‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicalesChapitre 22 sur 34 · KA · texte numérisé non relu

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reins el les poumons ne puissent suffire à l’évacuation des sérosités superflues, et que l’hydropisie en soit le résultat? Nous avons accusé la déviation du mouvement transpiratoire de la peau d’être l’unique cause de lhydropisie lorsqu'elle survenait dès les premiers accès de fièvre, chez des sujets qui n'avaient ni phlegmasie chronique ni obstacle au cours du sang. La cure de cette espèce d’hydropiques, dont les forces ne sont point épuisées, est facile , et s'obtient par tous les médicamens qui excilent vivement les différentes sécrétions; 1l en est de même des cas où le froid seul, sans accès fébrile, a produit l’hydropisie, Ce sant sans doute les succès obtenus dans des cas de cette nature qui ont donné tant de vogue à certains diurétiques, aussi bien qu'à plusieurs purgatifs violens qui ont gardé la dénomination d'hydragogues.

L’assimilation imparfaite ne peut contribuer aux hydropisies chez les fébricitans que lorsqu'ils sont dans les mêmes conditions où cette cause peut occasioner seule ces maladies, et dans les cas où la force assimilatrice à été détériorée dans la membrane muqueuse du canal digestif, soit par la durée de la fièvre, soit par la médication intempestivement irritante qu'on lui a opposée. Les substances minérales ne décomposent pas moins cette membrane chez les sujets affectés de fièvres intermittentes que chez les autres personnes.

Enfin la débilité ne peut manquer de jouer quelquefois un rôle dans la production des hydropisies dont il s’agit; mais cette cause ne saurait être ac-

cusée dans le début de la fièvre et toutes les fois que les malades sont abondamment nourris et soumis à l’action du vin et des stimulans diffusibles. Elle ne peut donc figurer que dans les cas où l'obstacle à l’oxigénation a débilité les malades, dans ceux où les phlegmasies chroniques ont épuisé leurs forces , dans ceux où certains toniques fixes ou la mauvaise nourriture ont détruit la force assimilatrice de la muqueuse digestive, dans les cas où le corps mal nourri baigne dans une atmosphère trop humide, et. dans d’autres circonslances également propres à éteindre l'irritabilité des vaisseaux absorbans, sans oublier les pertes de sang trop abondantes que les accès eux-mêmes auraient pu déterminer, comme on le voit dans quelques intermittentes ou rémittentes pernicieuses. |

Les causes extérieures les plus or ‘inaires des fièvres intermittentes sont les alternatives du froid et du chaud atmosphériques ; mais tout ce qui modifie lécouomie de la même manière que ces vicissitudes peut les engendrer et surtout les reproduire.

Ce que nous avons dit jusqu'à présent sur Îles modifications vitales qui constituent les accès de fièvre tend à prouver qu'ils consistent dans deux ordres de phénomènes : 1° une modification déve-

loppée en peu de temps dans l’appareil splanchnique, et qui se présente à l'observateur comme un sentiment de malaise, d’oppression et de resserrement distinctement perçu dans la région sous-diaphragmatique, avec le spasmé du cœur qui, cessant de chasser le sang comme de coutume dans le système artériel, le laisse stagner dans l’appareil veineux. De là résulte l'accumulation de ce fluide dans le poumon et la tête, dans le foie et dans tout l'appareil de la HA pendant qu'il est en moins dans tout l'appareil dt et dans la peau :

c'est ce qui donne lieu à la diminution de la calorification naturelle de la périphérie, rend le malade plus sensible à l'impression du froid extérieur et lui cause une autre sensation pénible qui détermine le tremblement, lorsqu'elle s'élève à un certain degré d'intensité. Deux sensations D HAE dans le premier temps de l’accès: celle d’oppression et de constriction dans le centre du corps, celle de froid à la peau et d’endolorissement dans les muscles tiraillés par les secousses convulsives du frisson. C’est la période de spasme, qui est en même temps ceMe de concentration des fluides dans l'appareil splanchnique, mais plus encore dans le système de la veine-porte que dans le poumon; car les capillaires de ce viscère stimulés par l’oxigène, par le mouvement respiratoire et par l'impulsion voisine quoi-

w'affaiblie du cœur, donnent au sang qui remonte vers l'oreillette gauche plus d’impulsion que ne peut en recevoir celui qui, des radicules de la veineporte, se dirige vers le foie.

