‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicalesChapitre 26 sur 34 · CHEN · texte numérisé non relu

CHEN

qu'il avait calmée, et le médicament devient plus nuisible qu’utile. C’est ce que devraient savoir tous ceux qui ne craignent pas d’administrer les préparations saturnines dans les phthisies pulmonaires et

dans les phlegmasies chroniques du caral digestif. Âprès avoir traité des effets généraux du plomb, il nous reste à le considérer comme agissant spéciale | meni sur ce même canal : le premier effet réactif qui nous frappe, c’est le sentiment de colique ; il nous annonce que le plomb n'agit plus comme sédatif, mais bien comme irritant sur la matière nerveuse de la membrane interne du canal digestif, La maladie est encore plus nerveuse qu’inflammatoire, ou plutôt c’est une irritation nervoso-sanguine de la muqueuse qui se propage à la musculeuse, qu’elle force à des contractions convulsives , et à tout le système nerveux abdominal et pelvien, où elle fait rapporter de vives douleurs. Mais cette irrilation persiste, elle fait des progrès ; au lieu de tendre à pâlir et à dessécher la membrane, elle l’injecte de sang et y fait affluer la sérosité et la bile, comme le prouvent les vomissemens, et quelquefois même les diarrhées qui se manifestent. Parvenue à ce degré, la modification satarnine est une véritable inflammation dont lesiége principal est toujours le même , ettel qu'il fut dès Île premier effet du poison, la nine muqueuse du canal digestif. Ainsi, la musculeuse, les muscles des Bnbros pelviens et lés articulations, ne souffrent que par la propagation du mouvement irritajif qui se passe dans la matière nerveuse de cette membrane, qui de là se répand dans les nerfs de l'abdomen, dans

ceux des muscles at des cuisses, des jambes, des pieds et de leurs RATE et quelquefois aussi, mais bien plus rarement, dans ceux des bras, et dans les articulations des mains. On sait que ces douleurs peuvent paralyser ces membres et y preduire des nodus; mais qu’est-ce à dire, sinon que l'irritation qui règne dans les nerfs déni la matière pulpeuse conteque dans leur névrilème, et provoque des congestions dans les capillaires séreux et synoviaux , avec lesquels cette matière est en communieation? Pourquoi s'étonnerait-on plus de ces résultats que de la paralysie d’un nerf que lirritation rhumalismale à tourmenté pendant long-temps, et des altérations circulatoires et sécrétoires que lon remarque dans les yeux, dans Îles glandes lacrymales, dans les glandes salivaires, dans le tissu cellulaire qui les embrasse, et dans le réseau vasculaire de la face chez les personnes attaquées de névralgie ? N'est-ce pas toujours le phénomène de l’irritation parcourant le tissu des nerfs et dérangeant la circulation, les excrétions et la nutrition par les érections morbides qu'il provoque dans tous les tissus capillaires où les nerfs l'ont transporté? Enfin, puisqu'il faut le’ dire, ces phénomènes ne sont-ils pas de même nature que toutes les innervalions qui constituent la synergie des organes dans l’état de la plus parfaite santé, ou plutôt, ne sont-ils pas réellement la conversion de l'excitation normale en irritation ?

On daeit entendre maintenant ce que dit la proposition, quand elle avance que la disposition des individus et la dose des poisons saturnins expliquent

les variétés que l’on observe dans les eftets.des vomilifs, des drastiques , et autres stimulans que l’on oppose aux coliques de plomb. L'irritation nervososanguine de la membrane est-elle lésère, les stimulans la dissipent, soit par la révalsion sécrétoire et par la stimulation du cœur et de tout l'appareil musculaire viscéral et locomoteur, soit par la modification narcotique dont nous avons donné plus haut l'explication. Cette irritation est-elle devenue 1ntense, a-t-elle déjà revêtu un caractère décidément , C Éauiire prédominamment inflammatoire, la nouvelle stimulation ne pouvant détruire l’ancienne, ne manque jamais de l’accroître, car c'est une loi sans exception, et l’art qui devrait sauver devient un art destructeur. Ainsi, toutes les questions de la paihologie nous ramènent à un seul principe, la nécessité d'observer ét d'étudier sans relâche livritabilité et ses rapporis avec les modificateurs de nos organes.

CCE.

Les astringens minéraux, le sulfate d’alumine, celui de zinc, celui de fer, agissent à peu près comme les préparations de

plorab.

Nous n’examinerons point ici jusqu ta que el point ce qui vient d’être dit des préparations saturnines est applicable ‘aux autres substances astringentes ;

uous croyons que le plomb est le plus dangereux de tous, et qu'il porte une atteinte vraiment délétère au système nerveux. Mais noussommes persuadé qu'il y a vraiment des rapports entre les modes d'action des modiücateurs signalés dans la proposition: tous excitent dans le premier moment de leur action ; tous resserrent la fibre et diminurnt ensuite l’innervation. C’est à l'nbservation de décider jusqu'à quel point chacun d’eux peut produire l’un et l’autre effet, au moins d’une manière appréciable à nos sens; c’est à elle de faire connaître la durée de ces effets et les dispositions du corps où ils sont le plus marqués ; enfin, c’est à elle de nous apprendre quelles sont, parmi les substances d’une action opposée, celles qui, dans les cas d’irritation gastroiniesiinale déterminée par les astringens, paraissent le plus convenir à chacun d’entre eux. |

COLIT.

Le » sublimé corrosif enflamme les voies

triques à dose un peu forte; à dose excessive, il ulcère en produisant la phlogose, et détermine des douleurs et des convulsions variées dans les voies gastriques et dans les muscles de relation.

Il ny a rien de particulier a noter sur le sublime corrosif, si ce n'est qu'il est la cause d’une foule de

gastriles chroniques et d’hypochondrie chez les personnes à qui on le fait prendre contre les affections syphilitiques. [l n’agit sur les poumons et ne devient cause de phthisie que par les suites de cette première irritaticn ; observation que nous avons consignée, il

ya déjà ic des années, dans |’ arte des phlegmasies chroniques.

COLIL.

Toutes les préparations mercurielles et cuivreuses sont excilantes, et leur excès produit toujours la gastro-entérite.

