‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicalesChapitre 23 sur 34 · Path · texte numérisé non relu

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on les néglige, on change presque toujours l’intermittence en continuité aiguë. D'ailleurs, combien n’était-il pas de cas où les cures, sur lesquelles se fondait la théorie dominante,n’éiaient pas complètes, ebne consistaient que dans la substitution d’un nouveau mode d'irritation, qui plus tard devenait la cause d’une affection organique dont on méconnaissait l’origine, parceque les personnes avaient passé quelque temps sans éprouver d’accès fébriles , et avaient repris de l'embonpoint et des forces ? On se féliciwit quelquefois d’avoir subitement arrêté les accès d’une prétendue fièvre pernicieuse avec d’énormes doses de quinquina: eh bien! j'ai rencontré souvent dans le monde de ces personnes qui croyaient avoir été arrachées d’entre les bras d’Atropos ; elles me consultaient pour des gastrites , des hypochondries ou des duodéno : hépatites incurables, uniquement déterminées par l'impression ir profonde de l'incomparable spécifique.

Vient maintenant la seconde partie de la question posée plus haut: en quoi les miasmes marécageux contribuent-1ils au danger des fièvres intermittentes ? ou quelle est leur action sur les organes ? |

Ces miasmes occasionent aussi des affecti ns continues des membranes muqueuses, même extérieures. Ces affections sont des phleogmasies : on peut s’en assurer quand elles sont visibles, comme à la conjonctive, à la gorge. Lors même qu’elles ne le sont pas, on possède assez de signes extérieurs pour déterminerleurnature; en effet, lesfièvres catarrhalesprises dans les marais sont des bronchites ; les fièvres con-

tinues, qu on y puise quelquefois au lieu des inter mittentes , ne sont autre chose que des gastro-entérites aiguës, en tout semblables à celles que l’on peut déterminer en changeant en continue une in- termittente de la même source avec du quina et du vin, La plus simple observation nous suffit donc pour établir que les miasmes marécageux peuvent irriter les surfaces de rapport avec lesquelles ils sont mis en contact,‘et transmettre de là l’irritation au cerveau et à tout l'appareil nerveux.

C’est par cette dernière modification , peut-être aussi par lafacalté qu'on peut leur supposer de parcourir en peu de temps le système nerveux , que les gaz les plus délétères peuvent être mortels en peu d’instans. Ceux des marais, qui ne produisent que des fièvres intermittentes, sont loin d'avoir ce degré d'activité ; maïs ils en ont assez pour attaquer la force nerveuse dans sa source, et faire que la réaction vitale soit moins puissante dans les congestions, et souvent même se trouve inhabile à les résoudre. C'est ce qui constitue les fièvres pernicieuses proprement dites ; et l’on doit sentir maintenant que plus les foyers qui les fournissent sont méridionaux, plus ces miasmes doivent être actifs; aussi les fièvres : des marais pontins sont-elles plus promptement funestes que celles de la Zélande. Maïs lorsque Îes ma- rais sont encore plus échauffés , l’intermittence disparaîl ; il ne reste que la rémittence ; encore est-elle de courte durée , ce qui comporte le plus grand danger. Telles ont été plasicurs épidémies de fièvres jaunes des plages américaines les nlus marécageuses ;

la physionomie ordinaire de cette inflammation s’y est altérée , au point que les observateurs ont eu de la peine à la distinguer des pernicieuses du midi de l'Europe ; toutefois ces iyphus dégénérés ont laissé voir dans les cadavres de leurs victimes une phlegmasie qui n'épargne aucune région de l’appareil digestif.

C’est donc par l'irritation que les miasmes marécageux agissent dans Îles fièvres intermittentes , et si le système nerveux en est plus particulièrement affecté , ilne peut l'être que par l'irritation, lors même que la nature de la matière nerveuse en souffrirait. Quant aux inductions thérapeutiques à tirer de là, ce ne serait assurément pas qu'il faut à tout prix stimuler le plus tôt et le plus possible les malades qui ont contracté la fièvre dans un marécage très virulent, mais plutôt qu'il faut modérer l'excès de l’irritation par les antiphlogistiques , n’employer les émissions sanguines qu'avec réserve, et préparer une région du canal digestif à recevoir la suümulation des révulsifs dits ‘ébrifuges, lorsque l'on a la certitude que la médication directement sédative est insuffisante.

La proposition indique, sans les spéciber, d’autres causes extérieures qui auraient la propriété de produire, et surtout de faire PÉpATaIRE les fièvres intermittentes, en agissant de la même manière que les vicissitudes be Nous avons vu que ces vicisssitudes produisent alternativement des congestions de sang dans lappareil viscéral, avec augmentation des sécrélions internes, et des réactions

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qui réchauffent l’extérieur du corps , en y repoussant le fluide , et ouvrant tous les exhalans cutanés; ilne faut donc point être surpris si la frayeur, qui cause le tremblement et l’oppression, signes de spasmes et de concentration des fluides à l’intérieur , si les purgatifs, qui appellent le sang dans les viscères et font pleuvoir les fluides bilieux-séreux sur la surface digestive, en refroidissent la périphérie, si les saignées des’ gros vaisseaux, qui, chez les personnes déjà faibles, attirent le sang vers les grands viscères aux dépens des parties extérieures, sont des causes déterminantes des fièvres d’accès, ou les rappellent lorsqu'elles ont été guéries depuis quelque temps. L'action organique, fidèle aux lois qui la régissent, ne peut manquer effectivement de réagir contre les congestions provoquées par ces diverses causes, et celte double impulsion suffit pour provoquer une première attaque, chez les sujets que les vicissitudes atmosphériques ont prédisposés, et pour déterminer la rechute chez les convalescens , qui gardent toujours long-temps la prédisposition. Un de mes amis s’est trouvé pendant plusieurs années dans une disposition telle, que toutes les fois qu'il vou-lait se faire saigner, ou seulement emporter une céphalalgie ou une bronchite par quelques sangsues, il voyait revenir plusieurs accès de fièvre qui ne cédaient qu’à la sévérité du régime...

D'autre part, ne semble-t-il pas que ce soit en maintenant l’action à l’extérieur, et s’opposant aux concentrations dans les viscères, que les frictions médicamenteuses, l'apposition du garou, des sina-

pismes, les bains de vapeurs alcooliques, et même les frictions avec la glace, guérissent les fièvres intermittentes ? On a témoigné, dans certains cas, quelque surprise de voir ces maladies céder aux frictions mercurielles, et l’on était tenté de les soupçonner syphilitiques : que l’on répète les expériences, et nous sommes persuadé qu’on obtiendra des guérisons par les frictions sèches. Tous ces succès supposent pourtant que l'habitude fébrile n’est pas eni- ‘retenue par une irritation interne bien enracinée; mais lors même qu’il en existerait une pareille, on pourrait être sûr de réussir si l’on s’attachait d’abord à la détruire par les antiphlogistiques et le régime. Ceci soit dit sans anticiper sur la thérapeutique , et seulement pour servir de preuve à la théorie physiobgique concernant les fièvres intermittentes.

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