DE LA PART DE M. DE MONLUC
[Vers le 19 mai 1563'.]
La royne avoit déjà veu Premièrement luy mon-
la dite patente, dont elle a strera les patientes de la esciipt à la lovne de Na- ^oy^e de Navarre' et luy ^^^^^ • déduira l'importance d'i-
celles^ et à quoy la conséquence des dictes lettres nous admène*.
La royne a trouvé très Plus l'instance que j'en
bon l'arrest qui a esté donné ay faict à la court de
1. Ces instructions n'ont point de date, mais elles sont tellement conformes à une lettre du parlement de Bordeaux au roi, du 49 mai 1S63, que nous pouvons leur donner approximativement cette date. La lettre du parlement, qui nous servira à éclaircir plusieurs points des instructions de Moulue, est conservée à la Bibliothèque impériale dans^la collection Saint-Germain fr., vol. 689, 5, f^ 493.
2. La reine Catherine avait écrit à Jeanne d'Albret pour lui reprocher ses infractions à l'édit (Lettres de Charles IX rapportées de Saint-Pétersbom'g et communiquées par M. le comte de Laferrière) .
3. La lettre du parlement de Bordeaux, que nous venons de citer, nous apprend que la reine Jeanne avait ordonné au sénéchal d'Albret de promulguer des lettres patentes, émanant de son autorité, par lesquelles elle permettait à tous ses vassaux l'exercice et la prédication du calvinisme dans le duché d'Albret.
4. Le parlement de Bordeaux, dans sa lettre précitée du 19 mai, faisait observer au roi que les lettres patentes promulguées par le sénéchal d'Albret, d'après les ordres de la reine de Navarre, à rencontre de l'édit royal, constituaient un véritable empiétement sur la souveraineté de la Guyenne.
par le parlement de Bor deaulx * .
parlement^ et la remonstrance qu'en a faict le procureur général du roy ' en icelle , qui a prins la cause comme fidelle serviteur du roy et vostre , duquel je vous puis porter bon et fidèle témoignage. Et sur ce la dite court de parlement
La royne pourvoiera à ce que la dite compaignie ne demeure pas là.
en
a donné ung arrest
qu'il vous apporte.
Plus luy remonstrera l'industrie de laquelle elle use sur le faict de la compaignie de monsieur le prince de Navarre, pour estre maistresse des villes du roy par le moyen d'icelle, et^ par le moyen
1 . En attendant la décision du roi sur l'acte reproché à la reine de Navarre, le parlement de Bordeaux avait rendu, le 19 mai, un arrêt provisoire, qui défendait aux sénéchaux du duché d'Albret de publier des lettres patentes semblables à celles qui étaient incriminées, sous peine d'une amende de mille livres (Mss. de la Bibl. de Toulouse, B. 94).
2. C'est Monluc qui avait dénoncé au parlement de Bordeaux l'ordre illégal de la reine Jeanne au sénéchal d'Albret (Lettre du parlement du 19 mai précitée).
3. La charge de procureur général auprès du parlement de Bordeaux était alors exercée par M* Antoine de Lescure. Il mourut le 21 septembre 1564, et eut pour successeur Jehan de la Het (Manuscrits de la Bibliothèque de Toulouse, B. 161, f" 42, v°).
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aussi des ministres, de toutes ses terres, et par # là se faire maîtresse tant
de ce qui appartient au roy que de ce que luy appartient à elle , afin que la religion catholique aille tout à ung coup en perdition.
Il en a esté escript à la Plus luy remonstrera
dicte royne de Navarre. comme elle faict faire
imprimer en Béarn des cathëchismes et nou veaulx testaments en espaignol, en basque et en béarnoys, afin que par le commerce que les Béarnoys font en Espaigne elle puisse y envoyer les dicts livres \ Sa Majesté peut juger d'elle-même si cella n'attirera la guerre d'Espaigne dans ce pays pour des raisons qu'il luy re-
1 . Un agent espagnol, Juan Martinez Descurra , dont nous avons déjà parlé p. 235 , note 2, écrivit le 14 août à Francisco de Erasso, secrétaire du roi d'Espagne, qu'un habitant de Saragosse, Hieronimo Benete, ancien serviteur du capitaine Mazères, allait et venait de Saragosse à Pau et de Pau à Saragosse, pour introduire en Espagne des traductions calvinistes du Nouveau Testament. Plusieurs autres marchands, avec l'appui de la reine de Navarre, se livraient depuis longtemps au même commerce (Arch. de l'empire, K. 1499, n° 89.)