Il est certain que toutes les préparations mercurielles , sans parler du sublimé corrosif, sont excitantes ; mais 1l l’est également qu’elles le sont d’une manière qui leur est particulière , et dont les effets sur l’économie sont tels qu’on chercherait vainement à les obtenir par d’autres substances.

On se représentait autrefois l’action des mercuriaux comme une sorte de dissolution des globules du sang , et surtout de la Iymphe. Quand cette modification, que l’on pourrait considérer comme une diminution des affinités vitales, serait réelle, elle serait toujours précédée d’une stimulation, car il y a des phénomènes qui ne permettent pas de la révoquer en doute. Ces phénomènes sont d'abord l augmentation de la sensibilité, celle du mouvement des fluides dans la partie modifiée par le mercure, et en-

( 722 ) | suite. dans tout le système sanguin, enfin celle des, évacuations qui paraissent plus ou moins considérables , et qui le sont toujours beaucoup dans le cas de salivation. En effet, cette salivation, si mal vue par les anciens, qui n’avarcnt égard qu’à l'évacuation humorale, est elle-même la preuve la plus frap-

ante de la vertu excitante des mercuriiux, puis-. qu’elle n’est auire chose qu’une inflammation de la membrane muqueuse de la bouche, dort le produit est ja supersécrétion de la mucosité du lieu malade et de la salive des glandes qui lui correspondent. Voilà ce que l’on pouvait déduire des lois observées par Bichat relativement à l'excitation sympathique des organes sécréteurs par l'excitation directe de leurs orifices excréleurs. Quant à l’altération que paraissent avoir subie les humeurs mélangées que produit la gengivite mercurielle, on peut très bien observer qu’elle est toujours en rapport avec l’intensité de cette inflammation. Mais le mercure ne borne pas son action irritante à la membrane buccale et à ses annexes; il agit aussi sur tout l’appareil muqueux de la digestion, et consécutivement sur les sécréteurs qui lui correspondent, et même sur toutes les autres membranes du même ordre. Aussi rend-il la languesale, Phaleine fétide, l'appétit plus ou moins vif que dans l'état normal, quand son action porte Sur l'estomac, tandis qu'il occasione des diarrhées considérables toutes les fois qu’on le fait agir sur les instetins. | C’est par cette stimulation toujours très considérable de la membrane fondamentale du canal digestif,

que le mercure ébranle toute l’économie, change l’état de la peau, celui des ouvertures desmembranes muqueuses ou des sens externes, et même celui des üssus blancs les plus inertes, comme le périoste, les carlilages , les os. On trouverait difficiiement, ou plutôt on n’a peu encore trouvé un modiféateur dont l’action pût devenir si profonde et si sFnétle avec aussi peu de danger , du moins pressant; c’est ce qui lui donne le pas sur tous les révalsifs dans les irritations chroniques invétérées des tissus les moins actifs. Plusieurs nations ont trouvé si commode cette altération générale des fonctions sans commotion perturbatrice alarmante, qu’elles ont fait du mercure , dans la forme où il agit surtout comme purgatif, une espèce de remède universel, en se hornant à modérer l'excitation qu'il peut produire, par des émissions sanguines plus ou moins copieuses. Les autres Stains arriveraient peut-être à la même généralité d’ excitalion, mais ce sCrait toujours avec plus de danger; il en coûterait davantage à l'appareil neryoso-sanguin de la région épigastrique pour émouvoir tous les tissus de l'économie par toute autre stimulation médicamenteuse, qu'il ne Ju‘ en coûte par la stimulation des mercuriaux.

Toutelois , cette dernière est, selon nous, beaucoup moins innocente qu'on ne“le pense communément dans les sectes ontologiques. Le mercure par tage avec tous les excitans minéraux la propriété de diminuer la force assimiiatrice dans la membrane interne du canal digestif, après y avoir produit un éertain degré d’irritation : c’est ainsi, nous voulons :

( 724) dite par une espèce d'inflammation chronique tonsécutive, qu'il devient la cause des affections scorbutiques, des cacochymues et des hydropisies que l'on observe cheztous les homines qui ont abusé de ces préparations diverses. L’empoisonnement mercuriel est donc de deux espèces:il est aigu, et se cenfond avec toutesles phlegmasies aigués;il estchronique, et sous cette dernière forme, qui fait partie de la classe si nombreuse des phlegmasies chroniques et latentes , il s'accompagne ordinairement d’une difficulté de l'assimilation et de la nutrition, qui permet rarement d’en obtenir la cure radicale. Nous ne prétendons pas pour cela bannir les mercuriaux du traitement des affections syphilitiques inutilement combattues par les antiphlogistiques et par le régime, surtout chez les malades qui n’ont point la passibilité de se soumettre à la longueur et aux privations de cette espèce de cure; mais nous disons qu'il faut se meitre dans ce cas, en insistani le plus longtemps possible sur le régime abstème et déplétif, de ne jamais être réduit à faire un long usage de Îa stimulation mercurielle ; employée avant la destruction de la phlogose vénérienne, elle peut lPentretenir dans son siége primitif, et la répandre en d’autres régions. C’est ainsi que les douleurs ostéocopes et les exostoses sont souvent le résuitat de la gastrite mercurielle, et, dans ce cas, elles sont produites comme les douleurs et les nodosités des empoisonnemens saturnins : continuée avec une aveugle opiniâtreté, la stimulation mercurielle esi encore plus dangereuse, puisqu'elle peut porter une atteinte pro-

fonde et incurable aux fonctions assimilatrices et nuiritives.

Pour ce qui est des préparations de cuivre, nous croyons, d'après l'expérience , qu’il y a toujours beaucoup de danger dans leur usage ; mais ce que nous avons dit des autres minéraux nous dispense de nous arrêter sur celui-ci.

CGCEIIT.

Les cantharides occasionent la gastro-entérite, tout en produisant la phlegmasie des voies urinaires.

Cette proposition n'a pas besoin de cornmentaire.

GOLIV.

Le chairs putréfiées que lestomac ne peut assimiler produisent la gastro-entérite, avec irritation et engorgement du cerveau , et font paraître les symptômes du typhus par Vlintensité des phénomènes nerveux ; mais l’ulcération ne survient que conséculivement et après une certaine durée de l’inflammation.