2° Une modification caractérisée par la cessation de l'oppression et de la constriction du centre, par l'impulsion libre du cœur qui débarrasse les viscères du sang stagnant dans leur système veineux, et le pousse avec une telle force dans le système artériel, que la périphérie se gonfle, que la peau devient chaude et que la sueur s'échappe par toutes les porosités cutanées.

Faisons, avantd’aller plus loin,quelques remarques fort importantes. Pendant la période de froid ,.où les fluides sontaccumulés dans les viscères, les sécrétions internes sont copieuses, Llandis que le contraire existe dans la période de chaud. C’est dans le premier temps que les urines sont claires et abondantes, que le rucus inonde les bronches et excite la toux, que les sucs propres à l'estomac s’y accumulent avec la bile et provoquent le vomissement, etc. Cette période est également celle du danger dans les fièvres dites pernicieuses, où l’on ne peut s'empêcher de voir l’exaltation plus qu’ordinaire des mêmes phénomènes : tels que des vomissemens de mucosités, de bile et même de sang avec une forte gastralgie ; des coliques avec flux dysentériques; des accumulations dans les bronches d’une mucosité que les malades ne peuventexpectorer, n étant pas assez maîtres des muscles inspirateurs ; des hémoptysies ; des apoplexies pulmonaires ; des pesanteurs et des douleurs de tête; le délire; les convulsions ; l’apoplexie cérébrale; de véritables infiammations séreuses, au moins pour le moment, quand la fluxion se dirige vers les surfaces de ce nom dans l’une des trois cavités vis:

cérales ; un tel spasme du cœur, qu’il devient luimême douloureux et menace de s’enflammer ou de s'arrêter ; un froid insurmontable, quand rien ne peut vaincre son spasme; et l'imminence d’une mort subite, car les malades, dont le sang n’est pas renouvelé dans les poumons, ne respirentpas assezet doivent périr d'asphyxie; de syncopes, pour la même cause et avec non moins de danger, etc.,ete. Mais ,au contraire , tout aussitôt que le spasme polyviscéral a cédé, que le cœur a purepousser les fluides dans les artères de la périphérie, que son impulsion a été assez prolongée pour forcer les exhalans de la peau à donner un libre cours à la sérosité du sang, cette excrétion met un terme à l'impulsion perturbatrice de l’économie, et la scène morbide est heureusement dénouée. 3

Si l’on demande pourquoi l'impulsion libre du cœur n’ouvre pas Îles sécréteurs internes aussi bien que les exhalans externes, je répondrai que nous n'avons nul besoin d'expliquer maintenant cette exception. Nous savons positivement que toutes les fois que l’action du cœur devient plus précipitée qu’à l'ordinaire , sans qu'aucun spasme nuise à la liberté de la systole, la masse du sang artériel vient surgir à la périphérie, et se trouve bientôt considérablement diminuée par l’exhalation sudorale ; il est de toute évidence que cette déviatior du sang trop agité vers les vaisseaux extérieurs, est une des lois vitales les plus utiles à notre conservation , en ce quelle prévient de funestes engorgemens viscéraux; 1l n’est pas moins certain f;ue celte rosée sudorale qui vient

s’évaporer à la surface de la peau, a pour nous le daub'e avantage de nous débarrasser d’un sureroît de calorique qui deviendrait dangereux, et de diminuer la plénitude des vaisseaux trop augmentée par l'excès de la calorification vitale.

Le comment de cette importante loi ne. doit pas plus être cherché que celui de la plupari des lois vitales du premier ordre : il suffit que le fait soit bien constaté. J’établis donc, sans me soucier des causes premières, que le malaise des viscères et l’augmentation vicieuse de leurs excrétions coïncide avec la période de froid, qui est celle du spasme et de la concentration des fhideÿà l'intérieur, tandis que le bien-être coïncide avec la période de chaud, qui est marquée par la cessation du spasme , la répulsion des fluides vers l’extérieur, et la substitution des évacuations de la peau à celles des organes qui composent l’appareil viscéral. Ces vérités bien comprises, nous pouvons nous engager dans l’ étiologie des fièvres intermittentes.

