Voyez la lettre du 13 avril io63, p. 2H et note
2. L'original de cette lettre, avant la révolution, appartenait à
[Condom, 8 octobre 1563.]
Madame, je m'asseure que vous verres une lettre que j'escris au roy, en laquelle je n'ay poinct voulu mettre toute la rigueur des malheureuses nouvelles que l'on nous a données de vostre Majesté, qui n'estoient pas seulement de vostre blessure, mais on passoit oultre; et ne fault point que vous faictes doubte du trouble en quoy ces nouvelles nous avoient mis. Et ont couru jusques à Pau, dont la royne de Navarre m'a mandé ung sien secrétaire, avec une lettre, dont je vous envoie le double, par laquelle vous pouvez voir qu'elle avoit pris sa part de la tristesse. Et pour ce que monsieur d'Escars scayt d'où est procédé ces nouvelles, je vous supplie très humblement faire qu'il le vous mande, car il m'a escrit à moy que, s'il trouvoit homme seur, qu'il le me manderoit et diroit celluy qui les a appourtées. Monluc ny d'Escars ne feront pas dorénavant ce qu'ilz pensent. Ce sont choses, si me semble, que vous y devez penser et pugnir, ceulx qui sont si meschans et traîtres de vouloir vostre mort, qui ne nous appourtoit que la ruyne du roy et de tout son royaulme. Et fault dire que ceulx qui en seroient bien ayses ont quelque meschante volonté contre le roy et sa couronne, car, pour la division de la religion, vous avez plus faict pour ceulx de la nouvelle qu'ilz ne
la Bibliothèque de l'abbaj^e Saint-Germain des Pre's. Les auteurs de \ Histoire du Languedoc l'ont analysée et en ont cité des fragments (t. V, p. 256).
méritent. Et fault donc dire qu'il y a quelqu'autre meschanceté ; et cecy mérite, ce me semble, img grand chastiment.
Et ne fault poinct que vous pensiés que ce bruict n'ayt duré et qui ne dure, car encore yer matin arriva icy ung gentilhomme, que monsieur de Losse* m'avoit mandé à extrême diligence, me priant luy vouloir mander ce que j'en scavoys. Je luy mons- Iray la lettre que le roy m'avoit escrit, receue le vingt liuietiesme du passé à Terride, et de laquelle jen avoys envoyé une copie à la royne de Navarre mesmes par son dict secrétaire, lequel n'estoit encores arrivé à Pau quant ce gentilhomme estoit parti, mais il l'avoit trouvé à une lieue près. Et me disoit le dict gentilhomme qu'elle avoit encore eu nouvelles fresches, bien mauvaises de vostre vie, et qu'elle avoit demeuré troys jours enfermée dans son cabinet, faisant tout le dueil qui luy estoit possible, et avec bonne et juste raison, car si elle vous avoit perdue, ce seroit la plus grand perte qu'elle scauroit faire, si me semble, ayant toujours congneu l'amitié que vous luy avez porté". Or de nouveau encores,