CCLY.

Les poissons gûtés , les champignons véné-

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( 726 ) neux , développent des gastro-entérites , avec beaucoup d'angoisse , météorisme , coliques , etc., imitant les phénomènes du typhus, et souvent des inflammations cutanées ; les délires et les convulsions ( dans lesquels il faut toujours ranger les tremblemens ou soubresauts des tendons ) sont ici pour le moins aussi considérables que dans l’'empoisonnement par les chairs putréfiées.

Ces deux propositions sont si claires et si spéciales qu’elles r’ont vraiment nul besoin d'être coïinmentées: il suffit de renvoyer, pour l'explication des symptômes , aux développemens qui ont été donnés plus haut à l’occasion des gastro-entérites déterminées par les causes les plus communes, et d’ajouter que dans celle-ci, le danger est encore plus considérable, attendu que l’agent provocateur de la phlegmasie est plus actif'et réellement vénéneux.

Il faut absolument mettre à côté de ces deux propositions quelques unes de celles de la section de thérapeutique qui ne sera point commentée , du moins immédiatement après la pathologie ; parceque ces propositions sont les seules qui parlent de l'empoisonnement miasmatique et qui le mettent sur la ligne des gastro-entérites aiguës. Nous nous aperçûmes trop tard que la question des typhus avait été omise dans les propositions sur la pa-

thologie, et nous y suppléâmes en la plaçant dans

la section de thérapeutique. Ces propositions sont les suivantes :

.. CCCXVIL « Les iyphus étant des gastro-enté- » rites par empoisonnement miasmatique, c’est-à- » dire par des gaz putrides, souvent avec compli- » cation de quelque autre phlegmasie, et surtout » de celles de la cavité encéphalique, peuvent être » arrêtés par le iraitement approprié à ces maladies, » lorsqu'on les attaque dans leur début. »

CCCXIX. « L’exaltation prodigieuse des phéno- » mènes vitaux est la cause la plus puissante de leur » diminution , et la chaleur est l'agent le plus pro- » pre à produire cette exaltation : c’est pourquoi » les typhus des pays chauds, où d’ailleurs les gaz » putrides sont plus vénéneux, sont plus dange- » reux que tous les autres , et tuent les sujets forts » plus facilement que les faibles. On est en droit » d'en conclure que le froid est plus efficace que » les saignées répétées dans ces maladies ; mais il » doit être employé dès leur début, ph rs après » les saignées , et à l’intérieur corame à l'extérieur. »

C’est dans l'observation et non dans les auteurs que nous avons puisé l’idée de rapprocher des gastroentérites ordinaires, les empoisonnemens produits par les matières putrides introduites dans les voies gastriques , et ceux occasionés par l'aspiration et la déglutiion des gaz provenant de ces mêmes matières. On s'était toujours borné à décrire les groupes de symplômes provenant de chacune de ces sources , sans essayer d'en donner une explication physiologique. Loin d'essayer de les éclairer

( 728 ) par des rapprochemens , on s’exerçait à l’envi à les distinguer les uns des autres et à multiplier des entités qui se confondaient toujours malgré les efforts des novateurs. Gomme les modificateurs thérapeutiques ne pouvaient s’ajuster à cette multiplication qui n'avait elle-même aucun fondement, la science s’avançait de plus en plus vers le chaos, lorsque nous proclamâmes qu'il ne fallait plus compter sur les groupes de symptômes pourétablir des nosographies philosophiques , mais qu'il fallait les fonder sur l’irritation primitive de chaque organe, et sur les irritations secondaires qui en résultent. Or, ce fut en ob- Servant d’après cette base que nous trouvâmes que inflammation aiguë de la membrane muqueuse gastro-intestinale est le fond de toutes les fièvres dites essentielles , c'est-à-dire des fièvres que l’on ne faisait dépendre de l'inflammation d'aucun organe; que si certains empoisonnemens ont du rapport avec ces prétendues fièvres, c’est parceque le siége de principal point d'irritation est toujours le même; que Jes gaz putrides qui ne sont pas assez actifs pour donner subitement la mort, vont développer une véritable gastro-entérite ; que la substance cérébrale est toujours vivement irritée quand il y a gastro-entérite, quel que puisse être l'agent qui ait provoqué cètte phlegmasie; que cette substance , aussi bien que ses enveloppes, tend à s’enflammer, et s’enflamme souvent en effet dans ces mêmes cas, et que le degré de cette irritation décide seul du nombre et de l'intensité des phénomènes nerveux qui font varier si prodigieusement la physionomie

des fièvres dites essentielles ; que plus l'irritation est vive, plus la prostration est prompte, intense, et la putréfaction rapide, autres causes de nombreuses diversités dans les apparences extérieures de ces maladies; enfin , que la contagion des maladies aiguës se réduisant à une gastro-entérite par empoisonnement miasmatique, il ne s'agissait plus que de bien constater par l'observation jusqu’à quel point un malade affecté de cette manière peut devenir dangereux pour les personnes saines qui l’approchent. Nous n'avons jamais douté, depuis que nous avons acquis quelque instruction en médecine, et nous ne doutons pas encore que la transpiration et le Lalitus d’un homme en proie a une gasiro- -entérite aiguë très intense ne puissent développer la mème affection chez une personne prédisposée ; mais nous n'avons point cru, ct nous ne Crolrons Jamais que cetle propaägaüion puisse s'étendre un peu loin. Il faudrait, selon nous, un concours de circonstances que l’on ne peut pas supposer; c’est-à-dire une succession répétée de sujets prédisposés soumis à l'influence de gastroentérites nombreuses existant à un très haut degré. Nous ne nions pas que de véritables contagions de fièvre jaune , par exemple, n'aient été re et bien constatées; nous ne concevons même pas la possibilité du contraire ; mais nous répéterons, tant qu’il sera nécessaire , que celte contagion est si rare et si limitée, que tout envahissement de terrain par cette voie est absolument impossible.