Nous posons d’abord en principe, c’est-à-dire comme fait primitif dans la série de faits que nous voulons examiner, que le spasme qui appelle le sang dans les viscères, qui retient le mouvement du cœur et concourt à como centrale, n’est autre chose qu’une exaltation anormale de l’action nervense de ces viscères, c’est-à-dire uneirritation. Nous avançons en second lieu que, dans l’étatnormal, l’impulsion perturbatrice, qui vient tout-à-coup produire cette irritation, a son principal siége dans la partie de lappareil splanchnique où le système nerveux

est le plus prédominant, c'est-à-dire dans les organes sous-diaphragmatiques, et surtout dans l’estomac. Que la cause de cette irritation agisse par l’intermédiaire du cerveau, c’est ce quiest hors de doute; mais comme le cerveau ne garde pas alorscetteirritation, comune 1l la réfléchit dans tout l'appareil nerveux des viscères, ainsi que nous l'avons cent fois prouvé, il est clair qu’elle doit prédominer dans ceux qui ontle plus de nerfs, et c'est ce que démontre l’observation en faisant voir que l’énorme majorité des fièvres intermittentes a sôn principal siége, c’est-à-dire son irrilation provocatrice des accès, dans l'estomac et la partie supérieure des intestins. Les Cas exceptionnels ne sont que ceux où tout autre organe que l'estomac se trouvait plus irrité, ou plus disposé que lui à l'irritation , lorsque la cause déterminante est venue agir sur l’économie.

Nous n’accumulons pas iciles preuves de cette seconde assertion: les unes se trouvent déjà consignées dans le commentaire de la proposition CCX XIT, d’autres résultent, sans contestation, de l'effet des stimulans prématurément ingérés. Les plus fortes sont dans les nécroscopies, mais il est rare de les saisir pour l’étataigu : il n’y a qu’une mort accidentelle qui puisse les fournir. Enfin, si l'on veut bien préter un peu d’altention à ce que nous allons dire, nous espérons que l’on y trouvera de nouvelles preuves confirmatives des précédentes.

L'opinion la plus répandue de nos jours est que les fièvres intermittentes sont occasionées par l'air des marais, et qu'elles dépendent des miasmes d’o-

rigine animale ou végétale qui s’en échappent. Il ÿ a déjà long-temps que je combats cette croyance. L'air des marais n’a pas la vertu spécifique de produire les fièvres à accès; ce sont les alternatives de la chaleur et du froid humide auxquelles le corps vivant est soumis, qui les produisent. Partout où l’homme est soumis à ces vicissitudes, on peut rencontrer des fièvres intermittentes ou rémittentes. Il est bien évident que les plages marécageuses sont plus propres à les produire que tout autre lieu; mais il est impossible de nier qu'on ne puisse contracter des fièvres intermittentes dans des terrains qui ne sont nullement marécageux. Nous les avons même vues régner, durant les années pluvieuses , dans des sites élevés et stériles ; et tous les jours nous voyons naître ces fièvres dans des villes très bien pavées et qui n'ont rien de marécageux, ainsi que dans les hôpitaux les mieux tenus, et cela par la seule raison qu'il tombe souvent autour de ces édifices des eaux qui refroidissent l’atmosphère en s’évaporant, Les fièvres intermittentes se montrent aussi sur les bords des canaux les plus propres, les mieux murés, quoiqu'on n observe aucun marécage dans les environs, lorsqu'il ne règne aucun vent qui puisse disperser les vapeurs humides qui s’en élèvent dans le jour, et qui, le soir, refroidissent l'atmosphère en se précipitant vers le sel.

S1 les fièvres intermaittentes ne se montraient que sous Îles influences que nous venons de signaler, on pourrait encore croire que l'air humide n’agit pas seul dans leur production, car il ÿ à toujours

quelques boues exposées à l'évaporation, quoiqu’elles. soient assurément bien pauvres en émanations miasmaliques ; mais quand on voit la fièvre intermittente se déclarer chez une personne auparavant fort bien portante, pour avoir été mouillée par une averse dans un lieu fort sain, ou pour avoir gardé quelque temps ses vêtemens mouillés, après être tombée dans une eau très vive et très pure , il n’est plus possible de soutenir que cette maladie a besoin, pour être produite, de vapeurs provenant des corps animaux ou végétaux se décomposant en plein air.

