Claude Regin, évêque d'Oléron depuis l'année
dre qiie^ s'ilz ne le faisoient^ je les ehastierois de son consentement comme ilz mériteroient : ce faisant, la paix seroit entretenue par deçà sans faire aucune dépense au roy ne au peuple. Mais la dicte dame ne m'a faict aucune response, ne aussi le dict sieur d'Oleron, combien qu'il m'eust promis de me répondre ; ce qui me faict croire qu'elle n'y veult entendre. A ceste cause je supplie très humblement sa Majesté croire que je me suis soubzmis et soubzmetz à la dicte royne de Navarre, à toutes les raisons que je puis. Et si elle se plaint de moy, ce n'est pas ma faulte, ains de ceulx qui sont autour d'elles, qui luy persuadent mille choses, à quoyjen'ay jamais pensé.
Et pour ce que je sçay que la dicte dame taschera par tous moyens de faire establir le presche en l'un des fauxbourgs de la ville de Lectore, je supplie très humblement le roy et la royne ne le luy vouUoir accorder, pour ce que, incontinant après, ceulx de la nouvelle relligion se pourroient saisir de la dicte ville et icelle mettre en leur obéissance, ce qui seroit la perte et ruyne de tout le pays d'Ai-maignac, Condommoys et Agenoys, et par conséquent de la haulte Guyenne, mais plus tost mettre icelluy presche au fauxboiu'g de l'une des moindres villes du dict comté d'Armaignac.
Dira aussi à sa dicte Majesté que le sieur des Bories* m'a requis les villes d'Agen et Condom pour la gai'nison de la compagnie de monsieur le prince de Navarre, ce que je luy ay voullu accorder, combien
1. Le capitaine de Bories, lieutenant de la compagnie du prince de Navarre (t. I, p. 283, note t).
que ce fust l'ancienne garnison du feu roy de Navarre, d'autant que la dite compagnie est quasi toute des gens de la nouvelle religion , lesquelz par ce moyen se pourroient saisir des dictes villes et tenir main forte audict prévost et à ses lieutenants, tellement qu'il n'y auroit si homme de bien de l'ancienne religion qui ne fust par eux tourmenté et ruyné. Pour à quov obvier j'ay faict mettre ma compagnie es dictes villes d'Agen et Condom, suppliant très humblement sa Majesté le vouUoir trouver bon, attendu que ce que j'en ay faict a été pour son service. Et seroit, la dite compaignie du dict prince, trop mieux à Saincte Foy, à Bergerac et à Clairac, que es dits lieux d'Agen et Condom, s'il plaisoit à la royne que je les y misse.
Et d'autant que le gouvernement de Guyenne est party en deux, et que le sieur Héraudeau, prévost des maréchaulx en la dicte province, est si hay de tous ceulx de mon gouvernement, à cause des malversations qu'il y a faictes, qu'il ne s'y oseroit trouver qu'il ne fust soudain puny de ses démérites, au moyen de quoy est très requis et nécessaire, pour chastier les malfaicteurs, commettre ung autre prévost en mon dict gouvernement, et affm que, pour raison de ce, que le roy n'entre en aucune nouvelle deppense, je supplye très humblement sa Majesté faire partir par moityé les gaiges et nombre des archers du dict Héraudeau, et bailler la dicte moityé à Louys de Picharry, qui est homme de bien, et lequel a très fidèlement exercé le dict office de prévost pendant ces troubles, que le dict Héraudeau estoit à Orléans : et le rov en sera très bien serv'v.
A toutes les quelles choses susdites je supplie très humblement sa jMajesté y voulloir promptement donner l'ordre, tel qu'il est requis et nécessaire, et me renvoyer incontinant la response sur chacun article pai' le dict ^lartineau.
Faict à Agen, le XXIX""" joui- de juing 1563.
De Monluc.
(Lettre rapportée de Saint-Pétersboarg et communiquée par M. le comte de Laferrière.)
[Agen, 28 juin 1563.]
Madame, je croy que aujom'd'huy ou demain Martineau' arrivera à la court, lequel j'ay dépesché vers vostre Majesté pour vous faire entendre les troubles et séditions , qui commencent à s'esmouvoir par deçà, qui sont tels et si grands que, si vostre JMajesté n'y donne ordre promptement, nous serons aux armes en brief plus que jamais. Le lendemain, après que ledict Martineau a esté party, je vous ay aussy escript par l'advocat du roy de ceste ville, lequel, pom^ ce mesme faict, les habitans d'icelle vous ont envoyé. Et depuis, voyant ceulx de Condom que ce tait leur touche, ils ont aussy dépesché le conseiller le Saige pour supplier vostre INiajesté de voulloir remédier et couper court chemin à ces désordres; autrement il est impossible que nous puissions entretenir la paix par deçà : et n'estoit la crainte que je donne au catholiques de l'ancienne religion, ils