Tousles poisons phlogosans et escarrotiques végétaux, animaux ou minéraux, étant ap= pliqués à la peau, à forte dose, développent dans la muqueuse digestive, dans le cerveau, et quelques uns dans les poumons , une inflammation analogue à celle qu’ils ont excitée à l’extérieur, par la transmission de l’irritation à l’intérieur.

Cette proposition ne fait autre chose qu'appliquer aux inflammations cutanées, produites par les poisons rubéfians et escarrotiques, ce qui a été dit des inflammations de la périphérie en général, qui s’avancent toujours vers le centre. Voyez d'ailleurs les propositions sur les généralités de l'irritation. Ce qu’on ditici des phlegmasies par l'effet des agens escarrotiques est également applicable à celles qui sont produites par les liquides bouillans et même par les charbons ardens ou par la flamme. Ces brûlures produisent des inflammations qui, quand elles sont violentes, ne manquent jamais de se répéter dans les principaux viscères. Si la simple inflammation peut être ainsi transmise de l'extérieur à l’intérieur, à plus forte raison doit-on s'attendre à ce transport lorsque l'agent provocateur est de nature à être résorbé et à joindre son action directe à l'influence sympathique

(751) de la phlogose qu'il a produite : à l'extérieur. C’est ce que nous avons fait remarquer en parlant dutraitement des ulcères chancreux par la pâte arsenicale : on peut en faire l’application aux cantharides, et peutêtre à beaucoup d’autres agens escarrotiques.

GOGLVIE.

Les poisons de toute espèce étant injectés dans les vaisseaux sanguins, vont développer la gastro- -entérite, etc., s'ils ne sont pas assez puissants pour occasioner une mort subite.

i CGLVIIL.

Les chairs putréfées , insérées dans les chairs vives, ou leur sanie injectée dans les vaisseaux sanguins , agissent sur les voies gastriques comme si elles étaient avalées ,

lorsqu'une mort prompte ne prévient pas là gastro-entérite.

Voilà ( dans ces deux propositions ) le grand fait qui donne la clef de toutes les infections et de toutes les contagions fébriles. Non seulement les stimulations de la périphérie aboutissent au centre épigasrique, mais aussi toutes les substances. résorbées et injectées dans les vaisseaux. Le centre épigastrique,

organe de l'assimilation première, est le moyen d’action par excellence de la vie : passions, pour les temps d'activité, somméil, pour ceux de repos du corps vivant, tout s’opère par son moyen; sGn inté-

rité répond de la conservation de la vie, son énergie de l’efficacité des efforts conservateurs; tout s’y rapporte dans la sensation de plaisir. ou de douleur qui devient un peu vive ; tout s’y rapporte dans la réalité, puisque toutes les phlegmasies des autres organes y développent de l’inflammation , et que toutes les molécules vénéneuses introduites par les autres voies, telles que l’aspiration, l'absorption cutanée, la résorption opérée dans les tissus cellulaires, dans les membranes séreuses, et jusqu’à l’injection pratiquée dans les veines et qui ne semble dirigée que vers le centre circulatoire , ne peuvent développer de réaction dans l’économie sans que le centre épigastrique n’en paraisse le premier agent. En effet, c’est toujours là que sont perçus les premiers malaises; c’est de là que part le sentiment d’endolorissement qui se répand. dans le dos, les lombes, les membres et la tête ; c’est la que se perçoit l'angoisse qui comprime la base de la poitrine, opprime le cœur et porte le découragement dans l’intellect.

Veut-on savoir maintenant si toutes ces percepüons douloureuses sont des illusions de la sensibilité? que l’on examine ce qui arrive à l'animal dans les veines duquel on a injecté de Ja sanie putride, de la décoction de tabac, de la solution d’opium, ou toute autre substance âcre et vénéneuse, en quantité insuffisante pour produire une mort su-

bite: après avoir témoigné son angoisse par sa respiraticn entrecoupée, par les mouvemens convulsifs de sa face, l’animal est pris de nausées et de vomissemens, s’il est du nombre de ceux qui peuvent vomir : puis il éprouve de la diarrhée, des sueurs si la peau est transpirable, de la salivation si elle ne l’est pas, le tout avec un mouvement fébrile prononcé, À la suite de cette élimination dépurative, dont la première impulsion est partie du centre épigastrique, le calme se rétablit si le poison n'alaissé dans les viscères aucune trace de son passage ; mais s’il en a laissé, ces traces sont des phlegmasies occupant la rep interne de l’estomac avec celle des intestins grèles, et une irritation avec engorgement sanguin dans le cerveau plus ou moins rapprochée de l’inflammation. De là l’état soporeux et convulsif qui suit l'injection des poisons narcotiques, et l’état de gastro-entérite aiguë typhoïde que l’on remarque après celle des sanies putrides. Il est inutile d’ajouter que si la puissance nerveuse s’est épuisée dans cette lutte dépurative, c’est-à-dire si la matière nerveuse qui fait partie de la membrane interne gastro-intestinale , et celle du centre des rapports, ont perdu leur aptitude à l’excitation, les malades succombent dans le collapsus consécutif, où s'ils ne périssent pas, ils tombent dans la torpeur adynamique, qui est toujours et nécessairement en raison du degré d'irritation que les poisons ont provoqué.

On se tromperait étr angement, toutefois, si l’on attribuait au simple collapsus de la matière nerveuse les torpeurs fébriles de plusieurs jours qui succè-

Mois 6 00 dent à ces mouvemens orageux : la simple débilité n'est jamais fébrile, et l’état typhoïde ne peut être expliqué, dans le cas qui nous occupe, que par l'irritation réellement inflammatoire de la membrane interne gastro-intestinale , partagée, comme de raïson, par la matière nerveuse qui en fait partie, et propagée à l’encéphale dans une nuance le plus souvent inférieure à celle de l’inflammation, quelquefois même véritablement inflammatoire.

