COX LT
Dans les rétrocessions de la goutte, on ne doit se souvenir du siège que lirritation a d’abord occupé que pour déterminer le point de la périphérie où il est ie plus avantageux de tenter la révulsion.
Cette proposition, en apparence thérapeutique, n'est qu'une preuve mise à l'appui des vérités incluses dans la précédente. En effet, s’il ne faut point avoir égard aux mots par lesquels on a désigné les souffrances de nos organes, mais seulement aux modifications vitales que ces mots rappellent à l'esprit , il est clair que l’on ne doit voir dans la rétrocession de la goutte autre chose qu'une irritaüon interne qui vient d'être substituée à une externe.
S’il ne s’agit que de cela, et non d’une matière ou putride , ou maligne, ou coagulante , ou dissalvante, ou rongeante, ou débilitante , dont il faille absolument aller chercher les correctifs dans les bocaux du pharmacien, il est évident que deux indications se présentent : 1° celle d'opposer directement à lirritation intérieure des adoucissans, au lieu des irritans désignés par les anciens sous le
nom de spécifiques ; 2° celle de combattre indirectement cette irritation par les moyens révulsifs , et, comme il est probable que l'organe extérieur qui a été irrité le premier sera le plus disposé à le devenir, d'agir sur cet organe préférablement à tout autre, pour établir le point de révulsion désiré. Notons , en finissant, que celte manière d'établir les indications achève de rallier la goutte à toutes les autres affections irritatives.
COXLIL
La révulsion n’est possible, dans ce qu'on appelle goutte déplacée, que lorsque le viscère qui est attaqué n'a point encore éprouvé de Césorganisation.
C’est en examinant les organes d’une personne qui succombe à une inflammation interne par suite de rétrocession goutteuse , que l’on acquiert la conviction que l'irritation est le seul phénomène digne d’être observé dans les déplacemens et les fixations de la prétendue entité goutte. L'isnorant s'attendra à trouver dans le poumon d’un sujet mort de goutte rétrocédée quelque chose qui ressemble à l'affection du pouce ou du gros orteil; il n'y verra que les traces d’une péripneumonie ordinaire. Îl en sera de même de tous Îles autres organes : chacun sera affecté suivant son organisation et l'intensité de l'irri-
tation qui lui à porté atteinte aux différentes épo- ‘5 de la vie; et chacun des modes d’altération qu’on y aura observés pôur ra trouver son analogue chez des sujets qui n’auront jamais souffert de la goutte : il suffira qu'ils aient souffert l’irritation dans le même tissu et dans la même nuance que les sujets qui ont élé victimes de fa gouite.
F résulte de ces réflexions que la proposition qui nous occupe n'exprime qu'un fait applicable à toutes les irritations possibles, et que dire que la révulson de la goutte rétrocédée n'est plus possible lorsque l'organe qu'elle affecte est altéré dans ses principaux tissus, c’est dire tout simplement que l'irritation ne peut plus être calmée dans un üssu dont elle à détérioré l’organisation : vérité qui ne s’applique pas moins aux irritations primitives de tous nos lissus qu à celles qui s’y développent consécutivement à l’affection d’autres tissus. C’est ainsi que tous les axiomes de la doctrine physiologique rentrent les uns dans les autres , et se résolvent, pour les maladies actives, dans l’irritation, dont les lois sont le principal objet des études du médecin.
GCX LI.
Les végétaux âcres, qui, à petites doses, sont vomitifs, purgatiis , drastiques, diurétiques , etc. , administrés à haute dose, excitent l’inflammation et Flulceration de la muqueuse digestive, et secondairement des
douleurs et des convulsions qui diffèrent d’a-
Nat 6 près lidiosynerasie. “
Il s'agissait de rallier les empoisonnemens aux lois physiologiques qui président au reste de la pathologie , chose qui n'avait point été faite, et de les ôter de la classe indéterminée où les nosologistes les avaient provisoirement entassés sans aucun ordre , avec quelques maladies dont on n'avait pas une idée plus claire; c'est ce que l’auteur commence à exécuter dans cette proposition, en faisant voir que la spécificité des vomitifs et des purgatifs se réduit à une stimulation qui aboutit à une 1inflammation de la membrane muqueuse du canal digestif, avec tranchées, c'est-à-dire convulsions douloureuses des fibres musculaires de ce canal, et consécutivement des muscles respiratoires et locomoteurs.
Les végétaux astringens, à petite dose, deviennent causes de gastro-cntérites à haute dose.
