‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 121 sur 158 · AUX SENECHAL DU PERIGORD, MAIRE ET CONSULS DE PÉRIGUEUX · texte numérisé non relu

AUX SENECHAL DU PERIGORD, MAIRE ET CONSULS DE PÉRIGUEUX

[Bordeaux, 28 mai 1563.]

Biaise de Monluc * certifions que nous, ayans

affaire pour le service du roy des quatre pièces d'artillerie , par nous cy-devant et après la batailhe de Verg envovées en la ville de Périgueux mesmes,

pour aller assiéger la ville de Mussidan aurions

envoyé en ladicte ville de Périgueux le sieur de Monferand*, avec certaine troupe de gens, aux fins de

prandre lesdictes quatre pièces d'artillerie , ce qu'il

aui'oit faict su\'vant sa charge , dont nous nous

i. Nous supprimons les formules oïdinaires. 2. Charles de Monferrand (t. I, p. 390, note 1; et t. III, p. 234, note 2).

2o4 LETTRES

en tenons pour comptant, en avons deschargé et deschargeons ledict séneschal de Périgort, maire et

conseils de ladicte ville

Bordeaux, 28 may 1563.

De Monluc.

(Copie du temps ; manuscrits de la bibliothèque de Périgueux ; registre de lettres patentes.)

[Bordeaux, 31 mai 1563.]

Madame, j'ay esté contrainct m^en aller vers Lectoure pour des raisons que vous dira le receveur IMailhac, présent porteui\ Monsieui' de Vaillac voulloit à toute force que je luy laissasse la charge de ceste ville*; les maire, jurats et tout le corps de la ville m'ont faict une grande instance à ne luy voulloir obéyr, et ont desduict des raisons en sa présence, qui ne vallent gui ères pour luy, lesquelles ils ont ordonné à leurs depputés vous faire entendre. J'ay esté conseillé qu'il valloit mieulx mescontenter à luv seul que à toute la ville. J'ay appelé deux présidents, huict conseillers et le heutenant général en conseil. J'ay vouUu que ledict receveur s'y trouvast pour vous savoir dire les raisons qui ont esté débattues. Je vous supplie très humblement le voulloir cro}Te de ce qu'il vous en dira comme à moy-mesmes. Le parlement et toute la ville unye m'ont demandé mon

1 . Vaillac était en instance auprès du roi poui' obtenir' la charge de gouverneur de Bordeaux, vacante depuis la mort de Antoine de Noailles. Voyez la note de la page 243.

DE BLAISE DE MONLUC. 25o

fils, lequel j'avois envoyé quérir pour le vous envoyer et se tenir auprès de vous, mais j'ay esté contra inct, à la grand requeste qu'ils m'en onct faicte, le leur laisser jusques à ce que vostre Majesté y aye pourveu. Ladite ville est en grand paix et unyon. J'ay paillé à ceux de la nouvelle religion aussi bien que aux autres, lesquels m'ont asseuré de vivre en paix et unyon, tout ainsi que je les laisse. Et à peine ometrès vous dire d'icy que aucune chose se bouge, si de plus grands que eulx ne les mectent en brigue, et encores avec tout cella y aura bien affaire. Ledit receveiu" vous dira quelque autre chose, par quoy si vostre Majesté me veult laisser faire, je vous feray cognoistre que le roy a meilleur part en ce pays que tout autre. Et remectant le tout au susdit Maillac, m'en voys supplier nostre Seigneur qu'en très heureuse et bonne santé vous doinct. Madame, très heureuse et prospère vye.

De Bordeaux, ce dernier jour de may 1563.

Votre très unble et très obéissant suget et serviteur.

De Monluc.

(Lettre originale; ces derniers mots : votre très unble, etc., et la signature sont autographes; Bibl. imp., coll. Saint-Germain fr., vol. 689, 5, f" 521.)

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