On ne peut se dispenser d'appliquer à la fièvre jaune , à la peste ,à tous les typhus miasmatiques, en unamot, ce qui vient d’être dit des empoisonnemens ; mais nous croyons pouvoir aller encore plus loin, car nous pensons que tel est, à quelque chose près, le mode d'action des agens qui développent la petitevérole et la vaccine. La résorption du virus est-elle opérée , il se développe des symptômes d'irritation dans le centre épigastrique , la chaleur s’y déclare, la soif en est la suite et prend la place de l'appétit; les muscles respirateurs, locomoteurs , deviennent endoloris et moins propres à remplir leurs fonctions, ce qui varie selon l’intensité d'action du virus, sa quantité et le degré d’irritation gastrique qu'il a produite. Enfin l’irritation de la matière nerveuse gastro-encéphalique a produit tout son effet, la fièvre est déclarée, le sang est repoussé dans les vaisseaux de la périphérie , et l’inflammation éruptive se manifeste.

Il est bien évident que l'agent provocateur diffère beaucoup dans la variole, dans la peste, dans la fièvre jaune, et dans les différens typhus qui peu-

vent créer par leurs émanations des matières putrides de différens degrés d’arimalité, et plus ou moins abondantes. Îl en est de même pour Îles gaz déletères, fournis par des foyers où l’évaporation est libre, ou bien par des foyers long-temps cachés et subitement découverts, etc.; mais cette activité particulière et variable des poisons sert même à démontrer l’uniformité des lois vitales, puisqu'ils agissent toujours sur les mêmes tissus, et que Pirritation qu'ils Y provoquent développe toujours les mêmes sympathies et déploie constamment les mêmes mouvemens éliminateurs et dépurateurs. On sait déja que nous ne voulons pas dire par là que tout mouvement fébrile exige un travail d'action d’un certain rombre de jours pour préparer une dépuration salutaire. Nous nous sommes expliqué à cet égard; toutefois il nous parait que c’est ici le cas de répéter que tout

crage formé dans le corps animal, soit par des agens physiques, soit par des agens moraux, tend à se terminer par des mouvemens convulsifs ou par des évacuations, et que la matière nerveuse du centre épigasirique parait être, comme principal excitateur de l'appareil viscéral, l'instrument de ces réactions synergiques, même dans les cas où le trouble à commencé par l'appareil encéphalique.

C’est sans doute pour cette raison que toutes les stimulations internes sont dirigées par les nerfs vers ce centre important; mais peut-on déterminer si ces nerfs eux-mêmes, avec leurs ganglions, sont les es de ces commotions générales , ou si ce rôle n'appartient pas plutôt à la matière nerveuse

( 756 ) faisant partie du sens interne et de la surface assimilatrice de l’estomac ?

Nous ne croyons pas que lasciencepassède desfaits observés de manière à rendre cette question complètement soluble ; mais il est un certain nombre de faits bien constatés qui s’y ratiachent, et qui font voir que si la membrane interne gastrique n’est pas toujours celle d’où partent les sensations que l'on rapporte à l’épigasire et les mouvemens organiques qui en résultent, du moins elle l’est souvent, et qu'en la modifiant on obtient plus facilement la modification de ces sensations et de tous ces mouvemens qu'en agissant sur tout autre organe.

Les piqûres et les morsures des animaux venimeux qui laissent un poison dans la plaie déterminent une phlegmasie locale qui passe promptement à la gangrène, attendu la vivacité de lirritation; ensuite les plus dangereux d’entre ces poisons occasionent l'angoisse et la mort par l'influence exercée sur appareil nerveux; mais si la vie persiste, l’inflammation se répète dans les principaux viscères , surtout dans les voies gastriques , et toujours avec tendance à la mortification. La gangrène est donc ici, comme dans tous les autres cas, le résultat

A d'une excitation trop rapide des phénomènes de la vie. Enfin, les plus légers de ces poisons se bornent à produire une phlegmasie locale.

Les poisons que iles animaux venimeux peuvent déposer dans une plaie diffèrent beaucoup en intensité : 1l en est qui pénètrent avec tant de rapidité, qu’on ne saurait croire qu'ils suivent la voie des absorbans ou du système veineux : leur activité est presque égale à celle des gaz délétères ou de l’acide hydro-cyanique, et l’on ne peut que s’en prendre à une propagation d'irritation le long des nerfs jusqu’au cerveau qui la réfléchit dans l’appareil nerveux viscéral. Ceux-là n’ont pas le temps de nroduire une phlegmasie locale; la substance nerveuse est mise par eux en fort peu de temps hors d’état d'entretenir le jeu des fonctions. C’est en vain que l’on intercepte la communication du lieu infecté avec le centre circulatoire; la propagation par les nerfs n’a besoin que d’un instant: toute explication sur le mode d'action de ces sortes de poisons ne va pas au-delà de ce fait; mais il est possible d'établir une comparaison entre les stimulans vénéneux et les non vénéneux auxquels on peut reconnaître ou soupçonner la propriété de parcourir rapidement le système nerveux sans avoir besoin de lui être présenté par la circulation. Nous pensons qu’on peut arriver à démontrer cette propriété dans plusieurs excitans de ceux qu’on appelle diffusibles, qui joui-

( 758 ) raient, selon les idées des anciens, d’une vertu fortifiante , soudaine, et mériteraient vraiment le nom de nervins et de céphaliques qui leur avaient été donnés. 11 s'agirait de trouver un moyen de constater la présence dans le cerveau du modificateur vénéneux ou salutaire qui n’aurait été en contact avec la matière nerveuse des surfaces de rapport qu'un temps insuffisant pour permettre son absorpüon, afin de bien distinguer cette modification de celle qui ne serait qu'un ébranlement de la matière nerveuse , SOIE physique, comme à la suite des commotions, soit morale, telle que nous la concevons dans le plus haut degré de la sensation, dans la colère, la joie, la terreur, dont l’excès peut devenir une cause subite de mort, qui équivaut pour la prompiitude à l’empoisonnement par l'acide hydrocyanique ou par la vapeur d’un cloaque. On trouverait probablement des modificateurs attristans, tels que les gaz fournis par la putréfaction, et dont l'effet sur les personnes inaccoutumées est un sentiment de tristesse et de crainte ; peut-être faudrait-il y rapporter quelques exhalations de plantes vénéneuses ; d'autres seraient exhilarans, comme les arômes dégagés de plusieurs plantes et d’un bien plus grand nombre de fleurs. On s’assurerait s’il en est de lintroduction directe des molécules étrangères dans le système nerveux comme de l’ébranlement de ce système,ébranlement dont une certaine nuance est salutaire, pendant qu'une plus forte est nuisible et souvent mortelle. On acquerrait ainsi des données pour la thérapeutique et pour lhygiène beaucoup

( 759 ) plus sûres que celles qu’on possède maintenant , et qui, sur plusieurs de ces questions , ne sont encore qu “approximatives.