Ici la modification primitive est d’abord très ditférente : au lieu de précipiter l’action sécrétoire et la péristaltique du canal alimentaire, les modificateurs dits astringens diminuent l’une et l’autre; mais ce qui prouve que cette diminution n’est point un
(.pe7 phénomène purement passif, c’est que si les mêmes modificateurs agissent à des doses considérables, il en résulte une véritable inflammation , plus ou moins rapprochée de celle des végétaux purgatifs : de Bà, la conclusion toute naturelle que la médication astringente ne saurait, sans péril, être opposée aux inflammalions d’un certain degré d'intensité, attendu que l’excès de l’irritabilité locale équivaut à l’excès de Ja dose du médicament. Cette vérité est d’une haute importance, puisque c’est d'elle que doivent se tirer les principales règles de la thérapeutique des phlegmasies cutanées, de ceiles des ouvertures des membranes muqueuses, et de toutes les irritations inté- rieures , accompagnées de flux.
CEXLY. do
Les végétaux narcotiques, les substances alcoholiques , excitent à haute dose la gastroentérite, d’abord sans ulcération , et éngorsent de sang l’encéphale , avec des convulsions et des délires variés; ils engorgent aussi le poumon.
On à beaucoup disserté sur les effets des narcotiques, et l’on ne s'est guère entendu, quoique ces modificateurs soient du nombre de ceux dont on use le plus souvent, et sur l’action desquels, par conséquent, on devrait avoir le plus de données. Nul doute
( 708 ) que la première action des narcotiques ne soit slimulante , aussi bien que ceile de l’alcoho!: mais elle l’est dans un mode qui lui est propre. Cela ne doit pas nous étonner, puisque chaque modificateur a son mode particulier de sümulation. Îl suffitque nous soyons sûrs que les phénomènes vitaux sont d’abord exagérés par l'action de ces substances, etil nous est impossible d'en douter. Îl s’agit ensuite de savoir en quoi celte exagération diffère de toute autre, non pas essentiellement,carce serait une question niaise, mais il faut déterminer ce quila distingue pour nos sens de celles qu’on peut lui comparer. Il est certain qu’elle donne d’abord des perceptions agréables, quand le médicament est pris à dose modérée, et qu’elle augmente l’innervation; que cette modification se passe d’abord dans l'appareil nerveux qui reçoit le corps: étranger, et qu'elle se répète dans Île cerveau, d’où résulte un changement qui fait disparaître , ou qui du moins diminue pour un tempsles perceptions douloureuses qui nous affligeaient ; qu'à la suite de cette premièreexcitation,ilenvientuneautre,compagne de las. soupissement, et manifesiée par une augmentation de la grandeuret de la force des pulsations du cœur, avec surcroît de transpiration ; enfin, qu'après l’un et l’autre genre d’excitation, 1l survient un état contraire marqué par la diminution de l'irritabihité et de la sensibilité. Voilà la modification la plusconnue du médecin , celle dont il se sert fréquemment, comme d’un remède, dans les maladies douloureuses. Est-il done si difficile d’en conclure que, donnés à haute dose, les narcotiques précipiteront l'action ner-
( 709 ) veuse, au point de l’épuiser en peu de temps; que s'ils ne produisent pas cet effet, ils exciteront lin neérvation pendant un temps un peu plus prolongé, ce qui donnera, pour le cerveau, un délire toujours fantastique, et pour les nerfs, des convulsions, dont quelques unes , je veux dire celles du canal digestif, pourront expulser le poison lui-même; que s'ils n'ont point éteint ls forces de la vie par cet excès d’innervation sensitive et motrice, ils devront provoquer, dans ieur excilatien consécutive sur le système vasculaire, des engorgemens sanguins pendant la durée desquels surviendront la torpeur nerveuse consécutive êtla mort des capillaires engorgés; que cette modification se manifestera par la gangrène dans lesiomac ou dans la plaie où le narcotique aura été déposé; dans Île poumon, par un engorgement dyspnoïque ; dans le cerveau, parure apoplexie profonde, pendant laquelle le ralentissement de l’innervation se marquera par celui du pouls et de la respiration, dont le terme nécessaire sera Pexuinction de la vie? N’est-il par nalurel que, dans les cadavres des empoisonnés par les narcotiques, onnetrouve, quand la mortaura été subite etnerveuse, nulle trace de phlegmasie ni d° engorgement sangum? que quand elle aura été tardive, on remarque des congestions sanguines avec ed noire, ou du moins brune, à cause de la diminution du phénomène de l’oxygénalion, toujours proportionnelle à celle de l’innervation, dans les muqueuses et dans tous les appareils viscéraux? Ne doit-on pas s’artendre aussi à ce que l'irritabilité paraisse détruite
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après la mort dans les fibres musculaires des animaux qui auront été empoisonnés par les narcotiques? Or, ce que l’on déduirait des phénomènes d'un narcotisme léger est précisément ce qu’on observe dans tous les narcotismes considérables, soit d’une manière absolue , soit d’une manière relative : absolue, cela s'entend assez; relative, c’est-à-dire, quand on fait prendre, même à petite dose , les nareotiques à des personnes qui se trouvent dans une disposition inflammatoire.
