Jean Daffis (t. III, p. 62, note
cordé que cella provient plustost de la crainte qu'ilz ont que le peuple s'eslève, estant mal affectionné à l'endroict des prévenus, et qu'il ne tenoict à eulx qu'ilz ne jouyssent du perdon octroyé par le roy.
J'ay faict pareilles remonstrances à ung cappitaine de la ville, et l'ay exorté contenir le* peuple en l'obéyssance de sa Majesté, et que ce n'est à la populasse de ce oppouser à la volonté et arrest d'une court de parlement, ains de prester toute obéyssance : luy disant d'advantaige que, où il y adviendroict quelque faulte, qu'il touchoit à luy d'en respondre. Le dict cappitaine m'a respondu que cella provenoict des ynymitiés particulières qui sont entre ceulx de la court que non du peuple, et que si la court l'estoict, que le peuple le seroict. S'ilz continuent, je ne feray faulte vous en advertir.
Madame, entre ceulx qui sont aujourd'huy en prévention en la dicte court, est monsieur le président du Faur^, qui est de voz anciens et fidelles serviteurs de sa Magesté et vostre; et vous supplie très humblement. Madame, me croire qu'il n'est vray ny vraysemblable qu'il soict comprins en la sédition. Et vous puis asseurer que le jour du conflist il sortit plus de secours pour le service de sa Majesté de sa' maison que de toute autre du dict Thoulouse, ce que les dictz présidens de Paullo et Daffis accordent; et m'ont eulx-mesmes asseuré que, loing temps auparavant la dicte sédition, la ville de Tlioulouze eust esté occuppée par les rebelles sans l'empesche-
I . DuFaur n'était pas président en 1562, mais avocat général au parlement de Toulouse (t. III, p. 63, note i).
ment que le dict président du Faur y mit et les advertissemens qu'il donna à toute la court. Le voyant innocent^ je suis constraint vous supplier très humblement le vouloir garentir des calompnies que on luy met sus, et le continuer tousjours en vostre protection et sauvegarde, et à ces fins commènder en estre escript à la court de parlement.
Madame, le senneschal de Thoulouse c'est desmis de son estât' en faveur de monsieur de Bellegarde*, qui estoit beau-fi^ère de feu monsieur le mareschal ^ et lieutenant de sa compaignie, lequel est fidelle serviteur de sa Majesté et vostre. Soubz le bon plaisir de sa dicte Majesté, monsieur le cardinal d'Armaignac, messieurs de la court et cappitoulz vous en escripvent et vous suplient que la résignation sorte à effaict, comme je fais aussi très humblement de ma part; vous asseurant que à peyne se pourroict-il treuver gentilhomme plus digne de cest estât pour le service de sa Majesté, nv plus agréable au peuple que le dict seigneur de Bellegarde; et vous supplie qu'il se ressente du fruict de vostre libéralité. Monsieur d'Escars est après à en faire provoir son frère*,
1. Bernard de Vabres, baron deCastelnaud'Estretefonds. François d'Escars avait obtenu du roi la survivance de la charge de séne'chal de Toulouse, probablement à l'insu du titulaire, car on le voit dans sa lettre du 23 octobre remercier le roi de cette donation et le prier de la lui maintenir (coll. Saint-Germain fr., vol. 689, 9, f» 271).
2. Pierre de Saint-Lary, baron de Bellegarde. Monluc, dans sa lettre à la reine du 22 mai loG2, avait déjà demandé cette chai^ge ])our ce capitaine.