Passons à l’action locale des poisons provenant de la morsure et de la piqûre des animaux venimeux.

Cette action est irritalive ; car dans tous les cas on voit un gonflement avec chaleur âcre, lividité, donleurs vives propagées le long des nerfs de la partie, et la gangrène, quand elle survient, n'est que la conséquence d’une surexcitation. Toutes les morsures des serpens et toutes les piqüres des insectes venimeux produisent cet effet local, mais à des degrés différens. Tous ces venins n'ont pas l'action directe et diffusible dont nous avons parlé sur Île système nerveux; mais tous peuvent, par l’inflammation qu'ils provoquent à l'extérieur, devenir cause éloignée d’une phiegmasie viscérale, la stimulation pouvant, ainsi que nous l'avons établi, être transmise de l'extérieur à l’intérieur, indépendamment du modificaieur qui l'a produite.

Au surplus, soit qu’il y ait ou qu'il n'y ait pas eu pénétration immédiate du venin dans la substance des nerfs, ou résorption de ce venin après un séjour quelconque dans la plaie faite par l'animal, on est sûr que si le malade ne succombe pas en peu d’instans, il se développera une phlegmasie dans l'appareil viscéral, et que la membrane interne gastro-duodénale en sera le principal siége. C’est d’après cette donnée que plusieurs médecins physiologistes ont eu l’idée d’opposer le traitement antiphlogistique aux accidens qui succèdent à la morsure de

(740 ) la vipère; et quelques journaux de médecine, entre autres le Journal universel des sciences médicales ont attesté qu'ils l'avaient fait cesser ; mais la même tentative n’a pas été faite pour la morsure du serpent à sonnettes. Nous sommes loin d'affirmer que ce traitement soit le seul qui puisse réussir dans ces sortes d’empoisonnemens; il est possible que certains agens soient capables de produire un mode d’excitation nerveuse qui détruise celui que le venin a causé. Il y a beaucoup d’expériences à tenter pour éclairer cette question.

Quant aux venins peu aclifs, tels que ceux que déposent les guêpes et les abeilles, s'ils sont en petite quantité , ils ne peuvent exercer qu’une irritation locale. Mais si les piqüres sont très multipliées, l'inflammation extérieure peut, en réagissant sur les viscères, devenir une cause de mort. il est à présumer qu'alors la réscrption d’une partie du venin est pour quelque chose dans la production de la gastro-céphalite qui devient cause de la mort.

: CGEX.

Les morsures des animaux enragés déterminent toujours une gastro-entérite, et souvent l’inflammation se répète dans le pharynx , dans le cerveau, dans les poumons et dans les organes génitaux. Les délires et les convulsions sont toujours les effets sympa-

Gate thiques de ces phlegmasies, et varient seion le degré de susceptibilité de lidiosyncraie. |

La question de la rage est une des plus embarrassantes de la médecine, à raison du peu de rapport de la cause avec les effets ; mais la difficulté est-elle bien dans les faits ? Ne vient-elle pas plutôt de la manière dont on a coutume de les envisager? Si nous énonçons ces faits de la manière la plus simple, voici ce que nous trouvons d’après la majorité des observateurs : Production d’une maladie inflarmmatoire et nerveuse extrémerent grave, par l’inoculation de la bave d’un animal affecté de la méme maladie; caril paraît,toujours d’après la majorité des observateurs, que la morsure n’est nullement nécessaire pour la contagion, et que l'insertion delabave dansune plaie ou son application sur une ouverture de membrane muqueuse est suffisante. Les symptômes de cette maladie sont d’abord la iristesse,une angoisse précordiale,une chaleur interne, épigastrique, gutturale,avec impossibilité d’avaler des liquides malgré l’excès de la soif, etmême l'horreur de l’eau et de tous les corps polis, au point que le simple aspect de ces objets excite d’affreuses convulsions ; irritation à la gorge, sécrétion copieuse de salive et de mucosité, puis sécheresse, ardeur, constriction toujours croissante dans cette même région, de telle sorte que toute déglutition devient impossible, L’accélération du pouis se déclare aussitôt et complète les phénomènes de l’inflammation aiguë de l’estomac et des membranes

J. Path. 48

muqueuses Œœsophago - trachéennes. Ensuite les symptômes de l'irritation de l’encéphale et du prolongement rachidien s'ajoutent aux premiers et deviennent prédominans. Ce sunt le délire, les pressentimens funestes, toujours plus prononcés chez les adultes qui connaissent toute l'horreur de leur situation , et enfin les convulsions non seulement des muscles volontaires, mais aussi des muscles respirateurs ; convulsions qui semblent faire suite à celles des muscles du larynx et de l'os hyoïde. Cet excès d'innervation ne tarde pas à épuiser les forces et à produire la mort. Les nécroscopies montrent de la rougeur dans le pharvax, l'œsophage , la trachée, les bronches, l’estomac et la première portion des iniestins grêles: le foie gorgé de sang et volumineux : les parenchymes pulmonaires ont paru quelquefois en partie indurés, mais cela n'a point été constant. Ce qui l’est davantage , c'est l'engorgement sanguin de la substance cérébrale et de la pie-mère , et la rougeur de l’arachnoïde en plusieurs points, surtout vers la base du crâne ei le prolongement rachidien.

Voilà des faits relatifs aux symptômes et aux nécroscopies , sur lesquels tous les observateurs sont d'accord. Qu'’est-l permis d'en induire ? 1° Qu'il ÿ a eu irritation très intense en même temps dans Îles membranes muqueuses de l'arrière-bouche, de l’æsophage, de l'estomac, da duodénum, du jéjunum,

* des bronches, et dâns la substariéé cérébro- -rachidienne ( car nous avons prouvé que les phlegmasies des méninges sont la suite de l'irritation de la substance nerveuse encéphalique ): 2° que cette irrita-

(:545:) tion à d'abord attiré le sang dans les tissus qu’elle occupait, et qu’elle a détruit en fort peu de temps l'aptitude de la matière nerveuse à l'entretien de la vie.