Pourquoi donc AiSDUIeE encore sur les effets de l’opium et de ses congénères ? IT faut se contenter dé répéter les a nd , pour. s'assurer si l'on à bien tout noté, etpour se familiariser avec les différences d'action qui distinguent chacun des poisons stupéhians ; mais il faut renoncer définitivement à toute excitaion qui tendrait à mettre en jeu les causes premières.
COXLVI.
Les végétaux âcres, dits auti-scorbutiques, excitent, à grandes doses , la gastro-entérite.
On doit se souvenir de cette modiñcation, toutes les fois que l'on se prépare à piesehié ces substances à quelques malades:
COXLVES.
Les substances minérales corrosives ou
escharotiques produisent , à petites doses, la gastro-entérite sans eschare, et consécutivement l’ulcération ; à hautes doses, elles développent cette phlegmasie autour de leschare qu’elles ont produite. Dans tous les cas , il en résulte des phénomènes de délire et de couvulsion qui offrent beaucoup de variétés.
Toutes ces substances sont en effet vivemenistimulantes , et l’excès de l'irritation qu'elles font parvenir au cerveau , en agissant sur les extrémités des nerfs, peut fort bien, à la faveur d’une disposition pléthorique ou d’un obstacle au cours du sang, produire des phénomènes qui aient quelques rapports avec les empoisonnemens par les narcotiques.
COXLVIIE.
Si l’arsenic ne devient pas promptement mortel , il provoque linflammation des voies gastriques dans des nuances qui varient selon la dose et selon ‘idiosyncrasie; de là l’engorgement , la phlegmasie du cerveau et des poumons , et quelquefois des phénomènes analogues à ceux des prétendues fiévres putrides et des typhus.
Les premiers mots de cette proposition indiquent
les cas de mort par ingestion de l’arsenic à dose très forte, dans lesquels on n’a point trouvé de trace d’inflammation dans l'estomac. Ces faits prouvent que les préparations arsenicales exercent sur la substance nerveuse de l'estomac une action stimulante délétère qui précède l’action rubéfiante, escharotique, inflammatoire, et que cette stimulation peut êt:e communiquée au cerveau, et répandue danstout l'appareil nerveux, dont elle détruit la vitalité. Vient ensuite la réaction génératrice de la phlegmasie, mais il lui faut du ne pour se développer ; aussi ne paraît-elle pas après les empoisonnemens à haute dose , et quand elle a produit tout son eftet , elle se trouve encore compliquée avec la modification nerveuse ; ce qui rend les phleogmasies arsenicales beaucoup plus délétères que celles qui sont produites par les escharotiques simples.
C’est cette action générale sur le système nerveux qui rend si dangereux l'énplot de l’arsenic à l’intérieur dans les maladies , et qui fait qu’on ne peut pas toujours s'y fier, lors même que l’on n’en fait usage qu’en topique, comme le prouvent les gastrites , les pneumonies ,les encéphalites qui se manifestent assez souvent à la suite des applications de la pâte arsenicale sur Îles ulcères dits chancreux, etc. La modification exeitative que l’arsenic imprime au cerveau et à toute la matière nerveuse des viscères, se termine toujours a une disposition gangréneuse qui se manifeste même dans les phlegmasies accidentelles, de sorte que l'on n’obüent jamais une solution bien complète des inflammations et des
subinflammations internes chez les personnes qui ont long- temps fait usage des préparations arsenicales : leur nutrition paye eiles sont décolorées, elles meurent avec des gastro-entérites à couleur brunâtre , avec altération du foie, hydropisie , diarrhée, etc. On n’a pas constaté jusqu’à quel point l’altération inflammatoire où subinflammatoire pouvait être portée dans le système vasculaire.
Si les symptômes de l’adynamie fébrile sont en raison de l’excès de l’inflammation des viscères, surtout digestifs , on conçoit qu'ils ne peuvent manquer de se développer à ux haut degré, dans les gastro-eniérites aiguës produites par l'arsenic, comme le scorbut dans les gastrites, les entérites et les colites occasionées par la même cause.
Les éruptions brunâtres, les ecchymoses , ‘les turgescences rougeâtres , violacées, que l’on remarque dans le système cutané des personnes qui succembent aux empoisonnemens arseniCaux, en prouvant l’action diffusible de ce métal délétère , donneraient à penser qu'il attaque profondément le système vasculaire , tout en affectant le système
nerveux. Îl y a de, PR LA recherches à faire sur ce sujet.