Si l’intermittence fébrile peut être occasionée par la seule influence du froid, les miasmes marécageux ne sont pas nécessaires à sa RE ce ne sont point eux qui occasionent les fièvres qu’on voitrégner dans les marais, et l’on peut les absorber impunément si l’on se garantit du froid humide. Mais si ces miasmes sont étrangers à la forme inlermitlente des fièvres qui règnent dans les plaines à marécages, ils ne le sont pas, à beaucoup près, au danger qui accompagne les accès de ces mêmes fièvres. Ces vapeurs doivent être considérées comme des poisons gazeux dont la virulence varie suivant l’activité de la chalcur et la direction des vents qui éparpilient ces miasmes ou les accumulent autour des habitations ou des lieux que l’homme a coutume de fréquenter. On voit maintenant que ces foyers marécageux peuvent être fort actifs sans avoir une vaste surface, et que les bords de certains étangs, de certaines mares, ou les rives d’une petite rivière bien encaissée , mais remplie d’ordures, peuvent être plus

( 675 ) malsains que de vastes prairies humides bordant un fleuve des plus considérables.

La modification dangereuse que les miasmes impriment aux accès des fièvres intermittenies sont, selon l'opinion vulgaire, ce qui les constitue pernicieuses. Nous sommes bien aussi de cet avis; mais ici nousn ous croyons obligé de revenir sur Îa distinction établie ci-dessus : parmi les accès qui, par leur violence, tendent à la continuité et menacent même de la mort, ilen est dont le danger dépend ou de l'excès de pléthore et de vigueur inflammatoire, ou de l’altération antécédente d'un organe attaqué de phlegmasie chronique ou de subinflammation , tandis que d’autres ne doivent leur aiarmante intensité qu’à l'impression des miasmes dont est chargé l'air humide qui détermine les accès. On peut se rappeler tous les symptômes énumérés plus haut, qui donnent aux fièvres le titre de pernicieuses : on. jugera facilement que les individus les plus irritables, et ceux qui sont affaiblis par une maladie antérieure dont le siègé ou l'organe est déjà maléficié par les suites d’une longue nutrition anormale, doivent être plus fortement atteints par les miasmes que ceux qui jouissent d’un équilibre parfait. L'empoisonnement gazeux des marais doit donc souvent concourir, avec la prédisposition inflammatoire, à donner aux intermittentes le caractère pernicieux, et à les rendre funestes dès les premiers accès. C’est pourcela que nous avons conseillé d’avoir égard à la cause ; c'est-à-dire de s'assurer si le froid humide a seul agi, ou s'il n’a point été secondé par les miasmes, quelle est l’ac-

(674) tivité de ceux-ét, et si leur impression a porté sur des organes sains ou malades, sur un sujet vigoureux Ou sur une personne épuisée, avec ou sans altération de ses principaux viscères.

La question qui se présente maintenant ne le cède point aux précédentes en intérêt, puisque c'est elle qui doit poser les bases des indications curatives : il s’agit de savoir quelle est la manière d’agir et du froid humide, et des miasmes qui concourent souvent avec lui à la production des fièvres intermittentes en général, et particulièrement de celles qui portent le nom de pernicieuses. |

Si le froid diminue la circulation dans les vaisseaux de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, il faut nécessairement qu'il l’augmente dans ceux des viscères. Cette modification est plus durable quand il est humide; mais, quelle que soit sa durée, il vient un instant où elle cesse, et où le sang est rejeté dans les vaisseaux de la périphérie jusqu’à ce qu’une nouvelle impression du froid le repousse encore vers le centre. On conviendra bien, nous l’espérons, que ces accumulations supernormales du sang dans les viscères, et la réaction qui les dissipe, sont des phénomènes actifs; on peut même les considérer comme des états de surirrilation qui ont quelque chose d’anormal , et dont la fréquente répétition ne peut être supportée impunément. En effet, c’est ainsi que se perd l’habitude de l'équilibre, et que s’établit la prédisposition aux congestions décidément et persévéramment morbides; mais toutes ne sont pas intermittentes. 1 n'est point d’épidémies de fièvres à

accès qui ne soient accompagnées de nombreuses phlegmasies continues des mêmes viscères où se font les congestions intermitlentes ; et souvent, comme nous l’avons déjà dit, il existe une phlegmasie continue qui, S’exaspérant par intervalles, appelle dans les parties qu’elle occupe une nouvelle congestion qui ne se résout qu'imparfaitement.