Vient ensuite une troisième induction déduite des opinions de la majorité sur la cause des phénomènes précédens: 3° Que cette irritation a été provoquée par l'application de la bave d’un animal enragé sur le tissu nervoso-sanguin de {a périphérie du corps. Voilà donc une seconde série de faits obtenus par l'induction, et qui servent, jusqu’à un certain point, à éclairer les premiers.

Peut-on maintenant aller plus loin à la Eee d’une troisième série de faits en demandant : °pourquoi la bave d’un animal enragé est sr. un poison si actif; 2° sic'est la salive ou la mucosité buccale ou laryngienne , ou tous ces fluides réunis, qui ont joué le rôle de poison; 5° comment il se peut faire qu'un poison aussi terrible reste souvent plusieurs jours, et même plusieurs mois, avant de produire son effet; 4° si son action se développe et se propage par la substance nerveuse de la partie où ilest déposé, ou s’il n’agit qu'après avoir été absorhé et conduit avec le sang dans la matière nerveuse de l’encéphale et des membranes muqueuses viscérales ?

Toutes Gé questions supposent, comme on VOIL, que Îles HPlEue de la rage sont l’ cie d’une excrétion virulente. Mais on objecte : 1° Que la rage se déclare chez les chiens sans morsure préalable, et alors on l'attribue à l’inflammation de la membrane

(SMS muqueuse gastrique, ordinairement surexcitée par la présence des vers ; 2° que les chiens que la morsure des premiers fait enrager contractent également une gastro-entérite ( mais 1l faudrait vérifier si ceux qui u'enragentpas, quoique mordus, ne sont pas exempts de vers ); 5° que la rage peut aussi se développer spontanément chez l’homme par l’excès de la fureur ou par l'orgasme vénérien; /° que l'on peut arrêter la rage débutante chez l’homme mordu par un chien enragé, en calmant son imagination et n’opposant à ses plaies et à son irritation viscérale auire chose qu'un traitement antiphlogistique ; tandis que par la cautérisalion et les stimulans crus spécifiques, on parvient plus difficilement au même résultat, quelque sécurité que lon itspire aux personnes qui ont été mordues ; 5° que l’inoculation de fa rage est inutilement tentée par l'insertion de la bave dans les plaies et sur les membranes muqueuses des hommes et des animaux.

Les inductions que l'on se croit en droit de tirer de cette série de faits, sont que la rage ne dépend point d'un virus spécifique ; mais que c'est une gastro-céphalite avec symptômes nerveux des plus formidables, et qu’elle peut être combattue avec succès par les antiphlogistiques.

Lorsque Îles faits paraissent contradictoires , il est difficile de prononcer; car cela suppose qu'ils ont été mal observés, et nécessite des délais pour répéter Pobservation. Pour nous, nous allons nous borner à ürer des inductions des faits sur lesquels on est généralement d'accord, et à signaler ceux qui ont

besoin d'être vérifiés : 1° Qu'il y ait gastro-entérite avec pharyngo-bronchite et céphalite dans la rage, cela nous paraît hors de doute : les autres phlegmasiés ne sont pas constantes. 2° La rage peut être spontanée chez l'homme comme chez le chien et le loup, mais elle dépend le plus souvent de la morsure de l’un des animaux du genre Canis. 5° La rage peut se communiquer par le même moyen à des animaux à sang chaud d’un auire genre ; mais on ne sait pas jusqu'où cela peut s'étendre. {4° Le développement de la rage par l'effet de la morsure chez les enfans, les idiots, et chez les animaux, ne permet pas de supposer que cette maladie ne soit qu’un effet de la prévention et de la terreur; mais €es passions pe peuvent manquer d'accroître beaucoup Îles symptômes chez les adultes raisonnables.

Voilà ce qui nous paraîil démontré , et voici ce que nous recardons comme incertain : 1° La rage communiquée est-elle l’eflet d’un virus contenu dans la bave? et dans le cas d’affirmative, ce virus réside-t-il dans la salive ou dans la mucosiié? 2° Peut-on croire que le défaut de transpiration cutanée en soit la cause indirecte chez le chien, aitendu que les glandes salivaires ou les muqueus2s de la bouche et de la gorge acquièren! dans certains momens, comme dans la course, dans le rut, dans la colère, un surcroît d'action qui rend la salive ou la mucosité virulente ? Cette virulence peut-elle être produite per la gastroentérite seule? Si elle dépend d’une excitation morale, se borne-t-elle au moment de la passion, ou persiste-t-elle après la mort? 5° La rage vient-elle

( 746 ) plutôt d’une influence vitale, tout-à-fait nerveuse, exercée par un animal furieux sur un animal de San gfroid, ou même glacé par la terreur ? 4° La colère et l'orgasme vénérien, qui ont réellement produit chez l’homme des rages spontanées, ont-ils aussi rendu sa salive vénéneuse vu virulente, de manière à ce qu'elle püt communiquer la rage? 5° Le point prédominant ou le primitif d’irritation chez l’homme est-il dans l’encéphale, et dans re cas réside-t-il plutôt à la base du crâne, dans la moelle alougée, ou dans la moelle rachidienne ; ou bien cette prédominance serait-elle bornée aux cas où l'horreur de l’eau existe à un haut degré ? 6° Quelle considération peut mériter l'opinion de ceux qui pensent encore que la rage communiquée dépend du genre de désorganisation produit par la morsure dans les extrémités nerveuses, el qui expliquent, par un travail local plus où moins lent , le retard extrêmement variable entre la morsure et le développement de la rage? 7° Les rages développées après plusieurs années à partir de la morsure, et sur le récit fait aux personnes que d'autres, mordues par le même animal, avaient contracté la rage, sontelles bien les mêmes maladies que celles qui se développent peu de jours ( de 10 à 40 ) après la morsure d’un chien enragé, surtout chez Îles enfans et chez les imprévoÿans ? ne Sont-ce pas plutôt des irritations céphalo-gastriques où céphalo-splanchniques, effet de la terreur ?