CCOXLIX.
Les substances saturnines produisent , à petites, doses l’astriction de la membrane muqueuse gastro-intestinale ; des eonvul-
(786) sions douloureuses dans les plans musculeux du canal digestif, d’où résultent la colique, les vomissemens , et sympathiquement les convulsions des membres ; mais, à haute dose, ou en raison de la disposition individuelle , elles provoquent une gastro-entérite plus ou moins associée à l’état convulsif'; de là, de grandes variétés dans les effets des vomitifs, des drastiques , de l’opium et des sudorifiques, que l’on oppose aux coliques
de plomb.
L'action astrictive du plomb est démontrée par la décoloration et la diminution de sécrétion que l’ou observe sur les surfaces extérieures où Îles préparations saturnines sont appliquées. De là la propriété dessiccative que l’on accorde à ces médicamens , et qui ne peut être contestée quand on l’emploie sur les plaies, les suppurations extérieures, les phlegmasies dés -ouveriures des D a ue a muqueuses , toutes les fois que Rinflammation ne s'élève pas à un haut degré. Mais si les sels de iomb sont déposés sur des tissus où fa chaleur et la douleur inflammatoire soient considérables , loin de produire l'effet indicué, ils en produisent un tout contraire : l’ardeur locale et la sensibilité paraissent augrnentées, et se répètent avec plus d’intensité dans les appareils viscéraux. Quelquefois on observe une combinaison ou plutôt la succession de ces
(76 D 2e deux effets : une plaie suppurante fait sentir de la chaleur , et montre une légère tuméfaction rougeäitre ; on y applique de l'acétate de plomb, la chaleur et la rougeur semblent se dissiper, la plaie devient sèche , perd sa sensibilité, etse couvre d’une croûte au-dessous de laquelle on se figure le travail de la c'catrice ; mais un sentiment de tension, de chaleur, de pulsation ne tarde pas à âétromper l’ohservateur : l’inflammation s’est ranimée sous l’opercule produite par l’action du sel saturnin, une collection de pus âcre s’y est faite, et nécessite un nouvel emploi des émolliens pour cbtenir la cicatrice.
Introduisez maintenant les sels saturnins dans les voies gastriques , qu'observerez-vous ? S'ils n’y parviennent qu'à petite dose, et qu'il n'y ait pas excès d’irritabilité et de chaleur dans la surface muqueuse , ils diminueront les excrétions auxiliaires de la digestion , ce qui produira la constipation, et sympathiquement la sécheresse de la bouche , la suppression desexcrétions bronchiques et de lasueur, le ralentissement de la circalation. Voilà l'effet astrictif ; 11 est partagé par les parois vasculaires et par Îles faisceaux musculaires du canal digestif et du cœur. L'innervation paraît donc enrayée par l’influence satarnine. Ce n'est pes qu'il n’y ait eu d’abord un moment de stimulation , quand la substance s’est trouvée mise en rapport avec la matière nerveuse. On je distingue très bien par la dégustation ; mais ce moment, fort court, est soudainement remplacé par celui de la sédation, qui ne peut être
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attribué qu’à un état de contraction sinon permanente, au moins plus prolongée que celle de l'état normal , et dont l'effet nécessaire est, avec la dimiaution de la sensibilité , celle du calibre des vaisseaux et de tous les phénomènes de circulation, de sécrétion et d'excrétion dans la partie qui à été touchée par le plomb. Voilà l'effet direct local; mais comme les nerfs transportent toutes les modifications qu'éprouvent les parties où leurs extrémités sont plongées ,modifications qui sont primitivement celle de la matière nerveuse, le ralentissement d’innervation et f’astriction se répètent da plus au moins dans tout le sysième vivant.
Tel est l’effet calmant du plomb, celui qu’on lui demande quand on l’oppose aux vomissemens, aux diarrhées , aux sueurs excessives, aux -expectorations copieuses , au diabètes et aux hémorrhagies; mais cet effet, qui est le second moment de son action , qui parait être et que NOUS avENns CTU NOUSmême L premiers ne peui pas être durable ef ne peut être utilisé, comme moyen de guérison, que quand l'irritation excrétoire à laquelle on l'oppose ne tient n1 à une vive impulsion inflarnmatoire, m1 à la désorganisation d’un viseère de haute importance. Dans Île premier cas, la sédation n’a même pas lieu, le premier moment du modificateur devient l'unique; il se développe avec force, et on n'obtient qu’un surcroît de phlegmasie ; dans le second cas, si les choses ne se passent pas de la même manière, le second moment est suivi d’une réaction qui porte à un nouveau degré d'intensité l'excitation