‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 120 sur 158 · DE MONLUC. 2S · texte numérisé non relu

DE MONLUC. 2S

nouvelle religion, soient restituées en leur entier et que les services divins y soient faicts, comme estoit de coustume, et tant d'autres démonstrations que leurs Majestés font à l'endroict de l'église catholique^ ils ne pourront aucunement comporter que, au gouvernement qu'elles m'ont donné, elles soient destruites, que le roy et sa Majesté, justement, en la majorité de son aige, ne me fasse couper la teste, qui n'est pas l'héritaige que je désire laisser à mes enfans; car, puisque par mes services et travaux je n'ay acquis un seul bien, je ne puis faille de moings que de leur laisser l'héritaige d'avoir servy loyallement et fidellement mon prince, sans avoir jamais faict tort à mon service et espargné ma vye en lieu que je me sois trouvé, et que d'autre part je n'ay ja-

mais suivi que leurs volontez. Et avecques ces tiltres je me veulx enterrer ou moui'ii' en la peyne.

Suppliera aussi très humblement la royne de ma part ne vouUoir penser que rien que je luy escris soit passion ny partiallité, et que^ à la pacification que je tiens en ceste ville, se peut cognoistre que, si l'on ne gastoit non plus par le pays, l'asseurant de la paix, que l'on faict en ceste ville, les députés Voilà pourquoy il est né- ne fussent allés donner cessaire que monsieur de cestefascherieàlarovne';

1. Un rapport anonyme, daté de Bordeaux, du 6 avril 1563, nous apprend que Monluc , le président la Chassaigne , l'archevêque de Bordeaux et quelques jurats, tous appartenant au parti catholique, s'étaient réunis secrètement et avaient envoyé l'avocat Lange au roi pour lui dénoncer Burie et Lagebaston (coll. Saint-Germain fr., vol. 689, 9, f" loT). Jean Lange était un intrigant habile et hardi, catholique fanatique, qui avait joué un certain rôle aux états d'Orléans (Meyer, États généraux^ t. X, p. 416). Une lettre du président Lagebaston, datée du 27 mai, donne de nouveaux détails sm' cette ambassade ; le conseiller la Guyonie , doyen de l'église de Bordeaux , et le ^^comte d'Uza , sénéchal de Bazas , avaient été adjoints à l'avocat Lange [Mémoires de Condé, t. V, p. 180).

DE BLAISE DE MOXLUC. 2o3

Monluc se prémunisse, affin mais ces préparations du de rompre les desseins aux dehors par tout le pays ungs et contenir les aultres. ^^ ^^ f^^^[ ^ç f^[çi ç^i c^use

qu'ils s'en vont vers sa Majesté^ et non chose qui se faict en ceste ville :

mais, estant gasté tout le pavs, est bien vraysemblable de croyre que cecy suivra le demeurant.

De Monluc.

(Lettre rapportée de Saint-Pétersbourg et communiquée par M. le comte de Laferrière.)

8 5. [acte de DECHARGE DONNE PAR MONLUC

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