‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 133 sur 158 · Jean de Losses (t. III, p. 528, note · texte numérisé non relu

Jean de Losses (t. III, p. 528, note

2. Les intérêts de Jeanne d'Albret s'accordaient avec ses sentiments. Le pape venait de fulminer contre cette princesse son ' fameux monitoire du 28 septembre. A la nouvelle du bref pontifical, le roi envoya d'Oysel à Rome pour faire entendre au pape a combien leurs iMajestés, avecques juste raison, se plaignent

(( de ce qu'il a faict contre elle (Jeanne d'Albret), ce qu'ils le « prient de rabiller de telle façon que cela ne passe plus avant; « car ils l'ayment et respectent tant qu'ilz sont résolus d'employer « le vert et le sec pour la conserver de quiconque luy vouldroit « mefTayre. » (Instruction confiée à Antoine d'Aure , comte de

yer matin, je luy escrivis que certainement vous estiez guérie : et l'ayant encore laissée, ce gentilhomme de monsieur de Losse, en ceste tristesse, je m'asseure que ceste dernière dépesclie, que je luy ay faict, luy aura donné une grand resjouissance.

Je ne vous escritz rien des afferes de deçà, pour ce que vous verres comme le tout passe par la lettre du roy. Et quant aux miens, Madame, si vous avez jamais envye de me faire du bien, il sera tantost temps que vous commancés ou que vous m'envoyés mourir sans récompense des services que j'aye jamais faict. Je ne vous feray d'autre requeste, sinon que je vous supplie très humblement vous souvenir de quelle loyaulté, fidellité et affection j'ay servi les roys, qui en y a quatre jusques icy, dont vous avez tout veu; et après de quelle amour et affection je vous ay toujours servye. Et, s'il vous plaist vous en souvenir, je suis certain que vostre bonté et congnoissance est si grande que vous ne vous en vouldrez pas appourter en paradis les services d'un tel serviteur que vous avés en moy. Martineau vous aura dict mes affaires, qui me gardera a ous en escrire autre chose.

Madame, je supplie nostre Seigneur que en très heureuse santé vous doinct très longue et très prospère vye.

De Condom, le yiir' jour d'octobre 1563.

Vostre très humble et très obéissant suject et serviteui'.

De Monlue.

Gramont, datée du 23 décembre lo63; coll. Saint-Germain fr., vol. G89, 8, pièce 137.)

DE BLAISE DE MONLUC. 28o

Madame, après avoir achevé ma lettre, j'ay veu des lettres entre les mains du général Portai, qui luy estoient envoyées de Bourdeaulx, par lesquelles luy est mandé que, le second jour de ce moys, ung nommé Grépiac', fils du feu président Mansencal, et deux conseilliers, qui estoient avec luy, l'ung nommé Cavaignes* et l'autre Coarras', qui venoient en poste de la court, passèrent au dict Bourdeaulx et semèrent par la ville que vous estiés morte, et s'en alloient en poste à Pau pourter ces nouvelles. J'ay mandé monsieur d'Escars qu'il en fist faire secrètement information et qu'il fist ouyr de ceulx qui leur avoient ouy tenii' telz proppoz, pour, après l'information faicte, la m'envoier, affîn que si je puis attraper ces messieurs, qui vont semant cette malheureuse nouvelle, j'en face faire telle justice qu'ilz am'ont mérité.

(Lettre rapportée de Saint-Pétersbourg et communiquée par M. le comte de Laferrière.)

1. Jean de Grépiac, fils de Jean de Masencal, premier président du parlement de Toulouse (t. II, p. 406, note I).

2. Le conseiller Cavagne, gendre du premier président Masencal, était protestant. Il avait été expulsé du parlement à la suite des troubles de lo62 {Hist. du Languedoc, t. V, p. 22o).

3. Jean de Coras , jurisconsulte français loué par Montaigne, professeur de droit à Toulouse, à Angers, à Paris, conseiller au parlement de Toulouse. Coras avait embrassé la réforme et fut expulsé du parlement après les troubles de 1562. Après la Saint- Barthélémy, il fut arrêté et massacré par les fanatiques du parti catholique. Il a laissé de volumineux ouvrages de droit, et des annotations sur le célèbre arrêt de supposition de personnes, dit de Martinguerre.

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