De quelque solution que les questions précédentes soient susceptibles, il paraît certain désormais que la rage déclarée est une irritation tellement intense,

qu'aucune médication révulsive ne lui est applicable. Le traitement antiphlogistique est donc le seul qui puisse réussir; mais il faut qu’il soit administré avec énergie et dès Les premiers momens du mal, parcequ'ici, comme dans toutes Îles surirritations du plus. haut degré, tels que le tétanos , le choléra-morbus, la fièvre jaune et toutes les irritations gastro-encéphaliques à pouls très aceéléré, ou violemment convulsives, l'excès d’innervation ne tarde pas à faire perdre à la matière nerveuse encéphalique et à celle des nerfs les conditions auxquelles tient la possibilité de l’état de vie.

Nous avons conseillé dans d’autres ouvrages,etnous conseillons dans nos cours, depuis 1814, de ne pas s’en tenir aux saignées générales, mais de diriger les émissions sanguines sur les lieux les plus irrités, conformément aux forces des malades; d'introduire -de l'eau par toutes les voies possibles, et de substituer de puissantes réyulsions à la médication antiphlogistique , aussitôt que Île collapsus remplace l’excès d’irritation : l’opium à haute dose, et les bains médicamenteux à différentes températures, selon le sujel et la saison, paraissent ici mériter la préférence.

. Quant à la cure prophylactique à employer après la morsure, rien ne nous paraît comparable aux ventouses appliquées sur les plaies sanglantes, et scarifiées pour obtemir un plus profond dégorgenent.

COELXI.

Les vers des voies gastriques sont, le plus souvent, mais n6n toujours, le produit de Valtération du mucus, et de la chaleur qui résulte d’une gastro-entérite plus ou moins intense : de là les effets si variés des anthelimintiques 1rrilans.

Assurément toutes les conditions de la production des vers dans le corps humain ne sont pas connues; ais on saisit très bien la coïncidence d’une irritation qui déprave la mucosité d’une membrane 1interne de rapport, avec la répullulation de ces animaux. Ce tait étant prouvé, l’on doit ensuite rechercher jusqu’à quel point les substances médicamenteuses qu’on sait être propres à détruire les*vers , peuvent être sunportées sans danger par cette même membrane. Présentée sous ce point de vue, la question devient d'un haut intérèt, d'autant que la membrane interne des voies gastriques est je siége le plus ordinaire des différentes espèces de vers, et qu'il n'est peint du tout rare de rencentrer dans la pratique des personnes auxquelles on a totalement détruit la santé en leur donnant des médicameas actifs pour les délivrer du tœnia.

Les idées de faiblesse et celles de mucosité s’étaient tellement associées dans l’ancienne médecine, d'après l'autorité de Galien et des hommes de son

école, que l’on ne pouvait plus trouver d’autre indication que celle des toniques dans toutes les supersécrétions muqueuses. De là la prédominance du traitement stimulant et évacualif sur tous les autres dans les maladies des enfans. Les chimistes, qui vinrent après, se mirent à prêcher que la mucosité était toujours l'indice d’un défaut d’animalisation, ce qui ne faisait que confirmer les inductions des humoristes, puisque les moyens animalisans rentraient dans la classe des irritans. L'irritabilité de la membrane qui recevait l’action des modificateurs n’entrait pour rien dans toutes ces spéculations : on ne pensait qu'à deux choses, expulser les vers et tortifier la constitution pour prévenir leur retcur. On tenait grand compte des suceës obtenus par les Y ermifuges après des expulsions de vers plus ou moins nombreux ; mais on fermai: les yeux sur l'irritation que ces remèdes laissaient à leur suite dans l'appareil digestif, parcequ’on avait à foison des entités morbides pour les expliquer; tantôt c'était la fièvre, d’autres fois Ka bile on la putridité, dans d’autres cas la faiblesse ou les nerfs, et définitivement, en vertu des progrès de l’anatomie pathologique, les vices organiques, qui devenaient responsables des fautes du médecin.

Le but de la proposition n’est point de combattre l'action spécifique de certains médicamens, corime le mercure, le semen-contra, la mousse de Corse, ete, mais d'appeler l'attention des praticiens sur un état de phlegmasie souvent latent, quelquefois des moins équivoques, qui se rencontre d'ordinaire avec les

vers, et surtout dans le canal de ia digestion. Nous avons vu si souvent les vers, quoique bien constatés par les sympiômes qui correspondent à leur présence dans Îles intestins, et même par Jeur sortie, disparaître avec l’inflammation qui les accompagnait, que nous avons été conduit à penser qu ils ont rarement besoin d’être attaqués pir des spécifiques, et que dans Îles cas où leur extrême abondance fournit cette indication, elle peut être remplie avec plus de succès par les NAS les mucilagineux, les acides, que par les LA R cs amères , animées par des Haélés âcres ou par des principes purgatifs, ou drastiques. Nous savons que, dans certaines entérites légères, les anthelmintiques âcres peuvent opérer une révulsior avantageuse, en même temps qu'ils expulsent les vers; mais ces cas doivent-ils donc servir de règle? Ne sait-on pas que le vin, le quinquina , et même le phosphore , ne. tuent pas tous les malheureux attaqués de gastro-entérites aiguës auxquels on 2 l’imprudence de les faire prendre ; que toutes les péripneumonies traitées par le vin chaud et les sudorifiques ne deviennent pas nécessairement mortelles, etc., etc.? La nature tourmentée par de violens poisons, se sauve quelquefois, nous le savons, par des crises violentes; mais sil est vrai qu'elle succombe souvent dans ces sortes de lutics, et si quand elle triomphe il reste presque toujours dans l'appareil viscéral une susceptibilité nerveuse qui rend les personnes valétudinaires, n’en est-ce pas assez pour renoncer à se faire un système de cette médecine perturbatrice ? Or, nous croyons

( 751 ) que telles sont les chances de la médication stimulante dans le cas de disposition vermineuse, soit aiguë, soit chronique, et c’est pour les atténuer autant qu'il est en nous, et soumettre les cas de vers aux mêmes vues physiologiques qui doivent présider à toutes les autres maladies, que nous avons cru devoir donner ce développement à la proposi-

tion CCLXI.

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