‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 122 sur 158 · MEMOIRE ET INSTRUCTION A MARTINEAU POUR · texte numérisé non relu

MEMOIRE ET INSTRUCTION A MARTINEAU POUR

DIRE ET REMONSTRER A LA ROYNE DE MA PART, POUR LE SERVICE DU ROY ET CONSERVATION DE CE PAÏS DE GUYENNE, CE QUI s'eN SUIT.

[Agen, 19 juin 1563.]

Que les commissions que le roy a données à ceulx

de la nouvelle religion^ comme à madame de Duras ^, au contrerolleur des Apatz et Héraudeau, et plusieurs autres, pourroient estre cause d'une nouvelle sédition en Guyenne, si promptement n'y estoit remédié, d'autant que par icelles leur est permis faire appeler ceulx de l'ancienne et catholique religion, comme bon leur semblera, pour raison des choses commises durant les troubles passés, encores que ce ait esté par force de guerre et d'hostillité, par devant certains lieutenants que a faits ledict sieur Héraudeau , soy-disant prévost des maréchaux en Guyenne, qui est à présent avec monsieur de la Rochefoucault, et lequel, ensemble ses dicts lieutenans^, sont de la nouvelle religion et ont tousjours porté les armes dans Orléans et ailleurs pendant les dicts troubles. Par ainsy est besoing que le roy révocque les dictes commissions, ensemble ledicl pré-

4 . Barbe Cauchon de Maiipas, fille de Tierry Cauchon, seigneur de Maupas en Champagne et d'Adrienne de Bossut Longueval. Elle était fille d'honneur de la reine Eléonore, lorsqu'elle épousa, par contrat du 16 janvier 1S38, Symphorien de Durfort Duras. Après la mort de son premier mari, elle épousa Guy Chabot de Jarnac.

2. Une lettre de Prévost de Sansac au roi, du 26 août, nomme ces lieutenants, du Fourneau, Courillaud, de Combes, le fils aîné de la Courade, et les représente comme « pillans le peuple, se brigandans l'ung l'autre, confondans et pervertissans tous ordres de justice. » (Coll. Saint-Germain fr., vol. 689, 8, pièce S9.) Une seconde lettre du même capitaine raconte une tentative d'assassinat commise sur lui par du Fourneau. (/è/V/., pièce 60). Ces plaintes, jointes à celles de Monluc, eurent pour effet la suppression de ces officiers. Une lettre à Damville, datée du 23 octobre '] b63, expose le plan de la nouvelle organisation criminelle adoptée par le roi (f. fr., vol. 3202, f. 24.)

vost et ses lieutenans, tout ainsy que j'ay faict, si tost que la paix a esté publiée, les prévôts que monsieur de Burye et moy avions faits durant les dicts troubles; defFendant aussy très expressément au dict Hé-

raudeau de' plus aucun lieutenant, ains renvoier

toutes choses à la justice ordinaire, comme je fais pour y estre pourveu ainsy que de raison. Autrement ce pays sera bientost en plus grande confusion que jamais, pour ce que les dicts catholiques ne veullent endurer que telles commissions n'ayent lieu, congnoissant que les dicts prévôts pourroient cy-après faire autoriser leurs sentances et procès par les cours souveraines, et par ce. moyen faire déclarer lesdicts catholiques, qui auroient porté les armes pendant les dicts troubles, traistres et autheurs d'iceulx , ce qu'ilz ne voudroient comporter, ains mourir plus tost cent mille fois que cela leur advint; car ce qu'ilz ont faict a esté par exprès commandement du roy et de la roy ne. Et si sa Majesté ne vouloit révocquer les dictes commissions , ensemble le dict prévost et ses lieutenans, pour le moyns qu'elle permette, pour faire la loy égale, que les catholiques puissent informer des excès à eulx faits par les sieurs de Duras, de Marchastel, Jehan de Mesmes, Pilles, Mancier et plusieurs autres de la religion nouvelle.

Le roy a aussy accordé que, es fauxbourgs de Sainct Sever et de Condom^, y auroit presche de la nouvelle religion, ce qui pourroit avec le temps apporter

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