentionnés, qui ont fait croire que le cerveau, où l’on n’en trouve pas de parfaitement analogues, ne prenait point sa part de la dégénération scorbutique ; mais on comprend maintenant tout ce qu'il a dû souffrir en recevant les influences des organes enflammés , et l’on sait quelles atteintes ces influences ont pu porter à l'intégrité de son tissu.

Les scorbutiques , presque toujours exposés à l’action du froid humide, n’évitent guère le rhumatisme et les fièvres intermittentes. La première de ces deux affections peut exister sous forme aiguë : de R, ces vastes phlegmons qui détruisent des membres entiers ; de là, ces arthritis si douloureuses, à la suite desquelles on trouve des collections de pus sanguinolent dans les cavités articulaires, avec carie des extrémités osseuses et décollement des épiphyses.

( 618 ) Si le rhumatisme n’est que chronique et n’occasione point de chaleur, il se confond avec les douleurs ordinaires des membres infiltrés ou contractés : les douleurs des membres sont peut-être le principal tourment.des scorbutiques.

. Quant aux fièvres intermittentes ,ce sont, comme nous l’allons voir incessamment, des irritations qui ramènent, périodiquement l'état fébrile; et comme ious. les. tissus sont fragiles chez les scorbutiques , il en-résulte facilement des désorganisations i incurables. |

«Quant aux inflammations chroniques , tantôt elles s'élèvent:au degré qui cause la fièvre et réchauffe l'économie, et tantôt elles détruisent et font tomber les parties en. lambeaux, surtout à l'extérieur du: corps, sans qu'il en résulte aucun phénomène d’acuité. [1 serait inutile de nous arrêter sur cet . objet.

:Ge-que nous avons dit suffit pour rattacher le scorbut à lxdoctrine physiologique. Résumons-nous: le scorbut est par lui-même un vice de la nuirition, dont la cause prochaine est la diminution des affinités vitales, diminution qui entraine deux choses, la faiblesse de la contractilité et la facilité des extravasations , et dont la cause éloïsnée se réduit où à l'introduction des matériaux inassimilables, ou à l’affaiblissement de la force assimilatrice par des causes indépendantes des matériaux qui lui sont soumis.-Lorsque l’inflammation s'ajoute à la diathèse scorbutique, c’est-à-dire à la faiblesse des af: fnités vitales actuellement existante et répandue

( 619 ) dans l’économie, elle opère plus facilement la désorganisation de nos tissus que dans toute autre circonstance de la vic. Toutefois, on ne doit pas oublier qu’il y a plusieurs degrés dans la diathèse scorbutique, comme il y en a plusieurs dans l’activité des causes qui excitent l’inflammation dans les corps affectés de cette diathèse.

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