Mais faut-il aussi donner le nom d’inflammations aux congestions qui se dissipent au point qu’il en reste à pel.e quelques traces? Pourquoi non, puisque l’excès d’innervation et l'appel du sang avec excès de calorification locale en sont les facteurs : ce qui est amplement démontré et par les sympathies de la congestion intermiltente , qui sont celles de la phlegmasie, et par l’inspection que l’on peut faire des congestions de l'extérieur du corps dans ce qu’on a si mal à propos nommé les fièvres larvées ? Pourquoi non; puisque lirritation qui persiste dans les intervalles des grandes congestions est ellemême une petite congestion entretenue par une irritation proportionnée , puisque les irritans, placés sur le lieu affecté, y entretiennent le plus souvent la congestion, et font qu'elle ne diffère plus de la phlegmasie; puisque toutes les congesiions intermittentes, dont la nature ou l’art n’ont point triomphé, finissent par se convertir sinon en phleomasies aiguës, au moins en phlogoses continues chroniques?

Reste maintenant à faire la même demande relalivement aux congestions périodiques, entre lesquelles on ne peut découvrir aucune trace d'irritation. Plusieurs médecins physiologistes n'hésitent

pas à révoquer en doute l’existence de ces apyrexies parfaites : ils pensent que quelque point de l’appareil viscéral, et surtout des organes digestifs, conserve toujours un état de phlogose chronique; et c’est de là, sclon eux, que part l’impulsion qui, se portant sur le cœur et sur tout l'appareil nerveux trisplanchnique, détermine les accès, de la même manière que les provoque ur ulcère situé à la jambe, ou une sonde laissée dans l’urèthre.

On serait d'autant plus porté à se ranger de leur avis, que toutes les fois que les fièvres intermittentes sont long-temps rebelles, les malades finissent par une inflammation chronique de quelque viscère, et presque inévitablement du canal digestif; inflammation qui n’est probablement autre chose que l’extension de celle qui entretenait les accès fébriles. Ce qu'il y a de certain, c’est qu’on rencontre bien souvent, dans la pratique , des malades qui, quoique long-temps traités par les fébrifuges les plus efficaces , ne laissent pas de conserver toujours leurs accès, conjointement avec des signes non équivoques d’une gastrite ou d’une entérite chronique; et que, pour les guérir, l’on n'a pas de meilleurs moyens que l'usage persévérant, infatigable, d’un régime adoucissant, auquel on ne peut ajouter les frictions stimulantes qu'avec les précautions nécessaires pour qu’elles ne réagissent pas trop vivement sur lintérieur.

Qu'on explore donc attentivement les malades où la fièvre paraît le plus complètement intermittente , et nous sommes bien trompé si l’on ne rencontre

( 677 ) pas toujours quelques traces d’une phlegmasie chronique dans la poitrine ou dans le bas-ventre , et particulièrement à la région hépato-duodénale.

Les cures obtenues par le quina , et autres modifications d’action diverses, mais toujours. plus ou moins excitantes, ne constituent pas une objection redoutable contre l'existence des inflammations et des subinflammations chroniques dans les fièvres intermittentes ; nous avons surabondamment prouvé qu'un grand nombre d’inflammations circonscrites peuvent céderà une stimulation, qui, agissant à la fois ou successivement sur plusieurs poinis très irritables de l'appareil digestif, développe un grand nombre de sympathies, excite beaucoup de sécrétions, et opère une révulsion fort étendue. Ceci s'applique d’autant mieux aux fièvres intermittentes etrémillentes,qu’on ne stimule pas impunémentdans celles où l’inflammation est encore intense entre les accès, et que le quina n’a de succès qu'après les débilitans. Les médecins qui ont le moins saigné dans ces fièvres ont au moins fait jeüner et boire des tisanes délayantes, et ont même cru devoir commencer par la médication vomitive ou purgative avant de se fier aux fébrifuges.

Ces stimulations évacuatives, précédées de la débilitation directe, avaient donc, pour ainsi dire, rompu et souvent même fort exténué le mouvement inflammatoire, lorsque l’on faisait agir les stimulans qui révulsent sans rien évacuer. Ce n’était qu’à ces conditions qu’on pouvait obtenir des curesun peu multipliées dans les épidémies de fièvres ; et quand

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