Lacune dans notre copie
2. Depuis la paix Catherine se montrait favorable à la réforme. De nouvelles lettres patentes avaient étendu à diverses
tel grand préjudice au service de sa Majesté^ pour ce que le dict Saiiict Sever est ville de garde-frontière et plus voisine du roy d'Espaigne que la ville de Dacqs. Et avant que sa dicte Majesté leur eust octroyé le dict prescbe, j'avois tant faict envers ceulx de l'une et de l'autre religion que, de leur bon gré, le presche seroit remis à Géaune, qui est une petite ville loing de la frontière et de bien peu d'importance. Quant à Condom, encores qu'il y ayt siège présidial, ce n'est toutesfoys séneschaussée, ains ung membre de celle d'Agenoys ; par quoy , suy vant l'ordre du roy, n'y doibt avoir aucun presche de la dicte relligion; au moyen de quoy seroit très nécessaire révocquer les dictes permissions. Et si le roy ne lem^ en donnoit tant, comme il faict, et qu'il luy plust me laisser faire, j'espérerois bientost faire en sorte que, du consentement d'un cliascun, les presches seroient establis en lieux plus commodes pour le service du roy qu'ils ne sont, et au contentement des ungs et des autres; et de faict ceulx de Villeneufve d'Agenoys se sont jà contentés de remettre le dict presche en ung autre lieu, voisin de la dicte ville.
Davantage, despuis la publication de la paix, moy estant à Bordeaulx, ung nommé Pescaillon a suscité bien cinq cens hommes de la dicte nouvelle religion, tant de Clairac que des autres lieux circonvoisins, pour prendre par escalade la ville d'Agen pour la sac-
villes le droit de prêche. Condom et Saint-Sever sont de ce nombre ; le nom de ces villes ne figm'e pas sur l'acte primitif (coll. Gaignières, vol. 39o, f 177).
caiger et liier les plus apparans habitans d'ieelle. Et eust, le dessus dict sieur^ faict son effort d'exécuter son entreprinse, si eust esté que ses gens en feurent par chemyn divertis par quelzques gentilzhommes de la dicte relligion, en la maison desquels ils allarent se refreschir. Pai' quoy il plaira à sa Majesté ne trouver estrange si les habitans de la dicte ville entretiennent à leurs deppens à présent cent hommes pour la garde d'ieelle^ et aussy s'ils ne veuUent comporter que le dict Pescaillon, ensemble cinq ou six autres autheurs principaulx des séditions y advenues, rentrent en icelle pour y demem^er, car y estant ilz pai'tialiseroient incontinant toute la ville : joinct aussy que le peuple est sy animé contre eulx qu'on ne le saïu-oit garder de les offenser *.
Le dict Martineau dira aussi à la royne que, moy estant dernièrement à Lectore, je priay monsiem' d'Olleron^ dire à la royne de Navarre que je luy promettois, sur mon honneur et sm' ma vye, de ne faire mourir ne offenser personne pour le faict de la relligion, si le roy ne me commandoit par exprès de faire le contraire, pourveu qu'il luy pleust mander à ses officiers de Nérac et d'ailleurs de chastier les larrons, volleurs et meurtriers, qui se retirent en ses terres, à peyne qu'elle s'en prendroit à eulx-mesmes et les destitueroit de lem^s estats ; faisant aussy enten-
1. Une lettre du Lagebaston à la reine, en date du 22 juin t563, parle de ce personnage; mais elle le représente comme un homme inoffensif que les forcenés du parti catholique empêchent de retourner en sa maison (coll. Saint-Germain fr., vol. 689, 8, pièce 3).